28 mars 2014

The damned Cabane

Drame à Batbourg, le maire a appelé les secours, la presse est sur place: 

Des nains de jardin écrasés par une tondeuse emballée.

Nos équipes sont sur les dents pour vérifier toutes ces informations.

Dernière minute   un des nains serait sorti du coma, ils ne sont pas morts !

Dernière seconde le nain a parlé.

1. Il ne serait pas de jardin. 

2. Il ne serait pas nain.

3. Il serait un humain normal compacté par une tondeuse folle.

Le juge d'instruction demande la reconstitution des faits.

(- Léty pas con çuici, dit Troudup, ed' vouloir en r'faire encore, des nains !)

Le nain avance à petits pas vers la cabane de jardin, il sort une petite clef de sa petite poche, il l'introduit dans la serrure du cadenas, la clef est happée, impossible de la sortir.

Un serrurier défonce la porte, le nain trépigne, le juge ordonne de pénétrer in the susdite cabane exactement comme dans son témoignage. 

Le nain avance, son courage force l'admiration, il est entré, le juge le suit, mais depuis, aucune réponse aux appels

: Que se passe-t-il à Batbourg ? 

Le substitut suit le juge qui a suivi le nain in the damned cabane. Caramba ! le substitut ne répond plus !

Tous les journalistes présents s'engagent alors dans le quadrilatère maudit, il devrait être plein depuis longtemps, déjà soixante-deux personnes ont pénétré dans the damned Cabane !

: Que se passe-t-il à Batbourg ?

L'info passera, rien ne nous empêchera, le correcteur et moi-même, de faire notre devoir, nous partons avec la webcam, tout le Net saura tout. 

Nous voici sur les lieux du mystère, rien n'alerte la conscience, nous voyons des pelouses tondues, des massifs de fleurs rouges, des tulipes jaunes, des caravanes, des cabanes de jardins coquettement éparpillées près de petites maisons proprettes et bien entretenues.

Voici The Cabane, 

- J'aperçois un indigène, il porte une grosse chaussette bleue sur la tête, ah non, c'est un bob mou, bleu, bon.

- Monsieur ?! Madame ? S'il vous plaît ! Il s'enfuit à notre approche, mon correcteur le suit.

- Eh! Richard ! Reviens ! Reviens !  Le public a le droit de savoir ! Tant pire, j'y en veux pas, j'peux même vouzy dire que j'le comprends, faut assurer l'avenir du futur. Escusez l'espression un peu relâchée que j'vous entretiens, mais sans correcteur, j'arrive pu à faire dans la prose correk. Comme je disais taleure faut y aller alors j'y va.

: Que se passe-t-il à Batbourg?

- Ah! Putain d'bonguieu de bon guieu de putain ! Je crois pas asse que mes yeux i voillent, y sont tous dev'nus nains ! Putain de putain de putain de pute borgne, faut que j'me barre de là avant qu'd'ête rétréci itou ! Vain dieu, j'arrive pu à pousser la porte, j'ai beau pousser et pousser, j'peux pu l'ouvrir! J'su fermé eud'dans!

- Putréfaction, y sont tous redev'nus normaux, y sont tous grands comme moi à présent! Euh non ! c'est moi que j'sus p'tit! Putain ed'merde ! Envoyez du s'cours vous zôtt kêtes déhors, ou au moins, envoyez-y nous eul'correcteur pour qu'on pusse vous causer normal !

: Que se passe-t-il à Batbourg?

- Franchement, dit Louka, vous croyez vraiment que ça justifie l'envoi de la Brigade des Affaires Bizarres ?

- Fais pas ta sucrée, dit Troudup, c'est l'Apocatastase des Cons qui recommence, La Taulière s'est remise au boulot, alors vazy ma Poule, tout le monde sur le pont, y a du taf.

- Chouette, que j'dis à mon tour, les affaires reprennent.

 

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25 décembre 2013

Et quoi et qui et comment et pourquoi.

Si ça se trouve se dit Léon, personne n'en pense rien.

Même si ça se trouve, ils l'ont pas lu, ou si ça se trouve y en a que deux. Ou trois. Il suffirait de les intercepter.

Ce matin Léon est mal dans sa peau, c'est la première fois qu'il affronte ses limites. Léon est un chien qui parle, qui boit et qui pense. C'est un chien philosophe, à l'occasion chien policier, c'est un chien de sa chienne, ça oui, mais Léon, Oh ! Léon ! Léon ne sait pas lire.

Au Petit Renard les paris sont lancés, qui c'est Blanche Pute, et Atchoum, c'est qui ?

Et qui c'est qui les écrit les machins anonymes ? Et si c'était vrai, et si ça se trouve c'est vrai, et c'est vrai d'ailleurs tout le monde le sait.

Tout le monde sait quoi ?

Tout le monde sait que Blanche Pute est une pute, que Atchoum est un gros mou, pi qu'il est p'tit comme nain.

D'un coup, tous les regards se tournent vers la porte qui vient de s'ouvrir, et aussitôt tout le monde détourne les yeux, faisant semblant de rien. Louise Kowski est entrée, c'est la flic de Paris.

On s'demande, se demandent en silence tous les piliers de bars, les buveurs occasionnels, les joueurs de baby foot, les fumeurs dehors et même Garance et Anne-So venues tout droit de La Bernique.

Elles se demandent ce qu'elles fichent là et comment elles y sont arrivées et où elles sont, parce qu'elles ne viennent pas d'un manuscrit, elles, elles viennent du vrai monde de la vraie réalité.

Tous les autres se demandent ce qu'ils se demandent, ils sont interloqués par ce point d'interrogation qui s'est planté dans leurs têtes à cause de ces tructs, ces tracts qu'ils ont reçus hier et ce matin dans leurs boîtes aux lettres. C'est quoi, c'est qui, qu'est-ce que c'est ? Et pourquoi ? Et ce matin c'est Noël, y a pas d'courrier normalement, et pis, et pis...

Numéro 2 lit Dolstein. Elle ne se pose pas de question, ça fait bien longtemps que pour elle il n'y a plus de pourquoi.

– 2 –

Atchoum

Il était une fois un gros connard flasque. Sa voix coinçait comme une grille rouillée, il avait les yeux couleurs d’huître, il marchait comme le canard gras dont le ventre traîne par terre pendant que son derrière sifflote, la tête en l’air.

Comme il poissait tout le monde avec ses postillons chiasseux, on l’appela Atchoum le Mouligasse. 

Entre deux éternuements il chipotait les gros seins de Blanche-Neige, ce qui ne porte pas à conséquence, Blanche-Neige étant, comme chacun sait, une  salope.

Un jour sa voix de grille rouillée mua et bien qu’il persista à postillonner les alentours ses parents purent enfin le marier et se mettre à l’abri de la pluie.

Comme il n’avait pas le choix, il épousa une grenouille qui ne se transforma jamais en femme. 

Il entretint son ménage avec l’argent des impôts et des associations.

Il n’eut pas d’enfant et c’est tant mieux.

 

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24 juin 2010

Téléportation ?

- On veut partir en vacances.

- Oui, on veut aller se balader.

- Oui, on veut aller ailleurs que dans l'Appartement.

Ils sont aujourd'hui une masse indistincte, un nuage qui parle, je ne reconnais personne, leurs voix se mêlent et leur personnalités avec.

- Vous avez vos manuscrits.

- Non, les vacances, c'est changer d'endroit.

- Oui, on veut changer d'air.

- On veut aller rue Saint Malo.

- Vous connaissez la rue Saint Malo?

- Euh c'te blague! Bien sûr qu'on connaît la rue  Saint Malo.

- Vous en parlez tout le temps dans votre Journal, forcément on connait la rue Saint Malo!

- Ah! La rue Saint Malo, sa Bernique Hurlante, son Phœnicien, sa Jacline, sa Trinquette, son Comte Dracula, son Assiette Créole, son ex Moule Rieuse et tout ça et tout ça.

- Parce que vous lisez mon Journal, c'est incroyable!

- Je ne vois pas ce qu'il y a d'incroyable, dit une voix que je ne reconnais décidément pas.

- Mais c'est privé, enfin, un journal, c'est intime, quoi, on n'y va pas, c'est privé, privé, voilà!

- Parce que vous ne vous baladez pas dans nos têtes peut-être?

-
Ça n'a rien à voir! Je vous ai inventés, je ne vous prends rien puisque je vous ai tout donné!

- Bravo, à ce compte-là les parents auraient droit de vie, de mort et de journal intime sur leurs enfants!

- Pas du tout. Vous n'êtes pas mes enfants, vous êtes des personnages autonomes.

- Faudrait savoir, quand ça vous arrange vous avez tout inventé et quand ça ne vous arrange plus on est autonomes.

J'ai compris que je ne m'en sortirais pas.

- Vous voulez partir en vacances?

- Oui, répondit leur chœur.

- Eh bien, allez-y !

- On ne connait pas le chemin.

- Rue Saint Malo, ça ne vous suffit pas comme adresse.

- Comment sortir d'ici, par quelle porte on passe?

- Comment ça par quelle porte?

- Ben oui, on connait le chemin de nos manuscrits à l'Appartement, on connait le chemin de chez nous à votre Journal mais pour aller Dehors, Dehors vraiment, on ne sait pas.

- Ah voilà! Mais je ne sais pas où est ce chemin-là. Je ne sais pas plus comment vous avez trouvé le chemin de l'Appartement, je vous y ai trouvé un jour mais je ne vous l'ai jamais indiqué. Il faut vous débrouiller.

- Allez, quoi, un petit coup de main.

- Je ne suis pas sûre d'y pouvoir quoi que ce soit, même si  ça passe par ma tête,
je vais réfléchir.

Si j'ai cru d'abord être l'organisatrice et la maîtresse de leurs mouvements, j'ai dû accepter la réalité, je n'y suis pour rien.

Il  semble que jusqu'à présent, ils soient venus... par... capillarité? En fusant d'une fibre à une autre, ou... par association d'une idée à l'autre? ou par quel moyen?


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13 avril 2010

Sans blague !

L'intervention de Cassandre agite l'Appartement.
On ne la connaît pas celle-ci, elle ne vient d'aucun manuscrit, elle n'a pas le droit de venir déverser
ses prophéties de malheur sur Le Blog?

Je soupire, abattue par ce coup, c'est moi la responsable n'est-ce pas, qui m'ouvre à qui veut venir, et qui apporte ici Cassandre, et ses mots, et ses peines. Alors pour le principe je m'insurge,

- Oh la la! Cassandre, Catastrophe, et quoi encore? Les Walkyries? Le Walhalla, le Styx qui roulerait mes malheurs éternels?!! Et tant que j'y suis Pazuzu, le démon de l'Exorciste?! J'ai la chance qu'il ne gîte pas dans ma mythologie. Mais comment renvoyer le mauvais qui m'habite? Que faire, que dire?!!

Fabienne Berman d'habitude, arrive à rester dans sa réserve clinique, mais
est elle hérissée,

- Ah je suis d'accord! Alors là, très d'accord, prenez donc des antidépresseurs, Cassandre, des antiprophéties, et sortons le Blog de ce tunnel!

Même Alice la solitaire s'en mêle,

- Merci, madame...?

- Fabienne Berman, de Batbourg, je vous tendrais la main, mais...

- Ah oui, un contact humain, ça me ferait un bien fou, mais merci de votre intervention, vraiment, je n'en pouvais plus. Moi c'est Alice d'Alice.

Marianne propose un peu de sérénité
,

- On pourrait revenir à la vie normale s'il vous plaît? Par exemple remettre les pieds sur terre avec un plat robuste, quelque chose qui tienne au corps.

- Oh oui, quelle bonne idée, s'exclame Denise de Lhéry, un bourguignon, une bonne poêlée de cèpes en persillade! Sortons de ce marasme avec un plat roboratif!

Et Paulette Dolstein qui sait se taire ne peut s'empêcher pourtant d'y ajouter une pincée de sa science,

- C'est insensé. Nier le désespoir est parfaitement vain, en outre, il ne siège pas dans l'estomac.

Monsieur Troudup, rondeur et sourire vague, apporte sa couleur vive,

- Bonjour les filles!
C'est l'histoire d'un mec qui a vachement mal, mais vachement mal. Le docteur lui donne la bonne dose de suppositoires, quatre par jour.
Le mec revient le voir furax, et lui dit, vos trucs, je me les serais foutus au cul que ça m'aurait pas fait plus d'effet!

Alice

-  Le quart d'heure poétique, c'est qui ?

- Troudup! répond Troudup. Et Léon dit Wouahh!

Alice n'entend rien, trop choquée,

- D'où sort-il ?!!

Marité

- Monsieur Troudup vient de Batbourg, et vous Alice, venant d'Alice, vous n'étiez pas censés vous rencontrer un jour.
(En mon for intérieur, j'apprécie l'intervention triviale de Troudup, je trouve qu'il remet Cassandre dans une perspective humaine de la façon la plus efficace, mais tout le monde n'est pas à même d'accepter par quelles voies il y mène.)

Espérandieu.    (ça alors, Espérandieu?! Je ne croyais pas le voir ici un jour, il faut croire que Cassandre est un bon catalyseur, la mort annoncée, ça remue les vivants)

- Et alors quoi? Batbourg ça craint? Faut pas nous mélanger acqu' les autres?
Moi je suis le cantonnier de Batbourg, je connais pas la Cassandre mais le désespoir, je connais, je balaye, je bois, je répare, je bois, j'allume, je bois, j'éteins, je bois, je bois, je bois.

Monsieur Troudup

- Ben et moi, je fais quoi à ton avis, Espérandieu, hein! Je fais quoi?
Dis-y Léon, dis-y!

- Wouah! Wouah!  dit Léon.

Manu

- Des amateurs!  Vous faites le cycle, boire, pisser, vomir, dormir, cuver, et c'est reparti.
Moi, je sais le secret, il y a un génie dans une bouteille, quand j'aurai trouvé la bonne, le monde sera de nouveau enchanté, et je pourrai supporter de vivre.

Posté par Marite de Vos à 11:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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