24 mai 2011

Il va t'arriver de la famille

- Y a quelqu'un ici ? Hein, y a quelqu'un ?

D'où sort-il celui-ci ? Vient pas de chez moi, aucun manuscrit ne le contient, je n'ai pas fabriqué cet homme-là. Alors comment est-il venu ? Par quelle voie est-il entré dans l'Appartement ?

- Ah, bonjour Marité.

Il est étonné d'être là, content de m'avoir trouvée, comme si c'était l'exécution d'une corvée, un ordre à satisfaire et décidément, moi, je ne le reconnais pas.

Mais l'odeur me saisit, ça sent la saumure de cornichon, l'ail, le poivre, le koper et le hareng, ça sent les tonneaux dans le grenier, ça sent l'oncle Jacques W. de Nancy qui est l'oncle de mon oncle Jacques L.

Mais, oncle Jacques, tu ne viens pas de mes écritures, je ne t'ai pas fabriqué !

Non, c'est toi qui viens de moi et de mes non écritures, toi qui viens de l'autre monde que moi j'ai fabriqué.

Quel autre monde ?

Celui d'avant ton existence, le monde perdu de notre Kalisz, le monde dont le temps s'est usé.

Tout le monde peut venir chez moi ? Tout ce que je ne vois pas, que je ne peux classer, que je ne sais nommer ? Mince alors, tout va comme ça veut.

- Alors, dit Übernix à Paulette Dolstein, vous voyez ce que je veux dire maintenant.

- Mais oui Lucien, j'en conviens, cet évènement a transformé le monde, mais c'est cetet transformation qui l'a changée, pas l'évènement en soi.

- Ah non Paulette, pas de mauvaise foi, s'il vous plaît.

- Le même évènement, même s'il produisait le même changement, n'entrainerait de transformation identique sur personne, pas plus que sur elle s'il se reproduisait.

- Pas utile de faire des dissections exploratoires ? C'est ça que vous pensez ?

- C'est ça. Ce n'est pas par ce moyen que vous trouverez une solution au Projet.

- Frédéric n'est pas là.

- Non plus.

Je ne comprends pas grand chose à cet échange, à part qu'il y est question d'un moi que l'Evènement DA (Dissection Aortique) aurait changé.

Je n'aurai pas plus d'information, l'oncle Jacques W. n'est plus là, je ne peux pas lui demander par où il est passé.

- Pas par où, m'envoit-il de je ne sais où, son accent yiddish estompé par la distance, tu ferais mieux de chercher d'où je viens que par où je suis venu.

Il a raison. S'il ne vient ni de mes manuscrits, ni de Nancy où il vivait, ni de son Kalisz, ni de son temps qui a disparu, d'où vient-il alors ?

 

Posté par Marite de Vos à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


09 mai 2011

Education sentimentale

Paul est passé ce week-end.

Je ne le comptais pas parmi les Gens de l'Appartement parce qu'il ne vient pas d'un manuscrit. Qui ne vient pas d'un manuscrit n'est pas un personnage pensais-je stupidement.

Paul mène une vie secrète dans un sac, c'est un animal de sac.

Il s'est posé tranquillement sur une étagère, il avait des questions, sur la littérature, comment écrire, jusqu'où aller, par quels moyens. Moi, je ne voyais pas quoi lui dire.

Mais nous avons vite compris tous les deux que sa demande n'était pas du tout de cet ordre.


00003

Ce qu'il venait vraiment chercher dans L'Appartement c'est un sens à sa vie, et même le sens de la vie et d'abord, l'amour, c'est quoi l'Amour, c'est quand c'est où c'est qui ?


00004

Quelques éléments de réponse l'ont laissé sur sa faim. Quelle voie choisir, Jane Austen, San Antonio ?

Je ne réponds pas à ce genre de question. Ils ne sont pas là pour mon éducation sentimentale mais pour le style.

 

Austen et Antonio bordent un univers dans lequel je trace ma ligne.

Ça ne faisait pas l'affaire de Paul, perplexe devant une supposée révélation qui ajoutait des questions sans répondre à rien.

Paul, peux-tu appréhender la complexité de la vie ?

00005

Il y a un temps pour Jane Austen, et un temps pour San Antonio.

La fréquentation de Bérurier pourrait faire grand bien à cette cruche de Fanny Price qui est très, très, énervante.

Il l'assouplirait, il lui donnerait le sens de la relativité, et un peu d'humour si possible. Ah! de l'humour! C'est trop demander à Fanny Price.

Paul est-il trop jeune ou trop chiffon pour comprendre la frustration? Pour ne pas s'effrayer de la perspective de l'acte ?


Posté par Marite de Vos à 17:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

02 mai 2011

Tablier de sapeur

Le tablier de sapeur est aussi le nom donné à la masse de peau qui pend, jusqu'au bas des cuisses parfois, des obèses qui ont beaucoup maigri.

Il couvre le ventre, les cuisses et le sexe, comme au sapeur son épais tablier de cuir.

Le 14 juillet, la légion défile, avec en tête le fameux sapeur au tablier.

Voilà les biffins disait le petit garçon père à leur apparition sur l'écran de la télévision. Il chantait avec la fanfare :

Tiens voilà du boudin, voilà du boudin

Pour les alsaciens et les lorrains

Pour les belges y'en a plus

Pour les belges y'en a plus

Car ce sont des tire-au-cul

Il était belge. Je n'aime pas le boudin.

Il est une clinique spécialisée dans l'éradication des tabliers de sapeur.

Elle répare les méfaits de la nature, On y enlève la peau qui pend, On la retend sur le ventre puis On recrée un nombril à Ceux-qui-en-ont-les-moyens.

Les autres peuvent s'en faire tatouer un et parfaire l'illusion avec un piercing.

Les Gens de l'Appartement voudraient-ils savoir que j'aurais un nombril ?

Alors j'échappe aux papirrazzias, Celle-Qui-Coud prend le relais, elle a pondu à la machine des nocturnes ovipares.

 

trio


Cordon coupé, nombril supposé, origine masquée


 

 

Posté par Marite de Vos à 14:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

30 avril 2011

For extérieur

- Professeur Übernix ? Vous voilà de retour dans l'Appartement, je suis honorée, que je lui dis comme ça au Grand Professeur. Mais je ne suis pas si contente et je le laisse avec Louise Kowski qui n'attend que ça pour en apprendre sur moi.

Je suis mal à l'aise parce que j'habite dans Bienvenue à La Fabrique.
Übernix me connait très, très bien, plus intimement qu'aucun amant. Parce qu'il me l'a demandé je me suis mise plus qu'à nu, pour  lui je suis passée sous les rayons et les ondes, IRM, scanner, radios ordinaires et échographies de toute sorte.

A mon tour de me dissoudre dans l'air du bureau et de m'envoler par la fenêtre.

C'est jour de marché, je vais acheter un bar sauvage et l'apprivoiser à la vapeur.

Übernix vient avec un lourd dossier encombré de radios, Louka frétille, enfin elle va savoir.

- Quel genre de médecin êtes-vous, professeur Übernix?

- Ah oui, il faut afficher son genre, après quoi on exige que vous l'assumiez. Quel genre de médecin je suis ? Je  suis ce genre qui s'occupe de l'humain.

- Vous êtes généraliste ?

- De votre point de vue, oui. Mais non.

- Psychanalyste ?

- Et anthropologue, sociologue, légiste, obstétricien, cancérologue, etc.

- Votre réponse ne m'éclaire pas.

- Je suis spécialiste de la conception, la fabrication, la mise au monde, la vie et la mort d'un humain. Compétences et aptitudes qui m'ont fait Directeur Scientifique de La Fabrique.

- Qu'est-ce que c'est que La Fabrique ?

- Il faudrait répondre à ça ?

- Il faudrait commencer par là, pour que je puisse comprendre d'où vous parlez, qui vous êtes pour savoir qui elle est, ce qui est arrivé, ce qui peut arriver, tout sur elle. Car nous en dépendons tous.

- Alors plus tard.

- Quand ?

- Je trouverai un créneau dans les jours qui viennent. Je vous dirai tout ce que vous pouvez savoir.

- Pourquoi acceptez-vous ?

- Elle m'intéresse, vous saurez ça aussi. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce que je sais d'elle.

J'ai beau m'être évaporée, je les entends. Où que je sois, j'entends tout ce qui se passe dans l'Appartement, je vois tout.

Alors comme ça, Herr Professor Übernix s'intéresse à moi ? Il a ce dossier, il en sait long ? C'est lui qui me suit et m'observe ?

Je croyais être le Créateur et voilà qu'il annonce un numéro spécial: (Presque) Tout sur La Taulière.

Eh bien ça m'inquiète, est-ce que ce blog tenterait de devenir intime ? Pathétojournal ? Egopipolisateur?

Pas question, je les attends les paparrazzis suscités par moi-même, je ne les laisserai pas faire.

- Cause toujours, dit Dolstein.

 

13 avril 2011

Une vie en kit

Trouvé sur ebay cette annonce dans une rubrique Tout faire soi-même: une vie en kit.

Fin de la vente, minuit ce soir, 595 euros 50, quarante-sept enchérisseurs.

Je l'ai mise dans mes affaires à suivre.

Depuis je cherche sur Internet combien ça vaut,  je ne veux pas me faire avoir. Contrairement à ce que disent morales et religions, toutes les vies ne se valent pas.

J'en ai trouvé une masse incroyable, dans des blogs de tous genres, dans les sites des journaux et radios, au rayon faits divers, dans les sites people, partout, partout, partout les vies s'offrent en vrac au passant connecté.

Je constate que la vie (des autres) ne vaut rien, il y en a trop.

Je vais garder la mienne qui ne vaut ni plus ni moins que celle des autres, et je ne vais pas la laisser se faner dans les dossiers médicaux, procès verbaux d'audition, extraits de naissance, de mariage, écrits certifiés conformes et autres compte rendus d'enquêtes.

Ma vie, c'est moi qui l'écris.

 

Posté par Marite de Vos à 00:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


10 avril 2011

L'Enquête

Louise Kowski, dite Louka, a commencé la recherche.

- Vers une heure du matin, La taulière s'est absentée, j'entre dans sa tête.

J'arrive en plein rêve.

Elle est dans un hall d'aéroport.

Trois hôtesses de l'air barmaid ignorent ostensiblement les clients.

La Taulière râle:

- La Sarthe est réputée pour ses andouilles mais là, vous dépassez le niveau, faut arrêter l'entraînement.

-  Je sens que La Taulière sent ma présence, j'évacue les lieux pour ne pas être repérée. Mes premières conclusions sont que La Taulière est en forme.

- C'est un rêve, dit Braise, il faudrait voir dans le réel.

- Comme si on savait ce qu'c'est le réel, comme si quelqu'un au monde savait ce qu'c'est!

- Écoutez Dosltein, réponds-je, agacée, c'est facile de jouer les Zazie, ce serait plus utile de faire un commentaire sensé.

Dolstein s'en fout,

- J'ai dit ce que j'avais à dire, à vous d'en trouver l'usage.

Là-dessus elle s'évapore, mais, bon, elle a raison, c'est quoi le Réel ? C'est où ?

Troudup, les yeux ronds et injectés d'éclairs rouge vif, répond que c'est moi le flic.

- Allez vous coucher, lui dit Dracula, dégouté.

- M'approche pas, vampire, me touche pas !

- Aucun risque, à l'œil nu vous êtes impropre à la consommation.

Mais Troudup s'envole quand même à grande vitesse vers Batbourg.

- Bref, conclut Louka, même s'il faut confirmer, les premières conclusions sont positives, La Taulière va bien.

- C'est à dire, précise Braise, elle va comme avant.

- Je préfèrerais, dis-je à l'intention de Louise Kowski, que vous cessiez vos incursions dans ma tête.

- Je comprends, répond-elle, mais il faut ce qu'il faut.

- C'est ça, ainsi va la cruche et il ne faut pas ce qu'il ne faut pas, assez de clichés, brisons-là.

- Maintenant, dit Braise, on peut dire qu'elle va bien dans le Réel aussi.

- Alors, je continue à enquêter ou on arrête les frais?

- Continuez, dit Frédéric, mais concentrez-vous sur la réalité au lieu d'explorer ses rêves. Laissez ça aux spécialistes.

- Bravo ! s'exclame Dolstein depuis son lointain, voilà des paroles sensées.

- Ah non ! soupire Louka, c'est quoi la réalité, c'est où ?

- Retournez à la base, dit Frédéric, le bloc opératoire, la dissection aortique, le Signifiant outragé.

- Chercher le coupable, chercher à qui profite le crime, le mobile, les suspects, les alibis. C'est OK pour moi, ça c'est du concret, j'y vais.

- Dis-donc, que je dis à Frédéric, il faut que je meure pour que tu te repointes?

- Ben oui, la vie n'est plus notre seul lieu commun.


Posté par Marite de Vos à 12:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 avril 2011

Everybody but me

La troisième personne

J'ai écrit un titre: La troisième personne, et j'ai coché la case brouillon pour y revenir plus tard,

Dans l'instant

Je n'ai pas le temps,

Je pars

Pour un' prise de sang.

La machine me répond: Erreur. Votre message est vide. Le titre ne suffisait pas, tant pis.

Je pars au labo

Il fait beau

ou bien

Il fait beau

Je pars au labo ?

24 heures après, je relis mes vers pas assez libres, et j'y vais, fini les détours, c'est pour aujourd'hui.

La raison de la troisième personne du titre, c'est mettre hors jeu la personne qui cause.

Non, Je n'est pas un autre, Je est je mais Soi c'est n'importe qui, sauf moi.

Moi et mon Soi donc, étions attablés dans un restaurant vietnamien, en conversation avec RL, le psychanalyste qui mena mon analyse.

Je reprochais à la psychanalyse en général et à ce groupe d'excellentes personnes que RL organise et anime, de ne pas mettre le corps à sa juste place.

Le corps, disai-je, est au moins aussi important que le langage. Mon corps je ne l'ai pas, je le suis, sans corps je ne suis pas née, quand mon corps mourra je disparaitrai en même temps que lui.

A cet instant mon Soi et moi avons senti des papillons dans notre oesophage. Mon moi dit Je ne me sens pas bien, à quoi RL ne répondit pas, buvez un verre d'eau ça va passer mais, j'appelle les secours.

Quand les secours arrivèrent, mon corps gisait sur le carrelage, mon Je, très objectif et presque parfaitement détaché du Réel de l'évènement, s'appliquait à décrire les symptômes, très alarmants, et à informer les pompiers que ce corps ne souffrait d'aucune allergie.

Mon Soi, goguenard il me semble, observait la scène, mais pas de très haut contrairement à ce que décrivent les revenants de Near Death Experience.

Pas de lumière vive, pas de vision d'ensemble depuis le plafond, pas d'appel du Ciel, pas de haie d'honneur des chers disparus. Mon Soi savait peut-être que j'étais en train de mourir mais pas moi.

Nous n'étions pas trop de trois pour vivre cette expérience.

Point, fin de la première partie. Le drame est en cours.

Tout comme Phèdre a lancé sa tragédie en avouant son amour incestueux, lui donnant ainsi corps (ah tiens, corps hein!), j'avais ouvert la voie à la mienne en donnant corps, par la parole aussi (damned!), à ma mort.

Tiens, m'a-t-il renvoyé dans son langage de corps, tu ne crois pas à la primauté du Signifiant?  Tiens ! Prends celle-ci dans ta face.

Traduction: voici qu'est déclarée une dissection aortique aigue, affection autrefois mortelle à coup sûr mais qui tue encore vite et beaucoup.

Aux urgences de l'hopital Cochin le diagnostic a été fait très vite. Nous avons, le corps, moi et mon soi, été envoyés tous les trois au bloc opératoire de La Pitié Salpêtrière où nous avons été accueillis par un homme masqué et une piqûre. Arrivée sur la table d'opération, Je lâchai prise.

C'est dans ce lieu et dans ce temps que je suis morte. A l'instant et au lieu Là, ce Soi a pris les rênes.

Pour mieux dire: Je est morte, un Elle/Soi a pris la suite.

L'instant de ma naissance est précis, 6h45, Paris 12ème, celui de ma mort tout aussi précis, 1h30, Paris 13ème. Une vie commencée dans un hôpital après une nuit de bal de 14 juillet, terminée dans un hôpital après une soirée, avortée (eh oui) au restaurant, c'était très cohérent.

Ce qui l'est moins, c'est que ce soit en train de s'écrire.

Que S'est-il passé, que Se passe-t-il ?  A la première personne, à la troisième ? Au singulier ou au pluriel ?

Bref: y-a t-il un narrateur dans le récit ?

 

Posté par Marite de Vos à 11:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 avril 2011

Le Ça-Qui-troue

Le docteur Chauze proteste, Louka de même, et Braise, et Dracula ne sont pas d'accord, ni aucun d'Eux, tous les Gens de l'Appartement revendiquent des informations détaillées.

Ils sont tous leurs raisons. Pour Chauze, des raisons médicales, il veut du précis, Braise veut savoir ce que j'ai ressenti, Dracula veut savoir où est allé le sang, si j'ai reçu des transfusions, Dolstein est parmi les rares à ne rien demander, pour la raison qu'elle en sait beaucoup et surtout qu'elle compte que ça vienne en son temps, Berman et Ragazzi sont simplement curieux, Mandrake est le seul à s'en foutre, peut-être qu'il aurait été content d'avoir disparu au bloc avec moi, ou avant, dans le camion des pompiers ou après dans celui du samu.

Tous, tous réclament, exigent, tempêtent. Ils viennent à tout moment, intempestifs, ils font intrusion dans mes rêves, mais ils viennent aussi aux heures de visite pour exiger leur livre de chair.

Alors quoi ? Je les aurais décortiqués, écartelés, étripés, je les aurais cloués aux portes des granges, des églises et des librairies, je les aurais offerts tout crus à tous les vents et moi, j'y échapperais?

Je pourrais ne rien dire sur moi, mes sentiments, mes terreurs, mes désirs?

C'est ça l'égalité?

La voilà celle-qui-dit je suis comme Eux, tout pareil, je ne suis pas pour de vrai La Taulière, je ne suis maître de rien ni de personne ?

Pourquoi Marité de Vos K aurait-elle ce droit exorbitant et pas Nous ?

Leur révolte m'impose réflexion.

Je ne sais que dire dans l'instant, mais je crois avoir un indice.

Peu de jours avant le Grand Evènement j'avais acheté sur une impulsion un objet dont je n'aurais su que faire.

Il a pris depuis à mes yeux (à mon coeur) des allures de présage: les attributs d'un Signifiant maître (de ma vie).


_a__a

Le Ça-Qui-troue


Posté par Marite de Vos à 12:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 avril 2011

La vie, pas la mort.

Je suis Marité de Vos K.

Bien que je vive dans l'Appartement avec les autres Gens, moi je suis une vraie personne, j'habite dans le Réel.

J'ai créé ce blog avec un principe directeur: pas de vie privée, pas d'intime journal, de la fiction, du surréel, pas moi, eux.

Mais la vie, la mort, tout ça viennent de faire que je dois accepter que les choses ne soient pas exclusivement ce que je veux qu'elles soient.

J'ai failli mourir, en vrai, pas dans le virtuel, j'ai failli y rester.

J'ai mis du temps à admettre, non que je sois mortelle (encore que ce soit inimaginable, si je suis mortelle, à quoi bon?).

Non, ce que j'ai dû admettre c'est que mes personnages aient failli mourir avec moi.

C'est inadmissible, mais dans le déroulement de cet évènement, leurs vies ont été suspendues à la mienne. Ils vivraient si je vivais, sinon, au revoir tout le monde.

Puis j'ai compris, bien après, que comme eux, j'avais été le temps de cette histoire de vie et de mort un personnage. Comme eux.

Sur une table d'opération de vraies personnes m'ont pratiquée, ouverte, refroidie, découpée, rassemblée, recousue.

Puis elles m'ont rangée dans un lit, branchée à beaucoup de machines et de tuyaux divers qui m'ont maintenue dans le monde.

J'ai été leur personnage, absolument hors de toute conscience, ils m'ont actionnée, ont pris ma vie entre leurs mains et l'ont rendue en état de marche, du point de vue du Réel qui dit: La-vraie-vie-c'est-comme-ça.

Je suis donc revenue sous les aspects d'une vraie personne. Mon père est Georges Mitchum


Papa_et_les_pinces___linge Mon père

et ma mère est Anna Magnanni

Ici ma mère  

dès que je retrouve la photo, je la publie.

Mes père et mère sont connus, identifiés, je suis donc, preuves à l'appui, une vraie personne du réel de la vraie vie, pas un personnage de fiction.

Je ne sais comment nommer cet accident qui m'en fit douter, peut-être simplement en disant son nom: j'ai surmonté une dissection aortique.

C'est fait, j'ai parlé de moi.
Je relaterai plus tard la célèbre et mystérieuse Near Death Experience dont j'ai eu la chance de revenir.

A plus tard donc, puisque depuis après le 28 janvier, grâce au professeur Kirsch, chirurgien remarquable et efficace, et à l'hôpital de La Pitié Salpêtrière, j'ai un plus tard.


Posté par Marite de Vos à 11:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 mars 2011

Exister.com

Ambiance d'émeute dans l'Appartement, ça crie la honte à sa Majesté la Taulière qui ne daigne pas se remettre à l'ouvrage, ça renaude, ça crépite, ça revendique, ça hurle à l'existence.

Ils sont tous là, Marianne, Troudup, Suzanne, les Souche, Mani et Dinarzade, Joseph, Plidec Storma, Corentin et sa soeur, leur mère et le directeur du cinéma, Ava Gardner, Dracula et Braise, Antonin, les deux Rachel, Hugo, King Kong qui ne s'était jamais montré, tenant à la main sa Blonde, et qui encore?

Encore Robert Dieu, Berman, Espérandieu, tous les habitants de Batbourg, jusqu'au boucher avec les moutons écorchés du barbecue, Corinne et le Jésus, descendu de sa croix pour venir aux nouvelles, et Frédéric, le professeur Übernicht, le poulet d'anniversaire, rôti et appétissant, la libraire, le Père Noël étripé, Mandrake, tous ceux de Bourg-les-Nains, Martin Martin et son associée, les Issus, jaillis tout droit de l'Autobiographie de Dieu, le village des Polly Pockets, le Ça-Qui-Pousse

Et moi, Louise Kowski, comme eux, avec eux, encadrée par mes deux Fred, et Fabiola  venue aussi, qui n'a pas pris le temps de nettoyer sa tempe ensanglantée, et Paulette Dolstein qui la couve du coin de l'oeil, et d'autres, et d'autres que je ne connais pas ni ne reconnais.

Chacun dans cette foule vient réclamer la dignité, le respect de son existence, car, oui, nous craignons tous que La Taulière se défile.

Elle n'est pas réapparue pour expliquer l'affaire, la grande affaire: pourquoi elle est absente depuis deux mois, ce qui lui est arrivé et comment elle a failli partir définitivement.

Ils m'ont engagée pour enquêter, et  raconter, si Marité de Vos K. persiste à jouer l'Arlésienne.

D'accord, ils ont raison, je dois cesser de ne plus être là.

Je veux restaurer leurs existences, je ne veux pas continuer à me terrer dans le silence de la  prétendue discrétion.

Je n'avais pas pensé à eux, pas pensé qu'ils n'existeraient que par moi. Indifférente à leur sort, j'étais concentrée sur ma (sur)vie, mon moi, mon corps.

Pas une pensée pour eux alors.

Mais c'est fini, je suis Marité de Vos K., La Taulière est de retour, je vais tout dire: de ma NDE, la Near Death Experience.


Posté par Marite de Vos à 15:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,