Marité de Vos K

29 juillet 2014

Léthé fait chaud

- Caisse ki dit ?

- Hein ?

- Caisse ki dit ?

- I dit rien, l'est en vacances.

- Et alors, les vacances ça rend pas muet.

- Tu veux ki t'envoie des cartes postales ? 

- L'année k'il est parti à Carrhaix ?

- Carrhaix dans l'Oigne ?

- Ouais. Ben il a rien envoyé.

- Nono, tu remets la p'tite soeur s'te plait.

Nono sert, la tête ailleurs.

- Oh ben, dit l'Inconnu, oh ben caisse ki fait suissi !

- Oh là là, dit l'Anonyme, oh là là, eh oh Nono !

Nono se reprend, il a mis l'eau sans le pastis, mince alors qu'il se dit, mince alors ? Il ne sait plus où il est ?

- Excuses, excuses, qu'il dit en ajoutant une bonne dose de jaune par dessus des glaçons ronds, celle-là est pour moi.

Jour de rien au Petit Renard, Batbourg s'est transformé en village de papier, tout est plat, c'est l'été, c'est Léthé.

- Putain d'couille ed merde et pis quoi encore ?  Caisse kelle croit La Taulière, caisse kelle dit non mais quoi et caisse et quoi ? C'est les quat'huit ici, non mais ! Troudup entre au bar et les figurants s'évaporent, un jaune barraqué patron !

Nono sert, fluide et élégant, l'entrée de Troudup l'a remis sur ses rails.

Troudup part demain à Bourg-Lez-Nains, dans le bas Centre, en délégation avec les Souche, Astrid Tayeurt, l'abbé Phouettard et Laprune, le maire. Ils comptent convaincre la maire de Bourg-Lez de se jumeler avec Batbourg.

C'est pas gagné, là c'est ma faute, mais c'est pas gagné. Je me demande d'où sort ce projet de jumelage.

- Du bar à Schoum tiens ! dit Nono. Il me regarde de travers, soi-disant que c'est moi qui aie inventé le Bar à Schoum et tout et tout, sous prétexte que je serais l'auteur mais c'est trop facile de m'accuser de tout, le bar à Schoum peut-être, mais la suite, ce qu'ils en ont fait, c'est pas moi.

- C'est ça, dit Nono, c'est pas de ta faute, tu n'as qu'à le fermer, un bar à Batbourg ça suffit.

- OK si tu changes de nom, Le Petit Renard, ça ne me plait pas.

- Considère que c'est fait.

- Pas La Grosse Lapine, ne me prends pas pour une truffe. A son sourire je vois que c'est exactement ce qu'il avait en tête. 

Je déclare le bar à Schoum fermé, j'entends d'ici les soupirs de soulagement de Melle de Lhéry, et si Nono ne trouve pas très vite le nouveau nom du bar de Batbourg, c'est moi qui le rebaptiserai. 

  

Posté par Marite de Vos à 11:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]


14 juillet 2014

Ersatz's life ...

Happy Hours ça boume au bar à Schoum, Denise court dans tous les sens, elle a demandé de l'aide à Corinne Mars mais tu parles d'une aide, elle est ronde !

- Comme une queue de pelle ! qu'elle chante, comme une queue d'pelle, comme uen queud'. Et elle s'écroule en rigolant sous... (sous quoi ? Qui sait ?)

Elle aurait mieux fait de demander à Fabiola Nibard ou bien à ces dames de l'ABB*.

Le Bar à Schoum est bourré à craquer, même il est bourré tout court, Denise se demande, elle n'ose pas en tâter, si ça met dans des états pareils, peut-être que même sa tisane de Boldo la rendrait chèvre (c'est déjà fait dit Léon en version chien, wouah wouah).

En face, depuis le comptoir du Petit Renard, Nono regarde le Bar à Schoum se remplir encore et encore et  personne ne sort. Chez lui c'est désert.

- Mais enfin monsieur Troudy, dit la vieille demoiselle à Troudup, mais enfin monsieur Troudy, que se passe-t-il ?

- C'est du marque et ting, qu'il répond, un tu marques et ting t'encaisses.

- Je ne comprends pas poursuit Melle de Lhéry.

- Ting, ting, ting dit la caisse enregistreuse, alors elle comprend qu'il y a quelque chose à comprendre. 

- Je croyais que le marketing c'était le packaging et le positionnement, dit-elle entre deux cavalcades dans le cellier pour remplir les frigos de Schoum, et les congélateurs de glaçons.

- Exakête dit Troudup, le Schoum on l'sert dans l'verre à whisky, c'est l'pacage, et l'reste, c'est ce que j'y ai positionné dedans.

Et voilà, Troudup ne sort pas des mêmes écoles que Robert Dieu, Fabienne Berman ou Bruno Ragazzi, mais c'est un intuitif, un sensitif, un génie naturel:

- Le Sorbitol, qu'i dit à Léon, le Sorbitol, OK, ça donne un goût. Le fumeterre et la bugrane, pas de problème, le Piscidia erythrina, rien à dire, pareil pour Alvérine citrate, mais le scandale c'est l'alcool à 95°, 40,5mg, on n'y sent pas, c'est n'importe quoi. 

Il a inversé les doses d'alcool et de Sorbitol, c'est la même chose qu'i dit, j'ai rien changé à la composition, c'est les mêmes truc dedans: 70% d'alcool (à la louche, ben oui), 40 mg de Sorbitol (à la pipette, faut faire gaffe avec ça). Résultat, succès, épicétou !

*Association des Bénévoles de Batbourg, dite aussi La Bébé histoire de rigoler (humour Batbourgeois, moi je ne vois pas ce qu'il y a de drôle).

 

Au fait clame l'Appartement par la voix et la voie de tous ses habitants, de tous les passants, de tous ceux à venir :

- Bon Anniversaire à La Taulière !

- Merci, je dis sobrement. Mais au fait quoi ?

- Au fait qu'on est 14 juillet.

- Ben oui.

 

 

 

Posté par Marite de Vos à 14:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19 juin 2014

Le Bar à Schoum

- ... et c'est avec fierté que j'inaugure aujourd'hui ce lieu né de l'initiative conjointe de Denise de Lhéry, mon adjointe de maire et de Michel Troudy...

Brouhaha dans le champ de l'Augustin Souche, père de l'Achille. On s'demande, on s'interroge, la Denise et le Troudup ?! Jacques Laprune, maire d'expérience, poursuit

- et je suis fier, et je suis fier, il a perdu son discours, tant pis, et je suis fier de couper le ruban de cette première pierre qui marquera d'un jour nouveau les alcooliques, euh, les buveurs, ah ben non, bref, ici hier, c'était le champ du Souche, ici aujourd'hui, s'ouvre l'ère nouvelle du Bar à Schoum.

Et de s'applaudir tout seul, dans l'incompréhension générale.

- Un bar à Schoum, c'est quoi c't'engin ? la question fuse dans l'anonymat.

Nono rigole, c'est pas ce bar-là qui lui fera concurrence.

- Euh là ! Calmos la bande à personne! Troudup en majesté s'avance, presque à jeun, il écarte le maire d'un geste impérial, le Bar à Schoum, c'est l'ami du foie, le copain de la vésicule, le Roméo de la gueule de bois ! Passque moi j'dis, boire c'est bien, mais on peut pas toujours refuser la science. Qui c'est qu'en a pas marre de s'réveiller avec la tête dans l' Wouah ! Wouah ! crie une partie mâle de l'assistance, soutenue en contrepoint par les aboiements de Léon et le soprano de Corinne Mars avec en fond, rythmant le thème, le schhschh marin de la foule d'au moins vingt non buveurs: un choeur de tragédie grecque.

- I zon compris, ça y est, dit Troudup au maire.

Puis il pousse Mademoiselle de Lhéry en première ligne et la laisse seule face à un groupe désormais scindé, où la tension palpite.

- Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes, un Bar à Schoum c'est la réponse sociale à un problème endémique qui nous...

- Ah  ça va comme ça! lance la Myrtille Souche,  vas-y Achille, c'est l'champ à ton père, t'as l'droit de causer.

Achille y va d'un pas lourd, les pieds bottés par la glaise stérile du champ de son père, qu'il a cédé à la commune contre le passage en zone constructible d'un bon lopin à la sortie de Batbourg, faut qu'ça prenne c't'histoire-là.

- Voilà, qu'il dit à tous, en face, c'est Le P'tit Renard, et Nono, il est pour, Nono opine, à côté, c'est La Grosse Lapine, silence, nul n'opine, eh ben ici, c'est l'antidote. Le Schoum, c'est le sauveur des foies trempés, le Schoum, c'est l'petit Jésus des tournées, Vive le Schoum !

Tout le monde applaudit et part vers le vin d'honneur, offert par la mairie chez Nono. Melle de Lhéry a la mine chafouine,

- Qu'avait-il besoin, glisse-t-elle à Fabiola Nibard, la directrice de l'école, qu'avait-il besoin de citer La Grosse Lapine, et Fabiola opine à son tour, opine de ch'val pense-t-elle malgré elle, opine de ch'val, elle ne va pas s'en débarrasser facilement, Lapine de ch'val, forcément puisque la Grosse Lapine ...

Moi je suis un peu ennuyée, non, disons que je suis surprise.

Je n'ignorais pas l'existence d'un bordel clandestin à Batbourg, en face à droite du Petit Renard et à gauche de l'école. Même si je n'en ai jamais écrit un mot,  je le savais. Les ignorants et les gros malins rétorqueraient, si je leur laissais la parole, que l'auteur est responsable de tout, sait tout, peut tout. Et bien non, ce bordel, un matin, il était dans ma tête alors que la veille, rien. Il existe, certes, je suppose qu'il est né des pulsions sauvages de certains de mes personnages, je n'y peux rien, c'est là, c'est comme ça.

En attendant le retour des refoulés, Denise s'active dans le nouveau Bar, quand ils vont revenir du vin d'honneur, ça sera tournées sur tournées, Schoum à flot !

Batbourg entame-t-il une ère nouvelle? A quand le Bar à foie de morue ? le Bar à Efferalgan ? Le Bar à cuiller d'huile d'olive avant cuite ?

Ah quand ! Quand et quand ! comme disait Federico Garcia Lorca qui savait de quoi il parlait (lui).

18 juin 2014

La serveuse à Nono

- C'est la question.

- Quelle question ? 

- La question c'est que j'en ai marre des questions.

- Comment tu vas faire alors ?

- Je vais m'en passer. Puisque j'en veux plus, pourquoi je... attends, j'enlève le pourquoi et je me translate directement sur pause, et là, je  dis, je vais m'en passer et c'est tout. 

- Eh ! Eh ! Et mon calva ? Ou c'est qu'il est ? demande l'Inconnu du bar. Hein ? Ou c'est qu'il est le calva du café calva ?

- Pfff... réponds la barmaid, vous voyez bien qu'on est occupées.

L'inconnu se demande avec qui elle... avec qui elle cause ? Y a personne en face, elle est dingue la nouvelle serveuse ?

La serveuse s'en fiche, elle discute avec celle d'en face, derrière les verres et les bouteilles, dans le miroir derrière le bar.

Nono se marre.

- Ouais, qu'il dit à l'Inconnu, ouais, qu'il dit à la cantonade, elle est dingue la serveuse, mais qu'est-ce qu'elle est belle, et il met à fond la dernière chanson d'Arthur H. Elle est super, la caissière du Super, parce que lui aussi, il en veut une qui travaille pour ses beaux yeux. Alors c'est pas un détail comme la dinguerie qui va l'empêcher de la regarder parler à son reflet dans le miroir.

- Allez, un p'tit calva, un! sur le compte du patron.

 

Posté par Marite de Vos à 10:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

30 mai 2014

Eurgh

- Tu sais c'que tu fais ?!

- Qu'est-c'que j'fais ?

- Tu sais pas c'que tu fais ?

- Et toi comment tu l'sais ?

- Comment je sais quoi ?

- Tu sais pas c'que tu sais ?

- T'es complètement marteau.

- Tu sais pas c'que tu dis.

- J'ai rien dit.

- Alors j'ai rien fait.

Je ne sais ni qui est venu ni qui n'est pas venu, je ne sais pas qui sont ces deux-là ni de quoi il s'agit.

Je ne peux conclure que par un Eurgh sincère.

 

Posté par Marite de Vos à 15:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



16 mai 2014

Quand tique la mécanique

- Ce matin, au sortir d’un rêve agité, je me suis éveillée transformée dans mon lit en un véritable robot. 

Paulette Dolstein ne reconnaît pas la personne, est-ce une personne ? allongée, n'est-elle pas posée ? sur son divan.

- J’ai un ordinateur à la place du cerveau, un moteur à la place du cœur, des tubes aspirants à la place des bras, des pattes à roulettes. 

C'est vrai pense Dolstein, c'est vrai, elle le voit.

- J’ai des  caméras à facettes à la place des yeux, un sac à poussières à la place de l’estomac, un foie ionisant qui désinfecte les déchets. 

Dolstein constate qu'une évacuation externe subsiste, située vers le bas de ce qui autrefois était un tronc de femme, par où sortent des boulettes atomisées par un puissant laser.

C'est pratique, bien conçu, ergonomique et synergique, le travail a été bien fait, la "personne" qui est là est devenue un parfait robot ménager. Ménager fait tilt, Dolstein a reconnu son analysante.

- La maison n’a jamais été aussi propre, dit Madame Bovary.

Qu'est-il arrivé à cette femme ? se demande Dolstein. Elle se raccroche aux faits, le nom de sa cliente est réellement Bovary, fille de monsieur et madame Bovary qui l'ont prénommée Emma par hasard sans rien savoir du personnage d'un Flaubert inconnu d'eux.

- C'est un comble, dit Braise, depuis le plafond du cabinet de Dolstein où elle passe de loin en loin d'agréables moments à observer les séances.

A quoi Dolstein se contente de répondre par un hochement de tête.

- C'est un comble que cette Madame B. ait su venir jusqu'ici dire qu'elle ne peut rien dire.

Emma B. serait penaude si elle pouvait exprimer quoi que ce soit d'autre que des besoins en énergie par le truchemment des clignotants qui figurent ses yeux.

- Et si, dit Troudup, si on luizy mettait un chapeau à ventilateur pour y donner de l'élétrissité ?

- Et pi ça s'rait plus féminin, ajoute Myrtille Souche qui sait de quoi elle parle.

Dracula sort d'une poche intérieure (son inconcient ?) sa bible personnelle, j'ignorais qu'il en eut une ni que ce pusse être celle-là, et lit tout haut :

Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

Et pourtant pensé-je, quoi de plus cohérent que Dracula lisant Kafka ?

 

30 avril 2014

A la tienne, Marcel !

- Monsieur et Madame ont un fils: comment s'appelle-t-il ? demande Nono au comptoir.

- Ben les parents comment ki s'appellent ? demande le Souche.

- On s'en fout, Achille, c'est le nom du fils que j'demande.

- On peut pas jouer sans les parents, dit le Souche.

- Oh là là ! il est copieux çuissi, dit Troudup, à ton âge t'as pas besoin de tes parents !

- Eh ben alors, dit le Souche, vas-y, t'as qu'a l'dire comment ki s'appelle le fils !

- J'en sais rien.

- Ouais, dit Nono, c'est ça.

- Alors i dit ki sait pas et c'est lui qu'a raison ? I s'appelle Issaipa le fils ?

- Nan, dit Nono. Jean Sairien.

- Faizy un dessin, dit Troudup, i va pêter une durite.

- Tu sais lire ? demande Nono en sortant un stylo.

- Pas après cinq tournées dit le Souche, et j'm'en fous, ilaka s'ap'ler komiveu le fils à personne.

- Je r'mets la même ?

- C'est ça, dit Troudup, envoie la p'tite soeur.

Là-dessus, Achille Souche s'effondre, terrassé par une attaque de son dernier neurone sobre, en murmurant la p'tite soeur, la p'tite soeur.

Et moi, je me dis:

- Tu dois sortir du Petit Renard, tu as passé trop de temps dans ce bar, ça porte au coeur.

A moins que ce soient les effluves de pastis baraqué qui aient suffit, quoiqu'imaginaires, à me donner la face de tek (je suis un nécrivain, je ne peux pas dire gueule de bois, hips).

 

 

Posté par Marite de Vos à 11:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 avril 2014

Perle à r'bours Pâques à Batbourg

- L'abbé Phouettart dit Troudup, il est de l'assistance.

- Caisse tu racontes dit Le Souche, il est pas d'l'assistance, ses parents i sont natifs de Batbourg, le père Phouettart était garde champêtre, i nous coursait dans l'verger à Mâdâme de Lhéry prout prout.

- Il est d'l'assistance biblique que j'te dis, il est marié avec, et tu f'ras ci, et tu f'ras pas ça, et tu f'ras comme dit La Bible. 

- En tout cas dit Léon, dans l'Ancien Testament les animaux ont une journée de repos par semaine.

- Caisse qui dit Léon ?

- I dit qu'les animaux d'la Bible i s'reposent le dimanche.

- Le samedi, dit Léon.

- M'en fous, dit Troudup, va raconter ça au gigot d'midi.

- Justement, dit Léon, on est dimanche.

- Et la mère Phouettart, ê f'sait des clafoutis d'Enfer !

- Oh, le vilain, dit Troudup, il a dit Enfer, tu diras trois patés et deux aver, comme al dit La Bib. Car en vérité je te le dis, moi aussi chu d'l'assistance Bibine.

- C'est ça, dit Nono, la même chose ?

- Exak, dit Le Souche, c'est ma tournée.

 

Posté par Marite de Vos à 11:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18 avril 2014

Permanence de l'objet contre Physique Quantique.

- Wouah wouah. Wouahwouahwouah ?! Wouah ?

- C'est pas ça, dit Léon.

Troudup est déçu mais il s'accroche

- Wouahhh wououhouhwouah... Wouhhaouhaouhhhh !!   ?

- Laisse tomber, dit Léon, c'est mort, tu n'y arriveras pas.

- Comment qu'tu l'sais que j'y arrivera pas, hein ?! T'as su parler du premier coup toi peut-être ? J'y ai pas mis du mien pour te comprendre, hein !

Léon soupire. Doit-il dire la vérité à Troudup ? Doit-il lui avouer qu'il ne parle pas ? Que c'est la seule raison pour laquelle personne d'autre ne sait qu'il parle ?

Et moi donc, dois-je révéler à Léon qu'il est vraiment un chien parlant ? 

- Oh ! Eh ! ça suffit, dit Troudup, on sait c'qu'on sait ! Qu'est-ce qu'elle croit La Taulière, qu'elle nous tient dans sa tête, qu'elle drive tout ! Quand elle vient on est là et quand elle vient pas, on est là quand même.

- Parfaitement dit le docteur Tayeurt, comme les femmes pour un macho, absentes, elles sont là quand même, dans la tête du bonhomme.

- Affirmatif, dit Robert Dieu. Le macho n'a pas pas besoin d'une femme réelle pour alimenter sa tension sexuelle.

- C'est ça, dit Bruno Ragazzi, le moyen, c'est le réel, pas l'imaginaire. Un vrai feu peut s'éteindre, un feu imaginaire crée une panique ingérable dans un sous marin.

- Wouh wouh ! Wouhouhouhou !!! Wouhouhouhouhhh !

- ça vient dit Léon, mais c'est pas du chien c'est du loup !

- C'est à cause des gonzesses dit Troudup.

- Y en a pas.

- Justement.

Posté par Marite de Vos à 12:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

15 avril 2014

Vivre c'est tout

-  J'en ai assez de ma vie, dit Marianne, je voudrais jouer autre chose.

- Allez-y, jouez autre chose.

- Mais comment ? Vous m'avez mise dans une drôle d'histoire, moi je n'ai rien demandé.

- Je ne force personne, si vous êtes venue c'est que vous aviez une place à prendre.

- Vous avez bien pu m'écrire, vous devriez pouvoir continuer.

- Maintenant que vous existez, je ne peux rien faire, c'est à vous de bouger.

- Pour aller où?

- A vous de voir.

- En fait, j'aimerais bien la vie de Louka, être commissaire de police, aller chez les gens, les interroger...

- Là, c'est difficile, Louka ne serait pas forcément d'accord.

- Bien sûr. Et une autre histoire alors, vous pourriez, non ?

- Moi non, mais vous oui, L'Appartement, ça sert à ça, c'est la vie libre ici, chacun fabrique ce qu'il veut.

- Ah bon, alors, euh, si je veux être boulangère, je n'ai qu'à ouvrir ma boutique ?

- Oui.

- Si je veux rencontrer quelqu'un, je n'ai qu'à l'inventer ?

- Oui, tout le monde fait ça.

- Mais je ne veux pas d'un ami imaginaire, j'en veux un vrai !

- Ayez-en un vrai, vous n'avez qu'à quitter l'imaginaire pour le réel, c'est tout.

- C'est vraiment tout ?

- Oui. Mais, je vous préviens, le sage dit Prends garde à ce que tu désires, tu risques de l'obtenir.

- C'est ça qu'il faut changer, enlevez-moi cette prudence et cette inquiétude dont vous m'avez chargée, donnez-moi de l'insouciance, de la légéreté, de l'inconséquence.

-  Allez donc demander à Dracula.

- Il est en vacances, dit Braise, dans sa famille à Mountain View. 

 

pasted-image-16

La Californie, dit Le Personnage Inconnu, ce n'est pas si superficiel qu'on le dit

- Vous êtes sûre, dit Marianne, qu'il a de l'insouciance à revendre ?

- Vous voyez bien qu'il ne s'en sert pas, dit Braise.

- Alors, dit Marianne, moi aussi j'en ai !

- C'est ce que je vous dis depuis le début, réponds-je, et là-dessus, je dis, je vais boire un thé.

- Bonne idée, dit Braise, vous en avez aux châtaignes ?

 

Posté par Marite de Vos à 16:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,



Fin »