06 janvier 2014

6

Louka, ça ne lui plaît pas cette histoire de tracts mais les histoires qu'elle doit résoudre ne lui plaisent jamais.

Quand elle était comédienne, elle portait aussi de ces personnages qui l'emmenaient où elle n'aurait pas voulu aller, mais c'était la règle du jeu, depuis qu'elle est flic, c'est toujours avec le réel qu'elle doit vivre et avec le réel, pas de règle.

Elle a interrogé les vieilles dames, Denise de Lhéry, Paulette Dolstein, entre la mémoire du village et sa psychanalyse, elle a reçu beaucoup d'informations mais aucune réponse, trop de pistes, aucune preuve.

– 6 –

Timide

Il était une fois un bâtard. Arnaqué par ses parents avant la naissance c’est la loi des pauvres cloches.

Il était couleur café, il marchait comme en dansant, il avait le rythme-dans-la-peau-dis-donc.

Comme il n’avait rien à dire on l’appela Timide.

Ses parents n’eurent pas à le marier pour se débarrasser de lui car ils l’abandonnèrent à la naissance, ce qui montre qu’ils savaient prendre les décisions au bon moment.

Comme il était bâtard, Blanche-Neige ne voulut  jamais de lui, ce qui pourtant n’aurait pas porté à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-Neige est une saleté d’enfoirée de putain de grosse salope.

Timide vivait à l’écart du village dans la maison d’un absent, il aurait mieux fait de se planter dans le jardin où les fleurs et les arbres exubèrent. 

Il n’aura jamais d’enfant, la Chronique de Timide est chiante parce que Timide est chiant.

Louka hésite, elle relit les 5  précédents, son instinct de comédienne lui dit que la psychanalyste n'est pas un second rôle.

- Ho les Fred! convoquez Paulette Dolstein, 15 h au PC, amenez-moi le facteur.

- Ce qui est dit sera fait.

Elle ne sait pas comment ils font, où qu'elle soit, les deux Fred sont toujours dans son ombre.

- Et convoquez aussi...

- Melle de Lhéry. Au PC, 18h30 ? 

Comment ferait-elle sans les deux Fred ?

 

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05 janvier 2014

Dormeur

Nono commence à compter, un, deux, trois, cinq, dix et merde ! C'est toute sa clientèle qui est convoquée par le tract numéro 5. 

- Si on s'met à attaquer les buveurs, dit Jacques Laprune à la cantonnade, c'est la guerre ! C'est la guerre ! C'est la guerre ! C'est la guerre ! C'est la gu

- Oh ! dit sobrement Dolstein, et c'est facile pour elle d'être sobre, elle boit du café, une fois suffit.

- Ouais, ouais, ouais. Laprune cherche en vain une suite, rien ne vient, pourtant il faudrait qu'il se mette en campagne, les municipales, c'est maintenant qu'il faut les gagner.

Nono a arrêté de compter, pourquoi elle a dit 5, pourquoi, ça veut dire quelque chose, mais quoi? Il note le chiffre pour faire un tiercé, 5, quoi 5 ? et son regard s'arrête sur le tract du jour:

– 5 –  

Dormeur

Il était une fois un sale con. 

Il était con mais on s’en fout. Comme il passait son temps à comater dans les fourrés, on l’appelait Dormeur. Il était brave en civil mais après boire : Connard 1er.

Il se maria à jeun avec une jolie femme, le soir des Noces il prit sa cuite. Entre l’entrée et la chambre à coucher, il y eut un accident de parcours qui fit de lui un jeune veuf.

Pour se consoler, il se remit à reboire. Quand il était fin saoul il fourrait  Blanche-Neige dans les coinstots bizarres, ce qui ne porte pas à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-Neige est une enfoirée de putain de grosse salope.

Comme il buvait trop et qu’il avait tué sa femme le soir des noces, le village l’aimait bien. On ne le secouait jamais pour le réveiller, on ne lui demandait jamais de s’excuser, il avait le droit de traiter qui il voulait pourvu qu’il soit bourré.

Il aura peut-être des enfants et ça fera des gosses d’alcoolique, petits, malingres, le teint blême et incapables d’affection.

Ah mais oui, bon, pense Nono, des types bourrés à leur mariage ça manque pas, mais du veuf spontané, y en a moins, d'ailleurs y en a pas ici.

Peu sauront qui est Dormeur, il faudrait tout savoir sur Batbourg, et personne ne sait tout, jamais. Même Paulette Dolstein ne sait pas tout.

Mais ça, elle le sait.

Elle paye son café et elle s'en va en pensant, 5, 5, 5.

 

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04 janvier 2014

Grincheux

Il n'est pas dupe,  c'est de lui qu'il s'agit, il est le seul curé des environs, plus personne pour servir la messe ou la dire à sa place ni avec lui.

Ce n'est pas vrai qu'il sente le pet, il n'est pas si jaune ni bilieux, il n'était pas toujours de mauvaise humeur avant.

Avant, avant, ça fait longtemps, ça fait longtemps que l'époque où on le respectait a disparu.

Il se demande parfois si ça va revenir, il caresse l'idée de lancer un mouvement intégriste, d'être sauvage lui aussi, de trouver des martyrs.

Ce n'est pas vrai qu'il ait fait des enfants à qui que ce soit, il a toujours respecté à la lettre son serment de chasteté, un engagement est un engagement.

Tout ça est très injuste et surtout c'est ridicule, il ne peut même pas s'offrir à la vindicte en saint glorieux, Père Phouettard en majesté !

Mais qui est donc la Blanche-Neige des tracts ?

Il ne sait plus rien, ils ne se confessent plus,  heureusement qu'il y a la télévision, les reportages, les émissions sur la vraie vie, sinon il ne saurait plus rien des gens.

Quand même, c'est rigolo cette histoire, ça le fait rire finalement, sa petite robe noire... C'est bien trouvé.

- Bonjour mon Père.

Melle de Lhéry ne s'attendait pas à croiser le Père Phouettard un jour de semaine. Et il ricane, de qui se moque-t-il, oui, il éclate de rire, ça alors. Elle doute, et si ce n'était pas lui le héros du numéro 4.

- Mais alors, murmure-t-elle, alors qui ?

– 4 –

Grincheux

Il était une fois un trou du cul qui enfilait chaque matin sa petite robe noire pour aller au turbin.

Il était maigre comme un clou, jaune et blet, il sentait le pet.

Comme il passait son temps à engueuler le monde on l’appela Grincheux.

Ses parents n’eurent pas besoin de le marier pour se débarrasser de lui parce que la mère Léglise le prit comme gigolo.

Il habita la sacristie, il fit de suite un bon corbeau, qui fréquente sa garçonnière en sort flapi de la cafetière.

Comme il était vicieux, il se farcissait Blanche-Neige dans le confessionnal, ce qui ne porte pas à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-neige est une putain de grosse salope.

Il n’a pas d’enfants et tout le monde s’étonne que ses neveux lui ressemblent tant alors qu’il n’a ni frère ni sœur.

- 4 dit Dolstein en ouvrant sa boîte aux lettres, elle a vaguement guetté le facteur et puis elle est passée à autre chose et voilà le numéro 4. Elle soupire, tant qu'il écrit, ça va, ça va encore. Mais jusqu'où ça va aller ?

 

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03 janvier 2014

Il était une fois...

Melle de Lhéry clopinant jusqu'au Petit Renard se réjouissant au point que chacun s'en avise, c'est un tableau nouveau.

Chemin faisant elle lit le dernier tract du Corbeau, les deux premiers ont été déposés au Petit Renard, le troisième, elle l'a trouvé dans sa boîte à lettres.

– 3 –

Prof

Il était une fois une va-de-la-gueule.

Comme elle était chiante ses parents la nommèrent Prof.

Elle lisait sans les comprendre des tonnes de livres qu’elle revendait au prix du neuf à des plus cons qu’elle.

Quand elle devint pubère ses parents voulurent se débarrasser d’elle. Ils tentèrent de la marier mais le dernier connard célibataire n’était pas assez babache pour s’y coller.

Tous les matins elle se regardait dans la glace et pourtant elle se trouvait belle. 

Des suites d’une mauvaise chute elle tomba invertie.

Pour occuper ses nombreux loisirs, elle se mit en ménage avec Blanche-Neige, ce qui ne porte pas à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-Neige est une grosse salope.

Elles se disputèrent et se foutirent sur la gueule : le secret ne fut pas gardé  mais tout le monde se fichait royalement de ces deux traînées.

Elles n’eurent pas d’enfant, et c’est pas plus mal parce qu’il leur aurait sûrement ressemblé.

Melle de Lhéry y mettra le temps qu'il faut, mais elle saura qui est qui, elle saura tout.

Elle en rit toute seule devant Le Petit Renard, elle rit tellement qu'elle ne peut plus s'arrêter, pourtant, il y a à Batbourg quelqu'un qui ne trouve pas ça drôle.

- Trois, dit Dolstein.

 

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02 janvier 2014

Over the rainbow

Huit, quel beau chiffre pense Nono en alignant les carafes sur le comptoir, beau parce qu'il appelle le neuf.

- Car Huit n'est pas complet, en vérité Je vous le dis, pense le Père Phouettard grisé par le vin de messe qu'il a préféré boire que jeter pour clore le compte fournitures 2013.

En Vérité il nous le dit, Huit ne saurait représenter quoi que ce soit, sauf, en l'allongeant, oui, en l'allongeant, bon sang, bon sang, en la longeant Huit devient le Tout, qui n'a ni fin ni commencement, Huit debout n'est rien, Huit couché est Le Rien, Le Tout, l'Infini. Quand il est sous l'emprise, le père Phouettard flirte avec les hérésies.

- N'empêche répond Nono tout haut aux développements muets du curé de Batbourg, avec neuf carafes, j'ai l'Arc en Ciel en mieux:

El Diablo

                 Godfather

                                      Japanese slipper

                                                                       Grasshopper 

                                             Nuage bleu         

                 Indigo cocktail              

Purple  Mojito                                                                                                                   

A quoi il ajoute noir et blanc parce que les sept couleurs de l'arc en Ciel ne suffisent pas, dixit Nono, à traverser la dernière nuit de l'année.

Irisch Coffee et Russe blanc  

 - Un demi et qu'ça saute !

- Ah ben non, répond Nono à Troudup, tu vois pas qu'j'ai hissé les couleurs ?

- J'peux encore prendre un apéro avant de boire ou bien ?

Nono sert une pression, Troudup est un homme bien élevé, il boira de tout.

 

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31 décembre 2013

Danse, danse, danse

- Quoi de neuf ?

- Les Muses, répond Lucien Übernix, distraitement, concentré sur le dossier Tristan, les Muses sont neuf.

- Et les Musettes alors ? lance Troudup depuis il ne sait où, encore ivre de Noël. Hein! Où qu'a sont les Musettes, et de qui et de quoi ? Hein ? C'est qui leur mère, c'est qui leur parent, et alors hein, et quoi ?

- Depuis Noël ? dit Bruno Ragazzi.

Il pense qu'une consommation à la demi-vie si lente n'est pas raisonnable, il faudrait que Troudup aie nécessité de reproduire l'achat d'ivresse plus souvent. Une semaine, c'est trop long. Mais comment promouvoir l'alcool ? Une idée fuse, l'alcool sans l'alcool, un produit qui procurerait les mêmes effets, comme... comme... la drogue ? Non, autre chose, autre chose...

Lucien Übernix reçoit tardivement l'information que Troudup a lancée.

- Les Musettes, mais oui, murmure Übernix dans le coin de son cerveau dédié aux dévoilements, les Musettes c'est ça !

Oui, c'est ça qu'il cherche, le déclic qui produit la lumière dont il manque depuis des mois, depuis les débuts de la Recherche Tristan. Ils ont fouillé l'ADN, l'environnement, la culture, ils ont fait le tour des abords, du centre, des périphéries, des satellites, ils ont tout décortiqué. Et si c'était ailleurs, et si ça n'était pas dedans?

C'est ça, c'est ça, ce serait dans une annexe, il y aurait un réservoir du ça du corps, à l'instar de l'inconscient il y aurait ce ça-là, dans une Musette, qui attendrait qu'on y puise, pour boire aux sources de l'origine, un autre code. La Musette serait un attribut.

Tristan n'était pas fait que d'ADN, de chairs, d'os, de son éducation, de son temps, de ses expériences, de son atmosphère, il y aurait ça, dans la Musette, qui n'est nulle part ailleurs, qui n'existait pas parce qu'on ignorait que ça existât, La Musette, La Musette !

Lucien Übernix danse de joie, comme un ours élégant, il danse, cet homme grand, lourd et solide, il danse comme un elfe, il danse avec son esprit.

Et moi, Marité de Vos K, je contemple puis je me joins à la danse du dévoilement, et Troudup aussi, et Braise, et Louka, Dolstein, Melle de Lhéry, Dracula, Mandrake et Marianne, Tristan I, II, III, tous les Tristans, Suzy, Fabiola, Laprune, tout Bourg-Lez-Nains, Nono, Corinne, Fabienne, Robert Dieu, les deux Rachel, les deux Albert, tous les Gens de l'Appartement, tout le monde danse, danse, danse.

 

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25 décembre 2013

Et quoi et qui et comment et pourquoi.

Si ça se trouve se dit Léon, personne n'en pense rien.

Même si ça se trouve, ils l'ont pas lu, ou si ça se trouve y en a que deux. Ou trois. Il suffirait de les intercepter.

Ce matin Léon est mal dans sa peau, c'est la première fois qu'il affronte ses limites. Léon est un chien qui parle, qui boit et qui pense. C'est un chien philosophe, à l'occasion chien policier, c'est un chien de sa chienne, ça oui, mais Léon, Oh ! Léon ! Léon ne sait pas lire.

Au Petit Renard les paris sont lancés, qui c'est Blanche Pute, et Atchoum, c'est qui ?

Et qui c'est qui les écrit les machins anonymes ? Et si c'était vrai, et si ça se trouve c'est vrai, et c'est vrai d'ailleurs tout le monde le sait.

Tout le monde sait quoi ?

Tout le monde sait que Blanche Pute est une pute, que Atchoum est un gros mou, pi qu'il est p'tit comme nain.

D'un coup, tous les regards se tournent vers la porte qui vient de s'ouvrir, et aussitôt tout le monde détourne les yeux, faisant semblant de rien. Louise Kowski est entrée, c'est la flic de Paris.

On s'demande, se demandent en silence tous les piliers de bars, les buveurs occasionnels, les joueurs de baby foot, les fumeurs dehors et même Garance et Anne-So venues tout droit de La Bernique.

Elles se demandent ce qu'elles fichent là et comment elles y sont arrivées et où elles sont, parce qu'elles ne viennent pas d'un manuscrit, elles, elles viennent du vrai monde de la vraie réalité.

Tous les autres se demandent ce qu'ils se demandent, ils sont interloqués par ce point d'interrogation qui s'est planté dans leurs têtes à cause de ces tructs, ces tracts qu'ils ont reçus hier et ce matin dans leurs boîtes aux lettres. C'est quoi, c'est qui, qu'est-ce que c'est ? Et pourquoi ? Et ce matin c'est Noël, y a pas d'courrier normalement, et pis, et pis...

Numéro 2 lit Dolstein. Elle ne se pose pas de question, ça fait bien longtemps que pour elle il n'y a plus de pourquoi.

– 2 –

Atchoum

Il était une fois un gros connard flasque. Sa voix coinçait comme une grille rouillée, il avait les yeux couleurs d’huître, il marchait comme le canard gras dont le ventre traîne par terre pendant que son derrière sifflote, la tête en l’air.

Comme il poissait tout le monde avec ses postillons chiasseux, on l’appela Atchoum le Mouligasse. 

Entre deux éternuements il chipotait les gros seins de Blanche-Neige, ce qui ne porte pas à conséquence, Blanche-Neige étant, comme chacun sait, une  salope.

Un jour sa voix de grille rouillée mua et bien qu’il persista à postillonner les alentours ses parents purent enfin le marier et se mettre à l’abri de la pluie.

Comme il n’avait pas le choix, il épousa une grenouille qui ne se transforma jamais en femme. 

Il entretint son ménage avec l’argent des impôts et des associations.

Il n’eut pas d’enfant et c’est tant mieux.

 

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24 décembre 2013

Un Conte pour Noël

- Quand même, dit Nono, faire ça à Noël, c'est pas cool.

- Tu causes anglais maintenant ? dit Léon venu sans Troudup boire une gamelle d'eau.

- Ben, répond Nono, pourquoi tu dis ça ?

- Cool c'est de l'anglais.

- De l'anglais, ça m'étonnerait, cool, c'est cool c'est tout, hein! dit Nono à la cantonnade, faire ça à Noël quand même eh ben, c'est pas, c'est pas, eh ben, eh ben... Ah! Tu vois c'que tu fais, hein ? 

Léon soupire et lape.

- Le fait est, dit Jacques Laprune, le maire de Batbourg, le fait est. Je vais être obligé de prévenir la gendarmerie.

Oui, le fait est que le tract anonyme remue le village:

– 1 –

Blanche-Pute et les sept brêles 

Il était une fois une salope.

Elle avait la peau très blanche, les lèvres rouge vif et les yeux noircis de khôl.

Comme elle avait un cœur de glace, on l’appelait Blanche-Neige, mais Blanche-Pute aurait été mieux.

Tous les gars autour d’elle tiraient la langue comme des malades et son père ne pouvait pas l’empêcher d’aller courir le gueux. Sa mère était partie depuis longtemps, la belle-mère devait supporter cette putain d’emmerdeuse.

Comme ils ne savaient plus quoi faire, ils décidèrent de marier la gamine. On chercha un pauvre gars qui ne connaisse pas Blanche-Neige et son feu au cul.

Quand la môme l’apprit, elle se tira dans la forêt de Rambouillet dans un bordel clandestin tenu par sept frères. 

Ils la mirent au boulot et elle rapporta gros.

Elle n’eut jamais d’enfant.

 Paulette Dolstein finit son café sans rien dire, comme d'habitude, pas étonnée d'être la seule à avoir relevé que le tract portait le numéro 1.

 

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21 décembre 2013

Le Père Noël et le Petit Renard

Père Noël, je voudrais... non, Troudup raye son début et reprend le brouillon.

-Monsieur Noël... caiss't'en penses ?

- Ben, c'est trop court, répond Nono derrière le bar.

- Ah pi merde, je vais te le dire, j'l'écrirai plus tard. Bon, alors... Monsieur Noël, c'est pas mon habitude de vous écrire vu que jusqu'ici je croyais pas trop à... à...à...

- Ben à quoi tu croyais pas ?

- Ben à lui, mais ça s'dit pas, alors, bon, euh, Monsieur Noël...

- Oh ! ça va, ça c'est bon, Monsieur Noël, bon. 

- Cher Monsieur Noël, on ne se connait pas personnellement mais après quinze petits ricards, j'ai l'impression que si.

- Eh dis donc, tu vas pas lui écrire ça hein, parce que mes ricards, j'te f 'rais dire, ils sont pas petits, non mais quoi, et pis quoi, et qui, non mais !

- Mais t'es con, c'est pour y dire que je bois pas tant que ça mais qu'i faut avoir bu pour y croire sans y dire que j'y crois pas.

- Oh là là! Depuis que tu fréquentes Her Professor Dolstein, t'es dev'nu Sicologue.

- Mais qu'il est con çui ci, tu sais donc pas que le Père Noël, c'est un père la morale, tu sais donc pas qu'il est sourd du cul ? Faut lui emballer le truc façon suppositoire, sinon, y r'jette.

- Ah la vache ! c'que t'es intelligent après quinze bons gros ricards barraqués. Moi c'est l'contraire, y a pu d'lumière.

Et Nono tombe endormi sur son comptoir.

- Fhhhhhh, soupire Troudup, il hésite et puis il fait un dessin de sa commande au Père Noël, des courbes, un regard compréhensif, de l'amour, de la bienveillance, et dans son état de... décontraction dirait-il, ça donne une chose abstraite, ou plutôt, déconstruite, qui pourrait évoquer un être qui se situerait dans l'échelle de Darwin entre Léon remuant la queue et Suzy en porte-jaretelles.

Et il rejoint Nono, s'endormant brutalement comme un cheval abattu, mais plein d'espoir.

 

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08 décembre 2013

Mandrakadabra

Flashes, artifices, couleurs, lumières, fumées odorantes et poustouflantes, un vent de rêve souffle sur un air de Carmina Burana, Mandrake apparaît sur la piste du Grand Cirque de Bourg-les-Nains.

C'est un jeune homme blond, frêle et puissant, de cette puissance mystérieuse et secrète des magiciens.

- Y a un truc ! Y a un truc ! hurle un crédule. Il croit à la téléportation, à la perméabilité des mondes, au pouvoir du jeune Mandrake de chevaucher, Yihahh !, les ondes. Il veut savoir comment, c'est tout.

- Y a un truc ! Y'a un tr...

- Flaouff! Bzirg et Schplaff !! d'un haussement de sourcil, Mandrake a évaporé l'homme au truc.

La salle devient d'un coup très silencieuse et

Mandrake est bien embêté

Car il cherche à séduire

Pas à effrayer

- Je ne suis pas encore prêt, soupire-t-il. Dans un geste très élégant il retire son chapeau claque et d'un mouvement souple disparait dans sa cape noire et la cape s'envole.

- Hahhh, disent les gradins encore plus soulagés qu'impressionnés.

Monsieur Loyal envoie les clowns tandis que Mandrake dans sa caravane ouvre un tiroir capitonné de velours rouge dont il sort Le Livre :

Comment se faire des amis, par Le Plus Grand Scientologue ed'L'Univers Connu, (Mandrake est né aux Emouleuses) : Dale Carnegie.

 

 

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