- Je transpirais comme ver qui pisse, j'avais les chocottes et puis j'ai trouvé le tréfeuleu.

- ?  répond succinctement la Myrtille Souche plus loquace en d'autres occasions.

- J'avais plus besoin d'avoir peur, j'avais le trèfeuleu ! Le trèfeuleu comme l'as de trèfeuleu, le trèfeuleu à quatre feuilles !

- Hola monsieur Troudy ! Hey! Oh! Troudup ? C'est quoi là ? Ou bien ?

- Ail bègue yor pardonn mâme Souche, mais pas du tout, c'est le chouchen dans le café qui me donne du vocabulaire.

- Mais c'est pas français. Du pastis dans le thé, ça f'rait-y pas mieux  ?

- Oh, oh, oh ! Ne faites pas le malin, madame Je-suis-la-plus-forte, je vois clair dans votre feu.

Myrtille Souche et monsieur Troudy ne prêtaient pas attention à moi, pourtant il est d'usage que la présence de la police les rende muets. Mais là non, je pouvais les écouter à ma guise, la grosse Myrtille arrêtée sur le chemin, un nain sous le bras et Troudy, adossé au mur du Petit Renard, retenu ferme par Léon en embuscade à l'entrée.

J'avais enfin le rapport d'hospitalisation de Marité de Vos K, j'attendais Dolstein. J'espérais qu'elle me le traduise bien qu'au téléphone elle m'ait dit, je vous le redis, inspecteur Kowski, c'est non.

Elle seule pourrait faire quelque chose pour Troudy, qui depuis quelques mois délaissait la table d'examen du docteur Tayeurt pour son divan, avant de virer analyste elle était ortophoniste.

- Oh que non, dit-elle avant même que je ne m'aperçusse de son arrivée dans  l'Appartement, j'ai renoncé à tous les ortho-trucs. Je ne vais pas lui enlever les mots de la tête.

- Mais on n'y comprend rien.

- Qu'il le dise comme ça ou autrement, il n'y a rien à comprendre.