19 mars 2010

Le chou confit

Alice

Ce matin, j'ai fait partir le chou confit, ça embaume.
Certains trouvent l'odeur tenace, désagréable et populaire. Ils disent populaire en se bouchant le nez.

Le chou, je l'aime sous toutes ses formes, blanc, vert, frisé, camus, la recette d'aujourd'hui est au chou blanc.

- Couper un oignon jaune en lamelles pas trop fines.
- Le mettre à dorer dans une cocotte en fonte avec de la graisse de canard, ou d'oie.
- Ajouter le chou blanc en lamelles pas trop fines
quand l'oignon est presque grillé.
- Remuer pour faire remonter l'oignon au dessus, puis bien mélanger.
- Ajouter les graines de six ou sept gousses de cardamome verte, un piment oiseau écrasé, les queues émincées  finement de quelques branches de persil plat et d'une botte entière de coriandre fraîche.
- Saler si on veut, ça n'est pas obligatoire.
- Laisser confire à feu très doux pendant le temps que vous voulez, mais au moins une heure.

On peut y ajouter d'autres légumes émincés pas trop fin, on peut y mettre d'autres épices, celles qu'on aime, mais attention aux associations malheureuses. Par exemple, je n'aime pas le laurier avec le gingembre,  c'est une question de goût, bien sûr.

C'est comme dans la vie, il y a des mélanges douloureux.

Posté par Marite de Vos à 11:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Cohabiter avec La Mort ouh! ouh!

Marité

Pfff... C'est ce qui vient en premier: Pfff...

Je me demande si c'est le sujet qui plombe ou la façon d'en parler ou la façon de  lire, mais Paulette, pfff.
Ah! Voilà: tu es con,  tu dis pfff... tu es con.

C'est un sujet sur lequel on est censé admirer sans toucher la pensée qui se pose dessus, prier à genoux devant les bougies allumées, longues comme des cierges, mais pas de la même couleur pour ne pas avoir l'air soumis, ou con.

La Mort! La Mort ouh! ouh! ouh! Sujet tabou universel, que personne n'y touche.

A dix-sept ans, je vivais aux Emouleuses, je suis partie quelques jours chez la marraine de Cendrillon,  Liliane, une tante intelligente et généreuse.
Elle a ouvert son bureau de
 psychiatre analyste, elle m'a dit, tu prends ce que tu veux, elle est sortie.

Les murs étaient couverts de livres. Quand je dis couvert de livres ce n'est pas un cliché, il y avait dans cette pièce, une grande table, une chaise, un fauteuil près d'un divan étroit, et quatre murs de livres, je n'avais  jamais vu ça.
Un titre s'est détaché des autres: La Mort. Je l'ai pris.
Un vrai livre qui me dirait Tout: mon souffle s'est ralenti, mon estomac s'est crispé, j'ai lu la première phrase:
Personne n'a l'expérience de la mort.
Je l'ai relue, très troublée:
Personne n'a l'expérience de la mort.
J'en avais appris assez, je l'ai remis avec ses pairs.

Personne n'a l'expérience de la mort. Ni toi Paulette.
Quand elle chausse son masque de vieux sage ça m'énerve, elle a 80 ans, mais heureusement
elle n'est pas sage.

Heula ça schnie! Alice a cuit son chou confit, ça sent fort, mais c'est bon d'être dans la tripe.

Posté par Marite de Vos à 10:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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