02 février 2015

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- Y avait quoi la semaine dernière ? demande Frida en cuisine.

- Pour quoi tu demandes la semaine dernière, c'est le plat du jour qui compte, hachis parmentier.

- Oui, mais j'aime bien ce qu'il y a avant.

- Boeuf gros sel.

- Et quoi encore ?

- Daube provençale, spätzele

- Oh et puis ?

- Steak tartare frites maison, frisée aux lardons, poireaux vinaigrette, harengs pommes à l'huile, tarte aux pommes, flan à la parisienne, pieds paquets, tripes au cumin, Frédéric se prend au jeu, il enfilerait bien toute la liste de ses désirs pour Frida qui ferme les yeux en l'écoutant.

- Et la semaine prochaine, tu feras quoi ?

- Croquettes de chou fleur, rizotto, kapuchniak, endives au jambon, zrazès, pieds d'agneau au curry, foie de volailles aux oignons, tarte tatin, gâteau formidable.

- Mmmmh, dit Frida, je vais dire à Yvan de venir, ça va lui plaire...

- Peut-être c'est toi qui va lui plaire, dit Frédéric.

- Oh, dit-elle avec le sourire à la Frida juste pour Frédéric et cet andouille ne voit rien,

- Ah oui, bonne idée, qu'il dit le Frédéric, andouille à l'échalotte au vin blanc et à la crème

- Oh, qu'elle dit Frida, tu sais bien qu'Yvan est pris ailleurs...

 

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25 juin 2013

Ich bin die fesche Zigmund

- Ach, dit l'esprit, où suis-je ? Mais d'abord, qui suis-je ?

- Bonjour, Maître, dit Fabienne Berman, éblouie et émue. Astrid n'est pas peu surprise (elle l'est beaucoup, elle l'est très) de voir Fabienne Berman devenue comme une petite fille devant... devant, disons, une grosse glace à la vanille, avec des petits morceaux de meringue et de caramel salé dedans.

Elle jette un mauvais regard, je dois proposer autre chose, pense Astrid,on dirait qu'elle n'aime pas le caramel.

- Mais non, pauvre chose humide, je me fiche bien de vos comparaisons culminaires (comment ne pas garder ce beau lapsus ?) ! Comment ne pas être émue face à l'esprit du Maître ?

La question qui lui vient, prudente, Astrid ne la pose pas (Pourquoi humide ?), elle pose la suivante:

- Mais qui est cet esprit, Fabienne ?

- De quoi cet esprit est-il le nom veux-tu dire, chose sèche !

- Ah ben ça alors, Lacan ? C'est lui ? C'est Lui ! C'est Lacan!

- Mais non, pauvre chose moite, c'est l'esprit de Freud que tu vois là !

Mais je ne vois rien, et pourtant je devrais, je pourrais même être la seule à le voir, cet esprit, car je suis Astrid l'Astrologue, Astrid Tayeurt, femme de médecin.

Astrid reçoit sur RV

 mardi, jeudi, samedi,

de 22 h à 3 heures du matin

et tous les jours sur internet.

Dracula rend hommage à l'esprit nouveau qui vient de pénétrer dans l'Appartement. Il lui offre Troudup, droit venu, si on peut dire, du comptoir du Petit Renard. Troudup en grande forme reconnait instantanément l'esprit et même il le reconnait très bien:

- Ah te voilà ma poule ! Te voilà mon coquin! et se tournant vers la cantonnade, assemblée là par le frisson de l'inconnu, il fait la présentation:

- Salut les Gens, let me introdiousse Zigmund! alias La Grande Freudaine, dit aussi après trois heures du matin: ZigZig La Grande Folle de Vienne ou encore Le Petit 19 de la Berggasse.

Et à la grande joie de tous, l'esprit répond, en allemand,

- Ach Troudup, du bist hier! Ich bin so... Ich bin zehr zehr kontent de te hier et nunc trouver !

Et Troudup d'entonner cette chanson que l'Esprit (à ce stade où tout le monde a compris de Qui il s'agit la majuscule s'impose) reprend avec lui sur un air de l'Ange Bleu:

Ich bin die fesche Zigmund, der Liebling der Saison!
Ich hab' ein Choli Diwan zu Haus' in mein' Salon
Ich bin die fesche Zigmund, mich liebt ein jeder Mann
doch an mein Choli Diwan, da laß ich keinen ruhe!

                     

 

La psychanalyse n'est pas exactement cette science que d'aucuns imaginent ésotérique et frigide, que non, queue non, la psychanalyse, c'est la vraie vie mais c'est l'autre aussi.

 

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21 juin 2013

Pas d'excuse.

En Vérité je vous le dis, le temps passe et nous le regardons sans rien voir.

Elastique est le temps et il est plastique aussi.

En langue vulgaire, voici : je reviens, comme si un seul jour s'était écoulé, sans rien à redire ni à rattraper.

Et en effet un seul jour car dans L'Appartement le Temps souffle lent et court, et parfois il s'enroule en lourde pelote et se déspirale en un instant Dzouinggg, dzouinggg... and so on, et parfois il attend, impavide, que Quelque chose arrive. Ce Quelque chose qui un jour créa Quelqu'un qu'on attendit longtemps, longtemps, et peut-être toujours.

Et bien voilà, messieurs dames, jeunes gens, oiseaux hurleurs, vers silencieux, habitants de la terre, objets rampants identifiés ou pas, les animés comme les éteints, voilà, je suis revenue et je vais revenir encore.

- Ah tiens ! soupire Troudup, et ce soupir de Troudup s'étendit très loin, il était plus qu'urgent qu'elle se repointe La Taulière, parce que n'est-ce pas, il fait soif par chez nous, et c'est pas l'eau qu'Il nous fout sur la gueule qui peut soulager La Soif.

- Si ça se trouve, dit Nono du Petit Renard, si ça se trouve elle a eu peur qu'on l'accuse de sous-louer L'Appartement.

- Comme à Frigide Barjot on l'a reproché, enchaîne Fabienne Berman.

- Mais  oui, dit Astrid en observant les étoiles de l'oeil qui ne parle pas, mais oui, elle a pu craindre, à la vue de Mars empalant La Grande Ourse, que Les Autorités lui retire la jouissance...

- ...de L'Appartement, de L'Appartement, dît Dolstein.

Dostein, sybilline comme à son habitude, laisse toutefois percer, oh! discrètement, une joie intense que seuls peuvent percevoir Ceux-qui-entendent-sa-voix, c'est-à-dire Ceux-de-L'Appartement.

Du son de sa voix jaillit le bonheur de retrouver place dans le monde de tous, chez les Vivants, chez les Réels. La joie de quitter l'ombre froide et la solitude du personnage oublié de son Auteur pour la chaleur vibrante des chairs palpitantes.

Et je vous le dis aussi, Moi La taulière, La Patronne, Celle Qui Qui, enfin moi quoi, j'en pense autant.

 

Posté par Marite de Vos à 14:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 janvier 2013

Actualité

- Faudrait s'inscrire dans l'Histoire.

- Inscrire quoi ? Dans qui ? Où ?

- L'Appartement, là, faudrait qu'il entre dans la Modernité.

- Pour quoi faire ?

- Ben, Fabienne Berman hésite un peu, elle vient de réaliser que c'est La Taulière en personne qui lui répond, pas plus conciliante que d'habitude. Je voudrais que l'Appartement soit référencé dans les panels 2013.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Un outil que je viens d'inventer, pour consolider par une crédibilisation Scientifique les résultats de l'enquête que je vais lancer tout à l'heure. Fondée sur une question très importante: une étude sur la résolution des conflits sociaux.

- Pas moins que Scientifique! dit Paulette Dolstein, impressionnant...

Fabienne se sent mal, euh, c'est-à-dire qu'euh...

- C'est-à-dire qu'elle s'emmerde dit Troudup, et quand ça s'emmerde la Fabienne,  ça dit des conneries, pis ça en fait.

- Donc ? continue-je en tant que moi-La-Patronne.

- Voilà! C'est ça, là, c'est ça, ouais ! Faudrait voir à voir et à savoir reprend Fabienne, très remontée. Je vais faire un sondage, une enquête, des statistiques pour choisir enfin entre La Patronne et La Taulière: 2013 sera l'année de la non confusion.

- Non confusion, mais que dit-elle ! Non confusion, quelle pauvre nouille que cette Fabienne, dit Dracula d'habitude plus inventif. Il est avachi sur le canapé couleur Chartreuse, nouvellement arrivé dans l'Appartement.

Il est fatigué comme on dit à Rennes les lendemains de nuit blanche, si fatigué qu'il s'endort en parlant et si Braise ne le protégeait pas avec une couverture, il fondrait aux pâles rayons du jour comme une sorcière de Walt Disney.

- J'ai besoin de dossiers, faut que je fasse des plans, répond Fabienne, pour piloter des projets. Faut bien que je m'occupe ?

- Rebois un coup, plutôt ! dit Troudup et c'est méritoire de bouger encore car bien qu'on soit le 2 janvier il est resté dans la nuit du 31. Mais épuisé par ce dernier effort, il s'évanouit sur Dracula.

Fabienne est déçue, elle croyait trouver un espace vide pour écrire tranquillement sa petite histoire et non, il y a toujours quelqu'un ici. On a beau montrer page blanche, elle est toujours déjà habitée. 

Elle est déçue Fabienne mais elle est un peu fatiguée aussi, elle va s'échouer en vrac dans le grand canapé Chartreuse.

- Je sais ! Je vais lancer une campagne de recensement dit Fabienne emparée par un petit néant tout frais.

- Ah quand même, dit Le Recenseur, ça fait au moins deux ans que je tourne, il était temps qu'une équipe se forme.

 

 

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25 avril 2011

Le Trèfeuleu

- Je transpirais comme ver qui pisse, j'avais les chocottes et puis j'ai trouvé le tréfeuleu.

- ?  répond succinctement la Myrtille Souche plus loquace en d'autres occasions.

- J'avais plus besoin d'avoir peur, j'avais le trèfeuleu ! Le trèfeuleu comme l'as de trèfeuleu, le trèfeuleu à quatre feuilles !

- Hola monsieur Troudy ! Hey! Oh! Troudup ? C'est quoi là ? Ou bien ?

- Ail bègue yor pardonn mâme Souche, mais pas du tout, c'est le chouchen dans le café qui me donne du vocabulaire.

- Mais c'est pas français. Du pastis dans le thé, ça f'rait-y pas mieux  ?

- Oh, oh, oh ! Ne faites pas le malin, madame Je-suis-la-plus-forte, je vois clair dans votre feu.

Myrtille Souche et monsieur Troudy ne prêtaient pas attention à moi, pourtant il est d'usage que la présence de la police les rende muets. Mais là non, je pouvais les écouter à ma guise, la grosse Myrtille arrêtée sur le chemin, un nain sous le bras et Troudy, adossé au mur du Petit Renard, retenu ferme par Léon en embuscade à l'entrée.

J'avais enfin le rapport d'hospitalisation de Marité de Vos K, j'attendais Dolstein. J'espérais qu'elle me le traduise bien qu'au téléphone elle m'ait dit, je vous le redis, inspecteur Kowski, c'est non.

Elle seule pourrait faire quelque chose pour Troudy, qui depuis quelques mois délaissait la table d'examen du docteur Tayeurt pour son divan, avant de virer analyste elle était ortophoniste.

- Oh que non, dit-elle avant même que je ne m'aperçusse de son arrivée dans  l'Appartement, j'ai renoncé à tous les ortho-trucs. Je ne vais pas lui enlever les mots de la tête.

- Mais on n'y comprend rien.

- Qu'il le dise comme ça ou autrement, il n'y a rien à comprendre.


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