Là où vit Frédéric aujourd'hui
31 décembre 2013

Danse, danse, danse

- Quoi de neuf ?

- Les Muses, répond Lucien Übernix, distraitement, concentré sur le dossier Tristan, les Muses sont neuf.

- Et les Musettes alors ? lance Troudup depuis il ne sait où, encore ivre de Noël. Hein! Où qu'a sont les Musettes, et de qui et de quoi ? Hein ? C'est qui leur mère, c'est qui leur parent, et alors hein, et quoi ?

- Depuis Noël ? dit Bruno Ragazzi.

Il pense qu'une consommation à la demi-vie si lente n'est pas raisonnable, il faudrait que Troudup aie nécessité de reproduire l'achat d'ivresse plus souvent. Une semaine, c'est trop long. Mais comment promouvoir l'alcool ? Une idée fuse, l'alcool sans l'alcool, un produit qui procurerait les mêmes effets, comme... comme... la drogue ? Non, autre chose, autre chose...

Lucien Übernix reçoit tardivement l'information que Troudup a lancée.

- Les Musettes, mais oui, murmure Übernix dans le coin de son cerveau dédié aux dévoilements, les Musettes c'est ça !

Oui, c'est ça qu'il cherche, le déclic qui produit la lumière dont il manque depuis des mois, depuis les débuts de la Recherche Tristan. Ils ont fouillé l'ADN, l'environnement, la culture, ils ont fait le tour des abords, du centre, des périphéries, des satellites, ils ont tout décortiqué. Et si c'était ailleurs, et si ça n'était pas dedans?

C'est ça, c'est ça, ce serait dans une annexe, il y aurait un réservoir du ça du corps, à l'instar de l'inconscient il y aurait ce ça-là, dans une Musette, qui attendrait qu'on y puise, pour boire aux sources de l'origine, un autre code. La Musette serait un attribut.

Tristan n'était pas fait que d'ADN, de chairs, d'os, de son éducation, de son temps, de ses expériences, de son atmosphère, il y aurait ça, dans la Musette, qui n'est nulle part ailleurs, qui n'existait pas parce qu'on ignorait que ça existât, La Musette, La Musette !

Lucien Übernix danse de joie, comme un ours élégant, il danse, cet homme grand, lourd et solide, il danse comme un elfe, il danse avec son esprit.

Et moi, Marité de Vos K, je contemple puis je me joins à la danse du dévoilement, et Troudup aussi, et Braise, et Louka, Dolstein, Melle de Lhéry, Dracula, Mandrake et Marianne, Tristan I, II, III, tous les Tristans, Suzy, Fabiola, Laprune, tout Bourg-Lez-Nains, Nono, Corinne, Fabienne, Robert Dieu, les deux Rachel, les deux Albert, tous les Gens de l'Appartement, tout le monde danse, danse, danse.

 

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25 décembre 2011

Mortivité

J'ai pensé fort: bon anniversaire mais je n'ai rien dit. Déjà bien beau qu'on soit encore là pour l'entendre, encore là pour le dire.

- Euh là ! Pardon ! Ce serait-y le blues de Noël ? C'est qui qui trinque à sec ? C'est qui qui pleure en douce ?

Je suis prise de court, j'ai d'abord cru que c'était Troudup, mais non. D'ailleurs Troudup réveillonne au Petit Renard tous les 24 et tous les 31.

- Décembre ?

- Non, tous les 24 et 31 du mois, sauf en février.

- Et les mois en 30.

- Oui, il y a les mois en 30 et les mois en r.

- On ne dit jamais les mois en 30.

Je ne sais toujours pas qui parle, quelqu'un de passage ?

- Eh non, répond-il, vous me connaissez, mince alors, je n'aurais pas dû laisser sortir ces mots-là de cette bouche-là.

- Ah! Lucien Übernix, ça alors ! D'où vient que je ne vous ai pas reconnu ?

- Pour une raison simple, très chère, dans votre presque fond du trou, vous êtes très plate. N'y ayant accès qu'à une seule dimension, votre intelligence naturelle est dramatiquement réduite et vous voilà transformée en perroquet à clichés, en stupide bonne femme.

- Quand même, cette façon de parler, ce vocabulaire ...

- So what ? Vous êtes encore hébétée par votre grand chagrin ? Pauvre petite solitaire à Noël, pas même une allumette à vendre ou à brûler ? Pauvre veuve de frère, comment nomme-t-on ça ? Flûte ! Aidez-moi!

- Je ne sais pas.  On est orphelin de parents, on est veuf de conjoint, mais de ses enfants on est éternellement le père, la mère, et quoi qu'il arrive, on reste inexorablement le frère ou la soeur. Comment appelle-t-on le dernier à parler une langue ? Comment dire le survivant d'un monde ? Amputé ?

- Ah! Vous m'agacez ! Quittez vos préoccupations de comptable, cessez d'aligner les pertes, tirez un trait.

- C'est fait.

- Maintenant, écrivez le total sous le trait.

- Ça ne s'additionne pas.

- Quand même! Ça revient on dirait. Un peu de lumière, une étincelle de raison ? Ou un éclat de coeur ?

J'ai le sourire, Lucien Übernix s'évapore et se cristallise dans "Bienvenue à la Fabrique". Là, installé dans un labyrinthe construit par Alzheimer Aloys, il a pris le rôle du fils,  mais il bat des ailes sans s'approcher du soleil de la vérité qu'ils cherchent tous.

Lucien a inventé une science où la mémoire fait défaut, où l'intelligence jaillit toute nue du puits de l'ignorance, depuis son vide il interpelle. Ses pourquoi sont plus fertiles que tous les parce que des recherches qu'il mène en parfaite liberté.


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24 mai 2011

Il va t'arriver de la famille

- Y a quelqu'un ici ? Hein, y a quelqu'un ?

D'où sort-il celui-ci ? Vient pas de chez moi, aucun manuscrit ne le contient, je n'ai pas fabriqué cet homme-là. Alors comment est-il venu ? Par quelle voie est-il entré dans l'Appartement ?

- Ah, bonjour Marité.

Il est étonné d'être là, content de m'avoir trouvée, comme si c'était l'exécution d'une corvée, un ordre à satisfaire et décidément, moi, je ne le reconnais pas.

Mais l'odeur me saisit, ça sent la saumure de cornichon, l'ail, le poivre, le koper et le hareng, ça sent les tonneaux dans le grenier, ça sent l'oncle Jacques W. de Nancy qui est l'oncle de mon oncle Jacques L.

Mais, oncle Jacques, tu ne viens pas de mes écritures, je ne t'ai pas fabriqué !

Non, c'est toi qui viens de moi et de mes non écritures, toi qui viens de l'autre monde que moi j'ai fabriqué.

Quel autre monde ?

Celui d'avant ton existence, le monde perdu de notre Kalisz, le monde dont le temps s'est usé.

Tout le monde peut venir chez moi ? Tout ce que je ne vois pas, que je ne peux classer, que je ne sais nommer ? Mince alors, tout va comme ça veut.

- Alors, dit Übernix à Paulette Dolstein, vous voyez ce que je veux dire maintenant.

- Mais oui Lucien, j'en conviens, cet évènement a transformé le monde, mais c'est cetet transformation qui l'a changée, pas l'évènement en soi.

- Ah non Paulette, pas de mauvaise foi, s'il vous plaît.

- Le même évènement, même s'il produisait le même changement, n'entrainerait de transformation identique sur personne, pas plus que sur elle s'il se reproduisait.

- Pas utile de faire des dissections exploratoires ? C'est ça que vous pensez ?

- C'est ça. Ce n'est pas par ce moyen que vous trouverez une solution au Projet.

- Frédéric n'est pas là.

- Non plus.

Je ne comprends pas grand chose à cet échange, à part qu'il y est question d'un moi que l'Evènement DA (Dissection Aortique) aurait changé.

Je n'aurai pas plus d'information, l'oncle Jacques W. n'est plus là, je ne peux pas lui demander par où il est passé.

- Pas par où, m'envoit-il de je ne sais où, son accent yiddish estompé par la distance, tu ferais mieux de chercher d'où je viens que par où je suis venu.

Il a raison. S'il ne vient ni de mes manuscrits, ni de Nancy où il vivait, ni de son Kalisz, ni de son temps qui a disparu, d'où vient-il alors ?

 

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30 avril 2011

For extérieur

- Professeur Übernix ? Vous voilà de retour dans l'Appartement, je suis honorée, que je lui dis comme ça au Grand Professeur. Mais je ne suis pas si contente et je le laisse avec Louise Kowski qui n'attend que ça pour en apprendre sur moi.

Je suis mal à l'aise parce que j'habite dans Bienvenue à La Fabrique.
Übernix me connait très, très bien, plus intimement qu'aucun amant. Parce qu'il me l'a demandé je me suis mise plus qu'à nu, pour  lui je suis passée sous les rayons et les ondes, IRM, scanner, radios ordinaires et échographies de toute sorte.

A mon tour de me dissoudre dans l'air du bureau et de m'envoler par la fenêtre.

C'est jour de marché, je vais acheter un bar sauvage et l'apprivoiser à la vapeur.

Übernix vient avec un lourd dossier encombré de radios, Louka frétille, enfin elle va savoir.

- Quel genre de médecin êtes-vous, professeur Übernix?

- Ah oui, il faut afficher son genre, après quoi on exige que vous l'assumiez. Quel genre de médecin je suis ? Je  suis ce genre qui s'occupe de l'humain.

- Vous êtes généraliste ?

- De votre point de vue, oui. Mais non.

- Psychanalyste ?

- Et anthropologue, sociologue, légiste, obstétricien, cancérologue, etc.

- Votre réponse ne m'éclaire pas.

- Je suis spécialiste de la conception, la fabrication, la mise au monde, la vie et la mort d'un humain. Compétences et aptitudes qui m'ont fait Directeur Scientifique de La Fabrique.

- Qu'est-ce que c'est que La Fabrique ?

- Il faudrait répondre à ça ?

- Il faudrait commencer par là, pour que je puisse comprendre d'où vous parlez, qui vous êtes pour savoir qui elle est, ce qui est arrivé, ce qui peut arriver, tout sur elle. Car nous en dépendons tous.

- Alors plus tard.

- Quand ?

- Je trouverai un créneau dans les jours qui viennent. Je vous dirai tout ce que vous pouvez savoir.

- Pourquoi acceptez-vous ?

- Elle m'intéresse, vous saurez ça aussi. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce que je sais d'elle.

J'ai beau m'être évaporée, je les entends. Où que je sois, j'entends tout ce qui se passe dans l'Appartement, je vois tout.

Alors comme ça, Herr Professor Übernix s'intéresse à moi ? Il a ce dossier, il en sait long ? C'est lui qui me suit et m'observe ?

Je croyais être le Créateur et voilà qu'il annonce un numéro spécial: (Presque) Tout sur La Taulière.

Eh bien ça m'inquiète, est-ce que ce blog tenterait de devenir intime ? Pathétojournal ? Egopipolisateur?

Pas question, je les attends les paparrazzis suscités par moi-même, je ne les laisserai pas faire.

- Cause toujours, dit Dolstein.

 

12 janvier 2011

Encore faim

- Je ne te manque pas assez, dit Frédéric.

- Quoi !? je lui réponds vexée, c'est même pas vrai que tu ne me manques pas assez ! Pas assez pour quoi d'abord?

- Pas assez pour devoir m'écrire.

- Ah ça.

- Oui, ça.

- Je ne veux pas que tu sois mort, je n'admets pas ton absence, tu as peut-être raison. Tu ne me manquerais pas assez ? Non, non, ça n'est pas ça, c'est que je n'ai pas besoin de l'écriture pour te faire vivre.

- Tiens, là maintenant, tu es là, tu me regardes pensivement, tu t'assois sur cette chaise sans fond qui me sert de porte serviettes, et puis tu files là-haut, encagné dans l'angle du plafond, maintenant tu fais l'andouille en flottant devant la fenêtre, je vois le ciel à travers toi. Voilà, tu es à et tu es là.

J'ai ajouté de la menthe sèche, que j'ai effritée entre mes doigts, à la soupe que je viens de faire. Quand elle a été cuite, je l'ai mixée très fine, je l'ai trouvée bonne, toi tu as dit elle est excellente, je t'ai entendu.            

C'est comme ça, je n'ai pas besoin de t'inventer.

- Eh bien il faudrait figure-toi, parce que que je veux rencontrer d'autres gens, avoir des relations avec plus de monde, quand bien même ça ne serait que des relations de flottement entre deux ciels. Mets toi au boulot. Termine ce manuscrit, ça me donnera de la présence pour d'autres que toi.

- Je suis égoïste, c'est ça ! Ben dis-le, hein, c'est ça, je suis la grande sœur qui ne pense qu'à elle !

- Oui.

Et il s'est évaporé par la vitre un peu sale du bureau. J'espère que ça ne va pas lui coller à... à je ne sais quoi. Que ça ne va pas lui coller.

Depuis qu'il est mort, il a presque tout le temps raison, si je l'envoie se faire voir, il aura pleins d'occasions de se tromper.

C'est une bonne idée.

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16 juin 2010

Fractales

- En passant une après-midi avec Paulette Dolstein, dit Rachel Zukolowsky, j'ai eu cette impression de déjà vécu, d'où peut bien me venir cette near life experience?

- La NLE, dit Dolstein, n'a pas été étudiée, pourtant nous avons sous les yeux tout ce qui est visible.

- Oh eh! reprend Rachel, ça suffit avec les théories! On ne pourrait pas rester sur terre? Je n'y suis pas si souvent.

Et j'assiste à un évènement: Dolstein a les larmes aux yeux, mais elle se reprend aussitôt, et dit à Rachel,

- Tu as raison, parlons autrement de la chose. Qu'est-ce que tu entends par déjà vécu?

- Comme si nous étions de la même famille, comme si tu étais ma tante, comme si nous étions avant ma disparition et aujourd'hui en même temps, je n'y comprends rien.

- Je ne suis pas sûre que nous soyons dans le conditionnel, lui répond Dolstein.

Et elles sont reparties dans l'tourbillon d'la vie.

Ah ben oui, c'est exactement ça, la vie, la mort, tout ça, ce n'est pas une ligne continue et chronologiquement correcte, enfin, à mon avis.

La vie, la mort, ça n'est pas tout droit, ça maelströme, les cercles respirent et se touchent par des endroits inattendus, alors forcément il y a des connexions.

Dolstein et Rachel, par exemple, sont de la même famille mais elles ne le savent pas, à cause du temps qui a passé entre elles, de l'Histoire, et aussi Rachel est morte n'est-ce pas, il y a longtemps, alors que Dolstein est vivante.

En fait, elles ne le savent pas parce que je ne l'avais pas écrit, elles sont de la même famille, et Dolstein n'est pas sa tante mais sa sœur.

Je n'aime pas quand ça se complique par ricochet.

Je me demande si je ne suis pas en train de perdre mon fil d'Ariane et pourquoi il n'y a pas d'Ariane dans mes personnages ?

- Parce que c'est vous! dit Dolstein, comme si j'étais la poule face au couteau. N'oubliez pas que si Ariane tenait le fil pour Thésée, il l'a abandonnée sur l'île et c'est sa sœur, Phèdre, qu'il a épousée.

Dolstein revient avec sa pédanterie innée, mais si naturelle, préciser ma pensée sur le fil:

- Ce n'est pas une pensée, dit-elle, c'est une intuition fondée sur les fractales:
De même que chaque cellule contient tout le patrimoine génétique, que chaque être humain contient toute l'humanité, chaque vie contiendrait toute l'histoire.

L'Humanité a commencé dans l'eau, puis en est sortie à quatre pattes puis elle a avancé sur deux jambes puis notre cerveau a grossi, puis nous avons atteint un autre degré de civilisation puis nous sommes aujourd'hui.

Et bien si nous relevons ce que nous avons sous les yeux: fécondation, divisions de la cellule, redivisions, neuf mois dans le liquide amniotique, une vie de têtard, évolution foudroyante, naissance, reptation, marche, maturation du cerveau, enfance, adolescence, passage à l'adulte, maturité, vieillissement, mort...

L'humanité vieillit, mais si certains mourront de ne plus pouvoir vivre, d'autres surmonteront cet obstacle et continueront, grands vieillards ou corps régénérés jusqu'à des points jamais atteints.
Et nous verrons.

- Nous verrons quoi? lui demandé-je, interloquée, nous verrons quoi, après, après, après?

- Nous verrons ça, justement, ce qui vient après, après, après.

- Régénération! Ah! Très intéressant, très intéressant, dit Lucien Übernix, vraiment, si vous vous vouliez bien vous joindre à nous, madame Dolstein!

- Vous joindre où? lui demande Dosltein qui ne sait pas d'où sort Lucien Ü.

Moi je le sais, il vient de Bienvenue à La Fabrique où il travaille avec son équipe, sans réussir pour l'instant,  à fabriquer Frédéric.

Lucien lui explique, ils partent tous les deux en discutant avec animation, je n'entends qu'un début de la phrase, Lucien dit:

- Or il ne s'agit pas de résurrection

et très vite, ils sont rattrapés par Rachel Z. qui a beaucoup à dire et à offrir sur le retour des êtres disparus.

Ce que la science d'aujourd'hui ne peut pas faire, pourquoi pas celle que j'invente?


07 mai 2010

Intempéries intempestives

Marité

Quand il est mort, les avions tombaient, les bateaux coulaient, les trains déraillaient.

Voilà qu'aujourd'hui c'est le temps qui déraille, suivant une voie erratique, je ne veux pas le voir, je ne veux pas l'entendre.

Moi je monte dans les avions, dans les trains, dans les bateaux, je mets dans la valise des robes légères et des t-shirts sans manches parce que je vais en Provence.

J'y suis, j'ai froid.

Frédéric insiste, il me dit de toutes ces façons:

- Tu n'as pas fini le travail, tu as ce manuscrit à terminer.

Et je persiste à ne pas le faire.

Quand il sera sorti de mes tiroirs, là où nichent les polichinelles, il ne m'appartiendra plus. Hors de l'asile de l'Appartement, je serai bien obligée d'admettre que mon frère n'est plus là.

Avarice, rétention, refus de la réalité, appelez-ça comme vous voudrez, mon frère est Là tant que je le porte, la réalité je m'en fous, le vrai tabou, c'est la mort...

Quoi? Inceste? Qui dit ça? C'est moi, oh là, c'est moi qui cause ici! Pour dire ça...

pff, morale, règles, modes d'emplois, si quelqu'un sait quoi que ce soit sur l'inadmissible et comment ne pas l'admettre, je dis Bienvenue! Bienvenue à La Fabrique!

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09 mars 2010

Codes et matricules

Frédéric

C'est étrange, il faut un code pour parler sans se voir?

J'ai d'abord eu une réaction d'humeur, non alors, les codes, les numéros, les droits d'accès, fini pour moi mais je ne suis pas en position de faire le difficile,  alors oui, je vais accepter le progrès pour exister par ici.

Tu devais laisser la machine allumée? Qu'est-ce qui s'est passé, tu as oublié de me laisser l'accès.
Je ne maîtrise pas mes incursions chez Vous, il faut la conjonction de certaines circonstances que pour diverses raisons je ne peux pas t'énumérer.
Le Blog est finalement une bénédiction, mais pour ce que j'en comprends, tous pourront lire ce que je n'écris qu'à toi?

Il y a encore cinq ans, je n'aurais pas supporté cette contrainte,  c'est à ce genre de signes que je sais que je ne suis plus celui d'avant.
Je suis dans un drôle d'état tu sais,difficile à définir, immatériel disent certains, mais mes doigts sur ton clavier tapent des mots, je suis mort et je dis je suis.

Tu es peut-être, Marité, la responsable de cet événement, parce que tu m'as installé dans Bienvenue à la Fabrique.
D'ailleurs, si tu pouvais finir ce manuscrit, ce serait bien, je voudrais savoir si à la fin...

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08 mars 2010

Spirit

Marité et Frédéric

Cette nuit j'ai rêvé de Frédéric, jusqu'à ce que je réalise que je ne dormais pas. Il était allongé sur la couverture, à côté de moi, la tête sur l'autre oreiller.
- Qu'est-ce que c'est que ce blog?
- Tu dois bien savoir. 
- Ce n'était pas courant de mon temps.
- De ton temps! On dirait que tu es mort depuis dix ou vingt ans.
- Cinq ans. C'est long.
- Je croyais que tu étais parti.
- J'étais parti... C'est quoi ce blog?
- C'est un médium, un moyen de se parler sans se voir.
- Du spiritisme technomoderniste. Tout à fait pour moi.
- Je ne savais pas que tu étais dans l'appartement.
- Je ne sais jamais exactement où je suis. C'est pas mal chez toi. C'est grand.
- Chez moi c'est toujours assez grand pour tout le monde. Et chez toi? C'est comment aujourd'hui?

Il a ri, il avait l'air de trouver ma question très marrante, il se fichait de moi et de ma tentative de lui extorquer le secret.

Il riait de plus en fort, ça m'a fait peur, sa bouche en grand, avec ses dents, presque je voyais l'intérieur de son crâne.
Je me suis réveillée encore, il n'était plus là.
Bon, c'est un rêve.

Ce matin, sur le bureau, j'ai trouvé des papiers en désordre, des griffonnages, son écriture.
Il n'a pas le code d'accès, ce soir, je ne fermerai pas l'ordinateur, on verra bien.

Et puis, j'ai commandé une webcam.

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