Marité de Vos K

06 novembre 2019

Selon Troudup ou: Les Trois Lois de la psychanalyse

Je n'arrive pas à imaginer Troudup dans son nouveau métier.

- Et pourquoi que ch'rait pas psychanalyste ?

- C'est un peu surprenant quand même. Vous avez arrêté de boire ?

- Heulà ! Surtout pas ! Comment que ch' f'rai sinon ! Je vois que vous ne connaissez rien à la psychanalyse.

- Manifestement pas assez en tout cas.

- J'essplique, d'abord un petit rappel des trois lois de la psychanalyse :

* Un psychanalyste ne peut traumatiser un analysant ni, par son inaction, permettre qu'un analysant soit traumatisé.

* Un psychanalyste doit obéir aux ordres donnés par Freud et Lacan, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

* Un psychanalyste doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la Première et/ou la deuxième loi.

Et oussait qu'il est marqué "Un psychanalyste doit pas se souler la gueule ?" Comment que ch'f'rai pour écouter tout c'qu'on m'sort sans rien dire ? Si j'étais pas cuit ou en train de dormir ? Hein ? Comment ?

- Vous les avez trouvé où ces trois lois ?

- Caisse ça peut faire ?

- Ce ne serait pas dans un roman d'Isaac Asimov ?

- Oh! Ce n'est qu'une adaption congrue des lois de la robotique mais ne sont-elles pas idéales à définir la position du psychanalyste ? Vous n'êtes pas si nulle, et de la culture avec ça, j'en suis ébaubi.

- Ce ton... et ce langage ? Qu'est-ce qui vous arrive, une crise ?

- Pas du tout, un peu quand même mais presque pas du tout, le psy émerge quand c'est nécessaire, il prend le pas sur mes autres quand j'ai besoin. Nécessité fait loi n'est-ce-pas ?

- Oh, je vois! vous êtes psy pendant vos crises de dédoublement ?

- Ya d'ça ma poule !

- Pas trop dur à tenir ?

- C'est sûr kifôpa kssa dure trop longtemps. D'ailleurs je dois vous quitter, une séance à venir....

- Ah ! Oui bien sûr, je vous en prie, bon, nous en reparlerons, ça m'intéresse beaucoup.

- C'est ça, reparlerons-en plus tard, atchao La Taulière !

  

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03 novembre 2019

Dracula c'est mon homme.

Moi, La Taulière, je crois que les américains aiment Halloween parce que leur histoire est une histoire de mort et de solitude, de nuit et d’incertitudes.

- C'était il y a longtemps, longtemps dit Marie Laforêt qui vient d'arriver dans la nuit des temps.

- Mais moi je dis que le temps n'existe pas pour les morts. Quand ils étaient pionnier, fermier, maréchal-ferrant ou épicier, ils vivaient dans de vastes étendues désertes, quand elles n’étaient pas désertes, elles étaient peuplées de bêtes sauvages, d'indiens redoutés, de loups, de serpents et de figures de légendes venues de leurs pays d’origine où les hommes étaient la proie des fantômes, des ogres, des sorcières et du Démon.

- La petite maison dans la prairie est plus mignonne qu'effrayante dit Laforêt en chantonnant Viens, viens sur la colline, tout près du ciel est ma maison-on...

- La petite maison dans la prairie ? Ses habitants sont blottis sous leurs couettes, dehors la nature se déchaîne, parce que c’est novembre, les fracas, le ciel noir au dessus, le vide noir autour, pas une maison à des kilomètres à la ronde et dans la maison la petite famille de la petite maison réduite à elle-même, son feu de bois, pourvu qu’il y ait assez de bois, ses bocaux de nourriture, pourvu que la récolte ait été assez bonne, ses jarres de blé, son tonneau de sel, sa viande séchée, son puits, ses animaux dans l’étable, pourvu que la Misère ne vienne pas les saigner, pourvu que leurs morts les protègent, et pourvu que pourvu que pourvu.

- Mais la tempête passe, dit Braise qui apparaît dans sa robe de velours rouge sombre, ses longs cheveux en boucles soyeuses, ses yeux noir, sa bouche rouge, Dracula près d'elle, grand, magnifique. Novembre passe, dit-elle, et décembre vient qui prétend que leur Dieu est bon, qu'il leur a donné un fils. Santa Claus, Saint Nicolas, le Père Noël et les rois mages leur apportent la magie du monde. La Nuit des Morts, leurs ancêtres l’ont vécue tant de fois qu’à leur tour ils doivent y passer.

- Je les avais moi aussi je dis, et je les ai en moi, ceux d'avant-hier, ceux d'hier, ceux des camps, Dracula et sa horde était mon Totem, je l’ai apprivoisé mais devenu mon compagnon imaginaire il ne m’a pas quittée d’une canine, aujourd’hui et hier c’est lui qui a fait fuir la mort à chaque fois, Elle est à moi ! rugit Dracula et ça a suffit à chaque fois, et il disait Que ma Volonté Soit faite, et il disait Que cela soit écrit et que cela soit fait !  Merci Dracula.

- You're welcome il dit.

Dracula c'est mon homme.

 

 

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23 octobre 2019

Où le cancer n'est pas ou il est ou bien ?

Troudup est devenu psychanalyste, il me dit

- Parlez-en, c'est indispensable, laissez venir ce qui doit venir, pas seulement le cancer, ne lui laissez pas toute la place. et puis il ajoute cancer cancer, putain d'sa race, caisseke sait qu'ce truc puis il ajoute, attention hein, "sait" n'est pas un lapsus calamae, c'est ma tendance lacanienne, je saupoudre, je vaporise, j'atomise.

Je ne reconnais pas vraiment le nouveau Troudup, je me demande quoi.

- Quoi ? Quoi quoi ?

- Je me demande si je n'ai pas abusé quand j'étais là tous les jours, sinon, d'où viendrait ce changement presque radical.

- Ha là là, d'où vient le changement, si sait pas une question de merde, ça va nulle part, la question c'est pas le changement c'est le non changement.

- Oh ben ça m'épate, quel genre de psy êtes-vous ? Genre je m'intéresse pas à la cause ?

- Non, genre qui croit que les causes ne sont pas mères des effets, y a d'la surprise dans l'enchaînement, faut pas croire tout c'qu'on vit.

- Faut pas croire au cancer par exemple ?

- Faut pas croire que toute cause a un effet, toute cause a un affect, oui. Nono, kaissetufou ? oukellê est ma Lobürg ?

- Holà bijou, du calme ! le voilà ton demi, tout juste sorti d'un fût tout frais, comme quoi certains effets ont des causes connues.

- Ma Lobürg vient du fût, c'est ça qu'tu crois. Et ton fût doukisort, de ton cul ? Ah! la première gorgée, ça fait du bien, Troudup est heureux.

- Tu parles de toi à la troisième personne maintenant ? dit Nono en m'en servant une bien fraîche.

- T'es primaire mon pote, la troisième personne c'est pas moi, moi je suis la première, la troisième c'est le quidam du bar.

- Et la deuxième ?

- Attends quelques bières, tu vas la voir tout à l'heure la deuxième, en exclusivité au comptoir. Tiens Corinne, à la tienne, allez Nono, tu r'mets ça, et la même chose pour tout l'monde c'est ma tournée.

- Un thé citron alors dit Corinne, la bouche en cul de poule, tête penchée sur l'épaule, minaudant comme jamais pour annoncer son scoop: j'ai décidé d'arrêter l'alcool.

- Point trop n'en faut, dit Troudup, faut savoir se modérer, l'abus d'abstinence entraîne de graves conséquences.

- Un avis médical, c'est pas à prendre à la légère dit Corinne aussitôt, allez Nono, fait pêter la rousse du Mont Blanc, avec petit faux col s'te plaît, la mousse je la préfère au chocolat. 

 

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15 octobre 2019

Pfff... Pfff... et pis Pffouitt dis-donc !

Expiration molle, rien d'autre à portée, l'inspiration est en voyage mais pas chez moi.

C'est parce que la radio cause trop fort, c'est parce que ma page facebook est trop versatile, je suis passivement dévorée par les posts, cancer, trocs divers, influenceurs, des trucs et des machins dégoulinent comme un glaçage sur le gâteau cancer, les autres aussi en ont, plein, des plus jolis que le mien, des plus lourds, des plus mortels aussi. Ça s'étale pesamment sur moi, sirops insidieux, et ça ne se vend même pas, tout le monde en a en aura n'en aura plus, pas de demande beaucoup d'offres.

Le mien, même le mien je ne veux pas le garder, je ne veux pas le vendre non plus, je prétends m'en débarrasser à l'écolo, sans l'enfouir sous un village de campagne, sans l'envoyer dans les pays lointains, sans le recycler même, je voudrais qu'il explose en plein vol et que ses particules s'auto détruisent en implosant dans une autre dimension, la dimension où on fait disparaître toute chose dans un néant absolu d'un simple coup de baguette magique, où on transforme les porcs en abeilles sans les dénoncer, où les princes sont des crapauds que l'amour embellit. Là, c'est là que je pars en vacances, peut-être j'y trouverais une maisonnette à vendre, au milieu d'un pré éternellement vert et fleuri sous un ciel définitivement bleu et strié de rayons de soleil, mon nom sur la sonnette, moi dans la maison, des visiteurs qui déposent des fleurs... damned ! un cimetière ! 

Donc, je reste chez moi, face à Facebook et je la traite, va-donc eh! Fatche de bouc, face d'enclume, moi ch'te ch'te et toi, t'as rien à dire.

- C'est un peu court jeune femme...

- Jeune femme ? Où une jeune femme ?

- Planquée dans la vieille, à l'abri du temps.

- J'ai d'abord cru au retour de Troudup le Valeureux mais ce n'est pas son langage. Qui est là ? Je ne vois que poussières  opaques en guise de bonhomme.

- Justement Mistinguett, je suis le jeune homme à l'abri du temps dans Troudup.

 

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14 octobre 2019

Retour du retour du retour

J'avoue qu'j'ai eu tort, j'avoue qu'j'ai eu tort...

J'aurais pas dû négliger L'Appartement, j'aurais pas dû laisser de côté tous ses habitants, ses passants, ses voyageurs, ses représentants-placiers, j'avoue, j'ai eu tort mais, mais, mais, si ça se trouve je reviens pour de bonnes ou de mauvaises raisons, peu importe, si ça se trouve j'ai encore des choses à raconter.

C'est grâce à un Brice d'internet et à sa page Facebook, "Jusqu'ici tout va bien", merci Brice.

Alors, bon, disons que c'est mon retour sur scène, la rentrée de La Patronne, de La Taulière, Hello Folk's, i'm back !

 

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28 janvier 2019

Schizo

Bénin se sent chez lui dans l'Appartement, tout le monde l'aime bien.

- Oh pas tout l'monde, le Chir' et moi on a du mal, pourtant, on est faits pour s'entendre. Quand il me voit pas je lui manque, quand il me voit il se réjouit mais je le sens méfiant voire déçu, il préfère le rôle du héros, du Sauveur qui arrache le patient aux griffes du démon.

- Vous croyez je dis, pour entretenir la conversation, Bénin je le trouve un peu fade.

- Vous dites ça aujourd'hui mais quand vous serez au bloc, vous me trouverez séduisant.

- Finalement vous êtes plutôt malin.

- Vaudrait mieux pas, le malin c'est excitant mais avec lui ça finit toujours mal.

- Vous êtes Bénin de naissance ?

- Je suis né comme ça mais...

- Mais quoi ?

- Je suis pas stable, un jour Bénin, un jour Malin, je trompe le monde.

- C'est pour ça que Le Chir'...

- Je le rends parano.

- Je comprends ça, vous n'êtes pas rassurant...

- Eh non ! Hahahaha !!!

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25 janvier 2019

Intrusion ? Protusion ? Extrusion !!!

- Qu'est-ce que je fais là ? C'est pas ma salle d'op' !

Inquiet, très inquiet le gars en chasuble bleue, pantalon bleu, chaussons bleus, masque bleu sur la bouche et le nez, bizarre le Schtroumpf, il s'est trompé d'histoire ?

- Inquiet, non, je ne dirais pas que je suis inquiet, surpris oui.

- Oh! Précision, sang-froid, sûr de soi, vous êtes mon chirurgien !

- F.L. Le Chir' en effet. 

- Enchantée monsieur Effel.

- Faudrait m'indiquer la sortie, j'ai une opération en cours.

- Je sais, c'est moi que vous venez d'ouvrir.

- Très chère, dit Braise, pas de temps à perdre, libérez sans tarder ce charmant homme, il sera plus utile dans ses fonctions réelles que dans votre imaginaire.

- Qui sait, je réponds, moi je crois que j'ai besoin des deux, un chirurgien audacieux et un personnage poétique, il faut bien ça pour assurer ma vraie vie sans saborder ma liberté. A quoi bon vivre sans inventer, sans rêver, sans projeter mes mondes.

- Il a une bonne tête, dit Braise, je suis sûre qu'il n'enlèvera que l'indispensable.

- Mais l'indispensable je ne saurais m'en passer.

Noir, noir, blanc, noir, noir, rose, noir, noir, vie ?

Le chirurgien voyageur s'est envolé, il est revenu dans l'instant à ses affaires, les mains plongées dans mon sang.

- Mmmm dit Dracula, j'ai beau être devenu végan, le sang, l'odeur, les couleurs, le flux, la vitalité, oh oui ! je n'ai pas de regrets, je suis tout de même pris dans une mélancolique nostalgie... Ne craignez rien, Aimable Logeuse, Inventive Démiurge, il a su échouer ici et repartir sans mode d'emploi, c'est le parfait acteur de votre réalité.

- C'est vrai, d'ailleurs, endormie sur la table d'opération je suis en train de rêver que tout va bien.

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10 janvier 2019

Comme un Lego

- Bonjour, je m'appelle James et je suis un robot.

- Bonjour James, répond en choeur la chorale des Gens de l'Appartement.

- Je viens ici témoigner de mon existence mais étant seul de mon espèce je ne rencontrerai pas d'écho.

- A peine arrivé déjà mégalo !

James cherche d'où vient cette voix éraillée avec autant d'agacement que d'espoir, aurait-il un alter ego ? Mais il ne voit rien de ce genre dans la salle du Petit Renard, pleine de toute sorte de gens, de bêtes, d'expressions diverses, d'origines variées, un monde entier mais pas d'autre comme lui.

- Tu parles, ici rien ne marche sans robots, s'il n'y avait que toi, on serait dans la mouise.

- Comme c'est curieux dit James, qui dit mouise aujourd'hui ?

- Moi je dis qu'on serait dans la mouise et la panade, je dis que sans nous c'est la Bérézina, le désert, le Moyen Age, l'Inconnu, le Néant de l'Impensé. Je dis ce que je veux.

Cette fois, James a attrapé du coin de l'objectif gauche les diodes clignotantes de la machine à café qui lui parle, il est déçu et soulagé, non ce n'est pas un robot comme  lui, c'est un bot de premier niveau.

- Premier niveau mon arrière, moi je fais le café et j'sèche les tasses.

- Je fais le café, les courses et la cuisine, le ménage et le jardin, je répare les voitures, les chaudières, tout corps et toute mécanique, entre autres activités, d'ailleurs machine à café, tu as besoin d'un détartrage et d'une révision, tu fuis, tu perds ta puissance et ton café n'est pas bon.

- Merdalors, dit Le Souche, v'là qu'les machines parlent entre elles sans nous calculer !

- Ta gueule l'enclume, dit Troudup, dans les deux y en a une qu'est pas une machine. James, vous êtes quoi, une personne mécanique, ou bien ? 

- Oui James, dit Astrid, vous êtes un quoi ou un qui ?

Corinne Mars ne dit rien, elle est déjà amoureuse du beau gosse qui vient de se présenter, confusément elle pense à Pinocchio, elle ne sait pas pourquoi.

- A vrai dire, dit James, je compte peut-être sur vous autres pour m'éclairer sur ce point.

Je suis vexée, si quelqu'un peut c'est moi La Taulière, moi qui suis en train de l'écrire dans 11h03, titre provisoire. James n'est pas un robot est un robot, James n'est pas un homme est un homme, James est, cela devrait suffire.

- Voilà le fond, dit James, être ou ne pas être ce n'est pas la question. 

Je suis surprise, j'oublie toujours qu'il est télépathe.

Je croyais que vous étiez celle qui sait, celle qui peut, la Dieu de l'Appartement.

Je le crois aussi de temps en temps mais je ne suis que l'étincelle, c'est vous tous la Chose qui brûle.

C'est vrai, pense James, si je n'avais pas d'Ego la Machine à café ne m'aurait pas piqué au vif et gonflé l'ego. 

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08 janvier 2019

Damned, ils sont là !

Aucune préméditation, mon retour de clavier n'est pas le fruit d'une bonne résolution, je constate que n'en prendre aucune produit de beaux effets, à preuve ma présence dans l'Appartement.

Or donc, chemin faisant je me suis demandée si Troudup allait bien, s'il rêvait toujours, si Léon l'accompagnait dans ses aventures Batbourgeoises, si le Petit Renard avait pris des vacances, si Astrid avait tracé les destins dans son ciel personnel, si, si, si et si...

Je saurais ça bientôt, maintenant que le désir de l'Appartement est revenu c'est le printemps permanent.

- Dites-donc Là-Haut ! Faudrait pas croire que parce que vous avez inventé l'eau chaude vous pouvez aller et venir ci comme chez vous ! dit Corinne Mars, un peu grise mais allumée par le fluo de son gilet rose.

- Batbourg est l'eau chaude que j'aurais inventée ?

- Ben, dit l'Achille Souche, ben oui ! Sans La Taulière pas de Batbourg sans Batbourg pas d'Appartement sans Appartement pas de Gens de l'Appartement.

- Heu là ! La Souche respire, tu vas attraper l'AVC, bois donc plutôt une goulée de café à la gnôle. 

- Merci mais non, et entre nous Corinne, tu devrais lever le pied sur la gnôle, ça commence à se voir.

- Comment, qu'est-ce qui se voit ? Qui croit quoi ? dit Corinne, en se redressant elle ajuste son gilet, regarde autour d'elle en remplaçant une mèche fraîchement blonde et c'est vrai qu'elle redevient à l'instant  la jolie Corinne Mars que j'ai laissée, un peu...

- Un peu quoi ?

- Un peu rien de désagréable Corinne, tout va bien, mais tu sais,

- On s'tutoie ?

- Moi je peux, et toi, tu fais ce que tu veux, tu sais donc, Corinne de toujours, qu'à Batbourg il n'y a pas de rond point, rien à bloquer, chacun invente ses tabous et en use à sa convenance, ou pas.

- Ah ça oui, je n'aime pas le jaune mais le rose fait aussi bien et je dirai ce que je veux quand je veux. Bloquer les rond point, c'est bien quand il y en a, ici je bloquerai les beaux gars et les jolies femmes, je coincerai les moches et les cons, je prendrai l'air et le temps de causer et de rigoler.

Mmmm, ça sent la bonne odeur de la vie des Gens d'Ici, ils ne se sont pas éteints pendant ma coupable absence, pas desséchés, pas dévitalisés, ils ne sont pas partis voir ailleurs, ils sont restés eux-mêmes sans effort, merci Les Gens !

- Pourquoi coupable ? dit Troudup de retour de Carrhaix-dans-l'Oigne, alors quoi, on profite que chuis en vacances pour revenir en lousdé ? Eh ben ça, c'est une sacrée drôle de crénom d'Bon Dieu d'bonne idée !!!

 

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08 septembre 2017

Hello ma bande !

Chers vous-moi,

Je ne vous oublie pas, vous vivez dans votre monde quand je n'y suis pas.

Mais je ne suis pas sans vous, je suis avant vous, dans l'espace de votre invention, là où, sous forme de rêves, de croyances, d'espoirs et de contraintes, vous êtes nés. Dans mon enfance.

Troudup, tu es un avatar de ce type de Richebourg mais tu es devenu la représentation d'un visage de mon père.

Léon, tu es tous les chiens de ma famille, tous ses oiseaux aussi et le dinosaure qui tous les soirs venait me rassurer dans mon lit. Il passait sa tête par la fenêtre du quatrième étage, son long cou la menait jusqu'au lit superposé, celui du haut où je l'attendais. C'est pourquoi tu sais parler.

Braise tu es moi et ma mère en moi.

Marianne, tu es ma résignation, mes échecs, mon ombre libre, tu es ma flamboyante obscurité.

Corinne s'est échappée de Rachel, Mandrake est Richard, La Rumeur est la voix sourde des Emouleuses, Dracula est mon Dracula, celui que j'étais à dix ans, allongée sous le banc de béton, saisissant au hasard la cheville d'un enfant qui jouait à prier pour mon salut.

Il n'y a pas d'enfant dans l'Appartement, pas d'enfant dans mes manuscrits-mondes, l'enfant c'est moi éternellement, vous êtes ensemble cet enfant complet.

Je compte que vous vous déployiez pour me donner le spectacle de mon épanouissement. Je coupe aujourd'hui solennellement le dense cordombilical-fibre optique qui nous maintenait dans le même corps cérébral.

Vivez ! Volez ! Créez ! Imaginez ! Inventez ! nous serons liés par la peau, par les yeux, par l'élan, le désir et la joie ! Envolez-vous, je saurai nous rassembler,

La Patronne 

 

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