16 mai 2014

Quand tique la mécanique

- Ce matin, au sortir d’un rêve agité, je me suis éveillée transformée dans mon lit en un véritable robot. 

Paulette Dolstein ne reconnaît pas la personne, est-ce une personne ? allongée, n'est-elle pas posée ? sur son divan.

- J’ai un ordinateur à la place du cerveau, un moteur à la place du cœur, des tubes aspirants à la place des bras, des pattes à roulettes. 

C'est vrai pense Dolstein, c'est vrai, elle le voit.

- J’ai des  caméras à facettes à la place des yeux, un sac à poussières à la place de l’estomac, un foie ionisant qui désinfecte les déchets. 

Dolstein constate qu'une évacuation externe subsiste, située vers le bas de ce qui autrefois était un tronc de femme, par où sortent des boulettes atomisées par un puissant laser.

C'est pratique, bien conçu, ergonomique et synergique, le travail a été bien fait, la "personne" qui est là est devenue un parfait robot ménager. Ménager fait tilt, Dolstein a reconnu son analysante.

- La maison n’a jamais été aussi propre, dit Madame Bovary.

Qu'est-il arrivé à cette femme ? se demande Dolstein. Elle se raccroche aux faits, le nom de sa cliente est réellement Bovary, fille de monsieur et madame Bovary qui l'ont prénommée Emma par hasard sans rien savoir du personnage d'un Flaubert inconnu d'eux.

- C'est un comble, dit Braise, depuis le plafond du cabinet de Dolstein où elle passe de loin en loin d'agréables moments à observer les séances.

A quoi Dolstein se contente de répondre par un hochement de tête.

- C'est un comble que cette Madame B. ait su venir jusqu'ici dire qu'elle ne peut rien dire.

Emma B. serait penaude si elle pouvait exprimer quoi que ce soit d'autre que des besoins en énergie par le truchemment des clignotants qui figurent ses yeux.

- Et si, dit Troudup, si on luizy mettait un chapeau à ventilateur pour y donner de l'élétrissité ?

- Et pi ça s'rait plus féminin, ajoute Myrtille Souche qui sait de quoi elle parle.

Dracula sort d'une poche intérieure (son inconcient ?) sa bible personnelle, j'ignorais qu'il en eut une ni que ce pusse être celle-là, et lit tout haut :

Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une véritable vermine.

Et pourtant pensé-je, quoi de plus cohérent que Dracula lisant Kafka ?

 


30 avril 2014

A la tienne, Marcel !

- Monsieur et Madame ont un fils: comment s'appelle-t-il ? demande Nono au comptoir.

- Ben les parents comment ki s'appellent ? demande le Souche.

- On s'en fout, Achille, c'est le nom du fils que j'demande.

- On peut pas jouer sans les parents, dit le Souche.

- Oh là là ! il est copieux çuissi, dit Troudup, à ton âge t'as pas besoin de tes parents !

- Eh ben alors, dit le Souche, vas-y, t'as qu'a l'dire comment ki s'appelle le fils !

- J'en sais rien.

- Ouais, dit Nono, c'est ça.

- Alors i dit ki sait pas et c'est lui qu'a raison ? I s'appelle Issaipa le fils ?

- Nan, dit Nono. Jean Sairien.

- Faizy un dessin, dit Troudup, i va pêter une durite.

- Tu sais lire ? demande Nono en sortant un stylo.

- Pas après cinq tournées dit le Souche, et j'm'en fous, ilaka s'ap'ler komiveu le fils à personne.

- Je r'mets la même ?

- C'est ça, dit Troudup, envoie la p'tite soeur.

Là-dessus, Achille Souche s'effondre, terrassé par une attaque de son dernier neurone sobre, en murmurant la p'tite soeur, la p'tite soeur.

Et moi, je me dis:

- Tu dois sortir du Petit Renard, tu as passé trop de temps dans ce bar, ça porte au coeur.

A moins que ce soient les effluves de pastis baraqué qui aient suffit, quoiqu'imaginaires, à me donner la face de tek (je suis un nécrivain, je ne peux pas dire gueule de bois, hips).

 

 

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20 avril 2014

Perle à r'bours Pâques à Batbourg

- L'abbé Phouettart dit Troudup, il est de l'assistance.

- Caisse tu racontes dit Le Souche, il est pas d'l'assistance, ses parents i sont natifs de Batbourg, le père Phouettart était garde champêtre, i nous coursait dans l'verger à Mâdâme de Lhéry prout prout.

- Il est d'l'assistance biblique que j'te dis, il est marié avec, et tu f'ras ci, et tu f'ras pas ça, et tu f'ras comme dit La Bible. 

- En tout cas dit Léon, dans l'Ancien Testament les animaux ont une journée de repos par semaine.

- Caisse qui dit Léon ?

- I dit qu'les animaux d'la Bible i s'reposent le dimanche.

- Le samedi, dit Léon.

- M'en fous, dit Troudup, va raconter ça au gigot d'midi.

- Justement, dit Léon, on est dimanche.

- Et la mère Phouettart, ê f'sait des clafoutis d'Enfer !

- Oh, le vilain, dit Troudup, il a dit Enfer, tu diras trois patés et deux aver, comme al dit La Bib. Car en vérité je te le dis, moi aussi chu d'l'assistance Bibine.

- C'est ça, dit Nono, la même chose ?

- Exak, dit Le Souche, c'est ma tournée.

 

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18 avril 2014

Permanence de l'objet contre Physique Quantique.

- Wouah wouah. Wouahwouahwouah ?! Wouah ?

- C'est pas ça, dit Léon.

Troudup est déçu mais il s'accroche

- Wouahhh wououhouhwouah... Wouhhaouhaouhhhh !!   ?

- Laisse tomber, dit Léon, c'est mort, tu n'y arriveras pas.

- Comment qu'tu l'sais que j'y arrivera pas, hein ?! T'as su parler du premier coup toi peut-être ? J'y ai pas mis du mien pour te comprendre, hein !

Léon soupire. Doit-il dire la vérité à Troudup ? Doit-il lui avouer qu'il ne parle pas ? Que c'est la seule raison pour laquelle personne d'autre ne sait qu'il parle ?

Et moi donc, dois-je révéler à Léon qu'il est vraiment un chien parlant ? 

- Oh ! Eh ! ça suffit, dit Troudup, on sait c'qu'on sait ! Qu'est-ce qu'elle croit La Taulière, qu'elle nous tient dans sa tête, qu'elle drive tout ! Quand elle vient on est là et quand elle vient pas, on est là quand même.

- Parfaitement dit le docteur Tayeurt, comme les femmes pour un macho, absentes, elles sont là quand même, dans la tête du bonhomme.

- Affirmatif, dit Robert Dieu. Le macho n'a pas pas besoin d'une femme réelle pour alimenter sa tension sexuelle.

- C'est ça, dit Bruno Ragazzi, le moyen, c'est le réel, pas l'imaginaire. Un vrai feu peut s'éteindre, un feu imaginaire crée une panique ingérable dans un sous marin.

- Wouh wouh ! Wouhouhouhou !!! Wouhouhouhouhhh !

- ça vient dit Léon, mais c'est pas du chien c'est du loup !

- C'est à cause des gonzesses dit Troudup.

- Y en a pas.

- Justement.

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15 avril 2014

Vivre c'est tout

-  J'en ai assez de ma vie, dit Marianne, je voudrais jouer autre chose.

- Allez-y, jouez autre chose.

- Mais comment ? Vous m'avez mise dans une drôle d'histoire, moi je n'ai rien demandé.

- Je ne force personne, si vous êtes venue c'est que vous aviez une place à prendre.

- Vous avez bien pu m'écrire, vous devriez pouvoir continuer.

- Maintenant que vous existez, je ne peux rien faire, c'est à vous de bouger.

- Pour aller où?

- A vous de voir.

- En fait, j'aimerais bien la vie de Louka, être commissaire de police, aller chez les gens, les interroger...

- Là, c'est difficile, Louka ne serait pas forcément d'accord.

- Bien sûr. Et une autre histoire alors, vous pourriez, non ?

- Moi non, mais vous oui, L'Appartement, ça sert à ça, c'est la vie libre ici, chacun fabrique ce qu'il veut.

- Ah bon, alors, euh, si je veux être boulangère, je n'ai qu'à ouvrir ma boutique ?

- Oui.

- Si je veux rencontrer quelqu'un, je n'ai qu'à l'inventer ?

- Oui, tout le monde fait ça.

- Mais je ne veux pas d'un ami imaginaire, j'en veux un vrai !

- Ayez-en un vrai, vous n'avez qu'à quitter l'imaginaire pour le réel, c'est tout.

- C'est vraiment tout ?

- Oui. Mais, je vous préviens, le sage dit Prends garde à ce que tu désires, tu risques de l'obtenir.

- C'est ça qu'il faut changer, enlevez-moi cette prudence et cette inquiétude dont vous m'avez chargée, donnez-moi de l'insouciance, de la légéreté, de l'inconséquence.

-  Allez donc demander à Dracula.

- Il est en vacances, dit Braise, dans sa famille à Mountain View. 

 

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La Californie, dit Le Personnage Inconnu, ce n'est pas si superficiel qu'on le dit

- Vous êtes sûre, dit Marianne, qu'il a de l'insouciance à revendre ?

- Vous voyez bien qu'il ne s'en sert pas, dit Braise.

- Alors, dit Marianne, moi aussi j'en ai !

- C'est ce que je vous dis depuis le début, réponds-je, et là-dessus, je dis, je vais boire un thé.

- Bonne idée, dit Braise, vous en avez aux châtaignes ?

 

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13 avril 2014

Démo graphies

- C'est dimanche.

- Ben oui.

- Hier, c'était samedi.

- Ben oui.

- Demain, ça sera lundi.

- C'est sûr.

- T'en as pas marre de la routine ?

- Ben, c'est le nom des jours, c'est le temps, on n'y peut rien.

- Voilà, voilà, c'est ça, on n'y peut rien, c'est comme ça, et toi t'en as pas marre, t'en a jamais marre alors.

- Mais t'es tordu mon pauvre, ça va pas dans ta tête, gogol, bouffon, raclure d'évier, pauv' tache, espèce de lundi !

- Ah non, pas lundi, merde, non, pas ça, pas lundi.

Mais qui sont ces deux-là ? 

- Vous êtes qui vous ?

- Parait qu'y a un truc en route, parait qu'y a des rôles, paraît qu'y a des vies à attraper.

- Mais vous êtes qui ?

- Justement, on est personne, on a besoin de mots, on a besoin de situations, on a besoin de vie.

- Eh ben ça y est, vous en avez.

- Ah ouais, ah ouais dis-donc, c'est super! Comment j'm'appelle ?

- T'as l'air d'un gars, disons D'Jack, tu t'appelles D'Jack.

- Et moi et moi, comment j'm'appelle ?

- Toi, tu n'as l'air de rien, fille, garçon, je ne sais pas, qu'est-ce que tu préfères ?

- Ben, chais pas, une fille ?

- Alors, disons Rose, tu parles deux trois langues, à toi de les choisir, tu es pas mal, mais tu pourrais être canon, et puis... et puis...

- Suffit, suffit, merci, pour le reste, je m'débrouillerai.

Dans les périodes où je tourne autour du travail, j'ai toutes les portes ouvertes, alors ça défile, mais comment faire autrement ?

- Ah tiens, bonjour Marianne.

- Bonjour Marité, j'ai besoin de vous parler.

  

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11 avril 2014

Le bruit du fouet: kshhhh !

- Eh ! Oh !

- Eh ! Oh ! Eh ! La Taulière ! Eh ! Oh !

-Quoi ? Hein ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Eh ben ma poule, on s'réveille ?

- J'dormais pas, baille Myrtille Souche, c'est pas une raison pour gueuler !

Troudup s'en fiche, il continue à appeler La Taulière, moi en quelque sorte, ce moi qui lui procure assez d'existence pour vivre, aller boire un coup au Petit Renard, balader Léon, dormir et rêver.

Depuis une semaine qu'il me cherche, je ne répondais pas à ses appels, je ne voulais rien en savoir, et puis, aujourd'hui, je réponds, je ne sais pas plus pourquoi.

- Oui, Troudup, what's up ?

- Ah ben merde alors, a s'tire à Pétaouchnock et quand a r'vient, a cause pus français ?

- Qu'est-ce qui vous arrive Troudup ? La mauvaise humeur, ce n'est pas dans vos habitudes.

- D'abord et d'une, l'humeur, c'est vous qui me l'avez collée au citron, et de deux, j'suis en panne ! Merdalors c'est jamais arrivé ! J'suis en panne, j' sais même pas c'que ça veut dire, ni d'où ça vient, ni quoi ni kaisse !

Il semble que Troudup subisse les effets de ma lente remontée du tréfonds d'où j'émerge.

- Mais kaisse kal dit celle-ci, on y entrave que dalle, d'où qu'elle émerge et son tréfonds, mais oukilest !?

- Pfff. Ce n'est pas si facile, enfin, si c'est très facile, ou alors non, c'est difficile. 

- Et bien voyons, dit Troudup, si j'en faisais autant ? Si je me permettais des libertés, si je me mettais, moi aussi, à parler d'autres langues que la mienne, dans des styles non appropriés à mon personnage, qu'en penseriez-vous ma chère ?

- Heula Troudup, ça va pas ? 

- Exaquête, hurle-t-il, faut se mettre à la page, et fissa, qu'il dit, parce que moi, j'ai des trucs à vivre et mes trucs, i'm'restent en travers !

Bref, ce n'est pas l'angoisse de la page blanche, écrire ça va tout seul, on laisse aller les doigts sur le clavier, le crayon sur la feuille, l'imagination dans la tête mais, mais, quand l'imagination prend la place du clavier, que le crayon cherche l'écran et que les doigts fouinent dans la tête, ça va moins bien.

- J'étais un peu en désordre mon cher Troudup, je me laissais aller à traîner le néant, comme on traîne la rue, mais grâce à votre intervention salutaire, c'est fini.

Pas question de vous empêcher de vivre, vous et Les Gens de L'Appartement, dès tout de suite je me mets à l'oeuvre sans plus d'état d'âme.

 

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03 avril 2014

Casting

- Donc, dit Braise, il y aurait un casting en cours ?

- Oui, je réponds, un casting de caractères.

- No problème.

Je suis dans ces questions du début qu'il faut éliminer pour avancer. je ne vais pas aller par là, mes personnages sont définitifs, seuls leurs caractères peuvent bouger, pas eux.

- Que tu crois ma poule, et pourquoi tu changerais pas, hein ? Tout le monde change, même toi, même moi,

- Mais c'est qui, toi ? je demande.

- Moi ? Ben c'est toi, toi et moi on est un dans un seul caractère tu vois,

- Sans compter les autres, ajoute un moi de passage, un moi volatil, né de l'instant dans ce petit passage entre le sentiment d'un trouble et la question qui fuse.

- Ça suffit je dis, ça suffit, je prendrai ce qui viendra,

- Epicétou, dit Troudup, foutez-y lui la paix à La Patronne, voyez pas qu'elle doit bosser ? 

 

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01 avril 2014

Je ne suis plus comédienne je suis commissaire de police

- L'Orient Express, il passait dans le golfe persique, dit Le Personnage Sans Nom, accoudé au comptoir chez Nono.

Nono s'en fiche du golfe persique, il lui dit ça,

- J'm'en fiche pas mal du golfe persique.

- T'as tort dit Troudup, le persique c'est bon dans les carottes râpées.

Moi, j'avais dit que j'y serais et bien j'y suis. Au moment de remettre l'ouvrage sur le métier, au moment juste où je suis quasiment presque prête à reprendre L'Apocatastase, voilà donc pas que je réalise que mes personnages ne sont plus dedans ?

Ils sont partis faire un tour, j'avais laissé ouverte la porte du manuscrit, ils se sont tous précipités dans L'Appartement et je dois battre le rappel.

Troudup, Fabiola, melle de Lhéry, Nono, Laprune, Chauze, Espérandieu, Phouettard, Louka, et tous les autres encore, et Bondiou, et Misère, jusqu'au substitut du procureur que je dois aller chercher.

Certains ont changé de noms, certains ont changé de vies, et tous, tous, ils ont continué à vivre et sont devenus plus costauds que moi.

Allez, Ho ! Ho ! Holà, tous, retour à la maison, c'est La Taulière qui vous le dit, Marité de Vos K est de retour.

Et bien sûr ils reviennent, pour reprendre le cours de leurs vies, là où elle est née, mais moi, j'ai un fichu trac.

D'ailleurs, d'où est-ce que je sors cette expression de scribouilleuse ? (et scribouilleuse, d'où je prends ça ?) Fichu trac, pourquoi pas mince de trouille ?

Ils reviennent dans l'instant où je les appelle et moi, je traîne les pieds sous prétexte que j'ai vaguement la nausée, le vertige, oui, le trac, avant de m'envoler.

Attachez vos ceintures, éteignez vos portables, les issues de secours sont situées à droite et à gauche de mon cerveau reptilien, elles donnent toutes sur L'Appartement, et sur le vide nourrissant de l'espace libre. A tout moment vous pourrez vous y réfugier (tu parles, comme si j'allais les laisser faire).

Et hop, ça y est, le tapis volant vient de décoller...

 

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28 mars 2014

The damned Cabane

Drame à Batbourg, le maire a appelé les secours, la presse est sur place: 

Des nains de jardin écrasés par une tondeuse emballée.

Nos équipes sont sur les dents pour vérifier toutes ces informations.

Dernière minute   un des nains serait sorti du coma, ils ne sont pas morts !

Dernière seconde le nain a parlé.

1. Il ne serait pas de jardin. 

2. Il ne serait pas nain.

3. Il serait un humain normal compacté par une tondeuse folle.

Le juge d'instruction demande la reconstitution des faits.

(- Léty pas con çuici, dit Troudup, ed' vouloir en r'faire encore, des nains !)

Le nain avance à petits pas vers la cabane de jardin, il sort une petite clef de sa petite poche, il l'introduit dans la serrure du cadenas, la clef est happée, impossible de la sortir.

Un serrurier défonce la porte, le nain trépigne, le juge ordonne de pénétrer in the susdite cabane exactement comme dans son témoignage. 

Le nain avance, son courage force l'admiration, il est entré, le juge le suit, mais depuis, aucune réponse aux appels

: Que se passe-t-il à Batbourg ? 

Le substitut suit le juge qui a suivi le nain in the damned cabane. Caramba ! le substitut ne répond plus !

Tous les journalistes présents s'engagent alors dans le quadrilatère maudit, il devrait être plein depuis longtemps, déjà soixante-deux personnes ont pénétré dans the damned Cabane !

: Que se passe-t-il à Batbourg ?

L'info passera, rien ne nous empêchera, le correcteur et moi-même, de faire notre devoir, nous partons avec la webcam, tout le Net saura tout. 

Nous voici sur les lieux du mystère, rien n'alerte la conscience, nous voyons des pelouses tondues, des massifs de fleurs rouges, des tulipes jaunes, des caravanes, des cabanes de jardins coquettement éparpillées près de petites maisons proprettes et bien entretenues.

Voici The Cabane, 

- J'aperçois un indigène, il porte une grosse chaussette bleue sur la tête, ah non, c'est un bob mou, bleu, bon.

- Monsieur ?! Madame ? S'il vous plaît ! Il s'enfuit à notre approche, mon correcteur le suit.

- Eh! Richard ! Reviens ! Reviens !  Le public a le droit de savoir ! Tant pire, j'y en veux pas, j'peux même vouzy dire que j'le comprends, faut assurer l'avenir du futur. Escusez l'espression un peu relâchée que j'vous entretiens, mais sans correcteur, j'arrive pu à faire dans la prose correk. Comme je disais taleure faut y aller alors j'y va.

: Que se passe-t-il à Batbourg?

- Ah! Putain d'bonguieu de bon guieu de putain ! Je crois pas asse que mes yeux i voillent, y sont tous dev'nus nains ! Putain de putain de putain de pute borgne, faut que j'me barre de là avant qu'd'ête rétréci itou ! Vain dieu, j'arrive pu à pousser la porte, j'ai beau pousser et pousser, j'peux pu l'ouvrir! J'su fermé eud'dans!

- Putréfaction, y sont tous redev'nus normaux, y sont tous grands comme moi à présent! Euh non ! c'est moi que j'sus p'tit! Putain ed'merde ! Envoyez du s'cours vous zôtt kêtes déhors, ou au moins, envoyez-y nous eul'correcteur pour qu'on pusse vous causer normal !

: Que se passe-t-il à Batbourg?

- Franchement, dit Louka, vous croyez vraiment que ça justifie l'envoi de la Brigade des Affaires Bizarres ?

- Fais pas ta sucrée, dit Troudup, c'est l'Apocatastase des Cons qui recommence, La Taulière s'est remise au boulot, alors vazy ma Poule, tout le monde sur le pont, y a du taf.

- Chouette, que j'dis à mon tour, les affaires reprennent.

 

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