29 février 2012

We need le Ça-Qui-Pousse

Le Ça-Qui-Pousse a disparu.

- Mais où est-il ? demande La Taulière.

- Il n'est pas en fuite dit Dolstein, il a simplement échappé à notre attention.

- Mais où ? Comment ?

- Dans le déménagement il a pu s'affoler dit Dracula, tout en s'aiguisant les canines en prévision du printemps qui s'annonce.

- Oh ! dit La Taulière un tantinet dramatique (moi je trouve qu'elle en fait juste presque trop, mais enfin, moi, je ne suis que N. le Narrateur anonyme). Oh ! donc dit-elle, pas lui !

L'affaire est d'importance, le Ça-Qui-Pousse n'est pas une chignole, le Ça-Qui-Pousse n'est pas un vilebrequin ni un Ça-Qui-Pousse: le Ça-Qui-Pousse est Le Ça-Qui-Pousse, Le Grand Ça-Qui-Pousse, le Seul Ça-Qui-Pousse.

- Sans lui, pense La Taulière, sans lui, je ne saurais poursuivre.

- We don't need a hero, hurlechante Tina Turner, we don't need a hero, we need le Ça-Qui-Pousse.

- Poursuivre quoi disent en choeur Les Gens de l'Appartement, poursuivre quoi ?

Et c'est le silence qui répond.

Mais quand même enfin quoi et alors enfin ? Poursuivre quoi, c'est vrai quoi, mince, poursuivre quoi ?


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25 janvier 2012

Coco beach

- Tout est déjà vécu, tout a été fait déjà, on n'a pas à s'inquiéter, tout s'est déjà passé.

- Ben oui répond Troudup au hasard, il finit le whisky, et je m'en fiche, parce que l'Appartement déménage bientôt et que je vais pouvoir jeter la bouteille. Et puis, Troudup n'est pas vraiment cet homme qui boit devant moi, il est ailleurs, lui aussi, déjà parti.

- Alors, continue la voix, on est sans doute tous déjà morts, ou pas. C'est pareil ?

- Oui, dit la voix d'outre-tombe, tiens ça y est je l'ai reconnu c'est Dracula, mort, vivant, c'est pareil.

Qu'est-ce qui se passe ? Il ne fait pas nuit, ni jour, pas de brouillard mais rien de clair, quoi alors ?

Leurs voix sont des échos,  elles se croisent sans se répondre, la réverbération des sons lance des ondes, j'ai mal aux oreilles, je me réveille.

J'éprouve une relative gêne, le coup du cauchemar pour sortir d'une situation inexplicable n'est pas très glorieux, mais c'est peut-être mieux que le pathos, la vie, la mort, tout ça, le choix entre Alzheimer ou le caveau.

"Ou", c'est optimiste parce que c'est les deux. Et Gerda est morte.

Je me rendors, je rêve de Coco Beach à Goa, la moiteur salée, le ciel  vide, l'océan gris et poisseux, le crabe plein de chair que j'y ai mangé, cuit juste pêché pour moi.

Coco Beach, où le temps rejoint l'espace, où Auschwitz n'existe pas, l'invention de l'écriture, ces petits signes sur leurs bras.

- Alors quoi ? Serai-je arrivée aux rives où l'on dit je ?

- Non, dit Braise, tu as un coup de pompe, une nuit sans dormir, ça met du monde à l'envers, d'ailleurs profite de la seconde où tu peux te voir inversée, regarde-moi, toi c'est moi.

Déménager, nous allons changer d'airs.


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29 décembre 2011

Dans la kvizinn

- La Patronne, dit Troudup, t'as vu, elle fait la cuisine ? J'en r'viens pas.

- Caisse-tu racontes, dit Suzy Troudy, quelle patronne? Quelle Cuisine ? Y a du nouveau au P'tit Renard ?

- Oh ben non, c'est toujours Nono qu'est l'patron, et pour la cuisine, j'en mange pas.

- Ça je l'sais, au P'tit Renard, tu bois, pis c'est tout.

- Mais la Patronne, enfin La Taulière, qu'est-ce qu'elle peut bien foutre dans une cuisine ?

- A c'qu'on dirait, dit la Myrtille Souche, si a s'rait en cuisine, c'est qu'ça s'rait un être humain.

- Pas comme nous alors, dit Léon, songeur.

- J'vois pas l'rapport, dit Troudup, dans la cuisine à Suzy, y a des robots qui triment, j'vois pas l'rapport.

- E'l'rapport, dit la Myrtille, c'est qu'al bouffe!

- Nan, c'est qu'al fait à bouffer.

- Et surtout, complète Paulette Dolstein, elle nourrirait d'autres que vous, est-ce possible ?

Ils sont troublés, dois-je les éclairer ?

Disons que je suis dans la kvizinne, l'arrière-boutique où je cultive et traite les pissenlits par la  salade et par les racines. Car si la mémoire passe par les mots, qui seraient le propre de l'homme, la mémoire et les mots, moi je crois, car il s'agit de foi, que ça passe d'abord par les lèvres, la langue, les papilles, l'oesophage et l'estomac.

- Et tout ça finit dans les cabinets et la chasse d'eau, précise encore Paulette Dolstein.

- Les déchets, oui, dit Robert Dieu, les déchets finissent ainsi.

- Pas toujours, dit Paulette.

 

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25 décembre 2011

Mortivité

J'ai pensé fort: bon anniversaire mais je n'ai rien dit. Déjà bien beau qu'on soit encore là pour l'entendre, encore là pour le dire.

- Euh là ! Pardon ! Ce serait-y le blues de Noël ? C'est qui qui trinque à sec ? C'est qui qui pleure en douce ?

Je suis prise de court, j'ai d'abord cru que c'était Troudup, mais non. D'ailleurs Troudup réveillonne au Petit Renard tous les 24 et tous les 31.

- Décembre ?

- Non, tous les 24 et 31 du mois, sauf en février.

- Et les mois en 30.

- Oui, il y a les mois en 30 et les mois en r.

- On ne dit jamais les mois en 30.

Je ne sais toujours pas qui parle, quelqu'un de passage ?

- Eh non, répond-il, vous me connaissez, mince alors, je n'aurais pas dû laisser sortir ces mots-là de cette bouche-là.

- Ah! Lucien Übernix, ça alors ! D'où vient que je ne vous ai pas reconnu ?

- Pour une raison simple, très chère, dans votre presque fond du trou, vous êtes très plate. N'y ayant accès qu'à une seule dimension, votre intelligence naturelle est dramatiquement réduite et vous voilà transformée en perroquet à clichés, en stupide bonne femme.

- Quand même, cette façon de parler, ce vocabulaire ...

- So what ? Vous êtes encore hébétée par votre grand chagrin ? Pauvre petite solitaire à Noël, pas même une allumette à vendre ou à brûler ? Pauvre veuve de frère, comment nomme-t-on ça ? Flûte ! Aidez-moi!

- Je ne sais pas.  On est orphelin de parents, on est veuf de conjoint, mais de ses enfants on est éternellement le père, la mère, et quoi qu'il arrive, on reste inexorablement le frère ou la soeur. Comment appelle-t-on le dernier à parler une langue ? Comment dire le survivant d'un monde ? Amputé ?

- Ah! Vous m'agacez ! Quittez vos préoccupations de comptable, cessez d'aligner les pertes, tirez un trait.

- C'est fait.

- Maintenant, écrivez le total sous le trait.

- Ça ne s'additionne pas.

- Quand même! Ça revient on dirait. Un peu de lumière, une étincelle de raison ? Ou un éclat de coeur ?

J'ai le sourire, Lucien Übernix s'évapore et se cristallise dans "Bienvenue à la Fabrique". Là, installé dans un labyrinthe construit par Alzheimer Aloys, il a pris le rôle du fils,  mais il bat des ailes sans s'approcher du soleil de la vérité qu'ils cherchent tous.

Lucien a inventé une science où la mémoire fait défaut, où l'intelligence jaillit toute nue du puits de l'ignorance, depuis son vide il interpelle. Ses pourquoi sont plus fertiles que tous les parce que des recherches qu'il mène en parfaite liberté.


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23 décembre 2011

Crise de loose

- I beg your pardon, but i was before you.

- Oh, là, là, i beg too, euh, two ? Or to. Bref, j'm'en fous qu't'était là avant moi, de toute façon, on fait pas la queue.

- Coupez ! Coupez ! Putain Troudup, apprends ton texte !

- Mais c'est un texte de merde, caisse tu veux que j'y foutasse !

Atmosphère, atmosphère. L'Appartement tâte de la VO. L'idée est partie de je ne sais où, personne en s'en vante, de faire un clip pour l'étranger alors ils tentent l'anglais.

- Ce n'est pas tout à fait ça, rectifie Paulette Dolstein, la chose est fondée sur le projet de voyager à Noël.

- Comme tout le monde, dit Fabienne Berman.

- Nous, dit Alice, Albert et moi, nous ne voulons pas du tout voyager.

- Nous sommes très bien chez nous, dit Myrtille Souche.

- Absolument, dit Troudup.

Moi je suis très inquiète, voilà que Troudup et la Myrtille ne savent plus parler leur langue, la traduction les aseptise.

- Pas la traduction, dit Dolstein, c'est le traducteur qui fait défaut ici.

- Moi, dis-je, moi ? Je fais défaut ?

- Vous n'êtes pas maître de tout, répond Dolstein.

- Mais c'est moi qui traduis.

- Si c'est ce que vous croyez, dit Dracula, il ne fallait pas nous donner de libre arbitre.

- Ils sont possédés par l'Anglische, dit Braise, il faut les exorciser.

- L'Anglische ? L'Anglische ? entonne le choeur de tous les gens de l'Appartement, surpris par l'incursion d'un nouveau.

- Je le connais l'Anglische, dit Robert Dieu, c'est le fantôme rémanent de tous les cours de lycée, le reste ectoplasmique de la figure du Wall Street English. On ne torture pas impunément les mots, mêmes étrangers, ils se vengent, L'Anglische est leur Golem. Je ne crois pas à  l'exorcisme, je préconise un repas à la française.

- Dinde aux marrons ? Foie gras ? Huitres, bûche ? propose Fabienne Berman.

- Je vous trouve bien prosaïque Fabienne, dit Bruno Ragazzi, ce n'est pas normal, vous n'êtes pas toujours originale, mais là... Ah oui ! C'est l'effet Anglische !

- Non,  répond Robert Dieu, camembert barraqué, bourgogne ou bordeaux, de la gnôle de contrebande (la gnôle pascale), des noix, des pommes, des chataignes au feu de bois, du pain au levain, une omelette aux cèpes. Et du riz au lait.

Ça ne suffira pas, je médite une opération de sauvetage pour les gens de L'Appartement, un jeu de rôle pour les remettre dans leurs vies, et pour effacer la tentative de clip, un tournage à la française, avec Pierrot aux projecteurs, Michel aux dialogues, Carette et Carmet en parrain de Troudup, Arletty pour Louka, la mère Sardou pour Myrtille ...

- Et tout à lavement, dit Bérurier Alexandre venu en urgence depuis San Antonio.

Moi je dis merci à Frédéric Dard, dans ces circonstances, Bérurier est un allié de poids.

- Oh my God, dit l'ectoplasme, you are so desesperating, you are so horrible, bleah on you! You are so... so... so French !

- Ta gueule L'Anglische !

Ouf. Troudup est guéri.

 

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20 décembre 2011

Absconsités abstruses

- Ça j'peux pas l'endurer. Y en avait, c'est mort, y'en a plus.

- Ce sont des choses qui arrivent.

- Elles passent, je ne sais pas où elles vont.

- Il y en a qui n'arrivent jamais.

Je n'ai pas su qui parlait. D'où ça venait je le sais, ça vient toujours du même endroit, mais qui ?

Plusieurs voix, une était nouée, plutôt furieuse, on aurait pu dire Troudup, mais un Troudup avec de la fermeté. Son ombre peut-être.

Je me suis rendormie, ou je rêvais.

Je me suis endormie où je rêvais.


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02 décembre 2011

Des ménages

- 35 mètres cube, dit le type.

- Bon, répond-elle, j'attends le devis.

Il est parti, elle est restée.

Cette étape est habituellement ellipsée, que le type s'en aille on le sait, il est venu faire un devis, il va en faire un autre ailleurs. Que la cliente reste chez elle, on le sait aussi. Même quand on la retrouve quelques minutes plus tard dans la rue, on sait qu'elle est d'abord restée chez elle, elle a mis son manteau par exemple, elle a fermé la fenêtre de la chambre en pensant c'est assez aéré, elle est sortie, elle a descendu l'escalier et la voilà dans la rue.

Le type a descendu l'escalier, il a fumé une cigarette dehors et il est remonté dans son deux tonnes, c'est le nom de sa voiture, déformation professionnelle.

L'ellipse, c'est supposer sans dire, mais quand on déménage, on ne suppose rien, on compte et on porte.

- 43 mètres cube, dit un autre.

- Bon, que je réponds interloquée, j'attends le devis.

- 49 mètres cube.

- J'attends le devis.

Je suis rassurée, je ne sais pas qui  qui dit n'importe quoi mais du coup ça devient léger. Jusqu'à ce que je me demande si l'un d'eux n'aurait pas vu traces des Gens de l'Appartement, pesé leurs âmes aux aguets, additionné les ombres tapies dans les coins, dans les creux,  les lignes effacées de leurs mains sur les murs courbes et, sur les plafonds hauts les reflets de leurs cerveaux luisant à travers les scalps.

J'ai fait le tour et je n'ai rien vu que d'invisible pour les yeux. Ouf.

Je regarde mes meubles avec amitié, vous êtes gonflés les gars.


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01 décembre 2011

Le Marché éclairant Le Progrès

C'est une fresque trouvée dans une grotte sous marine. On a pu la dater grâce à ses pigments très épais.

Leur matière est très riche en minéraux et éléments indégradables, les matériaux nucléaires notamment sont très présents, il s'agit sans aucun doute de la période qui va des années 1950 à 2050.

L'assemblée frémit, c'est un siècle dont il ne reste que très peu de traces, une découverte de cette ampleur est  un évènement unique.

A la base de la paroi qui porte la fresque, une séquence sémantique est inscrite: Le Marché éclairant Le Progrès.

L'orateur sourit et se tait, il n'a plus rien à dire.

L'assemblée est perplexe, le silence s'installe pour longtemps, Marché, éclairant, Progrès, quel peut être le sens de ces signes ?

Ceux de l'Appartement ricanent. Pas tous en réalité, Ceux-qui-savent ricanent, ça fait pas mal de monde. Je réalise à l'instant que la majorité de mes personnages sont des sachants.

Je suis bien embêtée, tous mes personnages sont plus intelligents que moi. Ils me disent tous: ça t'apprendra, bien fait pour toi, pour qui tu te prends.

- Alors quoi, je leur dis, mon histoire ne vaut rien parce que d'autres ont eu des idées avant moi ?

- C'est pas la question, répond Chauze, le légiste de l'Apocatastase.

- La question, dit Mani, c'est que La Planète des Singes, 1984, c'est très, très bon.

- La question, dit le pape aveugle (il vient du même manuscrit que Mani, il ressemble à l'acteur Michel Robin et Mani à Sami Frey vers trente ans), la question c'est de faire autre chose.

- C'est ça dit Troudup, c'est ça !

- C'est ça quoi, je lui réponds, c'est ça quoi , vous les avez lus ?

- Nan, qu'i dit le Troudup, j'ai vu les dessins animés, c'est vachement bien.

Pff, je me dis, c'est vraiment dur de vivre avec eux tous. Mani et le pape viennent du moyen âge, ils découvrent tout juste dans "Mani" que la terre tourne. Qu'ils aient pu lire 1984, et La Planète des Singes, c'est une distorsion temporelle inadmissible,  et qu'ils me reprochent de venir après Orwell et Pierre Boulle, c'est de la grande mauvaise foi, merdalors.

-  A propos de mauvaise foi, dit Dolstein, n'oubliez pas que c'est vous qui avez fait les règles.

Ah oui, je les ai faites, moi je les pense et vous les vivez. Je ne contrôle pas grand chose, le seul paramètre que je maîtrise c'est la naissance des nouveaux occupants. Et encore, les personnages évoluent sans moi, je n'avais pas prévu que Troudup  devinsse (tiens, prends ça) intelligent, à sa manière. (Sans compter ceux qu'ils pourraient ramener mais ils ne l'ont pas encore fait, fermez la parenthèse s'il vous plait, je préfère qu'ils ne lisent pas ça)

Michel Troudy alias Troudup était un archétype du con mais dès qu'il a eu la liberté de ses actes et de ses pensées, grâce à l'Appartement, il s'est mis à penser son existence. Heureusement que les manuscrits sont bouclés sinon, il pourrait s'échapper de son personnage et mes livres se déferaient tout seuls.

Au fait, la grotte sous-marine, ce n'est pas une grotte sous-marine, c'est le un pour cent culturel d'une entreprise du CAC 40 (qu'est-ce que ça peut bien pouvoir dire ces signes ?). La fresque couvre tous les murs du hall du siège social rue Simon-Crubellier à Paris. Rachel Zukolowsky, qui vit dans "Des Voies Obscures", traduit des modes d'emploi pour cette Société Anonyme.

C'est pas de ma faute si ça existe, ça existe et c'est tout, je ne suis pas responsable de l'invention du monde, c'était déjà là.

 

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16 novembre 2011

Des mots = no logis

- Et pourquoi pas ? dit Astrid au docteur Tayeurt, son mari.

Lui est contre, il avait dit non pour l'astrologie. Un cabinet d'astrologie sur le palier d'un cabinet de médecin, ça prête à confusion, c'est impossible. De toute façon le Conseil de l'Ordre n'acceptera jamais.

Et comme le Conseil de l'Ordre se fiche autant d'Astrid qu'Astrid se fiche de lui, Astrid a vissé sa plaque près de celle de son mari.

La clientèle s'est partagée entre les deux spécialistes et l'interaction donna de bons résultats. Les anxieux passaient par chez Astrid avant la consultation du docteur pour savoir ce qu'en diraient les étoiles, les autres s'y arrêtaient après. Le diagnostic, disaient-ils, soyons sérieux, personne n'y croit. 

- Mais, dit le docteur Tayeurt, tu n'as pas le droit d'ouvrir un cabinet de consultation dans l'Appartement.

- Et pourquoi donc ? L'Appartement c'est chez nous.

- Mais les Autres ?!

- On verra ce que les Autres en disent, moi j'ouvre. Je dirais le passé, le présent et l'avenir, je dirais le temps.

- La météo en somme, dit Fabienne Berman.

- On peut dire ça. Je lis dans les mots le temps qu'il fait dans la vie des gens qui sont. Voici ma méthode, alors voyons par exemple je prends le mot: pontage.

Je pose pontage     je retire pont

reste age.

Bon.

Je pose pontage     je retire age

reste pont.

Bon.

Si pas pontage, l'age sans pont disparaît,

reste mort     je retire r

reste mot.

Point.

- So what ? dit Troudup, dans un état quaternaire dû à son jumelage avec un Glenfiddich douze ans de tonneau. Sans doute de là vient sa subite pratique de l'anglais.

- Oh, ben c'est facile, répond son chien Léon qui n'a rien bu. Certains vieux meurent si on ne les opère point. Le pontage permet de continuer à compter ses années.

- And so on ? poursuit Troudup qui commence à réaliser qu'il cause en briton, ça le trouble.

- Ouah! Ouah! répond Léon, ce qui veut dire ras-le-bol, débrouille-toi pour la traduction.

- Et bien, dit Tayeurt à sa femme, répond ? Dis-nous ce que ça veut dire ?!

- Peut me chaut, lance Astrid, que chacun trouve sa voie ! (et si j'enlève o, reste vie, et toc dans ta face !)

- C'est ça, dit Troudup, cause à mon cul !

Le charme est rompu, son anglais s'est envolé, Fabienne Berman barre d'un trait rouge la piste de l'apprentissage des langues étrangères par immersion culturelle. Dommage pense-t-elle, cétait un bon argument de vente, whisky, vodka, mezcal, rhum, cachaça, schnaps, calva, saké, téquila, etc. ça me saoule ces fausses pistes, je vais me torcher au tilleul-menthe.

Bref, conclus-je Berman est déprimée.

 

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13 novembre 2011

Cul Bite Couille ou le Détour du refoulé

Membres, adhérents  et compagnons de route du grand parti des culs-bites-couilles, bonjour.

Bonjour si je puis dire, bonjour façon de parler, bonjour pas pour tout le monde je m'en rends compte.

Vous accourez ici en quête ( hé! hé!) de stimulation, cherchant l'excitation bandatrice et vous n'y trouvez que (hé!hé!) dalle. Ne dénéguez pas, la liste des mots clés vous a trahis.

Nombre de visiteurs, après avoir tapé sur leur moteur de recherche les mots qui disent leurs envies, tombent sur l'Appartement et le quittent à peine arrivés.

L'Appartement n'est pas un blog naturaliste, bites couilles et culs y sont présents mais pas en personne.

Vous qui passez sans les voir, même si jamais vous ne les toucherez du doigt ni de l'oeil, pensez qu'ils y sont pourtant... Gardez espoir de ce que la frustration accroit le désir et ne l'éteint jamais.

Mmmmmm....

C'est ma limite pour vous, je n'en ferai pas plus pour les égarés, les erreurs d'aiguillage et les maladroits du bulbe, apprenez à vous servir de votre outil de recherche.

 

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