11 novembre 2010

Art Kaïque

Une bande de gamins s'est éparpillée dans l'Appartement, des fillettes, des garçonnets, des nourrissons, des filles et des garçons de toutes couleurs, de toute origines, de tous genres,  avec lunettes, qui en couches culottes, qui en langes, sanglés comme autrefois, d'autres bébés tout nus.
Il y a des fillettes aux nattes si serrées qu'elles tirent leurs yeux vers les tempes, d'autres aux cheveux noués de satin pâle, avec des franges, sans franges.

Est-ce ma partie K qui se manifeste avec fra-K ?

Que non, ça vient de plus loin, car il y en a une, plantée devant moi, que je reconnais .

Elle a les cheveux courts, en vrac, un pantalon de garçon, de grosses chaussures de montagne, elle a un pull en V trop grand, un col blanc douteux là-dessous, elle a le regard triste et le sourire franc,  c'est moi à dix ans.

- D'où est-ce que vous sortez tous?

- Ben, on vient de ton rêve de cette nuit.

- Ah! C'était vous ces colonies d'enfants abandonnés que je devais convoyer je ne sais où, remettre à des gens dont je ne savais pas ce qu'ils feraient de vous. C'est vous la honte et la peur?

- Ah, non, dit-elle, pas la honte, pas la peur, nous sommes ceux d'avant.

- Ceux d'avant quoi?

- Ceux d'avant ceux de ton rêve, nous sommes tes archaïques, des ancêtres bénins.

Elle ne sait pas ce qu'elle dit cette petite moi, ancêtre bénin, c'est joli mais ça n'a pas de sens.

- Ce que tu ne comprends pas peut avoir du sens, me répond-elle.

J'oublie toujours que dans l'Appartement n'importe qui peut lire mes silences sans obstacle.

- Je ne suis pas n'importe qui me rappelle moi.

Et elle enchaîne pour m'expliquer, puisqu'il faut m'expliquer ce que je sais déjà puisqu'un de mes moi le sait.

- Nous sommes bénins, nous ne transmettons aucune des conséquences que nous portons Nous  ne sommes que des passeurs de relais, nous avons disparu dans les adultes que nous sommes devenus.

- C'est bien facile ça, vous n'êtes pas que des supports, vous vous êtes faits aussi. Ne fais pas l'innocente.

Elle me regarde avec ses yeux tristes, je lui ai parlé comme à une adulte elle ne peut pas comprendre.

- Bien sûr que je comprends, je me demande qui est cette personne que je suis devenue. Tu as oublié qui tu es?

- Non, je soupire, non je n'ai rien oublié, mais j'ai parfois envie de ne rien savoir. C'est qui tout ce monde?

- Tu n'as qu'à leur demander.

Ils m'ont répondu en rafale, il y avait là Michel Troudy, Mani, Rachel Z. et Rachel L. les Albert, Alice, Paulette Dolstein, Suzanne Troudy, Frida, Louise Kowski, Astrid T., Jacques L., Robert Dieu, Bruno Ragazzi, Léon, et tous les autres. La cohorte de mes personnages, enfants, bébés, certains dans plusieurs étapes. Frédéric était le plus nombreux, avec mes moi aussi.

- Qu'est-ce que ça veut dire?

Leur réponse n'a été que leurs yeux vides fixés sur moi, et tout de même, la compassion d'un moi.

La Marité de dix ans m'a dit, si tu veux vraiment savoir, pense à autre chose. Ou revient demain, si on est encore là, peut-être qu'on pourra se dire quelque chose ?

Un embryon de réponse (ah, m'a soufflé un moi nourrisson) a filé dans un coin de mon cerveau, aussitôt évaporé, dont je n'ai retenu que ces mots obscurs: un numéro de sens.

 

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09 novembre 2010

Beuhhh

Et bien ça n'était pas une bonne idée, rien d'autre à dire.

Nous en avons tous mangé, tous les parfums, tous les arômes et vraiment ça sentait bon.

Mais ça n'était pas une bonne idée, voilà, que voulez-vous que j'en dise, rien d'autre, pas une bonne idée.

Analyser la chose, je ne sais pas où ça peut mener.


Sur le fond je pense que nous avons eu tort de mélanger ce qui ne devait pas l'être, du flan réel dans des estomacs imaginaires, ça n'a pas donné le résultat escompté.


Nous sommes tous dépités, ou épuisés, ou vidés, ou un peu triste.


Demain nous aurons digéré tout ce flan, beurk, tout ce flan.

Le flan ce n'est pas si bon, c'est flasque et tremblotant, c'est pâle et mou.

Demain, demain ?


Demain, voyons, demain j'écrirai, voilà, oui, j'écrirai au lieu de cuisiner des mots qui ne finissent pas dans les bons registres.

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08 novembre 2010

Du flan !

- Ouais, ouais, du flan, on veut du flan on en veut tous!

- Ouais, ouais, du flan, du flan ! Du flan maintenant !

Oh ben dis-donc je me dis, qu'est-ce qui se passe donc ici ?

- Il se passe, répond Léon, il se passe que l'automne tourne à l'hiver.

- Oui, renchérit Braise, Dracula la tient par la taille, oui, oui et oui, nous voulons un foyer, du feu dans la cheminée et du flan dans les assiettes.

Et moi je me dis tiens, tiens, voilà que je comprends de nouveau le Léon ?

Je le regarde à la dérobée, en me demandant pourquoi je fais ça à la dérobée, il n'y a rien à voler et personne ne me regarde en biais pour vérifier si je regarde les gens dans le bon sens.
Donc, je jette un œil au Léon et lui, voilà-t-y donc pas qu'il me renvoie un clin d'œil moqueur.

Ah! Je comprends, c'est ce Léon qui dans la vraie réalité de là-maintenant est en vérité Frédéric.

Bon, si j'étais dans un roman normal et pas dans un blog littéraire, je me laisserais aller à écrire : Là-dessus je me suis réveillée et tiens donc, j'étais endormie et tiens donc encore, tout ça n'était qu'un rêve, Braise, Dracula, Léon, moi, et les autres qui sont peut-être tous là, il y a du monde jusque dans le couloir, je ne les vois pas tous, alors peut-être ils sont tous là.

Ils sont tous là donc et je ne dors donc absolument donc point.

Je suis en pleine donkitude, l'ânerie m'anime ? Alors quoi ? Quoi et r'alors quoi?

- Alors, dit Paulette Dolstein, allez donc faire du flan au lieu de métaphysiquer dans le vide.

J'ai mis le lait à chauffer.

- Et n'oublie pas la fleur d'oranger a dit Braise et Dolstein grommelait que tout le monde savait qu'elle ne tolérait pas la fleur d'oranger.

Léon m'a conseillé de faire du flan nature à côté et les commandes ont jailli,

- Chocolat ! Café ! Vanille ! Verveine ! Violette ! Praliné !

Je faisais celle qui était mécontente de toutes ces demandes, n'empêche, ça sentait bon dans l'Appartement et tout le monde était là à attendre son flan préféré.


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02 novembre 2010

La Carte est le Territoire

Mais qu'est-ce que c'est ?

Sur mon clavier une enveloppe à mon nom.
Mais qu'est-ce que c'est ?
Mais qu'est-ce que c'est ?

Une enveloppe piégée ?
Que dois-je faire ?

Je suis comme une poule devant le couteau, ou bien je suis le couteau et la poule me scrute, ses petits yeux ronds tournant en gidouille pour m'hypnotiser.

Qui a déposé cette enveloppe ? Tant pis, j'ouvre.

Il y a dedans une carte avec un trajet surligné en rose fluo, la carte d'un monde inconnu.

Et un billet d'avion ? de bateau ? de train ? ou de Montgolfière, de rêve ou de n'importe rien que je ne connais pas.

Je n'ai jamais vu ce genre de ticket, mais je suis loin d'avoir tout vu.

Je suis censée faire un aller retour [ Appartement - tnemetrappA ]

Ben tiens, ça c'est signé Dolstein.

Je n'avais jamais songé  qu'elle pût m'écrire.

On voit qu'elle est vieille, non que son écriture soit faible ou tremblée, mais elle est
tracée au porte-plume trempé dans  l'encrier, avec des pleins et des déliés.
L'encre est violet foncé. C'est très joli.

La carte est belle aussi, beaucoup de couleurs éteintes, des fleuves, des montagnes, de la mer, de la plage, des noms ordinaires et poétiques, Littoral, Autoroute du Réel, Province de l'Imaginaire, Frontière du Symbolique.

Il y a des instructions pour la Douane, un Visa de la Réalité sur un passeport de Passante.

Il y a un "Manuel de survie dans l'Inconscient": Le Gros Malin, éditions Sommes Attiques.

Dolstein est contente, elle a réussi son coup, je l'entends rire depuis Batbourg.

H
umour Lacaniaque.

Je fais la poule et j'introjette par la fenêtre le vieux couteau sans manche dont j'ai perdu la lame.

Mais je garde la Carte et le Manuel.


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31 octobre 2010

Varwuss ??

- Bon anniversaire ! Eh ! Eh ! Bon anniversaire !!!

Je fais le tour de l'Appartement, je cherche, je cherche encore, il n'y a personne.

La voix vient de loin, je la reconnais mais je ne sais pas qui c'est.


- Oh ! Oh! Eho !

Je crie fort, je crie très fort, j'appelle et je l'appelle mais personne ne répond.

Silences, silence.

Cette voix familière, où voyage-t-elle? D'où vient-elle?

D'un monde disparu?
D'un autre monde?

Ou bien de la cinquième dimension, la toute petite dimension infinie du souvenir.


Alors, je murmure avec tendresse pour qui peut l'entendre,

- Bon anniversaire,

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30 octobre 2010

Fool foule

Panique à l'Appartement, une foule de Michel s'y presse, entourant le clavier et l'écran, assis sous le bureau, jouant dans les étagères, y en a plein le couloir, plein la chambre, dans la cuisine, ils font la queue pour les toilettes.
Inflation de Michels, pléthore, surpopulation, superlatifs michéliques.
Bref, il est trop !

- Michel ! rentre à la maison, Michel ! Michel !

- Oh, Michou, t'es dans la lune ou quoi ?

- Eh la Miche, t'es où ?

- Michel ?! Michou ? Mimiche ? Michéri, La Miche, Mimonchou, Mimi ?!!

- Ouah ! Ouah ! glapissent les Léons, eux aussi en plusieurs modèles de tailles mais sur moins de temps. Disons qu'il a une petite dizaine d'années de Léon représentés par des Léons.

Pff, je ne comprends ni ce que je vois, ni ce que je pense.

- Oh, eh ! Monsieur Troudy, que se passe-t-il ?

Et comme bien sûr il est là lui aussi, parmi les autres, il est bien embêté:

- Je suis désolé, c'est à cause de Dosltein, alors...

- Alors quoi ?

- Alors je ne sais que faire. Elle m'a laissé en pleine panade, tout afflue, je ne sais pas comment j'ai fait, tous mes mois se télescopent, je ne sais pas lesquels je suis. Il y en a même que je ne reconnais pas, celui-ci, là, en pipe et moustache, il ne me rappelle rien du tout, pourtant, c'est un moi, c'est sûr. Le petit gars, là, le Michto, c'est moi, et lui, c'est moi, ils sont tous moi ! Je ne me savais pas si nombreux.

- Quel rapport avec Dolstein ?

- Elle est en vacances.

- C'est pas gentil ça.

- Non, hein, on pourrait compter que son analyste ne vous plante pas en pleine crise de soi.

- Il faut faire quelque chose, on ne peut pas laisser tout ce monde ici.

- Ah là là, je vous jure, c'était bien plus simple quand j'étais ch'val, la vie d'épave c'est pépère.

- Je compatis, mais là, vous allez faire quoi ?

- Je n'en ai aucune idée, c'est la fin du moi,

me répondit Troudup avec un sourire que je ne lui connais pas, charmant, charmeur, et je me suis contentée de cette réponse.


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14 octobre 2010

Appel à quoi ?

C'est vrai, ça, appel à quoi? Appel à qui?

Me voici ce matin, armée d'une volonté costaude, pleine d'une motivation sérieuse, et pas ce genre de motivation acquise à l'arrache dans un stage de survie ou de saut à l'élastique avec des camarades écrivains. Oh que non!

Mais une motivation que j'ai à l'intérieur de moi et que je projette à l'extérieur, ah, je cherche l'adverbe qui va avec, ah oui, résolument, c'est ça, je viens résolument ce matin battre le rappel... euh... ou bien faire l'appel ? ou alors en rappel?

Oh là, là, en vérité je vous le dis, la vie dans l'entreprise n'est pas facile.

On y est plongé dans l'ambiguïté, sans autre préparation que ces stages de, tiens donc, motivation, qui visent à vous faire comprendre, insidieusement, dans les hurlements de terreur et l'espoir que l'élastique ne soit  pas made in China par des prisonniers qui ont  des raisons de saboter le travail, bref,  insidieusement dans les hurlements sont tatoués les fondamentaux: l'ADN de l'entreprise:

- Tu ne hurleras point

- Tu ne douteras point

- Tu ne contesteras point

- Tu ne communiqueras point

Et, sous peine d'être réduit à l'esclavage pour sept générations:

- Tu ne perdras point les milliards de l'entreprise mais seulement tes milliers d'euros, ton logement, ta famille, tes amis, ta vie.

Je venais donc les bras chargés de motivation sereine et de désir pur et sans tâche et ...  et quoi encore, ah oui, résolument décidée à tenir la barre vers le progrès et vlan, tout ça est à l'eau.

Ai-je fait ce stage? L'ai-je rêvé? Dans les deux cas il aura agi sur tout mon être, dedans, dehors, autour et alentour.

Fort heureusement mon moimoi  m'interpelle:

- Vois donc ce que deviens ton expression, Marité, regarde ce que tu as écrit et vois!

- C'est nul ?

- Ne te presse pas de te juger mais conviens que ça n'est pas toi.

Mais à part soi mon moimoi pense très fort, c'est pire que nul, c'est rien.

- C'est vrai.

Aussi reprend-je donc là où je suis venue pour venir à la raison de mon déplacement de ce matin...

Mince alors, ça ne se rétablit pas, me faut-il un contre stage, une  anti phase, un repassage, un dé passage, quoi?

Les mots se pressent, ce qui presse fait compresse, j'ai besoin de paliers de décompression pour retrouver le souffle,  et que mon corps cesse d'être écrasé par la pression du monde, dit libéral, de l'entreprise.

Je n'ai pas le choix, pas le temps d'attendre, je veux me reprendre dans l'instant, puisqu'aussi bien je m'appartiens, me revoici à ma botte:

- Je suis venue pour vous, personnages et alliés, je bats le rappel de la garde, foin de retraites dans les étés glorieux, nous voici rendus à l'automne et au temps qui exhibe ses attributs climatiques.

Enfilez vos robes de lune, vos pantalons de nuages, vos oripeaux d'humains, et au boulot, mes chers, l'Appartement vous convoque, Mobilisation Générale.


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25 septembre 2010

Dans le noir on voit mieux

- Alors quoi? dit-il et je réponds

- Quoi alors?

Il répète et je ne peux rien répliquer. J'attends.

Il dit Marité voyons, tu sais bien que je ne suis pas ce que tu crois.

- Oui, je réponds, à tout hasard, parce qu'il faut répondre à cette question.

- Alors pourquoi cette posture ?

- Euh, ben, parce que, euh.

J'allume la lumière et je ne comprends plus rien.

- Wouah! Wouah! qu'il fait et ça ne me dit rien du tout, hein.

Dans le noir je voyais mieux, alors j'éteins et j'entends.

- Je ne suis pas celui que tu crois.

- Ben non.

- Et pourtant tu persistes.

- Ben oui.

J'en ai marre
, je vais me coucher.

C'est qui alors si ce n'est pas Léon?

En me rendormant j'ai attrapé la réponse, mais je ne rêvais pas, sa voix m'a réveillée,

- Dans la réalité, tu sais.

Je me suis entendue répondre,

- Evidemment oui je le sais, tu es Frédéric.

Mais Léon alors,
 c'est qui?


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16 septembre 2010

Vision périphérique

Décidément, mon divan attire.

- Qu'est-ce que vous faites-là?

- Je ne sais pas.

- Quand même, c'est chez moi et c'est mon salon, c'est mon divan.

Le type est ahuri c'est vrai, l'air de ne pas savoir ce qu'il peut bien faire chez moi, sur mon divan, etc.

- Vous êtes venu comment?
 
- Chais pas.

- Par où êtes-vous entré?

- Chais pas.

- Vous habitez où?

- Hein?

- Vous venez d'où? De quel manuscrit enfin !

Rien de rien, il ne sait rien du tout.
Je devrais le reconnaître ce bonhomme, il vient forcément de quelque part chez moi, d'un roman, d'une pièce, d'une nouvelle, d'un texte que j'ai écrit.

- Aidez-moi un peu, je lui demande, vous vous appelez comment?

- Jacquot, je m'appelle Jacquot.

- Jacquot comment?

- Jacquot c'est tout.

- Comment voulez-vous qu'on s'en sorte! Donnez-vous un peu de mal quoi!

-  Non mais c'est le comble alors! C'est vous qui ne faites pas votre boulot et c'est moi qui doit rattraper le coup! Non mais je rêve!

-  Quel boulot? Qu'est-ce que j'aurais dû faire que je n'ai pas fait?

- Me dessiner mieux, me donner une identité, un nom de famille, une adresse, une couleur de cheveux, un physique, de quoi faire une existence, merde!

- Débrouillez-vous, servez-vous !

- C'est facile à dire hein, mais moi, je ne suis pas le sujet central, moi, je ne suis pas le héros, ni la sœur du héros, ni son père, j'habite loin du bourg moi, je suis le secondaire du dernier rang, le ixième, je suis personne! J'ai même pas de texte, il m'arrive rien. Vous m'avez planté là, pour tenir le décor, je tiens à peine debout!
Voilà ce que je fous sur votre putain de divan sans savoir comment j'y suis arrivé ni par où je suis passé!

- Mais vous savez pourquoi finalement.

Il s'est tu brusquement, saisi. Ouf!
 
- Ce qui vous manque, mon cher, je ne l'ai pas.

- Quoi? Je vais rester le Personnage Inconnu alors?

- Comment saurai-je ce que vous ignorez, c'est vous le personnage pas moi.

- Et ben, conclut-il en croisant les bras, on n'est pas sortis de l'auberge.

En silence j'ai noté, auberge, auberge... Où ai-je donc installé une auberge?

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11 septembre 2010

Plagiat

N'écris pas, n'apprenons qu'à mourir à toi-même
ne demande qu'à toi, qu'à toi si tu aimais...

Monsieur Troudy est en forme, bronzé, mince et sobre.

- Dites-donc, Monsieur Troudy, vous plagiez Marcelline Desbordes-Valmore,ou bien?

- Ou bien. Ce n 'est pas un plagiat c'est un hommage.

- Maizaki?

- A vous bien sûr, vous l'hôtesse, vous l'asile. Je me suis dit qu'il fallait vous conforter. J'ai beaucoup réfléchi cet été, j'avais du temps. L'ivresse, voyez-vous, n'est pas tant une intoxication du corps qu'un détournement de cerveau.
Dans l'alcoolisme comme dans tout excès, le temps disparaît, et sans le temps, pas de distance, sans distance, pas de regard.

- Ce sont les derniers mots de Léon, que vous ne buviez plus. Il a dit ça et puis il est retourné à la chiennerie ordinaire.

- Comment faire autrement? Léon est un chien.
Je n'absorbe plus l'alcool par la bouche mais par mes autres attributs, la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher, l'alcool est en moi, il est mon horizon, il irrigue ma vie, je ne saurais m'en passer.

Intriguée par cette transformation radicale, j'ai du mal à nommer cet homme nouveau. Il  faudrait un autre nom.

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