10 avril 2011

L'Enquête

Louise Kowski, dite Louka, a commencé la recherche.

- Vers une heure du matin, La taulière s'est absentée, j'entre dans sa tête.

J'arrive en plein rêve.

Elle est dans un hall d'aéroport.

Trois hôtesses de l'air barmaid ignorent ostensiblement les clients.

La Taulière râle:

- La Sarthe est réputée pour ses andouilles mais là, vous dépassez le niveau, faut arrêter l'entraînement.

-  Je sens que La Taulière sent ma présence, j'évacue les lieux pour ne pas être repérée. Mes premières conclusions sont que La Taulière est en forme.

- C'est un rêve, dit Braise, il faudrait voir dans le réel.

- Comme si on savait ce qu'c'est le réel, comme si quelqu'un au monde savait ce qu'c'est!

- Écoutez Dosltein, réponds-je, agacée, c'est facile de jouer les Zazie, ce serait plus utile de faire un commentaire sensé.

Dolstein s'en fout,

- J'ai dit ce que j'avais à dire, à vous d'en trouver l'usage.

Là-dessus elle s'évapore, mais, bon, elle a raison, c'est quoi le Réel ? C'est où ?

Troudup, les yeux ronds et injectés d'éclairs rouge vif, répond que c'est moi le flic.

- Allez vous coucher, lui dit Dracula, dégouté.

- M'approche pas, vampire, me touche pas !

- Aucun risque, à l'œil nu vous êtes impropre à la consommation.

Mais Troudup s'envole quand même à grande vitesse vers Batbourg.

- Bref, conclut Louka, même s'il faut confirmer, les premières conclusions sont positives, La Taulière va bien.

- C'est à dire, précise Braise, elle va comme avant.

- Je préfèrerais, dis-je à l'intention de Louise Kowski, que vous cessiez vos incursions dans ma tête.

- Je comprends, répond-elle, mais il faut ce qu'il faut.

- C'est ça, ainsi va la cruche et il ne faut pas ce qu'il ne faut pas, assez de clichés, brisons-là.

- Maintenant, dit Braise, on peut dire qu'elle va bien dans le Réel aussi.

- Alors, je continue à enquêter ou on arrête les frais?

- Continuez, dit Frédéric, mais concentrez-vous sur la réalité au lieu d'explorer ses rêves. Laissez ça aux spécialistes.

- Bravo ! s'exclame Dolstein depuis son lointain, voilà des paroles sensées.

- Ah non ! soupire Louka, c'est quoi la réalité, c'est où ?

- Retournez à la base, dit Frédéric, le bloc opératoire, la dissection aortique, le Signifiant outragé.

- Chercher le coupable, chercher à qui profite le crime, le mobile, les suspects, les alibis. C'est OK pour moi, ça c'est du concret, j'y vais.

- Dis-donc, que je dis à Frédéric, il faut que je meure pour que tu te repointes?

- Ben oui, la vie n'est plus notre seul lieu commun.


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09 avril 2011

Ya Basta

Oui et ben non.

Moi je dis ça suffit, y a basta. Je vais reprendre l'affaire en main, ça ira plus vite, et dans la bonne direction.

Je constate que la Taulière est en train de virer métapsychanalycoblabla.

Dans le premier chapitre de L'Apocatastase des Cons, elle m'a fait nommer au BAB (Bureau des Affaires Bizarres) par le préfet de police, je me sens le profil pour enquêter sur sa Non-Near-Death-Experience.

Et vérifier son état mental.

Au vu des derniers commentaires, on peut se demander s'il n'y a pas eu excès d'opiacés, overdose de morphine, et penchant exagéré pour les sédatifs de compétition.

Je me fiche qu'elle soit saine d'esprit, elle ne l'a jamais été, ni qu'elle soit dans la norme, quelle norme ? Mais si elle a passé la ligne, elle peut nous balancer, Nous les Gens de l'Appartement, dans des histoires tordues, nous déménager dans des mondes glauques ou (trop) déjantés. Elle n'a qu'à l'écrire pour nous le faire vivre. Moi je dis gaffe, il y a danger.

- Enfin dit Braise, on prend les choses en main. Depuis qu'elle est revenue, nous nous attendons à tout, Dracula s'est terré dans sa crypte, de peur de faire le mal, Rachel a pris dix kilos de stress et moi, je ne dors plus.

- Tu ne dors jamais, tu es un personnage qui vit la nuit, le jour, tu ondules entre les lignes.

- Façon de parler. Les vrais gens font ça, Louka,  ils enfilent les mots et en font des expressions sans odeur.

- Vrais gens mon cul

- Tiens, Troudup, dit Louka, ça faisait longtemps.

- Ouais ben, mon cul aussi pour longtemps. Elle a raison la Braise, on peut pas attendre que la Taulière nous rectifie les habitudes. Dans l'état qu'elle est, on risque le pire. Juste quand j'ai enfin réussi à me remettre à boire, c'est pas le moment qu'elle vienne secouer la ruche.

- Pourquoi, demande Alice, pourquoi pas faire appel aux médecins qu'elle a créés? Le docteur Dolstein, ou le docteur Chauze?

- Dolstein, oui, je vais aller la voir, répond Louka, mais pour Chauze, j'hésite, c'est  un légiste, je vais attendre que la Taulière soit morte pour la faire autopsier.

- Ehh! Ehh! Ah ouais, ehh y a aussi Tayeurt qu'est docteur, i r'çoit nuitéjour, on dort vachement bien sur sa table d'examen.

- Merci Troudup, mais je vais chercher des lumières, pas des mal comprenants.

- Hein ? Quoi ? Kess' kelle dit celle-ci?

- Elle dit, traduit Alice sur un ton très doux, qu'elle préfère s'adresser au Bon Dieu qu'à ses crétins.

Nous la Trinité, moi, je et mon soi, alias La Taulière Atteinte, je les comprends et finalement, j'attends d'eux qu'ils me sortent de là, il ne fait aucun doute qu'ils sont ma solution.

Pour l'heure, je vais entrer dans la peau de Celle-Qui-Crochète et croiser les fils en suivant les diagrammes au signe près, et puis profiter de ma traversée du  Grand Vague pour n'être que le Dieu des Issus. Ils rêvent en Moi leurs maisons, leur village et leur éternité.

En Vérité je vous le dis, ils auront ce qu'ils espèrent.

- Oh là là, disent les gens de l'Appartement, ça ne s'arrange pas, il ne faut pas tarder à s'en occuper.

 

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13 juillet 2010

R'évolutes partent en fumée

Ils sont surexcités par le feu d'artifice.

- Mais il n'y a pas de feu d'artifice ?

Il va y en avoir un, ça suffit à mettre des bulles dans toutes les têtes.

Moi je dis que les bulles dans le cerveau anévrisent.

- Oh, dit quelqu'un (mais qui?), pourquoi rabats-tu la joie ?

Je reconnais la voix, c'est moi qui cause.

Le 13 juillet ici, c'est donc bal, bal, artifices, fêtes et joie populaire.

- Belle occasion, dit Dracula, d'honorer le sang, têtes tranchées, têtes aux bouts des piques, révolution !

- Que oui, dit le Troudup, le peuple souverain s'avance.

Troudup est à jeun, que se passe-t-il ? J'entends le silence de Dolstein car son sourire vient jusqu'à moi, Paulette en Joconde dit comme elle sait faire, sans rien révéler, que Troudup est capable d'être un autre que ce lui-là.

- Qu'est-ce vous croyez, aboie Léon (quoi? Hein? Léon aboie?), que nous resterons tous ce que nous sommes ?

- Non, non, non, dit Astrid Tayeurt, la révolution c'est pour tout le monde.
Les planètes nous engouffrent dans leur mouvement, ça tourne, ça vire et nous changerons tous.

Parce que demain c'est 14 juillet, ils sont tous en suspension, le monde va changer de face, ceux qui ne sont rien seront tout (qu'ils disaient).

Dracula prétend qu'il ne craint plus le jour, Braise est d'accord avec lui, Alice et son Albert ont mis des chapeaux de paille, Marianne est en bain de soleil, Batbourg rutile, les Voies Obscures térébrantent, La Bernique hurle, Noé navigue en pleine lune, Bienvenue à la Fabrique est sur le point d'avoir son Frédéric et l'Appartement presque moi: tous mes pays trépignent.

Rachel Z. traduit le sentiment général, demain est un autre jour.

Je sais d'où vient l'embrouille, l'orage de la nuit a détrempé les rêves, ils sont délavés, lourds de nuages crevés, et depuis ce matin je ne sais pas qui je suis.

Que leurs volontés soient fêtes: Bingo !


09 juin 2010

Hareng chorizo

Alice

Marité avait peut-être raison de demander une recette de fraises ou de je ne sais plus quoi, parce qu'il faisait beau et que mes harengs ne lui plaisaient pas.
Mais aujourd'hui qu'il fait gris, je vais la laisser, ma recette.

C'est la salade de hareng et chorizo piquant.

Mettre au fond d'un saladier large, moi j'ai pris une coupe à fruits un peu creuse, c'était parfait, donc, mettre au fond du plat choisi une chiffonnade de salade, des endives, ou de la salade verte, ou des pousses d'épinard, ce qu'on veut qui soit frais.

Pas de chou blanc ou chou rouge par exemple, trop dur même blanchi, ça n'irait pas, pas de choucroute non plus et encore pas d'un tas de légumes que je ne citerai pas.

Je suis un peu énervée, il faut que je me calme avant de continuer sinon ma recette sera impossible à réaliser.

Ce qui se passe, c'est que j'ai pris conscience de la porosité de mon existence.

A cause de cette histoire de temps, beau temps, mauvais temps...

Sur le moment je n'y ai pas prêté attention, les histoires de temps...
Mais ensuite, j'ai compris. Le temps de l'Appartement passe chez moi.

Je croyais que venir ici était une liberté sans conséquence.
Et puis, il y a eu le temps, il fait beau ici, il fait beau chez moi, il fait mauvais, pareil chez moi.
Est-ce que c'était comme ça avant?
Je ne peux pas savoir.

Je suis troublée, c'est pour Albert.
Albert et moi on est ensemble, mais on s'est rencontrés ici.

Si c'est un effet de la porosité et pas un effet de la liberté, ça ne dépend plus de nous qu'on soit bien ou mal ensemble, mais encore et toujours de la propriétaire.

Il fait gris aujourd'hui, et un peu frais:

Mettez une chiffonnade de salade fraîche au fond du plat.
Ajoutez  des filets de hareng fumé coupés en fines lamelles.
Ajoutez des asperges vertes effilochées, en saison, ou alors quelques navets cuits al dente ou des cœurs d'artichauts en bâtonnets, ou les trois ensemble si ça vous plait.
Ajoutez une bonne quantité de chorizo piquant en rondelles fines.
Ajoutez beaucoup de persil haché, une tomate en petits morceaux (carrés si vous êtes maniaque).
Faites une mayonnaise légèrement citronnée avec moitié huile d'olive moitié huile neutre, dans laquelle vous aurez mis avec la moutarde un peu d'harissa.

Qu'est-ce que tu dis, je ne comprends pas? Viens donc au lieu de crier ce que tu veux me dire!

Albert veut mettre son grain de sel.

- Pas mon grain de sel, dit-il, mon grain de wasabi, je préfère quand tu la fais au wasabi,  cette salade-là.

- C'est vrai, avec une cuillère à café de Wasabi, c'est encore meilleur, mais la plupart des gens ignorent le wasabi.

- Tu trouves pas qu'il fait plus beau chez nous? demande Albert

Alors Alice le regarde les yeux noyés de larmes et lui, bien sûr, il la trouve bien émotive

- Ben quoi? Il fait beau chez nous, c'est pas grave! Ici c'est ici et là-bas c'est ailleurs.

Et ils sont partis par la porte, peut-être par délicatesse, et pas par les murs comme d'autres fois.

Alors c'est moi qui termine la recette:

- Mélangez, servez frais.


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06 juin 2010

Vapeurs

Alice

- Il fait beau. Le Liquidambar pousse dehors des feuilles repliées sur elle-même comme des fœtus. Feuillettes, feuillasses, le soleil de juin va les tuer, elles sont sorties trop tard.

Alice imagine l'agonie des feuilles, elle est déprimée, elle prend des tisanes, des gélules d'herbes, elle attend que ça fasse effet.
Mais le seul effet notable est qu'elle a l'impression de passer sa vie aux toilettes.

Alice ne veut pas d'une analyse elle dit c'est trop tard.
Peut-être c'est trop tard, mais trop tard pour quoi?

- Trop tard pour être heureuse.

- Ah, être heureuse?

- Comme tout le monde.

- -Être heureuse comme tout le monde, ça ne me dit rien.

- Paroles de nantie, me dit-elle, et elle boude.

Bon.
Je ne comprends pas son histoire d'arbres et de fœtus, aujourd'hui est un jour sans, je n'y suis pas.

- Qu'est-ce qui ne va pas Alice?

- Rien ne va pas, et rien ne va, c'est tout. Je suis venue déposer une recette mais je ferai ça plus tard.

- C'était quoi la recette?

- Salade asperges, endives, hareng fumé et chorizo fort, avec une mayonnaise légère à l'harissa et citron.

- Il me semble qu'aujourd'hui était plutôt un jour pour une recette de gâteau au fromage, ou de salade de fraises aux fleurs d'acacia.

- Avec une pointe de pastis?

- Oui, celle-là.

- Et bien non.

Et hop, elle s'est évaporée.
Elle est vraiment déprimée, car jamais elle ne s'évapore.


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12 mai 2010

Le gâteau formidable

Formidable, oui dit Alice qui ne peut résister à l'odeur.

Dès que je hume l'odeur du gâteau de Savoie, Alice le sent, Marianne aussi qui a des choses à dire sur ma chantilly.

Il y a à redire mais j'ai fait avec ce que j'avais sous la main.

- Facile ce prétexte, dit Marianne, le mauvais ouvrier

- a les mauvais outils termine Alice.

C'est sûr, elles m'en veulent, je suis partie au soleil, je suis partie voir mes amis, qui ne sont pas les leurs.

Bien que nous soyons connectées en permanence, elles et moi, ma vie est leur vie mais leurs vies sont contenues dans la mienne.

Alors comment se fait-il que?

Mystère.

N'empêche, le gâteau est dans le réfrigérateur où il occupe à lui seul tout un étage, et j'ai enlevé une grille pour qu'il soit à l'aise.

Rachel Lehmann a fait les cébettes au beurre, j'ai fait le caviar d'aubergine.

Alors allez-y Alice et Marianne, dites-le.

- D'abord, dit Marianne souriante, je ne vous en veux pas, ça fait du bien de sentir l'air du large, et le thym en fleur qui est l'iode de la Provence, moi j'aime ça. Mais vous devriez savoir que la crème allégée, même quand elle est liquide ne permet jamais d'arriver à une crème chantilly.

- Je m'en suis rendue compte, mais j'ai encore une excuse,

- Ah oui dit Alice?

- Ah oui, réponds-je, on est loin de tout ici, on ne sort pas pour une bouteille de crème oubliée. J'aime l'entier, je n'achète jamais d'allégé, c'est donc la première fois que j'ai lu la composition de la chose, découvrant ainsi une répartition incongrue, à mes yeux, 56% de crème et le reste entre conservateur, épaississant, stabilisateur. Cette crème n'est pas très fraîche.

Je m'en suis sortie tout de même...

Allez, disent Alice et Marianne, on va la donner cette recette:

Le Gâteau Formidable

Un gâteau de Savoie, ou une génoise dit Marianne, moi je fais la génoise, c'est plus stable.

un gâteau de Savoie, continue Alice avec 6 œufs, un verre de sucre, un verre de farine, et pas les 250g de sucre des recettes classiques ni les 200 g de farine et fécule ou maïzena.

Un verre: 150 g de sucre, et à peu près autant de farine.

Le gâteau refroidi (démoulez sur une grille, c'est le mieux), coupez-le en deux.

Pendant qu'il cuisait, vous avez monté une chantilly, (ah! ah!) avec de la crème liquide, grasse ne contenant que de la crème de lait, la plus ordinaire, la moins raffinée.

Quand elle est presque montée, mettez un peu de sucre, environ 50 g, pas plus, et ajoutez ce qui vous plaira de fromage blanc, gras.

- Moi, dit Marianne, j'en mets environ 500 grammes.

- Ah oui, dit Alice, moi c'est pareil.

- Et moi donc! Elles se tournent vers moi, surprises, comme si mon intervention  était incongrue! Eh! Oh! Faut pas exagérer! C'est moi qui l'ai fait ce gâteau-ci!

- Bon, disent-elles, revenons à la recette.

- Votre base de crème est terminée, il ne reste plus qu'à y mélanger délicatement les fraises, en saison, bien sûr, précise Marianne.

Je mets mon grain de sel, non mais:

- Si c'est la saison mais que les fraises ne sont pas très mûres, coupez-les une heure avant en morceaux, arrosez d'un jus de citron et saupoudrez de cassonade, pas plus de 20 grammes.

Si ça n'est pas la saison, remplacez-les par des framboises congelées, des brisées, c'est très bien, elles sont moins chères et noyées dans la crème, ça ne se voit pas. Vous pouvez toujours en sauver quelques-unes de belle allure pour les poser sur le gâteau en finition.

Marianne et Alice approuvent avec le sourire, on se sent entre nous, on partage ça, même quand on est un peu en froid, hein!

Elles opinent, et j'opine itou.

Quand vous avez terminé le mélange délicat de la crème et des fruits, le gâteau a bien refroidi.

Sur une moitié, répartissez la moitié de la crème en couche épaisse, posez l'autre moitié dessus, recouvrez-là du reste, et des quelques fruits conservé pour la décoration.

Mettez au frais.

- On peut le faire le matin pour le soir ,dit Alice.

- Oui, dit Marianne, parce que la pâte a besoin de boire la crème, de s'imbiber des goûts.

Et moi je dis, le lendemain, il est encore meilleur, mais plus aussi présentable.

Voilà, c'était le gâteau formidable.

Et je conclus en disant que je l'appelle le gâteau des copains, parce qu'il évoque l'enfance, et les tablées d'amis qui poussent des cris de joie en voyant arriver cet énorme gâteau couvert de crème et de fruits.

Nous ne sommes plus des enfants, mais quand arrive ce dessert, on se réjouit parce que nous savons qu'il est léger, léger, peu sucré, aérien et qu'on fait semblant de croire qu'on est capable de tout manger en s'en mettant plein les doigts et la figure,comme autrefois.

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25 avril 2010

Le tri, c'est lectif

Alice,

Bonjour à Rachel Z., j'ai quelque chose pour vous, non?

Je viens d'acheter une poêle en céramique, la notice est... la voici:

Conseil à l'utilisation:
Graissez la moule toujours et encore légère et soigneuse.
Laver la moule à l'eau chaude contenant un peu de détergent et sécher.

Je le trouve poétique ce mode d'emploi, ça égaye plus que ça n'informe.

J'ai trouvé qu'il manquait quelque chose, une poêle à musique, une poêle à voix qui me dise quoi faire, et je saurais, à entendre son accent, d'où viennent les mots qui dansent.

Je suis prosaïque (joli mot), j'ai lavé la poêle, je l'ai séchée, je l'ai graissée, un peu, je l'ai rangée et j'ai jeté la notice à la poubelle réservée au tri papier.

Tri papier, a dit Albert, parce qu'il n'existe pas de tri bêtises.

On a ri.

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18 avril 2010

Toute puissance de l'auteur

Après ce tout petit échange avec Joseph, Alice a un coup de blues.

Assise à son bureau face à son écran noir, elle est abandonnée à elle-même une fois de plus, elle pleurerait bien, elle pleure un peu.

Comme elle a installé son bureau en face d'un grand miroir, elle se voit si triste, comme elle est bien triste! Elle ébouriffe ses cheveux, ça rajeunit, elle essuie trois larmes, elle se met du  mascara, du rouge aux lèvres, et alors, elle ne sait pas d'où ça lui vient, elle éclate de rire.

Abandonnée à moi-même ce n'est pas une telle punition, dit-elle au miroir qui lui vient de son père.

Puisque c'est comme ça elle fait une énorme tarte Tatin, caramélisée, fondante, qui embaume tout l'escalier de son immeuble, rue de Bagnolet.

Au moment où elle la sort du four, tous les voisins sont à la porte, emballés par la bonne odeur.

Ils ont apporté du thé, du café, et une bouteille de champagne, dit Albert, ce monsieur du troisième, qu'Alice avait remarqué, qui est charmant vraiment, enfin, elle est charmée, et il ajoute, je vais la mettre au frais, elle sera bien  tout à l'heure.

Alice sort les assiettes à dessert, les fourchettes à gâteau, on déguste la tarte, on félicite et se réjouit, puis tout le monde s'en va. Sauf Albert qui va chercher la bouteille au frais pendant qu'Alice sort deux flûtes.

Ils s'assoient sur sa petite terrasse pour boire le champagne.

C'est du Ruinart.

Du Ruinart dit Alice?

Oui je réponds, moi, l'auteur, parce que le Ruinart, c'est mon champagne préféré.

Mais Albert n'a rien entendu, Alice s'en rend bien compte, parce qu'il est un personnage secondaire, dont on ne sait pas encore s'il va s'installer dans l'histoire.

Alice me coule un regard pressant, oh oui! dit son regard, faites-en un personnage de premier plan, s'il vous plait.

Alors bon, oui, je vais lui faire une vie, et je promets après ça de ne plus m'en mêler.

Albert Schwantz, 48 ans, son métier c'est jardinier de balcons et terrasses, divorcé depuis cinq ans, il aime le rock, la chanson française, les soirées entre amis et les vacances gaies.

Il a repéré Alice il y a un bon moment, il attendait une occasion favorable.

C'est fait.


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Embrouilles

Joseph

Joseph ne comprend pas Alice.
Est-ce qu'on est pas tous enfermés?
J'ai commencé dehors, on m'a trouvé dans la rue.
Plus tard, il a fallu trouver un rein? C'est ahurissant, trouver un rein? Et bien, je l'ai trouvé dans une rue, oui.

Le monde est étroit et mon domaine immense, entre les murs du jardin qui entoure la maison où je vis, entre des murs encore.
Je suis mené par mes forces, je cultive et j'entretiens ce que je peux tenir de mes mains, bien incapable d'embrasser la nature au delà du cercle de mes bras.

Mais Joseph, dit Alice. Comment faites-vous?
Je ne tiens rien, moi, je travaille à Paris, je suis dans la foule et je ne connais personne.
Les limites de mon existence sont tracées mon auteur, je n'ai pas le choix.


Pfff!  L'auteur de qui, de quoi? Et moi-même de qui suis-je le pantin?
J'écris Alice, Joseph, Troudup, Denise, Espérandieu, Marianne, Corinne, et les autres, et alors?!
C'est vous qui m'enfermez, vous qui occupez ma tête, vous qui encore aujourd'hui parlez avec mes voix.

Alice m'agace, elle est trop seule, c'est sa couleur, mais je ne suis pas responsable de tout, elle a un bon salaire, un métier où elle voit du monde, elle avait un chouette appartement, c'est elle qui a décidé de partir, je n'avais pas prévu ça.

- Vous auriez pu me donner un compagnon...

- Ah voilà, la solitude, c'est moi, la solitude? Je n'avais pas prévu, moi, que Joseph ramène Seth à Forcalquier.

Aujourd'hui rien n'ira, j'ai un poids sur le cœur, sur l'estomac, sur les poumons.

Je n'ai plus qu'à écrire un conte de fées, ou bien, tiens, une histoire pour Alice, je vais lui offrir un bonheur, puisque-je-suis-l'auteur-qui peut-tout.


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16 avril 2010

Taxi ?!

Alice

La route de Batbourg n'est pas encore ouverte, Marianne a invité tout le monde mais je n'ai pas pu y aller, je suis encore restée chez moi.

Je suis la seule il me semble à vivre dans un lieu qui porte mon nom, je suis Alice de chez Alice. Il a fallu que ce Blog existe pour que je réalise à quel point Elle m'a enfermée en moi.

Je n'avais pas vu non plus, avant qu'elles puissent s'exprimer sur ce Blog, à quel point j'agissais sur mes personnes.
Qu'Alice fut fermée et enfermée je le savais, je ne savais pas que je l'empêchais de sortir.
J'aurais pu l'appeler autrement, même si son manuscrit s'appelle Alice, mais je ne lui trouve pas d'autre prénom, elle est Alice.


- Eh bien, me dit Alice, vous êtes un tyran même pas contrit!

- Je vous ai donné une existence, à vous de prendre la suite. Bougez, changez, trouvez vous-même le chemin de Batbourg si c'est là que vous voulez aller.

- Vous ne m'avez pas donné de permis de conduire, ni de voiture, ni le mode d'emploi pour changer de manuscrit.

- Vous n'avez rien demandé. Vous n'avez rien cherché. Ce qui est venu dans Alice, c'est vous. Je l'ai écrit c'est tout.

- Parce que vous croyez  que c'est moi qui ai décidé de tomber amoureuse d'un arbre?!!

- En tout cas, moi, ça ne m'est jamais arrivé.

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