09 novembre 2012

Les Issu(e)s

Bras croisés, il a l'air d'attendre je ne sais quoi,

mais il restera là jusqu'à ce que ça arrive.

bras croisés

 

Et ceux-là sont avec lui,

qui attendent autre chose.

 

00005

 

Ils ne savent pas où ils vont, ils savent d'où ils viennent et où ils sont.

Ils viennent de la page 58 de Autobiographie de Dieu,

ils sont dans l'Appartement.

Et moi je suis avec eux.

 

 

 

Posté par Marite de Vos à 13:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


18 septembre 2012

Euh ?!

En effet: euh ?! pense La Taulière en son for intérieur 

Que vont-ils faire ? Puis-je ou dois-je laisser s'introduire ici Dieu et Bernina 830?

- Qu'est-ce que ça peut donner ? se demande-t-elle.

- J'ai envie de dire, création, j'ai envie de dire nouveauté, j'ai envie de dire révolution, j'ai envie de...

- Eh! Fabienne, ça suffit, lâche l'affaire, on n'est pas dans la presse pipeule, ici! Ici, c'est l'Appartement figure-toi, dit Astrid qui n'a quitté son ouvrage que le temps de s'insurger. Elle est très concentrée, c'est la première fois qu'elle fait le thème astral d'une machine à coudre.

- Ouais, ouais, dit Troudup, elle a raison, Astrid, c'est pas SBSC ici!

- SBSC? dit Fabienne, connais pas. Elle aime les commentaires, comment faire ses analyses de consommateurs sinon ? SBSC, jamais lu, jamais vu, alors, qu'est-ce que c'est ?

- SaBiteSesCouilles! lance Troudup, très content.

- Merci, répond Fabienne sincère, et elle note. Est-ce que ça ne serait pas le moment ? Au lieu de tergiverser avec des Elle, Lui, Playboy ou Closer, pourquoi pas dire les choses ? Car enfin, de quoi parle-t-on.

- Ouais, ouais, commente Troudup, mais y a pas que  la bite et les couilles

Le temps que Fabienne, très étonnée que Troudup éprouve le besoin d'une précision, se tourne vers lui pour noter la suite, il termine

- Y a le cul aussi.

 

Posté par Marite de Vos à 11:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 septembre 2012

Retour

Ils viennent de loin, c'est un couple qui s'annonce.

Elle d'un côté, Lui de l'autre.

Dieu à droite, se Soi-disant apatride, et à gauche de sa Néantitude, Bernina 830, Machine Suisse.

- Nul ne sait si La Taulière adhère, dit une voix à l'accent des montagnes fribourgeoises.

- Mais c'est comme ça ma Poule, t'avais qu'à, t'avais qu'à pas.

- Pas qui ? Pas quoi ?

- Reviens demain, dit Troudup, là j'ai pas l'temps.

Car oui, enfin, ils sont de retour les petits et les grands animaux de l'Appartement.

- Zanimaux mon cul envoie Zazie, non mais pis quoi encore !

 

Posté par Marite de Vos à 22:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

29 juin 2012

Interlope

- C'est quoi  interlope ?demande Esther qui n'est pas cinéphile et ne se doute pas qu'elle fait hommage à Jean Seberg dans Pierrot le Fou.

Donc elle demande c'est quoi interlope? et pas c'est quoi dégueulasse ?

- Interlope, c'est l'entre deux mondes, je réponds, entre truands et bobos, entre échangistes et puritains. En répondant je pense interlope c'est dans chez moi, interlope c'est ici, entre eux et moi, entre moi et moi.

Esther, ça lui va, mais moi, je suis troublée, je dois creuser.

-  Pas la peine d'aller chercher trop loin, dit Dolstein.

- C'est bien la première fois que vous me dites de ne pas chercher loin ?

- A qui parlez-vous ?

- A vous ! Qu'est-ce que c'est que cette question, je vous parle à vous, Paulette Dolstein !

- Eh bien oui, vous me parlez à moi et moi je n'existe pas.

- Ah là là, toujours cette vieille lune, réalité, imaginaire, comme si c'était pertinent. La carte n'est pas le territoire, elle en est une représentation subjective, nous le savons. N'empêche que je vous parle, et que je suis en lien aussi avec le plugged monde puisque je suis sur le Net.

- Ah putain, bite, couilles, faites pas chier ! dit Troudup.

- Peut-être, je lui réponds, mais vous posez virgules et point d'exclamation, alors les formes, vous les mettez aussi.

- C'est pas moi, bandes d'emmerdoukeuses ! Je m'fais mettre c'est pas moi qui mets, c'est La Taulière, moi  j'mets des mains à la pâte, des mains aux culs, la main la bite, merde, pas la tête, putain! Merde alors! On s'fait chier dans c'blog depuis qu'elle a eu le coeur à l'envers l'autre! C'est désert ou fromage de tête! Merde et merde!

Il a raison Troudup, ça commence à bien faire.

- Pense à ton père ! me lance une voix depuis très loin, très loin, je ne sais qui m'envoie cette bouée.

- C'est moi eh patate ! C'est moi, eh peau de fesse ! C'est moimoi, ta Marie-Thérèse!

Bien sûr, c'est elle, elle c'est moi,

- T'as raison, t'as raison, je  réponds, je vais ouvrir les cages et laisser sortir les piafs, tant pis pour les effets secondaires.

- Pauv' cloche envoie Richard, y a pas d'effets secondaires, c'est toi l'effet secondaire.

Il est gonflé mon frère, parce que c'est lui le deuxième, moi je suis le numéro trois.

 

Posté par Marite de Vos à 11:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 juin 2012

Mots manquent

- Et alors ? Quoi ? Hein ? Qui ? 

Troudup est énervé, ce qui l'énerve c'est La Taulière. Elle a tout quitté depuis trois mois, il ne sait plus qui il est.

- Bien sûr que je sais qui il est, ce que j'ai perdu ce n'est pas moi, c'est le chemin du Petit Renard, et je ne sais plus le nom de mon chien.

- Batbourg en face de l'école, Léon, je réponds.

- Batbourg, j'y suis retourné maintes fois, répond-il à son tour, mais je n'y ai point trouvé mes marques. Sans doute me suis-je trompé de tome.

Il parle un langage qui me surprend.

- Vous avez tort d'être surprise, ce langage est celui d'un homme qui n'en a plus de propre pour cause d'abandon. Vous m'avez jeté à la rue.

- A la rue ?

- Pour un personnage de roman, ma chère, la rue c'est le dictionnaire.

- C'est pas si mal le dictionnaire.

- Manque de caractère, dit Troudup, manque de surprise, manque de vie. Le dictionnaire savez-vous, c'est le musée des mots, on visite, parfois on peut prendre des photos, et on s'en va.

- Le Petit Renard est dans Batbourg IV, après la période théâtre, de La Pomme Maudite à Enlève tes doigts de la prise et avant Les Voies Obscures.

- Ah, quand même, au moins une piste, j'y vais.

- C'est ça, couvrez-vous, il tombe des cordes, des hallebardes, il pleut comme vache qui pisse.

Il a raison Troudup, le dictionnaire ça sent la mort.

 

Posté par Marite de Vos à 13:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


04 juin 2012

Allez hop, au charbon !

Ils sont venus, ils sont tous là. Il y a même un frère de Dracula dont nous ignorions, lui compris, l'existence. Il est tout petit, il lui manque les dents de devant, et il se nourrit encore de bouillies de cerises au piment d'espelette. 

- Bref ! Bref ! hurle l'assemblée réunie dans la très grande salle où ils sont pressés les uns contre les autres.

- Oui, bref, coupe Marie Téka, je suis mandatée par Les Gens de l'Appartement, en tant que représentante la plus crédible de l'autorité romanesque, donc, moi, j'annonce le retour officiel de La Taulière.

- Et tous, dit Braise, oui tous, même les inconnus, les figurants, les pas encore nés, tous, se joignent à moi pour dire:

- Bienvenue! Bienvenue à La Taulière!

- Et surtout, ajoute Dracula, remettez-vous sérieusement au boulot.

- C'est vrai ça, dit Troudup, des mois qu'on est sans rien boire, sans manger ni rien, sans boire et sans boire, des mois qu'on attend.

- Euh... réponds-je, concise. Leur attente me donne le trac, alors je me retire un peu, je prends mon élan et j'annonce:  demain, demain, je retourne au charbon.

Certains se plaindraient de ma réponse s'ils ne craignaient mes humeurs, car il ne tient qu'à moi de leur faire vivre bonheur, malheur, et surtout, pour Troudup, abstinence.

- Tu te berlures, La Taulière dit le type en bleu, tu écris et nous, on fait c'qu'on veut.


Posté par Marite de Vos à 11:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

29 février 2012

We need le Ça-Qui-Pousse

Le Ça-Qui-Pousse a disparu.

- Mais où est-il ? demande La Taulière.

- Il n'est pas en fuite dit Dolstein, il a simplement échappé à notre attention.

- Mais où ? Comment ?

- Dans le déménagement il a pu s'affoler dit Dracula, tout en s'aiguisant les canines en prévision du printemps qui s'annonce.

- Oh ! dit La Taulière un tantinet dramatique (moi je trouve qu'elle en fait juste presque trop, mais enfin, moi, je ne suis que N. le Narrateur anonyme). Oh ! donc dit-elle, pas lui !

L'affaire est d'importance, le Ça-Qui-Pousse n'est pas une chignole, le Ça-Qui-Pousse n'est pas un vilebrequin ni un Ça-Qui-Pousse: le Ça-Qui-Pousse est Le Ça-Qui-Pousse, Le Grand Ça-Qui-Pousse, le Seul Ça-Qui-Pousse.

- Sans lui, pense La Taulière, sans lui, je ne saurais poursuivre.

- We don't need a hero, hurlechante Tina Turner, we don't need a hero, we need le Ça-Qui-Pousse.

- Poursuivre quoi disent en choeur Les Gens de l'Appartement, poursuivre quoi ?

Et c'est le silence qui répond.

Mais quand même enfin quoi et alors enfin ? Poursuivre quoi, c'est vrai quoi, mince, poursuivre quoi ?


Posté par Marite de Vos à 19:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 janvier 2012

Un, deux...treize, cinquante-trois, quatre-vingt-dix--sept...

- Kévin Hyckse.

- Hein ?

- Je suis Le Recenseur.

- Ah oui, je lui tends la feuille couverte de signes. C'était un peu juste je lui dis, parce qu'il y a du monde ici.

- Fallait me dire, j'ai des fiches annexes.

- Oh alors, il faut peut-être recommencer.

- Oui, qu'il dit, faut tout refaire au propre, je ne peux pas rendre ça.

La feuille est illisible, on dirait une écorce desséchée, mais j'avais mis tout le monde il me semble.

- Ah oui, dit une voix inconnue, et moi, hein, j'y suis ?

Ça dépend, je réponds, vous êtes qui ?

- Oh mère ingrate, oh la vache, renier sa créature à la première rencontre, putain, merde, c'est pas bien.

- Troudup a un fils ?

- Hein ? Quoi ? J'ai rien fait dit Troudup, il parle en dormant.

- Je suis Mandrake, dit l'inconnu.

-  Ah oui, Mandrake. Vous êtes gonflé ! Je ne vous ai même pas encore écrit, faut pas exagérer, attendez d'exister avant de vous plaindre.

Il se trouve que Mandrake est prévu dans Bourg-Les-Nains, un manuscrit presque bientôt terminé, mais enfin, pas encore.

- Ben c'est qui alors, s'il n'existe pas, demande Kévin Le Recenseur, c'est qui le type-là que vous dites qu'il est pas encore là ? J'y comprends rien moi.

- Et moi alors, dit un drôle de corps à l'accent slave.

Il parle mal mais il a du mérite, étant donné qu'il n'a pas de tête, à faire valoir son existence.

Il lui manque aussi un bras ou deux mais ce n'est pas ce qui gêne le plus pour parler. Lui aussi il arrive de Bourg-Les-Nains.

Je crois qu'il est temps de finir leur histoire, ça déborde.

Posté par Marite de Vos à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

25 janvier 2012

Coco beach

- Tout est déjà vécu, tout a été fait déjà, on n'a pas à s'inquiéter, tout s'est déjà passé.

- Ben oui répond Troudup au hasard, il finit le whisky, et je m'en fiche, parce que l'Appartement déménage bientôt et que je vais pouvoir jeter la bouteille. Et puis, Troudup n'est pas vraiment cet homme qui boit devant moi, il est ailleurs, lui aussi, déjà parti.

- Alors, continue la voix, on est sans doute tous déjà morts, ou pas. C'est pareil ?

- Oui, dit la voix d'outre-tombe, tiens ça y est je l'ai reconnu c'est Dracula, mort, vivant, c'est pareil.

Qu'est-ce qui se passe ? Il ne fait pas nuit, ni jour, pas de brouillard mais rien de clair, quoi alors ?

Leurs voix sont des échos,  elles se croisent sans se répondre, la réverbération des sons lance des ondes, j'ai mal aux oreilles, je me réveille.

J'éprouve une relative gêne, le coup du cauchemar pour sortir d'une situation inexplicable n'est pas très glorieux, mais c'est peut-être mieux que le pathos, la vie, la mort, tout ça, le choix entre Alzheimer ou le caveau.

"Ou", c'est optimiste parce que c'est les deux. Et Gerda est morte.

Je me rendors, je rêve de Coco Beach à Goa, la moiteur salée, le ciel  vide, l'océan gris et poisseux, le crabe plein de chair que j'y ai mangé, cuit juste pêché pour moi.

Coco Beach, où le temps rejoint l'espace, où Auschwitz n'existe pas, l'invention de l'écriture, ces petits signes sur leurs bras.

- Alors quoi ? Serai-je arrivée aux rives où l'on dit je ?

- Non, dit Braise, tu as un coup de pompe, une nuit sans dormir, ça met du monde à l'envers, d'ailleurs profite de la seconde où tu peux te voir inversée, regarde-moi, toi c'est moi.

Déménager, nous allons changer d'airs.


Posté par Marite de Vos à 16:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 janvier 2012

Recense ment

 - Hein ?

- Je suis le recenseur monsieur, c'est affiché à la mairie. Je dois compter les habitants.

- Eh ben compte-moi, mon gars, c'est pas dur je suis qu'un, Michel Troudy: Un.

- Vous habitez seul, monsieur?

- De quoi j'me mêle !

- Je dois compter tous les habitants monsieur, là où ils habitent. C'est national monsieur.

- T'es qui d'abord ? T'as une carte ? Et comment qu'tu t'appelles d'abord, hein ? C'est vrai quoi, hein !

- Je m'appelle monsieur Hyckse, je suis écrivain c'est pour ça...

- Pour ça quoi ?

- Que ça m'intéresse de compter les gens comme vous, j'ai du temps, j'écris la nuit.

- Putain un vampire !

Kevin Hyckse est perplexe. Il pensait que ça serait une super expérience pour lui qui rêve d'écrire, rencontrer des gens, entrer chez eux, leur poser des questions. Sa tournée de recensement commence tout juste, il se dit c'est pas gagné 

Après la maison Troudy, il va passer au Petit Renard demander à louer une chambre, il sent qu'à Batbourg le temps ne va pas passer vite.

- Alors monsieur, combien de personnes vivent ici, s'il vous plaît ?

- Trois.

- Leurs noms sivouplaît ?

-  Troudy Michel, c'est moi, et pis Suzanne et Léon.

- Votre fils monsieur ?

La question émeut Troudup, Léon, son fils ? Il n'y a jamais pensé et pourtant se dit-il, ça se pourrait presque.

- Ouah ! Ouah ! dit Léon qui fait le chien pour une fois.

- Léon, dit Troudup, c'est Léon.

- Ah, ça fait deux alors.

Oui, dit Troudup, et il ferme la porte en soupirant parce que la vie est injuste. Enfin, qu'i's'dit,  c'est l'recensement qu'est injuste.


Posté par Marite de Vos à 14:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,