10 novembre 2014

Les Sang-papiers

- Des sans-papiers ? Ce n'est pas possible, dit Mademoiselle de Lhéry.

- Et pourquoi ? je demande, sincèrement étonnée.

Je suis effectivement surprise, je me préparais à recevoir les nouveaux dans L'Appartement quand la vieille demoiselle est apparue, bloc et stylo à la main pour me dire la loi.

- On ne fait pas ce qu'on veut, nous sommes dans un état de droit, les sans-papiers, c'est impossible, c'est tout, c'est la loi, on ne peut rien dire à ça.

Denise de Lhéry est secrétaire de Mairie de Batbourg mais,

- Mais, Mademoiselle, lui dis-je, Batbourg est un village inventé, la mairie de Batbourg est un lieu virtuel, l'environnement de Batbourg, les champs, les rues, les maisons, les jardins, et la Mairie, est un environnement virtuel. Batbourg n'est qu'un manuscrit parmi les autres.

- Et alors ? dit-elle, le corps dressé en figure de proue, et alors ?

- Alors, on fait ce qu'on veut dans la littérature.

- Vous voyez bien que non, dit-elle, puisque je m'y oppose et que je suis la secrétaire de Mairie, et que monsieur le maire, je peux vous l'assurer s'y opposera aussi. Et tout Batbourg s'y opposera. Et Bourg-lez-Nains, et les Voies Obscures, La Greffe, Bienvenue à la Fabrique, et tout les lieux, toutes les sources, tous, nous sommes tous issus d'un manuscrit, nous venons tous du papier et aucun sans-papiers n'a sa place ici. Il faut être né !!!

- Ils viennent d'un manuscrit mes Issus, ils sont même déjà venus ici, Mordechaï, Anna-Magna, oui, j'en suis presque sûre, ils sont déjà venus. Là : Anna-Magna

- Ah bon ! Pourquoi vous avez dit sans-papiers ?

- Sang papier.

- Ah la la, il fallait préciser. Parce que vous comprenez, ici, c'est du sérieux, tout un chacun doit venir de quelque part, d'un endroit identifiable et tangible, nous devons trouver pour chacun l'origine, le manuscrit. D'où viennent-ils ?

- A l'origine de L'Autobiographie de Dieu, mais maintenant d'un manuscrit en cours dont je n'ai pas le titre, disons qu'ils habitent dans Mercredi 10 septembre 1941, ou qu'ils sont issus de Page 69.

- Page 69 c'est très bien, je note et voilà, bienvenue aux habitants de Page 69 .

 

 

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05 septembre 2014

The Twirling's Tarlooz

- Un jumelage dit Laprune, le maire de Batbourg, ça donne beaucoup de travail pour pas grand-chose.

- Vous avez tort monsieur le Maire, dit Denise de Lhéry, vous avez tort, regardez le dossier de presse, Bourg-Lez-Nains, ça n'est pas n'importe quel village, ils ont un très gros budget, ils gèrent très bien leur commune, et on n'est jumelés avec personne.

- Moi je suis pour, dit Fabiola Nibard, ils sont en train de mettre à jour des thermes romains, nous, nous avons la villa gallo-romaine, ça ouvrirait un circuit touristique, ils ne sont pas très loin de nous.

- Moui, dit le maire, moui, 40 km, c'est tout près. Votons.

Le vote acquis, il ne restait plus qu'à convaincre Bourg-Lez-Nains de se jumeler avec Batbourg.

Et voilà pourquoi depuis un mois l'Achille Souche et Troudup répètent en secret pour la réception des élus de Bourg-Lez-Nains. Le projet est né au Petit Renard à l'aube d'une nuit féconde (à cause qu'on arrosait racontera Troudup), Nono sponsorise le numéro, il fournit les costumes et les boissons.

Léon a dû entrer dans l'affaire, ce qui a donné bien du mal à Melle de Lhéry bombardée costumière et habilleuse, il est le seul à avoir le rythme dans la peau, pour l'occasion il aboiera en cadence:

Le Petit Renard de Batbourg

présente

Troudup, l'Achille et Léon

dans

 The Twirling's Tarlooz.

Nono et Denise sont les seuls spectateurs de la dernière répétition, Nono se gratte la tête, il n'a pas réussi à leur faire changer de nom, il n'est pas sûr que ça va les servir, ni le thème d'ailleurs, et les costumes non plus finalement, trop de paillettes peut-être ? Ou les bâtons ? A moins que ça ne soit le rose des tutus ? 

Et un et deuz et trois

Ouah ouah ouah

Pam palala papam palala papam palala papam

Quand même pense Nono, ça en jette, la musique, les costumes, Léon, c'est du spectacle.

Denise est émue, c'est son baptême de show biz, elle dit dans sa tête

- Putain, la vache c'que c'est beau le music hall ! C'est la première fois qu'elle dit des grossièretés pareilles,  elle se sent toute chose.

 

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14 juillet 2014

Ersatz's life ...

Happy Hours ça boume au bar à Schoum, Denise court dans tous les sens, elle a demandé de l'aide à Corinne Mars mais tu parles d'une aide, elle est ronde !

- Comme une queue de pelle ! qu'elle chante, comme une queue d'pelle, comme uen queud'. Et elle s'écroule en rigolant sous... (sous quoi ? Qui sait ?)

Elle aurait mieux fait de demander à Fabiola Nibard ou bien à ces dames de l'ABB*.

Le Bar à Schoum est bourré à craquer, même il est bourré tout court, Denise se demande, elle n'ose pas en tâter, si ça met dans des états pareils, peut-être que même sa tisane de Boldo la rendrait chèvre (c'est déjà fait dit Léon en version chien, wouah wouah).

En face, depuis le comptoir du Petit Renard, Nono regarde le Bar à Schoum se remplir encore et encore et  personne ne sort. Chez lui c'est désert.

- Mais enfin monsieur Troudy, dit la vieille demoiselle à Troudup, mais enfin monsieur Troudy, que se passe-t-il ?

- C'est du marque et ting, qu'il répond, un tu marques et ting t'encaisses.

- Je ne comprends pas poursuit Melle de Lhéry.

- Ting, ting, ting dit la caisse enregistreuse, alors elle comprend qu'il y a quelque chose à comprendre. 

- Je croyais que le marketing c'était le packaging et le positionnement, dit-elle entre deux cavalcades dans le cellier pour remplir les frigos de Schoum, et les congélateurs de glaçons.

- Exakête dit Troudup, le Schoum on l'sert dans l'verre à whisky, c'est l'pacage, et l'reste, c'est ce que j'y ai positionné dedans.

Et voilà, Troudup ne sort pas des mêmes écoles que Robert Dieu, Fabienne Berman ou Bruno Ragazzi, mais c'est un intuitif, un sensitif, un génie naturel:

- Le Sorbitol, qu'i dit à Léon, le Sorbitol, OK, ça donne un goût. Le fumeterre et la bugrane, pas de problème, le Piscidia erythrina, rien à dire, pareil pour Alvérine citrate, mais le scandale c'est l'alcool à 95°, 40,5mg, on n'y sent pas, c'est n'importe quoi. 

Il a inversé les doses d'alcool et de Sorbitol, c'est la même chose qu'i dit, j'ai rien changé à la composition, c'est les mêmes truc dedans: 70% d'alcool (à la louche, ben oui), 40 mg de Sorbitol (à la pipette, faut faire gaffe avec ça). Résultat, succès, épicétou !

*Association des Bénévoles de Batbourg, dite aussi La Bébé histoire de rigoler (humour Batbourgeois, moi je ne vois pas ce qu'il y a de drôle).

 

Au fait clame l'Appartement par la voix et la voie de tous ses habitants, de tous les passants, de tous ceux à venir :

- Bon Anniversaire à La Taulière !

- Merci, je dis sobrement. Mais au fait quoi ?

- Au fait qu'on est 14 juillet.

- Ben oui.

 

 

 

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19 juin 2014

Le Bar à Schoum

- ... et c'est avec fierté que j'inaugure aujourd'hui ce lieu né de l'initiative conjointe de Denise de Lhéry, mon adjointe de maire et de Michel Troudy...

Brouhaha dans le champ de l'Augustin Souche, père de l'Achille. On s'demande, on s'interroge, la Denise et le Troudup ?! Jacques Laprune, maire d'expérience, poursuit

- et je suis fier, et je suis fier, il a perdu son discours, tant pis, et je suis fier de couper le ruban de cette première pierre qui marquera d'un jour nouveau les alcooliques, euh, les buveurs, ah ben non, bref, ici hier, c'était le champ du Souche, ici aujourd'hui, s'ouvre l'ère nouvelle du Bar à Schoum.

Et de s'applaudir tout seul, dans l'incompréhension générale.

- Un bar à Schoum, c'est quoi c't'engin ? la question fuse dans l'anonymat.

Nono rigole, c'est pas ce bar-là qui lui fera concurrence.

- Euh là ! Calmos la bande à personne! Troudup en majesté s'avance, presque à jeun, il écarte le maire d'un geste impérial, le Bar à Schoum, c'est l'ami du foie, le copain de la vésicule, le Roméo de la gueule de bois ! Passque moi j'dis, boire c'est bien, mais on peut pas toujours refuser la science. Qui c'est qu'en a pas marre de s'réveiller avec la tête dans l' Wouah ! Wouah ! crie une partie mâle de l'assistance, soutenue en contrepoint par les aboiements de Léon et le soprano de Corinne Mars avec en fond, rythmant le thème, le schhschh marin de la foule d'au moins vingt non buveurs: un choeur de tragédie grecque.

- I zon compris, ça y est, dit Troudup au maire.

Puis il pousse Mademoiselle de Lhéry en première ligne et la laisse seule face à un groupe désormais scindé, où la tension palpite.

- Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes, un Bar à Schoum c'est la réponse sociale à un problème endémique qui nous...

- Ah  ça va comme ça! lance la Myrtille Souche,  vas-y Achille, c'est l'champ à ton père, t'as l'droit de causer.

Achille y va d'un pas lourd, les pieds bottés par la glaise stérile du champ de son père, qu'il a cédé à la commune contre le passage en zone constructible d'un bon lopin à la sortie de Batbourg, faut qu'ça prenne c't'histoire-là.

- Voilà, qu'il dit à tous, en face, c'est Le P'tit Renard, et Nono, il est pour, Nono opine, à côté, c'est La Grosse Lapine, silence, nul n'opine, eh ben ici, c'est l'antidote. Le Schoum, c'est le sauveur des foies trempés, le Schoum, c'est l'petit Jésus des tournées, Vive le Schoum !

Tout le monde applaudit et part vers le vin d'honneur, offert par la mairie chez Nono. Melle de Lhéry a la mine chafouine,

- Qu'avait-il besoin, glisse-t-elle à Fabiola Nibard, la directrice de l'école, qu'avait-il besoin de citer La Grosse Lapine, et Fabiola opine à son tour, opine de ch'val pense-t-elle malgré elle, opine de ch'val, elle ne va pas s'en débarrasser facilement, Lapine de ch'val, forcément puisque la Grosse Lapine ...

Moi je suis un peu ennuyée, non, disons que je suis surprise.

Je n'ignorais pas l'existence d'un bordel clandestin à Batbourg, en face à droite du Petit Renard et à gauche de l'école. Même si je n'en ai jamais écrit un mot,  je le savais. Les ignorants et les gros malins rétorqueraient, si je leur laissais la parole, que l'auteur est responsable de tout, sait tout, peut tout. Et bien non, ce bordel, un matin, il était dans ma tête alors que la veille, rien. Il existe, certes, je suppose qu'il est né des pulsions sauvages de certains de mes personnages, je n'y peux rien, c'est là, c'est comme ça.

En attendant le retour des refoulés, Denise s'active dans le nouveau Bar, quand ils vont revenir du vin d'honneur, ça sera tournées sur tournées, Schoum à flot !

Batbourg entame-t-il une ère nouvelle? A quand le Bar à foie de morue ? le Bar à Efferalgan ? Le Bar à cuiller d'huile d'olive avant cuite ?

Ah quand ! Quand et quand ! comme disait Federico Garcia Lorca qui savait de quoi il parlait (lui).

08 janvier 2014

Si Batbourg m'était conté...

Louka arpente la classe qui leur sert de PC.

Les deux Fred, les faux siamois pervers, la regardent sans rien dire, seuls leurs yeux suivent son mouvement et puis ils se fixent là où elle s'est arrêtée d'où elle ne bougera plus jusqu'à la fin de l'interrogatoire.

- Ma-de-moi-sel-le-de-Lhé-ry, c'est votre vrai nom ?

- Mais bien sûr !

La vieille demoiselle en suffoquerait, son vrai nom, comme si elle en avait un autre, son vrai nom ! 

Louka sourit, comme elle est gentille,

- Pourtant ça ferait un beau pseudonyme.

- Mais enfin, enfin, un pseudonyme pour quoi faire ?

- Je ne sais pas... une autre carrière... Mademoiselle de Lhéry, on dirait un personnage d'Offenbach, la Denise dans La Vie Parisienne, et Louka d'entamer l'air de la gantière "Celle-ci, c'était Denise la fripponne aux blonds cheveux, la Comtesse et la Marquise, les voici tou-ou-tes les-ê deux...", elle a gardé sa voix de divette, quand elle chantait la gantière, avec le bottier... Denise, la friponne, la coquine, Denise cocotte !

- Oh ! Une cocotte ! Mais jamais ! Moi, oh ! Mais comment !

- Nous avons tous nos mystères, dit Louka, je n'ai pas toujours été commissaire de police, et vous, jamais dansé sur les tables? Mais c'est dômmage. Donc, Mademoiselle Denise de Lhéry, vous avez dirigé pendant trente ans Le Petit Batbourgeois ?

- Et bien oui, c'est le journal de la mairie.

- Et puis vous avez tenu pendant quarante ans les registres de l'état civil

- Oui, j'étais secrétaire de mairie,

- Et aussi vous teniez à jour les registres baptismaux, n'est-ce pas ?

- Euh oui... tiens, tiens, la demoiselle se trouble, ça chauffe.

- Et donc, vous connaissez tous les habitants de Batbourg nés au village depuis quarante ans.

- Oui, forcément.

C'est froid, note Louka.

- Mais aussi ceux qui n'y sont pas nés mais qui y ont venu tout jeunes...

- Oui, aussi.

Tiens, ça re chauffe.

- Alors, comme ça, vous connaissez tout le petit monde devenu grand et donc, vous avez sans aucun doute la clé du conte, et son épilogue  puisque voilà le dernière pièce de ce vilain puzzle.

– 8 –

Simplette

Il était une fois une crétine olympique, la ravie de la crèche, l’ensuquée, la flèche, la calou, l’idiote du village.

Dans sa famille on était crétin de père en fils alors dès sa naissance on l’appela Simplette.

Simplette prenait Blanche-Neige pour une vraie jeune fille qui venait faire des ménages à la maison alors que, comme chacun sait, Blanche-Neige est une fieffée connasse de putain d’enfoirée de saleté de grosse salope.

Aussi quand elle la déniaisa au lieu de passer la serpillière sur la terre battue, elle ne se rendit compte de rien, ravie elle était, ravie elle resta.

Elle devint femme de service et ne fit pas trop de dégâts mais quand même pas mal. Elle se maria avec un con, ils conçurent plusieurs imbéciles de première classe. 

Ils étaient fiers de leur progéniture qui continua la tradition familiale de remarquable insuffisance intellectuelle consubstantielle à leurs tous petits QI. 

Les deux Fred ronronnent, c'est leur moment préféré, quand elle plante l'aiguille dans l'abdomen de l'insecte.

- 8, dit Dolstein, en rangeant le dernier tract dans un dossier sans nom, ça doit s'arrêter là.

Mais ça ne s'est pas arrêté là.

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04 janvier 2014

Grincheux

Il n'est pas dupe,  c'est de lui qu'il s'agit, il est le seul curé des environs, plus personne pour servir la messe ou la dire à sa place ni avec lui.

Ce n'est pas vrai qu'il sente le pet, il n'est pas si jaune ni bilieux, il n'était pas toujours de mauvaise humeur avant.

Avant, avant, ça fait longtemps, ça fait longtemps que l'époque où on le respectait a disparu.

Il se demande parfois si ça va revenir, il caresse l'idée de lancer un mouvement intégriste, d'être sauvage lui aussi, de trouver des martyrs.

Ce n'est pas vrai qu'il ait fait des enfants à qui que ce soit, il a toujours respecté à la lettre son serment de chasteté, un engagement est un engagement.

Tout ça est très injuste et surtout c'est ridicule, il ne peut même pas s'offrir à la vindicte en saint glorieux, Père Phouettard en majesté !

Mais qui est donc la Blanche-Neige des tracts ?

Il ne sait plus rien, ils ne se confessent plus,  heureusement qu'il y a la télévision, les reportages, les émissions sur la vraie vie, sinon il ne saurait plus rien des gens.

Quand même, c'est rigolo cette histoire, ça le fait rire finalement, sa petite robe noire... C'est bien trouvé.

- Bonjour mon Père.

Melle de Lhéry ne s'attendait pas à croiser le Père Phouettard un jour de semaine. Et il ricane, de qui se moque-t-il, oui, il éclate de rire, ça alors. Elle doute, et si ce n'était pas lui le héros du numéro 4.

- Mais alors, murmure-t-elle, alors qui ?

– 4 –

Grincheux

Il était une fois un trou du cul qui enfilait chaque matin sa petite robe noire pour aller au turbin.

Il était maigre comme un clou, jaune et blet, il sentait le pet.

Comme il passait son temps à engueuler le monde on l’appela Grincheux.

Ses parents n’eurent pas besoin de le marier pour se débarrasser de lui parce que la mère Léglise le prit comme gigolo.

Il habita la sacristie, il fit de suite un bon corbeau, qui fréquente sa garçonnière en sort flapi de la cafetière.

Comme il était vicieux, il se farcissait Blanche-Neige dans le confessionnal, ce qui ne porte pas à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-neige est une putain de grosse salope.

Il n’a pas d’enfants et tout le monde s’étonne que ses neveux lui ressemblent tant alors qu’il n’a ni frère ni sœur.

- 4 dit Dolstein en ouvrant sa boîte aux lettres, elle a vaguement guetté le facteur et puis elle est passée à autre chose et voilà le numéro 4. Elle soupire, tant qu'il écrit, ça va, ça va encore. Mais jusqu'où ça va aller ?

 

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03 janvier 2014

Il était une fois...

Melle de Lhéry clopinant jusqu'au Petit Renard se réjouissant au point que chacun s'en avise, c'est un tableau nouveau.

Chemin faisant elle lit le dernier tract du Corbeau, les deux premiers ont été déposés au Petit Renard, le troisième, elle l'a trouvé dans sa boîte à lettres.

– 3 –

Prof

Il était une fois une va-de-la-gueule.

Comme elle était chiante ses parents la nommèrent Prof.

Elle lisait sans les comprendre des tonnes de livres qu’elle revendait au prix du neuf à des plus cons qu’elle.

Quand elle devint pubère ses parents voulurent se débarrasser d’elle. Ils tentèrent de la marier mais le dernier connard célibataire n’était pas assez babache pour s’y coller.

Tous les matins elle se regardait dans la glace et pourtant elle se trouvait belle. 

Des suites d’une mauvaise chute elle tomba invertie.

Pour occuper ses nombreux loisirs, elle se mit en ménage avec Blanche-Neige, ce qui ne porte pas à conséquence, car, comme chacun sait, Blanche-Neige est une grosse salope.

Elles se disputèrent et se foutirent sur la gueule : le secret ne fut pas gardé  mais tout le monde se fichait royalement de ces deux traînées.

Elles n’eurent pas d’enfant, et c’est pas plus mal parce qu’il leur aurait sûrement ressemblé.

Melle de Lhéry y mettra le temps qu'il faut, mais elle saura qui est qui, elle saura tout.

Elle en rit toute seule devant Le Petit Renard, elle rit tellement qu'elle ne peut plus s'arrêter, pourtant, il y a à Batbourg quelqu'un qui ne trouve pas ça drôle.

- Trois, dit Dolstein.

 

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02 mai 2010

My hart belongs to daddy

Denise de Lhéry

Je n'entre pas dans ces histoires, les fantasmes, les chiens, les cultures qui produisent des imaginaires.

C'est compliquer les choses pour pas grand profit.

Moi je m'occupe de Batbourg, l'histoire de Batbourg, je m'occupe de la mairie, je suis là pour les gens, le reste, qu'est-ce que c'est? Des turlupinades, voilà.

Madame Dolstein... enfin... elle n'est pas d'ici.

Ses discours de psy, ses regards de psy, ses chiens de psy, je peux vous dire que ça ne me fait ni chaud ni froid.

Mon enfance aurait créé ce que je suis aujourd'hui?

Non mais quelle plaisanterie!

Je ne me suis jamais mariée et je peux vous dire que mon enfance n'y est pour rien, au contraire.

J'aimais beaucoup mon père, un homme droit, honnête, un modèle, l'homme étalon.

Mon père, dans mon coeur c'est toujours papa.

Je n'ai jamais trouvé aussi bien que lui, c'est tout. Le moule est cassé.

Exactement le contraire de ce que dirait madame Dolstein!

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10 mars 2010

Me voici

Denise de Lhéry, Monsieur Troudup, Léon (figuration).

Bonjour à tous,

Puisque la chose s'installe, je suis venue me présenter: Denise de Lhéry, secrétaire de mairie à la retraite, mais je continue en bénévole pour Batbourg, je vis moi aussi dans l'Appartement. Passer par le mail et l'identité de Madame de Vos K m'ennuie un peu, mais nous n'avons pas d'autre solution pour l'instant.

- Au fait! Au fait! Arrêtez de bavarder!

- Ah! Monsieur Troudup, justement! Je vous rappelle que vous n'avez pas le droit de toucher à l'ordinateur quand vous êtes sous l'emprise de l'alcool!

- Ah c'est donc ça! Qu'est-ce que je suis allé foutre sur ce commentaire de tricot de bonne femme! J'étais saoul! vous me rassurez Mademoiselle.

- Je préfère quitter cette page que supporter vos commentaires macho monsieur Troudup.

- Et alors quoi! Le macho est celui qui sait plaire aux femmes, y a pas de quoi critiquer. Allez, à plus tard.

Elle est partie pas contente la Denise. Elle m'énerve cette vieille fille, jamais boire un coup, jamais rigoler. C'est fatigant les gens parfaits.

Bon, ben, bonjour les gens!

Moi j'habite pas l'Appartement, je passe souvent, je promène mon chien, je vois du monde, pas que du beau mais je vois du monde quoi.

Je suis de Batbourg, comme Mademoiselle de Lhéry. Elle m'énerve mais elle est native du village, ça donne des droits.

Mon vrai nom c'est Troudy,  Troudup je sais pas d'où ça vient.

Ah dis-donc, midi et demi, i' s'fait tard, déjà l'heure de l'apéro. Allez, viens mon Léon, on va aller boire un coup au Petit Renard, de l'eau dans ta gamelle et pour moi un blanc sec pour commencer.

 

 

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