20 mai 2010

Merdre alors!

Marité

Lapinochio et monsieur Amigu me troublent les méninges, parce que j'y étais, moi aussi, dans la même Provence qu'eux.

Moi aussi j'ai vu le thym en fleur, les amandiers, les collines, les beaux cailloux et le ciel par dessus la terre, j'ai senti les odeurs, j'ai senti le vent et le soleil vivants, et
à aucun moment je n'ai pensé que ça pouvait disparaître.

DSCN1710

Je n'ai songé à aucune conséquence, eux, si.

Et pourtant, moi aussi je change, je vais changer et peut-être un jour je ne verrai ni sentirai plus rien de la même façon. 

Ils y ont pensé et moi non.

Ces deux machinuscules en tissu et coton, que j'ai cousus et crochetés moi-même, me rappellent à l'ordre de la pensée sauvage, me mettent au pied du mur de mes certitudes?


mon_profil_sur_Internet

 Merdre alors, je suis une truffe.


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19 mai 2010

Vivre libres

Lapinochio et Monsieur Amigu

De retour de la jungle, ils ont changé d'avis, enfin pas sûrs de changer d'avis ils demandent un armistice à leur Fée Bleue: moi.

- Mes petits gars, que je leur envoie sans ultimatum, armistice n'est pas le mot qui convient, il n'y a pas de guerre entre nous, ni même d'hostilité il me semble, même pas un enjeu.

Lapinochio n'est pas de mon avis:

- Ah mais si, nous sommes en négociation active madame la Fée Bleue, active oui, pour obtenir un statut de citoyen, nous voulons devenir Gens de l'Appartement, de vraies personnes.

- Oui, Oui, Oui, ajoute monsieur Amigu, il a une petite voix grinçante, je n'apprécie pas quand il crie, Oui, Oui, Oui, et il continue.

- Comment? Comment? Monsieur Amigu, je ne perçois plus votre voix dans les aigus, sans doute une déficience de mon appareil auditif de personne.

J'avoue que j'ai un peu honte de profiter de ma situation d'humaine pour obtenir ce que je demande, mais il me fait très mal aux oreilles ce petit Amigu.

Il souffle oui, oui, oui.

- J'entends à présent que vous appuyez l'interprétation de Lapinochio?

- Oui, dit-il avec une drôle de voix de basse, où va-t-il la chercher? Je suis d'accord avec Lapino. Nous voulons devenir des personnes mais pas tout de suite, nous devons réfléchir aux conséquences.

- Bravo, vous êtes sur le bon chemin, vraiment, c'est sans ironie que je vous félicité, réfléchir aux conséquences, c'est presque sur humain.

Ils se tortillent tous les deux en baissant la tête, autant de plaisir que de timidité, le compliment les trouve humbles, c'est très sympathique. Je me demande s'ils ne sont pas déjà prêts à changer de nature, mais je n'en dis rien, ça me flatte de les laisser croire que je suis La Fée Bleue, que j'aurais le pouvoir de les transformer.

- Que s'est-il passé ?

- Regardez Fée Bleue, regardez, dit-il en sortant des photos de sa poche, c'est arrivé là-bas.

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- Vous étiez en Provence?!

- Là où vous êtes, nous sommes, répondent-ils, surpris, comme si vous ne le saviez pas?

- Bien, sûr que je le sais, tout ce qui vit dans l'Appartement est partout avec moi, mais vous deux, j'avoue que je vous avais un peu oubliés.

- Ah! Tu vois, dit monsieur Amigu, je te l'avais dit, il faut qu'on soit des personnes pour être dans la tête des Vrais Gens.

- Pas du tout, répond Lapinochio, qui s'énerve tout de suite, et pas du tout et pas du tout, je te l'ai déjà dit, il y a des gens qui aiment leurs chiens plus que leurs enfants.

- Et co... co... et coco et comment je peux croire une cho... cho...  une chose pareille!

Monsieur Amigu est hors de lui, manifestement, le sujet les agite depuis un moment.

DSCN1727Lapinochio ne lui répond pas et me tend cette photo de lui là-bas:

- Vous comprenez?

- Oui, Lapino, je comprends.

- C'est difficile de choisir un autre état après avoir découvert tout ce que je peux faire dans ma peau de Lapinochio. Je n'étais jamais sorti, je n'avais jamais senti le vent, le soleil, la terre mouillée. Et si tout ça disparaissait?

- Je crois que ça ne disparaitra pas, même s'il est certain que dans une autre peau, ça ne sera pas la même chose. Mais demain, l'année prochaine ou tout à l'heure, Lapinochio, ça ne sera pas non plus la même chose.

Ils se regardent alors tous les deux, si désolés, avec tant de compréhension mutuelle que je suis touchée de la détresse dans laquelle les plonge la difficulté de leur choix..

Monsieur Amigu, pensif, dit alors avec sa voix grave (mais d'où la sort-il?):

- Ce qui a été ne sera plus jamais.


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03 mai 2010

Carré blanc

Corinne Mars

Hier soir à La Bernique, qu'est ce que je rencontre? Un grand costaud, frisé, blond roux, seul.

Bon, ne t'emballe pas Corinne. Je bois mon P'tit un, c'est un cocktail sans alcool, je commence la soirée comme ça, parce que sinon...

Du coin de l'oeil, je scrute, il a pris un verre de lait, avec du miel, bizarre. Si ça se trouve, c'est pareil pour lui, il commence soft, sinon...

Il monte à l'estocade, il m'offre un verre, allez hop, je passe aux mojitos, ils sont super à La Bernique, un peu chargé mais bon.

Il prend la même chose, ça va bien, je lui plais, je vois ça. Il est pas mal plus jeune, ça ne me dérange pas.

- Je préfère les femmes mûres, il dit.

Faut pas exagérer je pense, mais je ne dis rien.

- L'expérience, y a rien de plus excitant qu'il répond à mon rien, genre Depardieu quand il fait son dingue, glapissant un rire aigu et saccadé.

- Oh là ! Mon lapin, je lui dis, je suis trop jeune pour toi, j'ai pas la carte vermeil !

Il cligne des yeux, il remet deux mojitos, j'en remets deux, et après,  je ne sais pas combien il y en a eu.

Vers la fin de la soirée, il m'appelle sa Fée Bleue, il pousse ses petits cris, c'est rigolo, et puis... il s'est passé des trucs bizarres, et puis je ne me souviens plus de rien.

Je me suis réveillée avec une migraine olympique, et dans la main un lapin en costume à carreau.

Faut que je freine sur les mojitos, je me dis.

Le type, je ne sais même pas comment il s'appelle.

Lapinochio ! disent en chœur Anne-So et Garance, les patronnes de La Bernique, il s'appelle Lapinochio le grand rouquin aux incisives.

Mais Corinne n'entend pas, elle a replongé dans un rêve over ouf ! Le rouquin cause et cause, et il a le truc qui grandit, qui grandit, ça prend toute la place,

- Euh là ! cache ta joie, Lapin, qu'elle lui dit, mais rien à faire, il cause et ça pousse, ça compresse à la Bernique, et Corinne de dire, bander ça va, mais là, mon lapin, c'est du terrorisme ! Le mieux est l'ennemi du bien.

- Le pire est l'ennemi de tout qu'il répond.

- Tu parles d'un rêve dit Corinne sans se réveiller.

 

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29 avril 2010

Alors là, non

Marité

Je m'attendais à la suite de l'histoire Braise Dracula: où ils se sont rencontrés, comment, où ils sont allés et voilà ce que j'ai à la place: Lapinochio!

Amigu_et_lapinochioLapinochio demande à être traité en personnage normal, qui revendique des droits, des accès.
Il dit

- Vous êtes ma Fée Bleue madame de Vos K, vous avez le pouvoir de faire de moi un homme un vrai.

- Mais Lapinochio, tu es un lapin! Un lapin en tissu, rempli de bourre faite de déchets textiles! UN LA-PIN!

Et le machin d'à côté, dont, je ne sais pas ce que c'est

- Je suis un amigurimi madame de Vos K.

Ah! ça parle!

- Et alors, glapit Lapinochio, moi aussi je parle, on n'est pas des bêtes quand même!

Lapinochio, Amigu, je ne sais que faire de vous, je ne connais pas la psychologie des lapins et des amigurimis!


- Justement, répond Lapinochio, et l'Amigu de remuer frénétiquement la tête de haut en bas, transformez-nous en hommes et vous saurez ce qu'on a dans la tête: un cerveau humain.

Un cerveau humain?! Je serais capable de produire un cerveau humain, alors que j'ai du mal avec le mien.

J'ai l'impression qu'il se passe quelque chose d'étrange dans l'Appartement, et que ce Quelque chose cherche à prendre le pouvoir.

- Oh! Oh! Fée Bleue, petite Fée Bleue, fais de nous des humains!

Oh là là !! Alors là...
 

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14 avril 2010

Lapinochio

Marité

Mon petit lapin a bien du chagrin

Il ne saute plus dans son beau jardin

Saute, saute, saute mon petit lapin

Et dépêche-toi d’embrasser quelqu’un.

DSCN1700

La machine à coudre était en panne, j’avais besoin de fabriquer quelque chose de mes mains.

Je suis partie d'un lapin Tilda trouvé sur le Net.

Il me fallut une journée pour le couper, l'assembler, le coudre, le bourrer, le fermer.

Il eut des yeux bleu stylo, une truffe feutre noir, et un sourire ironique alors que Tilda est un monde sans bouche bien que ses volailles aient des becs.

Notre histoire a commencé quand,  lui enfilant un costume à carreaux, taillé dans  les chutes d'une robe mienne, je vis que j’avais fait un homme.

Depuis des mois je n’avais plus d’homme, j’en voulais un, mais celui-ci était trop petit .

Je le nommais Lapinocchio et j’entrepris les manœuvres qui aboutiraient à en faire  un homme, un vrai.


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