16 novembre 2010

Dehors !

- Je ne suis pas accueillante ?

- On peut le dire ! râle une certaine Lizzie sortie tout droit d'un roman d'amour de bas étage, le roman, pas l'amour. Alors ça oui, ça c'est sûr, je suis venue dans cet Appartement, que soi-disant c'était entrée libre et cinéma permanent, et vous me mettez dehors ?


- Oh que oui ! De-hors !

L'Appartement ouvert à tous ? Mais pas du tout, absolument pas, l'Appartement est ouvert à qui je vœux, non mais!

Je sais que tout va et vient, que je suis soumise à la loi de la vie, tout circule et tout pénètre, bleah !, mais pas n'importe qui si je m'en aperçois à temps.

- Rentre chez toi, Lizzie Je-ne-sais-plus-qui, retourne Ici faire ton numéro.
Mais pas chez moi.
Non, pas chez moi.

Sale affaire.

Est-ce que je serais poreuse ?
Il faut remplir avec les petits Autres.
Les Autres, oui, justement qui se bousculent à mes portes et que je contiens.
A tort.

C'est leur tour, les nouveaux Autres doivent entrer, et les familiers, revenir.

- Heps! Heps heps heps !...

Lizzie est revenue, elle dit

- Je suis parmi les Autres, hein! Sinon, sinon, je ne serais pas là. Et d'ailleurs, je suis revenue n'est-ce pas, alors pas la peine de faire la mégère, je suis chez moi ici, autant que les autres.

Zutalors, que je me dis, plutôt que merdalors pour changer. Mince de truc, elle a raison, si elle est ici c'est qu'elle peut y être.

Autrement sinon elle n'eut pût y pénétrer.

Que faire, que faire?

Lui écrire une histoire ? L'installer dans un (autre) personnage ?

- Voilà! s'exclama Lizzie, voilà exactement pourquoi je suis venue, même si je ne le savais pas, c'est ça exactement!

- C'est ça quoi ?

- Un rôle, un personnage, un vrai, une femme en chair!

Des commandes à présent ! Mais on se demande qui commande ici ?

C'est Nous, répondit la rumeur harmonieuse de tous mes habitants.


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14 juin 2010

Tu dors ?!!

Marité

- Si je dors? Tout le monde dors. Ben quoi, c'est quoi cette question, je dors? Oui, je dors!

Non, je ne dors plus, bien sûr, cette question m'a réveillée en sursaut. Je dormais. Je ne dors plus.
D'où vient cette voix? Il n'y a Personne que moi dans l'Appartement ce matin.

Ciel gris, ciel clair,  soleil et grêle, même le climat s'invente. Ils ne sont pas revenus après leur balade d'hier, pas repassés par ici en tout cas.

Où sont-ils?


Je suis allée vérifier dans leurs manuscrits, est-ce qu'ils s'y invitent?
Ce serait le bordel pour le coup.

Si mes personnages se mettent à rentrer les uns chez les autres, à déménager dans les histoires, je ne vais pas m'en sortir.

Je travaille mes textes, la construction, le style, enfin, le boulot quoi, mais s'ils viennent y mettre le souk, je ne réponds plus de rien, tout va sombrer!

J'ai rien vu. Ils sont rentrés chacun chez soi.

Ouf.

L'Appartement est leur seule échappatoire, je suis contente, je reste maître de quelque chose, je suis l'hôtesse ici.


- Mais oui je dormais, qui me demande? Qui pose la question?

- C'est Nous.

- Qui Nous?

- Nous le général, Nous qui suis une Arche de Noé dans une capsule qui contient tous ceux de tes textes. Nous te demande, est-ce que tu dors?

- Mais c'est une obsession! Nous veut savoir quoi?

- Est-ce que parfois ton cerveau se repose?

- Ah, voilà une question. Je ne sais pas. Je suppose que c'est dormir, poser la cervelle, éteindre un peu la lumière, figer les étincelles.

- Nous se demande s'il t'arrive de ne penser à rien.

- Je crains que non, d'ailleurs, vous êtes en train de me parler, je vous réponds alors que j'avais prévu d'aller jouer dehors. Mais vous?

- Nous non.

- Non quoi?

- Nous ne pense pas à Toi, c'est Toi qui nous pense.

Pff, métaphysique virtuelle et psychologie de comptoir, et on n'est que lundi ?!

Je sors.


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04 juin 2010

Mère abusive

Ce matin j'ai trouvé une lettre sur l'écran de mon ordinateur,

Bonjour à tous, et bonjour vous, la propriétaire du lieu,

Nous ne voulons pas rester enfermées dans notre histoire, nous ne voulons pas être pour toujours dans les Larmes de l'espoir de Maria Luna. Nous voulons être libres!

Mais nous ne savons pas comment faire, notre créatrice ne veut pas nous lâcher, elle nous interdit de sortir dans le monde, elle nous interdit de rencontrer qui que ce soit, elle dit je vous ai inventées, j'ai droit de tout sur vous.


Si quelqu'un a une idée?

signé Océane et Aurore.

Elles sont venues dans la nuit se promener sur le blog, elles voulaient voir du monde mais cette nuit, personne d'autre qu'elles deux.

Salut les filles! je vous réponds ici puisque vous avez trouvé le chemin.

Personne ne peut rien vous imposer, vous existez.
Vous êtes venues ici de votre propre chef, votre créatrice n'a pas su vous en empêcher, elle ne sait même pas que vous pouvez vous promener à votre guise, alors, allez-y, baladez-vous, amusez-vous, rencontrez qui vous voudrez!

Si ça vous dit, changez de prénom, appelez-vous Eponine et Azelma, ou Jeanne et Marthe, ou Artémise et Cunégonde Fenouillard, ça vous donnera de l'air.

Et ne vous inquiétez pas, beaucoup de mères sont comme ça, ça ne dure jamais, les enfants se libèrent toujours, c'est ce qu'ils peuvent faire de mieux pour leurs créateurs.


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10 mai 2010

Hors monde

Marité

Hors l'Appartement, dans le monde des autres, soleil, lumière, les herbes, les odeurs vivantes, le thym en fleur, les lilas,
nature vibrante, vastes respirations.

En moi l'Appartement trépigne:

- Reviens chez toi. Je suis ton ancrage, ne l'oublie pas, sans moi plus d'asile.

- Je n'oublie pas,  je sais. Tu es mon seul territoire.

Et de me demander de quoi il a peur? Comme si je pouvais devenir habitante de cette planète-là.
Je ne pourrais, non, je ne le pourrais pas.

Et je l'aime, et les gens qui y vivent, je les aime, mes amis, mes compagnons de route, et non, ici je ne pourrais pas vivre.

Quelle étoile dont je suis le plomb m'empêche de respirer l'air tiède de cette Provence et de m'en satisfaire?

Pourquoi l'Appartement?
C'est chez moi, rien, à faire, c'est chez moi.

J'ai transformé le gâteau de Pessah, j'y ai mis l'huile d'olive de l'Aubrespin, fruit de l'olivier et de Fred, mariage ancien, et beaucoup de ciel.
Il a cuit en parfumant l'intérieur d'arômes aussi suaves que ceux du dehors, il refroidit paisiblement.

Je me défends de la paix d'ici, je ne veux être qu'à Ceux de l'Appartement, et mes Issus pour la première fois réclament leur dû.

Les Issus sont mon peuple, nés du manuscrit surnommé AD.

AD, sans aucun doute en fusion organique avec Frédéric et Bienvenue à La Fabrique, et Joseph et la Greffe et Alice, et Louka, Marianne, les Rachel, Hélène, Léah, Hugo, et les Albert, et tous les autres.

Je ne sais par
quelles manœuvres obscures je suis le nœud de leurs existences, sur quelles raisons ils fondent la mienne.

Venue par
une voie térébrante, comment pourrais-je vivre de ciels radieux, de marchés d'épices et de chansons?

Posté par Marite de Vos à 14:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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