Marité de Vos K

27 septembre 2016

Twist on my porosité

 Léon cherche et frétille mais rien à faire il ne trouve pas.

- Inévitable dit Robert Dieu, Léon est un chien dénaturé, il a perdu sa chiennerie, plus de flair.

- Est-ce l'aboi qui fait le chien ? dit Paulette Dolstein, le langage qui fait l'homme ?

- Allons, dit Fabienne Berman, Léon est un homme puisqu'il parle, les chiens ne parlent pas.

- Ouah ouah ! dit Léon par esprit de contradiction.

- Et français, dit Bruno Ragazzi en prenant des notes: inventer méthode pour apprendre aux chiens à parler.

- D'ailleurs, dit Léon, mon ancêtre Idéfix ne parlait pas mais il était gaulois.

- N'empêche, dit Troudup, tu piffes plus rien, t'es qu'un inverti, un pauv'mec chienneux qui sait plus retrouver les odeurs ! Oùkellest la s'moule à la noisette ? Hein ! Oukellai ??

- Je les connais perfect les odeurs, dit Léon le Flair, agacé par le désir, pas seulement de la noisette, il y a de la vanille, de la crème de coco et, et... et de la fleur d'oranger !! mmmhh, c'est bon, c'est bon...

Jusqu'à présent L'Appartement était étanche à mon monde, que je prétendais être le seul réel mais si les odeurs entrent dans L'Appartement, volutent jusque dans les poumons des Gens de L'Appartement, alors qui est vrai qui est virtuel ? Ils ont des poumons, ils parlent, ils ont mal quand on les blesse, ils rient quand ils sont gais, ils pleurent quand ils sont tristes, tout comme moi. C'est la preuve par Shakespeare.

Qui est poreux ? Eux, ou moi ? Ce que je sais c'est que je vais en manger, et pas eux.

C'est embêtant...

PS: Faire bouillir un litre de lait, y ajouter une demi gousse de vanille dont on grattera les graines quand elle sera assez ramollie, ce qu'on veut de crème de coco et une bonne pincée de sel fin.

A l'ébullition verser 110 grammes de semoule de blé fine et la même quantité de sucre en poudre. Mélanger 5 minutes en maintenant le bouillon, puis éteindre, ajouter une bonne rasade de fleur d'oranger et beaucoup moins d'huile de noisettes.

Verser dans ce qu'on veut, ramequins petits, grands bols ou coupe à entremets, laisser refroidir, mettre une nuit au réfrigérateur, manger.

- Merci Marité dit Marianne, maintenant qu'on a la recette, ne reste plus qu'à trouver comment se procurer les ingrédients...

- Facile, je dis, puisque cela est dit, que cela soit fait, et hop, c'est dans les placards.

- Et ensuite faudra trouver le moyen de faire passer ça de notre extérieur à notre intérieur dit Corinne Mars qui ne se pose pas tant de question quand il s'agit de boire un coup.

 

 


26 septembre 2016

Sésame !!! Merde, quoi Sésame !!!

La Porte de l'Appartement est fermée.

On dirait qu'elle est coincée, ça ne s'ouvre plus. 

Merdalors, j'allais, sans intention particulière, quand je me suis aperçue que La Porte ne s'ouvrait plus ! 

J'ai fait intervenir Le Grand Serrurier.

- Mais depuis quand doit-on passer par la porte ?

- Depuis qu'une certaine Taulière a mis les bouts, eh ! Lâcheuse ! dit Troudup, très fâché dis-donc.

- Un peu que j'ai les boules, se faire effacer par son auteur, c'est dégueulasse, chu orphelin depuis des mois! De sa mère, on s'remet, mais de son Créateur ! C'est pas humain. Des mois qu'ici les mots n'existent plus, des mois de silence, des mois que dans l'Appartement personne peut plus moufter. 

- POURQUOI??! Pourquoi ? dit la Rumeur.

- Pardon, je dis, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

- Jure que tu l'f'ras plus, jure ! dit Troudup encore furieux.

- Je ne peux pas, je ne sais pas si je recommencerai ou non.

- Bon tant pis, on la reprend la Pomponnette, dit Troudup plus fâché du tout. 

- Vous nous avez manqué, très chère, dit Dracula.

- Infiniment, dit Braise

Et tous les Gens de l'Appartement de gronder autour de moi comme une marée qui monte en bouillonnant un soir d'orage.

- Ils m'ont manqué aussi, je m'en rends compte à l'instant où j'écris ces lignes, à un point que je n'imaginais pas. Quelle est donc cette chose qui m'a prise et éloignée de vous, et d'abord de moi-même ?

 

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09 mars 2016

Brochettes de chiens

Recette du jour, (virgule) : (deux points) les brochettes de chien. (point)

Léon n'en croit pas ses yeux, est-il vraiment en train de lire ce qu'elle (moi) est en train d'écrire ?!

Don't worry Léon, c'est de la fiction, et même plus (ou moins ?), c'est une virtuelle représentation du reflet d'un éclat d'inspiration tombé d'on ne sait où (d'on ne sait tout). Pour ainsi dire une fiction quantique.

- Je demande, dit Léon, qu'un point important soit précisé: 100% de Léons sont contre cet article. (C'est fait mon Léon)

Les beaux jours arrivent, les barbecues trépignent, le braseros brasèrent, c’est le moment de s’inventer un style, c’est le moment de devenir quelqu’un:

Les Brochettes de chiens

Ayez un chien.

Faites un chien si vous n’en avez pas.

Pour faire un chien, lisez la note.*

- Rassemblez tous les ingrédients, enfilez les premiers sur les seconds, jetez les troisièmes, congelez les quatrièmes, s’il y en a encore, c’est de l’abus.

- A ce moment de la recette, vous disposez de plusieurs brochettes de plusieurs chiens.

(Trucs et astuces: Choisissez des chiens d’arrêt)

- A cet instant, je décide de ne pas imposer la meilleure façon de cuire les brochettes, barbecue, braséro, simple feu de bois, etc. chacun fera son choix.

- On peut manger cru.

- On peut laisser pourrir sur le muret de pierre, en prenant soin de faire une photo par jour pour fixer l’évolution de la stupéfaction** de la chair.

 (Trucs et Astuces: faire cette recette avec des poulets, des chats, des gens, des poissons, des oeufs cuits.)

 * Là je dois écrire quelque chose, forcément, à cause de * (étoile). C’est un code, il faut s’y plier (se plier à un code, j’ai déjà du mal à comprendre comment on fait, alors, donner le mode d’emploi de la fabrication d’un chien !)

*(re) Pour faire un chien, rendez vous sur les réseaux sociaux, en cherchant au bon endroit vous trouverez sur un certain site un lien vers une certaine application qui vous mènera à l’adresse d’un certain atelier clandestin.

** Je dois préciser pour les distraits, les obséquieux et les lexicophiles que j’ai écrit stupéfaction et non putréfaction. La putréfaction interviendra plus tard. Passé le moment de sidération métaphysique de la chair sacrifiée, un relâchement horizontal se produit, puis un étirement vertical gonfle le morceau de viande détaché de ses congénères, rappelant à l’esprit affolé voletant sans savoir où se poser, qu’autrefois il était l’âme d’un corps intègre composé d’un seul morceau, alors seulement, alors se produit le célèbre « lâcher prise » (en français dans le texte) qui amène naturellement et conséquemment à la putréfaction.

Je ne sais ce qui a saisi La Taulière, peut-être est-ce l'effet du Déménagement. La Taulière a installé ses Forges, ses Ateliers, ses Bureaux, ses Trucs à Fabriquer dans un autre lieu. Elle dispose à présent d'un Open Space à usage unique (le sien) et cela lui monte possiblement au Neurone.

Neurone 1er, nommons-le, Père de tous les autres.

Quant à la Mère primordiale, il faudra en dire.

 

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15 janvier 2016

Perdus Pas Perdus

- Tiens, dit Mandrake, content d’apparaître au comptoir du Petit Renard, j’ai réussi ma téléportation du premier coup, c’est nouveau !

- Ne te réjouis pas trop vite, dit Caliban qui n’est pas surpris de débarquer dans un bar de fiction, parce que Caliban rien ne l’étonne, c’est pas toi, y a un truc.

- Le truc dit Troudup, c’est ma porte.

- Putain la vache, dit Nono, c’est vrai, putain de putain, ils passent par ta porte !

- Si ça s’trouve dit Troudup, on fait venir qui on veut.

- Quand même, dit Nono, j’ai pas envie que mon rade devienne un hall de gare.

- T’as raison dit Troudup, j’mets l’verrou et j’branche l’alarme

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14 janvier 2016

Dans l'Appartement coule La Scène

- Je me demande si j’ai bien fait de prendre ce train, dit Gena.

Braise devrait être surprise, c’est la première apparition de Gena dans l’Appartement, au contraire, il lui semble qu’elle la reconnait.

- C’est une question qu’on finit toujours par se poser. Normalement.

- ça ne me donne pas de réponse

- Y’a pas d’réponse.

- Pourtant dans ce miroir, on dirait moi.

- C’est parce que je suis de l’autre côté?

- Je me vois en vous.

- Avec trente ans de moins quand même.

- Les actrices font toujours moins.

- C’est bizarre… Braise pense tout haut.

- Quoi ?

- ça ne me dérange pas, vous c’est moi, dans trente ans.

- Curieux c’est vrai, je me vois avant

- Et je me vois après

- Nous n’avons pas de présent.

- Le présent c’est la Scène.

- Nous sommes dans le présent éternel

- Dans l’Appartement, le temps n’a pas cours.

- Je me demande pourquoi je ne suis pas venue avant.

 

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13 janvier 2016

Les Chroniques du Petit Renard

- J’aurais pas dit ça.

- T’as rien dit.

- Voilà. Si j’avais dit quèqu’chose, j’aurais pas dit ça.

- Tu veux dire quelque chose ?

- J’ai pas dit ça.

- Je comprends rien à c’que tu dis.

- C’est pour ça.

- Quoi pour ça ?

- Que j’dis rien. 

- J’t’en r’mets une ?

- Ouais mais sans glaçon.

- Alors, t’étais où ?

- Chais pas.

- Tu sais pas où t’étais ?

- Ben là, j’suis où par exemple ?

- Là, t’es ici.

- Faudrait savoir ! Chui là ou chui ici ?

- Ah ben oui.

- Tu vois, quand tu fais des efforts tu comprends.

- Quand j’fais des efforts je comprends tout. C’est pour ça.

- Quoi ?

- Des efforts faut pas qu’j’en fasse trop. 

- A la tienne, mon Nono.

- Pareil.

 

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06 janvier 2016

La Porte (ou Topologie désorthodoxe)

- Ta porte, là, tu la décolles de cont’e le comptoir, dit Nono, et pis tu l’ouvres s’il te plait, que les clients puissent entrer.

- C’est la porte de chez moi, dit Troudup, si j' l’ouvre c’est chez moi ki vont débarquer.

- Qu’est-ce qu’elle fait là alors ?

- J’en ai marre qu’on s’pointe à ma porte quand chu pas là. Alors j’l’emporte.

- Pas con.

- Eh ! Y en a là-dedans.

- Ferme-là donc à clé qu’on soit peinards.

- T’as raison c’est pu l’heure des visites. Izonka v’nir au bistrot.

- Voilà.

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05 janvier 2016

Interlude

- Ben non, dit Léon, c'est pas moi, c'est Bernard.

- Bernard ? Je connais pas de Bernard dit Nono, en lui servant une grande gamelle d'eau minérale.

- De l'eau minérale ? qu'i dit Léon...

- C'est ma tournée. Faut que j'te paye le coup de temps en temps vu que j'te dois 50% de mon chiffre.

- Ah ouais ? 

- Ah que oui ! Sans toi Troudup ne retrouverait le comptoir qu'une fois sur dix. D'ailleurs il est où le Troudup ? deux jours que j'l'ai pas vu...

- Sais pas, dit Léon, il m'a dit "T'inquiètes pas mon Léon, je reviens dès mon retour" et il a pris la porte.

- Il est parti ? comme ça ?

- Oui, avec la porte.

- Avec la porte !

- Mais Bernard ?

- Oui, c'est Bernard, c'est pas moi.

- Bernard qui ?

- Bernard L'Ermite.

- J'le connais pas.

- Personne le connait, c'est un ermite.

 

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04 janvier 2016

Abcès

- Je ne suis plus comédienne, dit Louise Kowski, je suis inspecteur de police. 

- Et ?... dit Braise

- J'aimais bien être comédienne. Depuis que je suis inspecteur, les émotions ne sortent plus, ça fait des abcès, des abcès de compassion, de frustration, des abcès de rêves avortés. C'est pas beau.

- ça fait mal.

- Depuis qu'elle n'écrit plus ma vie, je tourne en rond, en prison dans mon enquête. Faudrait qu'ça bouge.

- Sinon ?

- Je risque d'imploser.

- C'est pas drôle.

- La Taulière n'a qu'à s'en occuper, c'est son job d'être drôle.

- M'en occuper, m'en occuper, je voudrais bien que ça vienne tout seul, moi je dis. Ce soir j'ai pas l'inspiration comique.

- Appelle Troudup, dit Braise.

- Il est absent.

-Troudup, absent ? 

- Oui je réponds, je pensais à un truc et il m'est sorti de l'esprit.

- Dur, dur, dit Braise.

- Tu l'as dit je réponds, faudrait pas qu'ça dure.

 

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03 janvier 2016

E pericoloso

- Il faudrait bien le faire ! dit Bruno Ragazzi à Robert Dieu, il faudrait bien le faire ce recensement, on ne sait plus combien on est.

- On ne sait surtout pas qui on est combien.

- Quoi ? Qui on est combien ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

- Ha! Ha! dit Troudup, vlatipa qu'même les intellos izon d'la bouillie dans la caf'tière ! ça réconcilie avec la transcendance.

- Ben dis-donc dit Corinne Mars, v'là qu'le Troudup cause en langue !

- Un peu, dit Troudup, pendant qu'La Taulière était en sabbatique, j'sus allé aux cours du soir.

- Mes excuses, reprend Dieu, c'est une crise de mixage, un accès dyslectique, je voulais dire: on ne sait surtout pas combien sommes qui.

- Heureusement, dit Fabienne Berman, que j'ai gardé mes notes de cours, je peux encore traduire Dieu dans le texte: on ne sait surtout pas combien on est de Personnages à incarner le même Qui.

- Non, dit Dieu, c'est le contraire, combien de Quis pour Un seul Gens.

- Je traduis la traduction, dit Braise, qui sait ce que c'est qu'incarner le qui vu qu'elle est comédienne: Faudrait-il recenser les Gens de l'Appartement afin de déterminer l'origine de leur existence.

- Euh là ! dit La Taulière, c'est plus tordu que ça n'en a l'air, chaque Gens est fait de plusieurs Quis que je n'ai pas tous identifiés, le Qui n'est qu'une de leurs origines.

- Re Bref dit Troudup, faut nous faire des cartes d'identités infalsifiables, pour faire des contrôles infalsifiés de non-réalité. 

- Non, dit Léon, faut des pedigrees, c'est tout.

- Voilà, dit Paulette Dolstein, penchons-nous sur la généalogie.

- Attention, dit Le Qui, E pericoloso sporgerzi !

- Hein ?!! dit Corinne en se tournant vers Troudup.

- Compte pas sur moi, dit Troudup, j'entrave que dalle au boche.

 

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