22 juin 2017

Quarante douze degrés dans la tête

Chaud, chaud, ai chaud, suis chaud, chaud.

Chaud, tout s'évapore, la sueur, les pensées, la salive, les larmes, tout s'envole en séchant.

Bizarre je m'dis, les Gens de l'Appartement sont évaporés eux aussi ?

Non je me dis, mais je ne les entends pas, je ne les vois pas, pourtant si, je les sens.

L'évaporation les a littéralement concrétisés, ils sont devenus petits cailloux, perles rondes, épines de pierre, ils communiquent dans une langue minérale que je ne comprends guère, moi j'ai trop d'eau dans le corps, mon cerveau irrigué ne bout pas, il soupire.

Et tiens justement, chaque soupir produit une bulle de vie qui sèche instantanément mais l'air, hein, l'air ? C'est vivant ça, c'est quelque chose ça, l'air.

Ils sont là, en suspension, leurs esprits échappés de leurs corps déshydratés, ils attendent l'embellie, la pluie, l'eau.

Ne vous inquiétez plus Les Gens, je ne vous laisse pas tomber.

J'insuffle la pensée de l'eau,  ça vous suffit pour frétiller, vous gonfler d'humidité, rejoindre vos corps redevenus pulpeux, vous respirez à nouveau, la vie reprend dans vos mots, dans vos manuscrits, tout reprend espoir.

- Tu causes, tu causes, tu ferais mieux d'écrire.

- T'as raison mon Troudup, ouvre le Petit Renard, Nono, sors les glaçons, les boissons fraîches, de l'eau, de l'eau, des bulles, de la bière, c'est ma tournée !

Et que tous Les Gens de tous les manuscrits affluent à Batbourg !

- Ah quand même, dit Nono, elle a mis du temps, La Patronne, à payer son coup !

Une foule fleurit instantanément au bar, dans la salle, sur les terrasses ombragées, Corinne Mars, Marianne Defair, Le Souche et Laprune passent derrière le comptoir pour aider Nono et c'est parti, tout le monde revit, ça fuse et ça pousse comme les fleurs dans le désert sous l'averse miraculeuse, et tiens, j'ajoute des ventilateurs géants au plafond, Nono y suspend des grands sacs Ikea pleins de glaçons dans un peu d'eau salée, fraîcheur, fraîcheur.

- Merci La Taulière ! dit La Rumeur, Merci disent tous les Gens de l'Appartement.

- De rien, c'est enfin ma tournée.

 

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29 janvier 2017

Flipp Flipp Flapp

Flipp flapp flipp flipp... Kiii ! Puik ! Kii! Ki!!!

- Wouah ! Wouah ! Léon ne sait plus parler, il redevient chien dans l’Appartement transformé en volière.

- Flishhhh ! Frashhh! Vvvvvvhh…

Mandarins, cardinaux rouges, serins, canaris oranges, jaunes, blancs, des tarins, et même deux perruches bleues, et une volée d’enfants qui courent sous les oiseaux  de toutes les couleurs, ça court et ça vole partout, Léon saute, la surprise le surexcite et lui rend sa nature, Troudup rit dans son coin, avachi dans un fauteuil, il croit qu’il rêve, Braise est ravie, Paulette Dolstein et Robert Dieu oublient de prendre des notes, tous les Gens de l’Appartement regardent ébahis les enfants et les oiseaux. 

Une gaieté sourde neige dans L’Appartement, des oiseaux, des enfants, comme si on n’avait jamais vu ça.

Le fait est, ils n’ont jamais vu ça, c’est la première fois que les enfants déboulent ici, il était temps de leur laisser de la place.

 - Ils en ont marre, dit Doudou qui ne sait pas marcher mais qui cause bien.

- Ben oui, dit Tara la petite fille blonde très frisée, ils peuvent pas s’amuser dans leur cage, ils peuvent pas courir partout.

- On a fermé les fenêtres, quand ils auront bien joué, on les rangera, dit Guigui un petit blond décidé.

- Bonjour tout l’monde, on est les gosses et eux, c’est les oiseaux de Papa.

- Bonjour les gosses, répond La Rumeur, L’Appartement tout entier, ses Histoires et ses Gens, salue les nouveaux arrivants.

Il était temps, dit Braise.

- Vont-ils s’effrayer de ma présence ? se demande Dracula qui vient quand même se présenter.

- Oh non ! dit cette petite brune d’une dizaine d’année.

La petite T. est ravie, c’est moi à dix ans, j'aime les morts, les vampires, Frankenstein et Dracula.

Me voilà renforcée, nous sommes deux Moi à présent dans L’Appartement.

Est-ce que les autres vont se montrer ?

 

26 septembre 2016

Sésame !!! Merde, quoi Sésame !!!

La Porte de l'Appartement est fermée.

On dirait qu'elle est coincée, ça ne s'ouvre plus. 

Merdalors, j'allais, sans intention particulière, quand je me suis aperçue que La Porte ne s'ouvrait plus ! 

J'ai fait intervenir Le Grand Serrurier.

- Mais depuis quand doit-on passer par la porte ?

- Depuis qu'une certaine Taulière a mis les bouts, eh ! Lâcheuse ! dit Troudup, très fâché dis-donc.

- Un peu que j'ai les boules, se faire effacer par son auteur, c'est dégueulasse, chu orphelin depuis des mois! De sa mère, on s'remet, mais de son Créateur ! C'est pas humain. Des mois qu'ici les mots n'existent plus, des mois de silence, des mois que dans l'Appartement personne peut plus moufter. 

- POURQUOI??! Pourquoi ? dit la Rumeur.

- Pardon, je dis, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

- Jure que tu l'f'ras plus, jure ! dit Troudup encore furieux.

- Je ne peux pas, je ne sais pas si je recommencerai ou non.

- Bon tant pis, on la reprend la Pomponnette, dit Troudup plus fâché du tout. 

- Vous nous avez manqué, très chère, dit Dracula.

- Infiniment, dit Braise

Et tous les Gens de l'Appartement de gronder autour de moi comme une marée qui monte en bouillonnant un soir d'orage.

- Ils m'ont manqué aussi, je m'en rends compte à l'instant où j'écris ces lignes, à un point que je n'imaginais pas. Quelle est donc cette chose qui m'a prise et éloignée de vous, et d'abord de moi-même ?

 

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01 janvier 2016

Bonne année

- Enfoirée ! Pourridasse ! Saloperie ! Dégeulasse! Fosse à merde ! Face de rat! Talerd'un'k  

????????

Silence. Resilence. Brutalement Troudup a suspendu sa litanie, il écoute...

- Oh dis-donc, qu'i dit, oh dis-donc, ch'sens qu'elle est revenue, j'gueule plus dans l'vide, t'es là saleté ?

- Je suis là.

- Comment t'as pu faire ça ? Comment t'as pu ? Hein ? Comment ? 

- Chais pas, je lui dis au Troudup, chais pas, un coup d'mou ça arrive non ?

- Un coup d'mou j'veux bien mais là c'est pas un coup de mou, c'est un abandon de famille.

- Pardon.

- Evidemment, c'est facile, Pardon ! saleté d'petite enflure! Pardon ?! Pourriture de gamine, Pardon ? Ma p'tite T, comment t'as pu ?

- Faut pas pousser, j'ai rien abandonné, chuis pas v'nue c'est tout, je ne vous ai pas effacés.

- C'est pire ma p'tite garce.

- Bon, que je dis à Troudup, je ne vais pas repartir.

- Ouf, j'vais passer l'mot, mais t'avises pas de recommencer.

- Recommencer quoi ?

- La censure bordel ! Sans toi on peut pas exister, tu nous a presque tués, c'était moins une.

- C'est pour ça que je suis revenue.

Alors résonne le choeur improvisé mais vibrant des Gens de l'Appartement

La Taulière est de retour

Allelouïa

La Taulière est de retour

Elle nous aime toujours

Je suis émue mais j'ai honte aussi mais je suis revenue mais j'étais pas partie loin d'eux mais un peu honte quand même oh ben non, elle s'est envolée la honte:

Bonjour Mes Gens !

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07 avril 2015

L'Enflé

- Caisskidi l'Enflé ?

- Arghhh, il dit Argh dit Astrid qui traduit pour Troudup.

- Blurgh, borghhh, aschplaahh

- Si j'avais su que j'étais allergique au blarve, je n'y serais jamais allé, il a dit l'Enflé re traduit Astrid.

Les vacances, dit le docteur Tayeurt, on ne sait jamais ce qu'on va y trouver.

- Alors que la terre, dit Dracula, la terre natale, un peu humide, odorante et sombre, mmmhh.

- Absolument dit Braise qui ne bronze jamais.

- Qui aurait cru qu'il existait du blarve allergène? dit Fabienne, hein, comment est-ce qu'on aurait pu savoir une chose pareille ?

- Où ça, je demande ? Hein, où ça ? Vous étiez où pendant tout ce temps, j'ai fini par m'inquiéter.

- Fini ? Vous avez sans aucun doute commencé par croire qu'on ne reviendrait jamais dit Dolstein en enlevant ses lunettes, ses lunettes étranges.

- Dans la lune ? je demande, sur Saturne ? Mars ? A Carrhaix-dans-l'Oigne ? Personne ne répond ?

- Arghhh, arghhh,

sauf l'Enflé mais je ne comprends rien à ce qu'il dit.

D'ailleurs, je ne le reconnais pas, il est difforme, l'allergie sans doute, on pourrait l'appeler l'Oedème ce type, mais, 

- Dites-donc, dit Robert Dieu après avoir lui aussi enlevé ses lunettes, ses lunettes bizarres, d'où il sort celui-là ? C'est un clandestin ? On dirait un autochtone.

- AH! AH! AH! s'exclament Les Gens de l'Appartement, on l'a ramené de Là-Bas !!

- Mais d'où ? Mais d'où ! je voudrais bien que quelqu'un me réponde, on dirait que je ne suis plus La Taulière

- T'inquiètes ma Poule, dit Troudup, rappelle-toi, c'est toi qui nous écrit, juste là maintenant, regarde le clavier, ce sont tes doigts qui tapent.

- Exact. Alors, vous venez d'où ?

- Nous revenons d'une courte excursion, dit Paulette Dolstein...

- Courte ?!!! vous êtes partis depuis plus de deux mois!

- Courte excursion, poursuit Paulette, dans une autre dimension.

Dans cette dimension, dont je ne sais pas ce qu'elle est ni où elle est, tous Les Gens de l'Appartement sont partis le temps d'un éclair qui a duré deux mois pour moi. Pour moi dont ils sont les mois innombrables.

- Oh ben, dit Troudup, j'le r'connais l'Enflé, c'est l'serveur du bar de la Cinquième !

- La Cinquième avenue ? Vous étiez à New York ?

- La Cinquième Dimension dit Dosltein

- Wouaouh ! Ils m'épatent Les Gens, je ne sais même pas ce que c'est la Cinquième Dimension.

Personne ne sait dit la Rumeur, c'est pour ça qu'on y est allé voir, mais il va falloir trouver une solution pour l'Enflé.

- On peut pas l'garder dans c't'état dit Troudup, i tiendra jamais l'coup.

- Bon, je dis, ça c'est mon affaire, et hop, je le renvoie d'une virgule dans son monde, retour à la Cinquième.

Bienvenue à la maison je leur dis, vous m'avez manqué les gars.

 

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05 janvier 2015

La Bonne Maison

- Des frites ? Des frites ? C'est avec ça qu't'inaugures ? demande Troudup le nouveau Nono du Petit Renard, à son associé, Frédéric dit Doudou la Tartine.

Depuis la cuisine il lui répond,

- C'est tout ce que je peux faire aujourd'hui, et les frites, les vraies frites maison, avec des vieilles patates épluchées à la main, coupées à cinq angles aigus, de l'huile fraîche à bonne température, deux bains de friture, servies chaudes saupoudrées de fleur de sel, tu connais mieux peut-être ?

- Nan, pas mieux.

Au dessus du passe-plat de la cuisine, après des heures de déménagement, réhabilitation de matériel et nettoyage intensif, Frédéric a badigeonné "A la bonne maison", car sa cuisine a un nom. 

Tant d'activité après tant d'inertie, enflammé encore par la crémation mais toujours plein de désirs,

- Eh ben ça fait du bien ! qu'il dit, coupant ma pseudomélo littératour, une cuisine à refaire, rien de tel pour réveiller les morts.

Après avoir avoir remis la cuisine à flot, il a découvert une cave pleine de grosses patates à dégermer d'urgence, alors frites à volonté.

- Ouh ! Ouh ! Ouh! les clients arrivent, dit Braise, dit Dracula, dit Astrid, dit Fabienne, dit Corinne, dit Marianne, dit le Souche, dit Léon, dit Robert Dieu, dit Laprune, dit Fabiola, dit Caliban, dit Mandrake, dit Alice, disent les Albert, les Rachel, Nono, Suzanne, Ti-Jean-Pierre, Ti-curé, Myrtille, Blanche-Neige et les Nains, Lapinochio, Ouh! Ouh! Ouh ! disent Les Gens de l'Appartement, et moi aussi, Marité de Vos K., dite La Patronne, dite La Taulière je dis Vive les frites de la Bonne Maison !

Frédéric envoie à tour de bras, chacun donne un coup de main, en cuisine, au bar, et ça dépote et ça rigole et ça s'extasie et ça ne réalise pas qu'aujourd'hui tous les lieux sont un seul lieu, plus d'origine plus de temps, plus d'espaces, un seul Lieu, L'Appartement. 

L'Appartement où tout se fabrique, la Vie, la Mort, tout ça.

- Ah ah ah ahahhaahahahhahhaahahha !!! 

Comment écrire le rire de Frédéric de retour aux fourneaux ? Rien à faire, ça ne s'écrit pas, ça s'écoute, écoutez-le tous, il est revenu: Bienvenue à la Fabrique !

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27 octobre 2014

L'Amour

- OH OH EHO !

- ohohohhh...

- C'est qui ?

- quiii...

- C'est l'Echo ?

- cooooo...

pac pac pac pac

ticlac ticlac ticlac

Braise et Dracula arpentent, faisant semblant d'être dans le désert d'un vaste caveau.

- Vous cherchez un appart' ? demande Astrid.

- Non, dit Braise, on fait danser nos chaussures.

paticlac paticlac paticlac

Astrid est attirée par Dracula, elle aime la nuit à cause des astres mais Dracula, c'est mieux qu'une étoile, c'est un trou noir, un monde à l'envers.

Braise se fiche bien des groupies de son homme, ils sont à l'autre pour l'éternité, alors les passantes... Et Astrid a beau aimer la nuit, elle est une boule de feu, un soleil pas une lune, pas un feulement de l'ombre comme Braise. A Astrid il faut un homme du dessus de la terre, pas un homme des ténèbres comme Drac.

Il en est des femmes comme des sangs, pense Braise, certaines sont donneurs et receveurs universels et d'autres ne vont qu'à leur identique, Braise est capable d'aimer le premier venu, Astrid, elle, devra y trouver le creux où se lover, son complémentaire compatible.

- Où kell est la Patronne? Où sait kell est ! beugle Troudup, traîné par Léon, complètement cuit lui aussi. Il s'assoit par terre, il pleure un peu, elle est partie, ki dit, elle nous a plaqué moi ?

- Comment savoir, dit Dracula, quand on est quitté ?

- Regardez mieux, tout est là, les fleurs dans les vases, le bureau ciré, les chaises, les canapés, les fenêtres ouvertes sur la nuit, le jour, les pays et les ciels, regardez, l'Appartement est habité autant qu'il l'a toujours été, et moi, je suis là, parmi vous, pour toujours.

- De temps en temps, dit Nono, de temps en temps, dit Fabienne Berman, de temps en temps, dit Léon, de temps en temps disent-ils finalement tous ensemble, on a besoin de preuves pour croire à l'amour.

- Eh bien, je suis là, parmi vous comme vous êtes parmi moi, j'existe, vous existez, et sang (oui avec un g) moi aussi, vous palpitez dans l'éther éternel de l'imaginaire véritable.

- Et ça sent bon dit Troudup apaisé.

 

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14 septembre 2014

Sometimes i feel like a motherless child

- Comment ça pas de vacances ? Et l'été, tout l'été, c'est quoi ?

- Nan, personne est parti, dit Troudup, personne. On était trop inquiets, on sait pu où on en est.

- Vous en êtes toujours au même point, dans l'Appartement, toujours prêts à vous envoler...

On discute un moment Troudup et moi, et il finit par me dire le fond de la chose. Il paraît que depuis que je me suis mise à ce nouveau texte, je les délaisse, je ne les aime plus, parce qu'ils sont les vieux, les anciens personnages d'anciens manuscrits, alors...

- Alors quoi ?

- Loin des yeux...

- Mais pas du tout, alors là, pas du tout !

Je trouve que Troudup exagère, spécialement lui que j'aime peut-être un peu plus que d'autres.

- D'ailleurs, y a qu'à voir le dernier message, hein, c'était pas brillant.

Je pique du nez, que dire ? Je n'aurais pas dû le laisser monter son numéro ? les Twirling Tarlouz's, il dit que c'était de mauvais goût, j'aurais dû les laisser à leur soûlerie et ne pas les dénoncer. Ou bien les laisser répéter assez longtemps pour que ce soit grandiose. Ou les aider ?

Bon, ça c'est vrai. Ou pas. Est-ce que je dois les empêcher de faire n'importe quoi ?

- Mais mon cher Troudup, c'est votre rôle dans ma vie d'être toujours là, toujours prêts à faire et dire n'importe quoi, sans vous pas d'excès, pas de rêves, pas d'amour désintéressé, j'ai besoin de vous.

- Ah bon ? Ah ouais ? Ben tiens et ça alors ! Bon d'accord.

Troudup redevient lui-même, la joie le remplit, il se dilate d'aise et lance 

- Allez hop, vazy Nono, champagne !! et du Ruinart s'te plait, c'est pour du sérieux.

Et nous trinquons Nono, Troudup et moi, un petit bol pour Léon qui nous regarde les yeux mouillés, dans le doux bruit que fait le silencieux sourire de tous les Gens de l'Appartement...

Les gens qu'on aime ont besoin de nous, surtout ceux qu'on a un peu inventés.

 

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01 avril 2014

Je ne suis plus comédienne je suis commissaire de police

- L'Orient Express, il passait dans le golfe persique, dit Le Personnage Sans Nom, accoudé au comptoir chez Nono.

Nono s'en fiche du golfe persique, il lui dit ça,

- J'm'en fiche pas mal du golfe persique.

- T'as tort dit Troudup, le persique c'est bon dans les carottes râpées.

Moi, j'avais dit que j'y serais et bien j'y suis. Au moment de remettre l'ouvrage sur le métier, au moment juste où je suis quasiment presque prête à reprendre L'Apocatastase, voilà donc pas que je réalise que mes personnages ne sont plus dedans ?

Ils sont partis faire un tour, j'avais laissé ouverte la porte du manuscrit, ils se sont tous précipités dans L'Appartement et je dois battre le rappel.

Troudup, Fabiola, melle de Lhéry, Nono, Laprune, Chauze, Espérandieu, Phouettard, Louka, et tous les autres encore, et Bondiou, et Misère, jusqu'au substitut du procureur que je dois aller chercher.

Certains ont changé de noms, certains ont changé de vies, et tous, tous, ils ont continué à vivre et sont devenus plus costauds que moi.

Allez, Ho ! Ho ! Holà, tous, retour à la maison, c'est La Taulière qui vous le dit, Marité de Vos K est de retour.

Et bien sûr ils reviennent, pour reprendre le cours de leurs vies, là où elle est née, mais moi, j'ai un fichu trac.

D'ailleurs, d'où est-ce que je sors cette expression de scribouilleuse ? (et scribouilleuse, d'où je prends ça ?) Fichu trac, pourquoi pas mince de trouille ?

Ils reviennent dans l'instant où je les appelle et moi, je traîne les pieds sous prétexte que j'ai vaguement la nausée, le vertige, oui, le trac, avant de m'envoler.

Attachez vos ceintures, éteignez vos portables, les issues de secours sont situées à droite et à gauche de mon cerveau reptilien, elles donnent toutes sur L'Appartement, et sur le vide nourrissant de l'espace libre. A tout moment vous pourrez vous y réfugier (tu parles, comme si j'allais les laisser faire).

Et hop, ça y est, le tapis volant vient de décoller...

 

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29 décembre 2012

Quoi ? Hein ?

- Y a quelqu'un ?

- Y a personne ?

- C'est qui ? Hein ?

Bizarre, se dit le Passant, on dirait qu'il n'y a personne, moi, je dirais y a personne, et pourtant, ça ne sent pas le vide, ça ne sonne pas le creux et je jurerais voir quelqu'un là, en face.

- Eh ben oui, eh Crétin, c'est toi que tu vois ! C'est toi dans le reflet de l'écran, ah la truffe, non mais j'te jure, y en a des copieux !

- Bonjour, dit le Passant, bonjour monsieur Troudup.

Et Troudup en reste coi, qui est ce type sorti de nulle part et qui connait son nom ?

- Qu'est-ce que se passe-t-il ? se demande Troudup dans cet espace très large, très large de son cerveau, son for intérieur qui lui offre une vaste étendue de vide où pourtant il ne se sent jamais seul, lui non plus.

- Ah! J'éclate, dit Troudup, c'est ça, j'm'y sens pas seul parce que j'y suis plusieurs! Le Passant c'est moi ?!

J'avais oublié, moi, que mes personnages perçoivent dans le même temps que moi ce que je pense.

- Vous avez raison Troudup, le Passant, c'est un vous.

- C'est un moi ?! Bonjour moi, dit Troudup au Passant. Comment tu vas mon pote ?

- Ben ça va mieux se répond le Passant tout en se fondant en Troudup, je ne savais pas qui j'étais.

- Et moi donc, réponds Troudup, depuis l'temps que la Patronne nous a laissé tomber, chavais pu qui j'étais moi non plus. A force de pas exister on perd substance.

- Nous en sommes tous là, réponds-je à Troudup, être ou ne pas être. 

- Pas besoin de Shakespeare, dit Paulette Dosltein, soyons ce que nous sommes au moment où nous sommes, ce sera suffisant.

- Ah merde et pute, la v'là qui refout tout en l'air, j'avais presque été là et j'm'y r'trouve plus!

- Vous êtes là, Troudup, pas de doute. Je vous vois, vous m'entendez, non ?

- Ben oui, c'te question. Ah oui, ça y est, la Patronne est de retour! Quand le chat n'est pas là les souris dansent, mais sans Taulière, on a plus assez de vie pour exister.

- Bienvenue, dit Braise.

- Il était plus que temps,  ajoute Marianne, j'étais presque effacée.

- Et ce n'est pas peu dire, approuvent Berman et Ragazzi.

Oui, oui, oui, ils bruissent, soupirent et se réjouissent, ils accourent, tous: les Fred, la Suzanne, le père Phouettard, Corinne, Dracula, les Souche, Tristan, Gorgiette, Ünternix, Droopy, et  le Bougnat pas encore investi, ils affluent pour m'enlacer, me féliciter, m'encourager à exister pour qu'ils retrouvent une place dans le monde. Il vient même des inattendus, qui n'habitent pas l'Appartement, j'aperçois Sarah, j'aperçois le père de François et d'autres que je ne reconnais pas. le monde revient.

- Ouvrez la fenêtre ! Ouvrez la porte ! Ouvrez quelque chose, qu'on puisse respirer !

- OK :

"    

 

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