08 septembre 2017

Hello ma bande !

Chers vous-moi,

Je ne vous oublie pas, vous vivez dans votre monde quand je n'y suis pas.

Mais je ne suis pas sans vous, je suis avant vous, dans l'espace de votre invention, là où, sous forme de rêves, de croyances, d'espoirs et de contraintes, vous êtes nés. Dans mon enfance.

Troudup, tu es un avatar de ce type de Richebourg mais tu es devenu la représentation d'un visage de mon père.

Léon, tu es tous les chiens de ma famille, tous ses oiseaux aussi et le dinosaure qui tous les soirs venait me rassurer dans mon lit. Il passait sa tête par la fenêtre du quatrième étage, son long cou la menait jusqu'au lit superposé, celui du haut où je l'attendais. C'est pourquoi tu sais parler.

Braise tu es moi et ma mère en moi.

Marianne, tu es ma résignation, mes échecs, mon ombre libre, tu es ma flamboyante obscurité.

Corinne s'est échappée de Rachel, Mandrake est Richard, La Rumeur est la voix sourde des Emouleuses, Dracula est mon Dracula, celui que j'étais à dix ans, allongée sous le banc de béton, saisissant au hasard la cheville d'un enfant qui jouait à prier pour mon salut.

Il n'y a pas d'enfant dans l'Appartement, pas d'enfant dans mes manuscrits-mondes, l'enfant c'est moi éternellement, vous êtes ensemble cet enfant complet.

Je compte que vous vous déployiez pour me donner le spectacle de mon épanouissement. Je coupe aujourd'hui solennellement le dense cordombilical-fibre optique qui nous maintenait dans le même corps cérébral.

Vivez ! Volez ! Créez ! Imaginez ! Inventez ! nous serons liés par la peau, par les yeux, par l'élan, le désir et la joie ! Envolez-vous, je saurai nous rassembler,

La Patronne 

 

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11 mai 2011

Totem et totem

Depuis que Louka enquête sur mon évènement cardio-héroïco-ésotérico-aortique, Celle-Qui-Coud s'est remise à produire.

Est-ce une tentative d'échappement ? Une manoeuvre d'évitement de l'épinglage.

Marité de Vos K chercherait la tangente ? Elle file en diagonale.

Qu'est-ce qu'elle fabrique Celle-Qui-Coud ? A quoi donne-t-elle corps ?


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Ce n'est pas un peuple, ce n'est pas une tribu. Ce sont des aiguillages, des voies de décharge, d'hypnotiques dérivatifs.

- Pff répond Celle-Qui-Coud,

Elle me ressemble tant, by the way, autant que Celle-Qui-Crochète, Celle-Qui-Cuit, Celle-Qui-Croit, Qui-Cause, Qui-Craint, Celle-Qui-Choisit, Celle-Qui-Cède, Qui-Chute, Qui-Construit, Qui-Chérit,  Celle-Qui-Change, et toutes les autres C-Q-C.

 - Pff, dit-elle, ils ne sont encore personne. Ils viennent d'Amérique-by-the-net, composites inspirés par ceux de Ann Wood et Mimi Kirchner. Je cherche à savoir qui ils sont, quand jls seront de moi, je connaîtrai leur nom.

Car en Vérité, comme disait l'Autre, ce que tue n'homme ne t'appartiens.

- Ah, non, Lacan! dit Celle-Qui-Crise, pas là quand !


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12 avril 2011

Pisser plus pleurer moins

Il y avait cette émission de télé, dans les années... euh ... vers 1960 je suppose, (tous mes souvenirs, je les ai rangés par là).

Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Que font-ils ?

Je cherchais qui, je me demandais ce que ces gens faisaient dans la télévision. Est-ce qu'ils n'avaient pas une vie ailleurs ? Est-ce qu'ils étaient payés pour ça ?

Je n'avais pas compris que c'était des silhouettes fabriquées.

Les Gens de l'Appartement jouent la même histoire, où vont-ils, que font-ils, qui sont-ils ?

Messieurs dames et demoiselles et chiens et tous êtres vivants dans mes manuscrits, et maisons, rues et  jardins,  ciels et fleuves, enfin tous les mondes assis dans les pages, il faut vivre vos vies dans votre ailleurs, pas Ici.

Louka, Braise, Dracula, Troudup, Alice et tous les autres, cessez de vous occuper de moi, retournez chez vous.

- Tu vois, dit Frédéric.

- Je vois quoi?

- Ce que ça fait d'être l'objet et le sujet, d'être sélectionné, observé, étudié dans tous les coins, de finir collé aux pages d'un manuscrit, dans la vie où tu es cloué par un auteur ? C'est ton tour.

- Ah mais non, je ne suis pas le sujet, je suis le Créateur.

- Toute créature finit par dépecer le Créateur, pour voir comment c'est fait dedans, comment ça fonctionne, au risque de ne pouvoir remonter la machine.

- Moi je ne fais pas dans la métaphysique du personnage, dit Louka, je suis flic, je ne manipule pas les idées mais le concret. J'ai les rapports d'hospitalisation de Marité de Vos K, mais Dolstein ne veut pas les interpréter.

- Je n'interprète pas, dit Dolstein, les faits mentent toujours, traduire c'est réduire l'autre à soi.

Louka soupire, agacée d'être d'accord, elle lutte en permanence contre la tentation de résoudre les enquêtes avec ses propres raisons.

- C'est bien d'avoir des principes, répond-elle à Dolstein (elle ne dira jamais qu'elle est d'accord avec elle) mais je fais quoi ? Des études de médecine ?

- Madame la policière, dit Frédéric, pourquoi n'allez-vous pas chercher plus loin ? Il y a des Gens ailleurs qui pourraient vous répondre. Tu as remarqué, dit-il pour moi, que certains ne sont jamais venus dans l'Appartement?  La Porte n'est pas ouverte pour tout le monde ?

Louka se tait, patiente, et moi, je suis bien embêtée,

- Oui j'ai remarqué, certains ne sont pas venus.

Je voudrais bien que cette conversation s'arrête là, mais c'est Frédéric, je ne peux pas lui répondre  par le silence. Il se tourne vers Louka qui a sorti son bloc, prête à noter,

- Oui ? Vous avez des noms à me donner ?

Mais ce n'est pas Frédéric qui répond, Frédéric s'est fondu dans ma tête, il ne veut pas me forcer ni me décortiquer, lui. C'est un autre qui entre pour la première fois dans l'Appartement.

- La Fabrique a besoin de vous, Marité de Vos K, dit-il, vous avez des obligations n'est-ce pas ?

- Oui j'ai ces choses à terminer.

Oui je dois me remettre et m'y remettre, oui il y a La Fabrique, le Projet, faire revenir les disparus qu'on n'oublie pas.

- Bonjour professeur Übernix. Je ne vous ai pas oublié savez-vous.

- Je sais. Et il tendit la main vers Louka qui lui remit sans hésiter mon dossier médical.

- Au moins, on n'en finira après ça, non? demandais-je, tendue et pas contente de le montrer.

- Oui, nous pourrons passer à autre chose, dit-il. Je ne comprends pas que vous n'ayez pas fait la relation avec le Projet Frédéric.

Sa remarque me saisit, je n'y ai pas pensé ?

- Je ne comprends pas non plus comment j'ai pu négliger ça.

- Nous en reparlerons n'est-ce pas ?

- Oui, j'ai dit, nous en reparlerons.

Et de mes Issus qui sont aussi la relation de Frédéric à moi, de nos vies à nos disparus.

- Meeeerde ! dit Troudup, meerde, la mort y en a marre, feriez mieux de boire plus et de parler moins ! La vie, la mort, tout ça, c'est que d'la bibine tiède, buvez-là fraîche, vous pisserez plus vous pleurerez moins.

- Il n'a pas entièrement tort, dit Dolstein. Alors, Monsieur Troudy, où est passé Léon ? Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu. Et ils s'évaporèrent tous les deux en passant La Porte de l'Appartement.

Übernix et Louka sont partis en discutant, effacés en un instant et moi, j'étais dans mon bureau.

Ah ! Ah! Moi je suis là en vrai, pensais-je tout en doutant de la réalité.

 

09 avril 2011

Ya Basta

Oui et ben non.

Moi je dis ça suffit, y a basta. Je vais reprendre l'affaire en main, ça ira plus vite, et dans la bonne direction.

Je constate que la Taulière est en train de virer métapsychanalycoblabla.

Dans le premier chapitre de L'Apocatastase des Cons, elle m'a fait nommer au BAB (Bureau des Affaires Bizarres) par le préfet de police, je me sens le profil pour enquêter sur sa Non-Near-Death-Experience.

Et vérifier son état mental.

Au vu des derniers commentaires, on peut se demander s'il n'y a pas eu excès d'opiacés, overdose de morphine, et penchant exagéré pour les sédatifs de compétition.

Je me fiche qu'elle soit saine d'esprit, elle ne l'a jamais été, ni qu'elle soit dans la norme, quelle norme ? Mais si elle a passé la ligne, elle peut nous balancer, Nous les Gens de l'Appartement, dans des histoires tordues, nous déménager dans des mondes glauques ou (trop) déjantés. Elle n'a qu'à l'écrire pour nous le faire vivre. Moi je dis gaffe, il y a danger.

- Enfin dit Braise, on prend les choses en main. Depuis qu'elle est revenue, nous nous attendons à tout, Dracula s'est terré dans sa crypte, de peur de faire le mal, Rachel a pris dix kilos de stress et moi, je ne dors plus.

- Tu ne dors jamais, tu es un personnage qui vit la nuit, le jour, tu ondules entre les lignes.

- Façon de parler. Les vrais gens font ça, Louka,  ils enfilent les mots et en font des expressions sans odeur.

- Vrais gens mon cul

- Tiens, Troudup, dit Louka, ça faisait longtemps.

- Ouais ben, mon cul aussi pour longtemps. Elle a raison la Braise, on peut pas attendre que la Taulière nous rectifie les habitudes. Dans l'état qu'elle est, on risque le pire. Juste quand j'ai enfin réussi à me remettre à boire, c'est pas le moment qu'elle vienne secouer la ruche.

- Pourquoi, demande Alice, pourquoi pas faire appel aux médecins qu'elle a créés? Le docteur Dolstein, ou le docteur Chauze?

- Dolstein, oui, je vais aller la voir, répond Louka, mais pour Chauze, j'hésite, c'est  un légiste, je vais attendre que la Taulière soit morte pour la faire autopsier.

- Ehh! Ehh! Ah ouais, ehh y a aussi Tayeurt qu'est docteur, i r'çoit nuitéjour, on dort vachement bien sur sa table d'examen.

- Merci Troudup, mais je vais chercher des lumières, pas des mal comprenants.

- Hein ? Quoi ? Kess' kelle dit celle-ci?

- Elle dit, traduit Alice sur un ton très doux, qu'elle préfère s'adresser au Bon Dieu qu'à ses crétins.

Nous la Trinité, moi, je et mon soi, alias La Taulière Atteinte, je les comprends et finalement, j'attends d'eux qu'ils me sortent de là, il ne fait aucun doute qu'ils sont ma solution.

Pour l'heure, je vais entrer dans la peau de Celle-Qui-Crochète et croiser les fils en suivant les diagrammes au signe près, et puis profiter de ma traversée du  Grand Vague pour n'être que le Dieu des Issus. Ils rêvent en Moi leurs maisons, leur village et leur éternité.

En Vérité je vous le dis, ils auront ce qu'ils espèrent.

- Oh là là, disent les gens de l'Appartement, ça ne s'arrange pas, il ne faut pas tarder à s'en occuper.

 

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16 novembre 2010

Dehors !

- Je ne suis pas accueillante ?

- On peut le dire ! râle une certaine Lizzie sortie tout droit d'un roman d'amour de bas étage, le roman, pas l'amour. Alors ça oui, ça c'est sûr, je suis venue dans cet Appartement, que soi-disant c'était entrée libre et cinéma permanent, et vous me mettez dehors ?


- Oh que oui ! De-hors !

L'Appartement ouvert à tous ? Mais pas du tout, absolument pas, l'Appartement est ouvert à qui je vœux, non mais!

Je sais que tout va et vient, que je suis soumise à la loi de la vie, tout circule et tout pénètre, bleah !, mais pas n'importe qui si je m'en aperçois à temps.

- Rentre chez toi, Lizzie Je-ne-sais-plus-qui, retourne Ici faire ton numéro.
Mais pas chez moi.
Non, pas chez moi.

Sale affaire.

Est-ce que je serais poreuse ?
Il faut remplir avec les petits Autres.
Les Autres, oui, justement qui se bousculent à mes portes et que je contiens.
A tort.

C'est leur tour, les nouveaux Autres doivent entrer, et les familiers, revenir.

- Heps! Heps heps heps !...

Lizzie est revenue, elle dit

- Je suis parmi les Autres, hein! Sinon, sinon, je ne serais pas là. Et d'ailleurs, je suis revenue n'est-ce pas, alors pas la peine de faire la mégère, je suis chez moi ici, autant que les autres.

Zutalors, que je me dis, plutôt que merdalors pour changer. Mince de truc, elle a raison, si elle est ici c'est qu'elle peut y être.

Autrement sinon elle n'eut pût y pénétrer.

Que faire, que faire?

Lui écrire une histoire ? L'installer dans un (autre) personnage ?

- Voilà! s'exclama Lizzie, voilà exactement pourquoi je suis venue, même si je ne le savais pas, c'est ça exactement!

- C'est ça quoi ?

- Un rôle, un personnage, un vrai, une femme en chair!

Des commandes à présent ! Mais on se demande qui commande ici ?

C'est Nous, répondit la rumeur harmonieuse de tous mes habitants.


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