06 janvier 2015

Magie des frites

- Argh... beurkh... bleah... Marianne apprend ce matin le sens de "avoir mal aux cheveux". Elle s'est demandé toute la soirée pourquoi des frites ? sans compter les verres, et voilà, ce matin, elle subit la chose qu'on attrape quand on boit trop.

- Pourquoi moi ?

C'est vrai ça, pourquoi elle ? Marianne, c'est la femme raisonnable, bien élevée, centrée sur sa maison, ses enfants, son mari, son jardin, Marianne ne boit jamais trop, ne parle jamais trop, ne dort jamais trop, Marianne ne fait jamais rien trop, alors ?

Et pourquoi est-elle la seule de tout l'Appartement à avoir la face de chêne ? (la gueule de bois n'est-ce pas, cette précision pour les nombreux lecteurs des USA dont je me demande qui ils sont ?!) 

- C'est la Magie des Frites, dit Frédéric,  Wouaahaaahahahhahahahhaah !

- C'est ça, dit Troudup, espère ! Qui c'est l'espécialiste ? Passke cette histoire de capitaine de soirée, moi j'dis c'est foireux, i vaut mieux en choisir un qui trinque, au lieu d'en choisir un qui trinque pas, ça laisse tous les autres aux affaires. 

- Mais non, c'est moi dit Léon. En tant que chien qui parle j'ai le pouvoir de concentrer sur un seul estomac tous les désagréments de la cuite. C'est grâce à moi que mon Troudup a supporté des années de Bukowskaïa sans finir à l'asile avec des éléphants roses, des serpents tremens et un foie en poudre. Le premier à quitter Le Petit Renard a emporté toutes les cuites, c'était elle.

Qu'à celà ne tienne crie Marianne en silence à son for intérieur enflammé, avec des ciseaux de cuisine elle soigne le symptôme : plus cheveux, plus mal aux cheveux.

- Quand même, dit-elle au miroir de la salle de bains, ça valait le coup. Son élagage sauvage l'a tellement changée qu'elle ne se reconnait pas, c'est ça qui valait le coup. En face d'elle, elle voit une femme inconnue, une femme dense, déterminée, à quoi, elle ne sait pas encore, mais pleine de force. Ben ça alors, elle se dit, ça alors, il suffisait de couper les cheveux, au contraire de Samson, pour retrouver l'énergie perdue !

- Wouahhhahhhaaaahahahahhaaah ! Magie des frites !!!

Moi (Ze Taulière) je me dis qu'il faut que j'opère quelques réglages pour Frédéric, il ne peut pas rire comme ça tout le temps, il faut lui redonner un peu de texture.

- T'occupes, Taulière, qu'il me répond, j'irai vaquer dans la Kouizine, tout s'enchantera de nouveau et je rigolera si je voudra... ahahhaaahhaaahhaahaha !

Quelqu'un, très loin, reçoit un éclat, un morceau de rire et en deux mots, en chantera...

- Ohhh ! comme c'est doux... dit Frida et se rendort, momentanément. 

Ben moi ça me va.

 

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05 janvier 2015

La Bonne Maison

- Des frites ? Des frites ? C'est avec ça qu't'inaugures ? demande Troudup le nouveau Nono du Petit Renard, à son associé, Frédéric dit Doudou la Tartine.

Depuis la cuisine il lui répond,

- C'est tout ce que je peux faire aujourd'hui, et les frites, les vraies frites maison, avec des vieilles patates épluchées à la main, coupées à cinq angles aigus, de l'huile fraîche à bonne température, deux bains de friture, servies chaudes saupoudrées de fleur de sel, tu connais mieux peut-être ?

- Nan, pas mieux.

Au dessus du passe-plat de la cuisine, après des heures de déménagement, réhabilitation de matériel et nettoyage intensif, Frédéric a badigeonné "A la bonne maison", car sa cuisine a un nom. 

Tant d'activité après tant d'inertie, enflammé encore par la crémation mais toujours plein de désirs,

- Eh ben ça fait du bien ! qu'il dit, coupant ma pseudomélo littératour, une cuisine à refaire, rien de tel pour réveiller les morts.

Après avoir avoir remis la cuisine à flot, il a découvert une cave pleine de grosses patates à dégermer d'urgence, alors frites à volonté.

- Ouh ! Ouh ! Ouh! les clients arrivent, dit Braise, dit Dracula, dit Astrid, dit Fabienne, dit Corinne, dit Marianne, dit le Souche, dit Léon, dit Robert Dieu, dit Laprune, dit Fabiola, dit Caliban, dit Mandrake, dit Alice, disent les Albert, les Rachel, Nono, Suzanne, Ti-Jean-Pierre, Ti-curé, Myrtille, Blanche-Neige et les Nains, Lapinochio, Ouh! Ouh! Ouh ! disent Les Gens de l'Appartement, et moi aussi, Marité de Vos K., dite La Patronne, dite La Taulière je dis Vive les frites de la Bonne Maison !

Frédéric envoie à tour de bras, chacun donne un coup de main, en cuisine, au bar, et ça dépote et ça rigole et ça s'extasie et ça ne réalise pas qu'aujourd'hui tous les lieux sont un seul lieu, plus d'origine plus de temps, plus d'espaces, un seul Lieu, L'Appartement. 

L'Appartement où tout se fabrique, la Vie, la Mort, tout ça.

- Ah ah ah ahahhaahahahhahhaahahha !!! 

Comment écrire le rire de Frédéric de retour aux fourneaux ? Rien à faire, ça ne s'écrit pas, ça s'écoute, écoutez-le tous, il est revenu: Bienvenue à la Fabrique !

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04 janvier 2015

Longtemps je me suis couché de bonne heure

Nono et Troudup sont cueillis à froid, un cuisinier ?

- Besoin d'un cuisinier ? répète Nono 

- Un cuisinier ? dit Troudup

Frédéric, indifférent à la stupeur qu'il vient de provoquer, s'occupe de l'ordre dans lequel il va boire ses commandes, il se décide pour le tilleul d'abord, en guise de purification, parce que là d'où il vient...

- Là d'où je viens se demande-t-il, là d'où je viens ? mais.. mais... d'où ? d'où... d'où... doudou... doudou ?

Fort opportunément, il oublie ses questions dès qu'il se les pose, oubli pur, oubli fécond, il ressent un grand calme, un apaisement profond, il l'attribue au tilleul, il avait oublié le goût du tilleul, cet effet bienheureux. Encore une gorgée, et une autre et il n'a plus été mort, il ne sait pas qu'il est dans une fiction que je suis en train d'écrire, il est là, debout, accoudé au comptoir, le regard tourné vers le fond du Petit Renard, là où il devine une cuisine vide. Vivant. Vivant.

Nono voit la transformation s'opérer en temps réel, il est stupéfait, il se fait machinalement un tilleul, il le boit et dit

- Ben ça alors, je me rends compte à l'instant que j'ai besoin d'un cuisinier, et le temps de finir l'élixir, il sait qu'il va accomplir son vieux rêve, ouvrir  La Grosse Lapine, un tripot officiellement clandestin. Troudup a soif, son verre est vide, il dit

- Eh Nono, la même chose, et Nono lui sert sa même chose, un tilleul que Troudup, la tête ailleurs, boit cul sec, mais il ne se brûle pas car j'y veille et sur lui aussi la transformation s'opère, il va reprendre le comptoir du Petit Renard, avec Léon et un cuisinier, ben tiens, y en a un juste là! Merveille !

Oh oui, 2015 est une année tranchante, une année ambitieuse et fertile, 2015 année du libre arbitre sans uniforme ni sifflet.

 

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03 janvier 2015

Temps Mort

- Y a plus qu'à choisir, dit Troudup.

- Ben oui, dit Nono, moi je prends  l'heure de l'apéro: 12h et 18h35 

- Y a pas d'heure pour l'apéro, je vais me prendre un jour, la Saint Truc tiens j'vais prendre, le jour de l'open bar. T'as du Schoum en réserve ?

- Tu penses, j'ai forcé sur la commande, j'en ai pour deux ou trois vies.

- Alors c'est bon, c'est Saint Truc pour toujours.

- Des fois j'irai vers un 6h du mat' , dit Nono, quand ça me prendra d'avoir envie d'un p'tit croissant crème.

- Ah ben ouais, passk'on peut changer...

- Un peu qu'on peut, on peut même choisir d'être mardi matin ou samedi soir là tout de suite.

- Là tout de suite on n'est pas samedi soir ?

- Nan, on est samedi 12h55.

- Alors ça, j'm'en fous, moi l'heure qu'il est, j'ai jamais suivi.

Le petit Renard est désert, Nono et Troudup ont beau persister à causer dans le vide dans l'espoir que les autres vont arriver, rien, nib, queud'. La mort du temps a fait des dégâts dans les habitudes. Plus d'heure, plus de jour, plus de date, plus de règles, il faut être Troudup pour se foutre des horaires.

- J'm'en fous pas, j'les sais pas, c'est tout.

- Moi, dit Frédéric, ça m'arrange,

Il vient d'apparaître au comptoir, Nono sursaute un peu mais bon, un nouveau client c'est toujours une bonne surprise, Troudup en a vu d'autres, il vide son verre, Nono le remplit.

- plus d'hier, plus d'avant, plus d'après, dit Frédéric, je ne suis plus tellement mort. Hola tavernier, un pastis on the rocks s'il vous plait, avec un tilleul menthe, un café serré, un galopin et une suze cassis, j'ai du retard à rattraper qu'il dit, et d'ailleurs, vous cherchez pas un cuisinier ?

 

 

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02 janvier 2015

2000 truc?

Chez Transmen Genetiks, tout le monde est sur le pont, intrigué par ce que montre l'écran, gros plan sur Astrid Tayeurt, minuit moins une, le 31 décembre 2014, elle a tiré des tarots une carte nouvelle qui annonce:

2015, année de la remballe

Astrid scrute la lame inédite, elle ne comprend pas d'où elle vient, année de la remballe, année de la remballe, ni ce qu'elle peut bien signifier. Qu'est-ce que ça dit ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

- C'est exactement ça, dit Fabienne Berman, de la remballe, 2015 est déjà dépassée, c'est déjà vécu, ils ont juste remballé pour déplacer la date de péremption !

Dolstein sourit, Fabienne a raison, mais elle pense en même temps que toutes les années passées depuis, depuis disons, trente ans, quarante ans, depuis exactement entre soixante et soixante et onze ans environ, par là, à peu près et sans doute précisément, sont des années étripées, des corps vides, on tourne en rond depuis tout ce temps, aux bords d'un vortex camouflé.

- Je pense, je pense, je pense... Ragazzi a du mal à dire la suite, il pense quoi d'ailleurs, il ne sait plus si bien, sidéré par ce qu'il est en train de comprendre. 

Troudup les regarde à travers l'immense fenêtre en ogive de l'Usine, il est monté jusque-là sans aucune intention, tiré par Léon qui venait aux nouvelles.

- Caisse ki font ? Caisse ki disent ? Eh Nono, qu'il dit à Nono, j'y comprends rien, 2015 quoi ?

Nono est surpris, alors c'était ça cette impression de déjà vécu ? Il croyait qu'il était en train de tourner vieux con, qu'il allait se reprendre, mais qu'en vrai le temps était toujours tout neuf, qu'il y en avait encore plein et voilà que non ? C'est du vieux, de l'usagé ?

- Mais, mais, que je dis moi, Moi La Taulière, si c'est de la remballe c'est que ça a d'abord été frais, il y a du neuf quelque part, où est-il l'Inné ? Où a-t-elle été planquée l'année nouvelle ? Où sont les prémices, les en cours, les futurs ?

- T'inquiètes, mon Léon, j'ai compris, dit Troudup, on est coincés au portillon, on est encore en 2014, y a quelque chose qui bloque.

Alors je regarde mieux, je m'approche encore et oui, Troudup a raison, il y a une espèce de truc de machin bidule encastré en travers de 2015, comme une arête au fond d'une gorge.

- Oh putain, qu'il dit le Troudup, oh putain c'est ça, on est coincés dans la gorge d'un putain de géant.

- Urghhh ! Crrr! Krrrh ! Burgh ! crache le putain de géant en question, et je comprends à l'instant où je l'écris que nous sommes les arêtes, c'est nous que le géant nommé Temps veut cracher pour survivre, Le Temps, Le Temps pas moins est coincé à l'entrée de 2015 par nous, Les Gens de l'Appartement, on l'empêche de danser sa partition.

- Tu peux crever mon gars dit Troudup, et tous nous souhaitons au Temps de mourir sans douleur mais tout de suite, étouffé par nos existences minuscules. Et il le fait !

- Braououooooummmhmmmhmm...! fait le bruit du Temps qui tombe et s'effrite, devient poussière et s'envole aux milliards de souffles du vent des galaxies.

Nous voilà, Nous Gens de l'Appartement, dans le Lieu de l'Espace où le Temps est mort.  L'Appartement a fleuri en fusant dans un espace nouveau. 

Entre 2014 et 2015 nous avons trouvé le passage vers l'être ange. Je ne sais pas ce que ça va produire, mais je suis bien contente d'entrer dans l'autre paysage.

 

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27 octobre 2014

L'Amour

- OH OH EHO !

- ohohohhh...

- C'est qui ?

- quiii...

- C'est l'Echo ?

- cooooo...

pac pac pac pac

ticlac ticlac ticlac

Braise et Dracula arpentent, faisant semblant d'être dans le désert d'un vaste caveau.

- Vous cherchez un appart' ? demande Astrid.

- Non, dit Braise, on fait danser nos chaussures.

paticlac paticlac paticlac

Astrid est attirée par Dracula, elle aime la nuit à cause des astres mais Dracula, c'est mieux qu'une étoile, c'est un trou noir, un monde à l'envers.

Braise se fiche bien des groupies de son homme, ils sont à l'autre pour l'éternité, alors les passantes... Et Astrid a beau aimer la nuit, elle est une boule de feu, un soleil pas une lune, pas un feulement de l'ombre comme Braise. A Astrid il faut un homme du dessus de la terre, pas un homme des ténèbres comme Drac.

Il en est des femmes comme des sangs, pense Braise, certaines sont donneurs et receveurs universels et d'autres ne vont qu'à leur identique, Braise est capable d'aimer le premier venu, Astrid, elle, devra y trouver le creux où se lover, son complémentaire compatible.

- Où kell est la Patronne? Où sait kell est ! beugle Troudup, traîné par Léon, complètement cuit lui aussi. Il s'assoit par terre, il pleure un peu, elle est partie, ki dit, elle nous a plaqué moi ?

- Comment savoir, dit Dracula, quand on est quitté ?

- Regardez mieux, tout est là, les fleurs dans les vases, le bureau ciré, les chaises, les canapés, les fenêtres ouvertes sur la nuit, le jour, les pays et les ciels, regardez, l'Appartement est habité autant qu'il l'a toujours été, et moi, je suis là, parmi vous, pour toujours.

- De temps en temps, dit Nono, de temps en temps, dit Fabienne Berman, de temps en temps, dit Léon, de temps en temps disent-ils finalement tous ensemble, on a besoin de preuves pour croire à l'amour.

- Eh bien, je suis là, parmi vous comme vous êtes parmi moi, j'existe, vous existez, et sang (oui avec un g) moi aussi, vous palpitez dans l'éther éternel de l'imaginaire véritable.

- Et ça sent bon dit Troudup apaisé.

 

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14 septembre 2014

Sometimes i feel like a motherless child

- Comment ça pas de vacances ? Et l'été, tout l'été, c'est quoi ?

- Nan, personne est parti, dit Troudup, personne. On était trop inquiets, on sait pu où on en est.

- Vous en êtes toujours au même point, dans l'Appartement, toujours prêts à vous envoler...

On discute un moment Troudup et moi, et il finit par me dire le fond de la chose. Il paraît que depuis que je me suis mise à ce nouveau texte, je les délaisse, je ne les aime plus, parce qu'ils sont les vieux, les anciens personnages d'anciens manuscrits, alors...

- Alors quoi ?

- Loin des yeux...

- Mais pas du tout, alors là, pas du tout !

Je trouve que Troudup exagère, spécialement lui que j'aime peut-être un peu plus que d'autres.

- D'ailleurs, y a qu'à voir le dernier message, hein, c'était pas brillant.

Je pique du nez, que dire ? Je n'aurais pas dû le laisser monter son numéro ? les Twirling Tarlouz's, il dit que c'était de mauvais goût, j'aurais dû les laisser à leur soûlerie et ne pas les dénoncer. Ou bien les laisser répéter assez longtemps pour que ce soit grandiose. Ou les aider ?

Bon, ça c'est vrai. Ou pas. Est-ce que je dois les empêcher de faire n'importe quoi ?

- Mais mon cher Troudup, c'est votre rôle dans ma vie d'être toujours là, toujours prêts à faire et dire n'importe quoi, sans vous pas d'excès, pas de rêves, pas d'amour désintéressé, j'ai besoin de vous.

- Ah bon ? Ah ouais ? Ben tiens et ça alors ! Bon d'accord.

Troudup redevient lui-même, la joie le remplit, il se dilate d'aise et lance 

- Allez hop, vazy Nono, champagne !! et du Ruinart s'te plait, c'est pour du sérieux.

Et nous trinquons Nono, Troudup et moi, un petit bol pour Léon qui nous regarde les yeux mouillés, dans le doux bruit que fait le silencieux sourire de tous les Gens de l'Appartement...

Les gens qu'on aime ont besoin de nous, surtout ceux qu'on a un peu inventés.

 

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18 avril 2014

Permanence de l'objet contre Physique Quantique.

- Wouah wouah. Wouahwouahwouah ?! Wouah ?

- C'est pas ça, dit Léon.

Troudup est déçu mais il s'accroche

- Wouahhh wououhouhwouah... Wouhhaouhaouhhhh !!   ?

- Laisse tomber, dit Léon, c'est mort, tu n'y arriveras pas.

- Comment qu'tu l'sais que j'y arrivera pas, hein ?! T'as su parler du premier coup toi peut-être ? J'y ai pas mis du mien pour te comprendre, hein !

Léon soupire. Doit-il dire la vérité à Troudup ? Doit-il lui avouer qu'il ne parle pas ? Que c'est la seule raison pour laquelle personne d'autre ne sait qu'il parle ?

Et moi donc, dois-je révéler à Léon qu'il est vraiment un chien parlant ? 

- Oh ! Eh ! ça suffit, dit Troudup, on sait c'qu'on sait ! Qu'est-ce qu'elle croit La Taulière, qu'elle nous tient dans sa tête, qu'elle drive tout ! Quand elle vient on est là et quand elle vient pas, on est là quand même.

- Parfaitement dit le docteur Tayeurt, comme les femmes pour un macho, absentes, elles sont là quand même, dans la tête du bonhomme.

- Affirmatif, dit Robert Dieu. Le macho n'a pas pas besoin d'une femme réelle pour alimenter sa tension sexuelle.

- C'est ça, dit Bruno Ragazzi, le moyen, c'est le réel, pas l'imaginaire. Un vrai feu peut s'éteindre, un feu imaginaire crée une panique ingérable dans un sous marin.

- Wouh wouh ! Wouhouhouhou !!! Wouhouhouhouhhh !

- ça vient dit Léon, mais c'est pas du chien c'est du loup !

- C'est à cause des gonzesses dit Troudup.

- Y en a pas.

- Justement.

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13 avril 2014

Démo graphies

- C'est dimanche.

- Ben oui.

- Hier, c'était samedi.

- Ben oui.

- Demain, ça sera lundi.

- C'est sûr.

- T'en as pas marre de la routine ?

- Ben, c'est le nom des jours, c'est le temps, on n'y peut rien.

- Voilà, voilà, c'est ça, on n'y peut rien, c'est comme ça, et toi t'en as pas marre, t'en a jamais marre alors.

- Mais t'es tordu mon pauvre, ça va pas dans ta tête, gogol, bouffon, raclure d'évier, pauv' tache, espèce de lundi !

- Ah non, pas lundi, merde, non, pas ça, pas lundi.

Mais qui sont ces deux-là ? 

- Vous êtes qui vous ?

- Parait qu'y a un truc en route, parait qu'y a des rôles, paraît qu'y a des vies à attraper.

- Mais vous êtes qui ?

- Justement, on est personne, on a besoin de mots, on a besoin de situations, on a besoin de vie.

- Eh ben ça y est, vous en avez.

- Ah ouais, ah ouais dis-donc, c'est super! Comment j'm'appelle ?

- T'as l'air d'un gars, disons D'Jack, tu t'appelles D'Jack.

- Et moi et moi, comment j'm'appelle ?

- Toi, tu n'as l'air de rien, fille, garçon, je ne sais pas, qu'est-ce que tu préfères ?

- Ben, chais pas, une fille ?

- Alors, disons Rose, tu parles deux trois langues, à toi de les choisir, tu es pas mal, mais tu pourrais être canon, et puis... et puis...

- Suffit, suffit, merci, pour le reste, je m'débrouillerai.

Dans les périodes où je tourne autour du travail, j'ai toutes les portes ouvertes, alors ça défile, mais comment faire autrement ?

- Ah tiens, bonjour Marianne.

- Bonjour Marité, j'ai besoin de vous parler.

  

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03 avril 2014

Casting

- Donc, dit Braise, il y aurait un casting en cours ?

- Oui, je réponds, un casting de caractères.

- No problème.

Je suis dans ces questions du début qu'il faut éliminer pour avancer. je ne vais pas aller par là, mes personnages sont définitifs, seuls leurs caractères peuvent bouger, pas eux.

- Que tu crois ma poule, et pourquoi tu changerais pas, hein ? Tout le monde change, même toi, même moi,

- Mais c'est qui, toi ? je demande.

- Moi ? Ben c'est toi, toi et moi on est un dans un seul caractère tu vois,

- Sans compter les autres, ajoute un moi de passage, un moi volatil, né de l'instant dans ce petit passage entre le sentiment d'un trouble et la question qui fuse.

- Ça suffit je dis, ça suffit, je prendrai ce qui viendra,

- Epicétou, dit Troudup, foutez-y lui la paix à La Patronne, voyez pas qu'elle doit bosser ? 

 

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