07 mai 2010

Intempéries intempestives

Marité

Quand il est mort, les avions tombaient, les bateaux coulaient, les trains déraillaient.

Voilà qu'aujourd'hui c'est le temps qui déraille, suivant une voie erratique, je ne veux pas le voir, je ne veux pas l'entendre.

Moi je monte dans les avions, dans les trains, dans les bateaux, je mets dans la valise des robes légères et des t-shirts sans manches parce que je vais en Provence.

J'y suis, j'ai froid.

Frédéric insiste, il me dit de toutes ces façons:

- Tu n'as pas fini le travail, tu as ce manuscrit à terminer.

Et je persiste à ne pas le faire.

Quand il sera sorti de mes tiroirs, là où nichent les polichinelles, il ne m'appartiendra plus. Hors de l'asile de l'Appartement, je serai bien obligée d'admettre que mon frère n'est plus là.

Avarice, rétention, refus de la réalité, appelez-ça comme vous voudrez, mon frère est Là tant que je le porte, la réalité je m'en fous, le vrai tabou, c'est la mort...

Quoi? Inceste? Qui dit ça? C'est moi, oh là, c'est moi qui cause ici! Pour dire ça...

pff, morale, règles, modes d'emplois, si quelqu'un sait quoi que ce soit sur l'inadmissible et comment ne pas l'admettre, je dis Bienvenue! Bienvenue à La Fabrique!

Posté par Marite de Vos à 11:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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