29 janvier 2017

Flipp Flipp Flapp

Flipp flapp flipp flipp... Kiii ! Puik ! Kii! Ki!!!

- Wouah ! Wouah ! Léon ne sait plus parler, il redevient chien dans l’Appartement transformé en volière.

- Flishhhh ! Frashhh! Vvvvvvhh…

Mandarins, cardinaux rouges, serins, canaris oranges, jaunes, blancs, des tarins, et même deux perruches bleues, et une volée d’enfants qui courent sous les oiseaux  de toutes les couleurs, ça court et ça vole partout, Léon saute, la surprise le surexcite et lui rend sa nature, Troudup rit dans son coin, avachi dans un fauteuil, il croit qu’il rêve, Braise est ravie, Paulette Dolstein et Robert Dieu oublient de prendre des notes, tous les Gens de l’Appartement regardent ébahis les enfants et les oiseaux. 

Une gaieté sourde neige dans L’Appartement, des oiseaux, des enfants, comme si on n’avait jamais vu ça.

Le fait est, ils n’ont jamais vu ça, c’est la première fois que les enfants déboulent ici, il était temps de leur laisser de la place.

 - Ils en ont marre, dit Doudou qui ne sait pas marcher mais qui cause bien.

- Ben oui, dit Tara la petite fille blonde très frisée, ils peuvent pas s’amuser dans leur cage, ils peuvent pas courir partout.

- On a fermé les fenêtres, quand ils auront bien joué, on les rangera, dit Guigui un petit blond décidé.

- Bonjour tout l’monde, on est les gosses et eux, c’est les oiseaux de Papa.

- Bonjour les gosses, répond La Rumeur, L’Appartement tout entier, ses Histoires et ses Gens, salue les nouveaux arrivants.

Il était temps, dit Braise.

- Vont-ils s’effrayer de ma présence ? se demande Dracula qui vient quand même se présenter.

- Oh non ! dit cette petite brune d’une dizaine d’année.

La petite T. est ravie, c’est moi à dix ans, j'aime les morts, les vampires, Frankenstein et Dracula.

Me voilà renforcée, nous sommes deux Moi à présent dans L’Appartement.

Est-ce que les autres vont se montrer ?

 


12 janvier 2017

Jaunisse Joplin

- C'est où ici ? C'est quoi cet endroit ? Le Paradis ? Je suis mort ?

Tristan est surexcité par le buffet.

Mais d'où il sort ce buffet ? C'est la première fois que je vois de la nourriture dans L'Appartement, mais c'est la première fois aussi que Tristan entre ici.

-Eeeeeentre ici, Tristan, avec les affamés de la jaunisse !

- Eh ! t'as vu y a plein de trucs à manger, dit Tristan. Quand il a eu la jaunisse, c'est la bouffe qui le rendait malheureux, pas la jaunisse. Quand il a été guéri il ne pensait qu'à manger, manger, manger, mais il avait toujours pas le droit. Jusqu'à la fin de la convalescence c'était bouillon, bouillon, bouillon.

- Je vais faire des courses à Paris, soyez sages, à ce soir !

Et hop, Maman à Paris, c'était au moins quatre heures de liberté.  J'ai organisé un concours de cuisine pour Tristan, Guigui et moi concurrents, Tristan  jury.

Il était dans le lit du bas, calé par tous nos oreillers, il salivait déjà.

- J'aurais voulu t'y voir, un mois de bouillon, je vais mourir de faim.

Il pouvait m'y voir, un mois de bouillon, je m'en fiche, je mange très peu, mes plats préférés, c'est la scarole avec une vinaigrette costaud en vinaigre et beaucoup d'échalottes et le cresson, je mange les épluchures de cresson, les queues, les feuilles un peu fanées que maman enlève. J'aime les vermicelles  dans le bouillon avec du steak haché cru sur le bord de l'assiette, et le poulet rôti. On est huit à table, chacun a son morceau, le cou c'est le mien, Maman c'est les ailes et du blanc, Guigui et Tristan les pilons, Roger et Rididine les sous-cuisses, Tara l'autre blanc et la carcasse pour Papa.

Pour Tristan j'avais fait du camembert à la confiture, il a adoré, Robert un mélange pain d'épice chocolat moutarde, il a adoré pareil. On aurait pu lui sortir n'importe quoi, du moment que ça se mange il aurait adoré.

- C'est super bon, tu sais pas c'que tu perds.

Je ne sais plus qui a gagné, il me semble que Tristan n'était pas au meilleur de sa forme quand Maman est rentrée.

 Et pourquoi ça s'appelle Jaunisse Joplin alors que la Janis n'était même pas née quand Tristan a eu la jaunisse ?

Parce que j'ai pas pu m'empêcher.

Posté par Marite de Vos à 16:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 janvier 2017

La vraie vie c'est pas d'la tarte

- La Taulière elle est où ? Corinne Mars se réjouit prudemment de mon éclipse, elle préfère l'exclusivité, c'est le genre de femme à aimer la compétition à condition d'être seule en piste.

Marianne s'en fiche, pas de moi, parce que Marianne c'est moi, n'est-ce pas Gustave ? Elle se fiche de la compétition, de la piste, de l'indifférence, elle est en dépression, ça occupe. 

- Et moi alors, dit Braise, tu crois que je me fiche de séduire ? D'être aimée ? Regardée ?

- Oh non, ça c'est sûr, je le sais parfaitement, hein Gustave ? Mais pour toi, ma chère chère, pas de challenge, ça se produit sans manoeuvre ou ça ne saurait se faire.

- Oui, sinon, pas de vrai désir, rien ne brûle qu'un feu tiède, à peine une flammèche pâle.

Alors le souffle puissant de Dracula passe sur son visage, emmêle ses cheveux, elle rougit, elle pâlit, elle flambe. Braise, c'est l'amour tout entier à sa proie attaché (merci Racine et d'abord merci Phèdre).

-  Elle se cache ? demande Corinne, elle est mal à l'aise, Braise est là, Marianne se manifeste par son absence et moi, elle voudrait que je sois un fantôme, la rémanence d'une existence passée.

Est-ce que je me cache ?

- Non, ê s'cache pas, êl'planque.

Troudup vient de donner la réponse que je ne cherchais pas, c'est ça je planque.

Mon nouveau manuscrit me fait la vie et c'est ça que je veux écrire, la vie, c'est vache, c'est pas la-vie-c'est-vache, c'est vache de me mener la vie dure sur la vie, merdalors, pour qui il se prend ce manuscrit ?

C'est mon histoire qu'il porte et il ne répond pas à mon appel ?

Ici est ma solution, mes personnages doivent venir ici, je leur donne l'adresse, je les libère. Je planque derrière les portes, je les regarde vivre au lieu d'aller les chercher partout ailleurs, dans les souvenirs, dans le passé, dans ma tête, dans mes rêves, dans le réel.

- Tête mon cul ! Souvenirs mon cul ! Réel mon cul !

- Merci Zazie, tu as mis le doigt dessus, la vie ni la vérité ne sont dans le Réel.

- Comme si on savait ce k'c'est la vérité, comme si quelqu'un au monde savait ce k'c'est !

- Tu causes, tu causes, dit Troudup, comme si t'étais pas un tyran, comme si on était libres de sortir de c'te putain de prison que tu nous as fabriquée, tu peux toujours appeler ça l'Appartement.

- Ben dis-donc, t'as la mémoire courte Alzy, qui est parti en vacances à Carraix-dans-l'Oigne? En menaçant de ne jamais revenir ? C'est moi peut-être ? Lâcheur ! J'ai cru ne plus te voir ! Maître chanteur !

- Hé! Hé ! Comme qui dirait qu'elle serait de retour dans sa petite cape et son collant-body, SuperTeigne, Notre Sainte Patronne. La Taulière est de retour Allélouuuu-yah !

- Ah ouis, c'est ça ! Eh ben je... je vais... Vous verrez bien c'que j'vais.

 

Posté par Marite de Vos à 13:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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