18 septembre 2012

Euh ?!

En effet: euh ?! pense La Taulière en son for intérieur 

Que vont-ils faire ? Puis-je ou dois-je laisser s'introduire ici Dieu et Bernina 830?

- Qu'est-ce que ça peut donner ? se demande-t-elle.

- J'ai envie de dire, création, j'ai envie de dire nouveauté, j'ai envie de dire révolution, j'ai envie de...

- Eh! Fabienne, ça suffit, lâche l'affaire, on n'est pas dans la presse pipeule, ici! Ici, c'est l'Appartement figure-toi, dit Astrid qui n'a quitté son ouvrage que le temps de s'insurger. Elle est très concentrée, c'est la première fois qu'elle fait le thème astral d'une machine à coudre.

- Ouais, ouais, dit Troudup, elle a raison, Astrid, c'est pas SBSC ici!

- SBSC? dit Fabienne, connais pas. Elle aime les commentaires, comment faire ses analyses de consommateurs sinon ? SBSC, jamais lu, jamais vu, alors, qu'est-ce que c'est ?

- SaBiteSesCouilles! lance Troudup, très content.

- Merci, répond Fabienne sincère, et elle note. Est-ce que ça ne serait pas le moment ? Au lieu de tergiverser avec des Elle, Lui, Playboy ou Closer, pourquoi pas dire les choses ? Car enfin, de quoi parle-t-on.

- Ouais, ouais, commente Troudup, mais y a pas que  la bite et les couilles

Le temps que Fabienne, très étonnée que Troudup éprouve le besoin d'une précision, se tourne vers lui pour noter la suite, il termine

- Y a le cul aussi.

 

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25 janvier 2012

Coco beach

- Tout est déjà vécu, tout a été fait déjà, on n'a pas à s'inquiéter, tout s'est déjà passé.

- Ben oui répond Troudup au hasard, il finit le whisky, et je m'en fiche, parce que l'Appartement déménage bientôt et que je vais pouvoir jeter la bouteille. Et puis, Troudup n'est pas vraiment cet homme qui boit devant moi, il est ailleurs, lui aussi, déjà parti.

- Alors, continue la voix, on est sans doute tous déjà morts, ou pas. C'est pareil ?

- Oui, dit la voix d'outre-tombe, tiens ça y est je l'ai reconnu c'est Dracula, mort, vivant, c'est pareil.

Qu'est-ce qui se passe ? Il ne fait pas nuit, ni jour, pas de brouillard mais rien de clair, quoi alors ?

Leurs voix sont des échos,  elles se croisent sans se répondre, la réverbération des sons lance des ondes, j'ai mal aux oreilles, je me réveille.

J'éprouve une relative gêne, le coup du cauchemar pour sortir d'une situation inexplicable n'est pas très glorieux, mais c'est peut-être mieux que le pathos, la vie, la mort, tout ça, le choix entre Alzheimer ou le caveau.

"Ou", c'est optimiste parce que c'est les deux. Et Gerda est morte.

Je me rendors, je rêve de Coco Beach à Goa, la moiteur salée, le ciel  vide, l'océan gris et poisseux, le crabe plein de chair que j'y ai mangé, cuit juste pêché pour moi.

Coco Beach, où le temps rejoint l'espace, où Auschwitz n'existe pas, l'invention de l'écriture, ces petits signes sur leurs bras.

- Alors quoi ? Serai-je arrivée aux rives où l'on dit je ?

- Non, dit Braise, tu as un coup de pompe, une nuit sans dormir, ça met du monde à l'envers, d'ailleurs profite de la seconde où tu peux te voir inversée, regarde-moi, toi c'est moi.

Déménager, nous allons changer d'airs.


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10 janvier 2012

Recense ment

 - Hein ?

- Je suis le recenseur monsieur, c'est affiché à la mairie. Je dois compter les habitants.

- Eh ben compte-moi, mon gars, c'est pas dur je suis qu'un, Michel Troudy: Un.

- Vous habitez seul, monsieur?

- De quoi j'me mêle !

- Je dois compter tous les habitants monsieur, là où ils habitent. C'est national monsieur.

- T'es qui d'abord ? T'as une carte ? Et comment qu'tu t'appelles d'abord, hein ? C'est vrai quoi, hein !

- Je m'appelle monsieur Hyckse, je suis écrivain c'est pour ça...

- Pour ça quoi ?

- Que ça m'intéresse de compter les gens comme vous, j'ai du temps, j'écris la nuit.

- Putain un vampire !

Kevin Hyckse est perplexe. Il pensait que ça serait une super expérience pour lui qui rêve d'écrire, rencontrer des gens, entrer chez eux, leur poser des questions. Sa tournée de recensement commence tout juste, il se dit c'est pas gagné 

Après la maison Troudy, il va passer au Petit Renard demander à louer une chambre, il sent qu'à Batbourg le temps ne va pas passer vite.

- Alors monsieur, combien de personnes vivent ici, s'il vous plaît ?

- Trois.

- Leurs noms sivouplaît ?

-  Troudy Michel, c'est moi, et pis Suzanne et Léon.

- Votre fils monsieur ?

La question émeut Troudup, Léon, son fils ? Il n'y a jamais pensé et pourtant se dit-il, ça se pourrait presque.

- Ouah ! Ouah ! dit Léon qui fait le chien pour une fois.

- Léon, dit Troudup, c'est Léon.

- Ah, ça fait deux alors.

Oui, dit Troudup, et il ferme la porte en soupirant parce que la vie est injuste. Enfin, qu'i's'dit,  c'est l'recensement qu'est injuste.


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19 octobre 2011

Ici. Ou là.

- J'ai pas aimé, j'reviens. Et plus vite que la Taulière, moi. dit Troudup qui se repointe à l'automne. Il tombe avec les feuilles celui-ci.

- Caisse ta pas aimé? lui demande la Myrtille Souche.

- Carhaix dans l'Oigne, c'est mort, pire que Batbourg j'te l'dis. Y a pas d'bistrot, y a pas de place de la Mairie, y a pas d'église du Xème, XIIIème, etc. Y a rien de rien. La Taulière m'a envoyé aux pelotes !

- Pas du tout, je lui dis. Et absolument pas encore, je vous ai envoyé quelque part, comment en seriez-vous revenu, sinon ?

- J'ai pas trouvé, alors quoi ?

- Alors vous n'avez pas trouvé c'est tout.

Je suis allée, moi, quelque part. C'est laqué, blanc et vaste. Il y règne une présence magnétique, elle se signale par des bruits cliquetants et bipants et une langue inconnue,  parlée par des servants. Ils sont en blanc, en bleu ou vert non tissé. Ils portent des calottes, des objets de culte aux noms exotiques: stéthoscope, cathéter, ECG. Parfois les servants parlent en langue, et là je comprends. Ils disent:

- Comment ça va ce matin ? Comment ça va ce soir ? Comment ça va, là, hein, hein, hein ?

 

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11 juin 2011

Coma dépassé

- Je sais que je dors, dit Marianne, parce que je ne rêve pas.

C'est à Lucien Übernix qu'elle parle, qu'elle appelle  Über depuis qu'elle est petite qui est comme un oncle mais ses parents sont fils uniques.

- C'est le contraire que tu veux dire, non? Tu ne dors pas sinon tu pourrais rêver?

- Oui. Non. Si je rêvais en dormant, ce serait comme dans la vie, où on dort, on ne dort pas, on va ici , on va là, on fait ci ou ça. Alors que moi je suis là et je ne bouge pas. C'est que je dors, non ? J'espère que je dors.

- On dirait que c'est ce que tu souhaites plutôt que ce que tu vis ?

- Si je dors, je peux me réveiller. Mais si je ne dors pas alors c'est ma vie qui passe à Batbourg, et ça, c'est impossible.

-  Si tu es en train de dormir et que moi je suis en train de te parler ?

- Ah oui, tu es dans mon rêve

- Je suis dans ton rêve.

- C'est génial, dit Marianne, je dors, je rêve, je vais me réveiller.

- C'est toi qui décides.

- Je vais dormir encore un peu et puis... Et puis on verra.

 - C'est pas très marrant, dit Troudup tout chose, à Paulette Dolstein. 

Ce n'est pas  facile cet Appartement, comme une seule tête où tout circule. Troudup aurait préféré de pas entendre Marianne et Lucien Übernix pendant sa séance avec sa psy.

- Mais alors, réalise-t-il d'un coup, ça veut dire qu'eux aussi ils savent ?

- Ils savent quoi ? demande Paulette.

- Que j'existe.

- Vous existez, qu'ils le sachent ou non.

- Mais ils le savent comme je le sais ?

- Oui.

- C'est ce que je disais, c'est pas marrant.


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25 avril 2011

Le Trèfeuleu

- Je transpirais comme ver qui pisse, j'avais les chocottes et puis j'ai trouvé le tréfeuleu.

- ?  répond succinctement la Myrtille Souche plus loquace en d'autres occasions.

- J'avais plus besoin d'avoir peur, j'avais le trèfeuleu ! Le trèfeuleu comme l'as de trèfeuleu, le trèfeuleu à quatre feuilles !

- Hola monsieur Troudy ! Hey! Oh! Troudup ? C'est quoi là ? Ou bien ?

- Ail bègue yor pardonn mâme Souche, mais pas du tout, c'est le chouchen dans le café qui me donne du vocabulaire.

- Mais c'est pas français. Du pastis dans le thé, ça f'rait-y pas mieux  ?

- Oh, oh, oh ! Ne faites pas le malin, madame Je-suis-la-plus-forte, je vois clair dans votre feu.

Myrtille Souche et monsieur Troudy ne prêtaient pas attention à moi, pourtant il est d'usage que la présence de la police les rende muets. Mais là non, je pouvais les écouter à ma guise, la grosse Myrtille arrêtée sur le chemin, un nain sous le bras et Troudy, adossé au mur du Petit Renard, retenu ferme par Léon en embuscade à l'entrée.

J'avais enfin le rapport d'hospitalisation de Marité de Vos K, j'attendais Dolstein. J'espérais qu'elle me le traduise bien qu'au téléphone elle m'ait dit, je vous le redis, inspecteur Kowski, c'est non.

Elle seule pourrait faire quelque chose pour Troudy, qui depuis quelques mois délaissait la table d'examen du docteur Tayeurt pour son divan, avant de virer analyste elle était ortophoniste.

- Oh que non, dit-elle avant même que je ne m'aperçusse de son arrivée dans  l'Appartement, j'ai renoncé à tous les ortho-trucs. Je ne vais pas lui enlever les mots de la tête.

- Mais on n'y comprend rien.

- Qu'il le dise comme ça ou autrement, il n'y a rien à comprendre.


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12 avril 2011

Pisser plus pleurer moins

Il y avait cette émission de télé, dans les années... euh ... vers 1960 je suppose, (tous mes souvenirs, je les ai rangés par là).

Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Que font-ils ?

Je cherchais qui, je me demandais ce que ces gens faisaient dans la télévision. Est-ce qu'ils n'avaient pas une vie ailleurs ? Est-ce qu'ils étaient payés pour ça ?

Je n'avais pas compris que c'était des silhouettes fabriquées.

Les Gens de l'Appartement jouent la même histoire, où vont-ils, que font-ils, qui sont-ils ?

Messieurs dames et demoiselles et chiens et tous êtres vivants dans mes manuscrits, et maisons, rues et  jardins,  ciels et fleuves, enfin tous les mondes assis dans les pages, il faut vivre vos vies dans votre ailleurs, pas Ici.

Louka, Braise, Dracula, Troudup, Alice et tous les autres, cessez de vous occuper de moi, retournez chez vous.

- Tu vois, dit Frédéric.

- Je vois quoi?

- Ce que ça fait d'être l'objet et le sujet, d'être sélectionné, observé, étudié dans tous les coins, de finir collé aux pages d'un manuscrit, dans la vie où tu es cloué par un auteur ? C'est ton tour.

- Ah mais non, je ne suis pas le sujet, je suis le Créateur.

- Toute créature finit par dépecer le Créateur, pour voir comment c'est fait dedans, comment ça fonctionne, au risque de ne pouvoir remonter la machine.

- Moi je ne fais pas dans la métaphysique du personnage, dit Louka, je suis flic, je ne manipule pas les idées mais le concret. J'ai les rapports d'hospitalisation de Marité de Vos K, mais Dolstein ne veut pas les interpréter.

- Je n'interprète pas, dit Dolstein, les faits mentent toujours, traduire c'est réduire l'autre à soi.

Louka soupire, agacée d'être d'accord, elle lutte en permanence contre la tentation de résoudre les enquêtes avec ses propres raisons.

- C'est bien d'avoir des principes, répond-elle à Dolstein (elle ne dira jamais qu'elle est d'accord avec elle) mais je fais quoi ? Des études de médecine ?

- Madame la policière, dit Frédéric, pourquoi n'allez-vous pas chercher plus loin ? Il y a des Gens ailleurs qui pourraient vous répondre. Tu as remarqué, dit-il pour moi, que certains ne sont jamais venus dans l'Appartement?  La Porte n'est pas ouverte pour tout le monde ?

Louka se tait, patiente, et moi, je suis bien embêtée,

- Oui j'ai remarqué, certains ne sont pas venus.

Je voudrais bien que cette conversation s'arrête là, mais c'est Frédéric, je ne peux pas lui répondre  par le silence. Il se tourne vers Louka qui a sorti son bloc, prête à noter,

- Oui ? Vous avez des noms à me donner ?

Mais ce n'est pas Frédéric qui répond, Frédéric s'est fondu dans ma tête, il ne veut pas me forcer ni me décortiquer, lui. C'est un autre qui entre pour la première fois dans l'Appartement.

- La Fabrique a besoin de vous, Marité de Vos K, dit-il, vous avez des obligations n'est-ce pas ?

- Oui j'ai ces choses à terminer.

Oui je dois me remettre et m'y remettre, oui il y a La Fabrique, le Projet, faire revenir les disparus qu'on n'oublie pas.

- Bonjour professeur Übernix. Je ne vous ai pas oublié savez-vous.

- Je sais. Et il tendit la main vers Louka qui lui remit sans hésiter mon dossier médical.

- Au moins, on n'en finira après ça, non? demandais-je, tendue et pas contente de le montrer.

- Oui, nous pourrons passer à autre chose, dit-il. Je ne comprends pas que vous n'ayez pas fait la relation avec le Projet Frédéric.

Sa remarque me saisit, je n'y ai pas pensé ?

- Je ne comprends pas non plus comment j'ai pu négliger ça.

- Nous en reparlerons n'est-ce pas ?

- Oui, j'ai dit, nous en reparlerons.

Et de mes Issus qui sont aussi la relation de Frédéric à moi, de nos vies à nos disparus.

- Meeeerde ! dit Troudup, meerde, la mort y en a marre, feriez mieux de boire plus et de parler moins ! La vie, la mort, tout ça, c'est que d'la bibine tiède, buvez-là fraîche, vous pisserez plus vous pleurerez moins.

- Il n'a pas entièrement tort, dit Dolstein. Alors, Monsieur Troudy, où est passé Léon ? Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu. Et ils s'évaporèrent tous les deux en passant La Porte de l'Appartement.

Übernix et Louka sont partis en discutant, effacés en un instant et moi, j'étais dans mon bureau.

Ah ! Ah! Moi je suis là en vrai, pensais-je tout en doutant de la réalité.

 

10 avril 2011

L'Enquête

Louise Kowski, dite Louka, a commencé la recherche.

- Vers une heure du matin, La taulière s'est absentée, j'entre dans sa tête.

J'arrive en plein rêve.

Elle est dans un hall d'aéroport.

Trois hôtesses de l'air barmaid ignorent ostensiblement les clients.

La Taulière râle:

- La Sarthe est réputée pour ses andouilles mais là, vous dépassez le niveau, faut arrêter l'entraînement.

-  Je sens que La Taulière sent ma présence, j'évacue les lieux pour ne pas être repérée. Mes premières conclusions sont que La Taulière est en forme.

- C'est un rêve, dit Braise, il faudrait voir dans le réel.

- Comme si on savait ce qu'c'est le réel, comme si quelqu'un au monde savait ce qu'c'est!

- Écoutez Dosltein, réponds-je, agacée, c'est facile de jouer les Zazie, ce serait plus utile de faire un commentaire sensé.

Dolstein s'en fout,

- J'ai dit ce que j'avais à dire, à vous d'en trouver l'usage.

Là-dessus elle s'évapore, mais, bon, elle a raison, c'est quoi le Réel ? C'est où ?

Troudup, les yeux ronds et injectés d'éclairs rouge vif, répond que c'est moi le flic.

- Allez vous coucher, lui dit Dracula, dégouté.

- M'approche pas, vampire, me touche pas !

- Aucun risque, à l'œil nu vous êtes impropre à la consommation.

Mais Troudup s'envole quand même à grande vitesse vers Batbourg.

- Bref, conclut Louka, même s'il faut confirmer, les premières conclusions sont positives, La Taulière va bien.

- C'est à dire, précise Braise, elle va comme avant.

- Je préfèrerais, dis-je à l'intention de Louise Kowski, que vous cessiez vos incursions dans ma tête.

- Je comprends, répond-elle, mais il faut ce qu'il faut.

- C'est ça, ainsi va la cruche et il ne faut pas ce qu'il ne faut pas, assez de clichés, brisons-là.

- Maintenant, dit Braise, on peut dire qu'elle va bien dans le Réel aussi.

- Alors, je continue à enquêter ou on arrête les frais?

- Continuez, dit Frédéric, mais concentrez-vous sur la réalité au lieu d'explorer ses rêves. Laissez ça aux spécialistes.

- Bravo ! s'exclame Dolstein depuis son lointain, voilà des paroles sensées.

- Ah non ! soupire Louka, c'est quoi la réalité, c'est où ?

- Retournez à la base, dit Frédéric, le bloc opératoire, la dissection aortique, le Signifiant outragé.

- Chercher le coupable, chercher à qui profite le crime, le mobile, les suspects, les alibis. C'est OK pour moi, ça c'est du concret, j'y vais.

- Dis-donc, que je dis à Frédéric, il faut que je meure pour que tu te repointes?

- Ben oui, la vie n'est plus notre seul lieu commun.


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09 avril 2011

Ya Basta

Oui et ben non.

Moi je dis ça suffit, y a basta. Je vais reprendre l'affaire en main, ça ira plus vite, et dans la bonne direction.

Je constate que la Taulière est en train de virer métapsychanalycoblabla.

Dans le premier chapitre de L'Apocatastase des Cons, elle m'a fait nommer au BAB (Bureau des Affaires Bizarres) par le préfet de police, je me sens le profil pour enquêter sur sa Non-Near-Death-Experience.

Et vérifier son état mental.

Au vu des derniers commentaires, on peut se demander s'il n'y a pas eu excès d'opiacés, overdose de morphine, et penchant exagéré pour les sédatifs de compétition.

Je me fiche qu'elle soit saine d'esprit, elle ne l'a jamais été, ni qu'elle soit dans la norme, quelle norme ? Mais si elle a passé la ligne, elle peut nous balancer, Nous les Gens de l'Appartement, dans des histoires tordues, nous déménager dans des mondes glauques ou (trop) déjantés. Elle n'a qu'à l'écrire pour nous le faire vivre. Moi je dis gaffe, il y a danger.

- Enfin dit Braise, on prend les choses en main. Depuis qu'elle est revenue, nous nous attendons à tout, Dracula s'est terré dans sa crypte, de peur de faire le mal, Rachel a pris dix kilos de stress et moi, je ne dors plus.

- Tu ne dors jamais, tu es un personnage qui vit la nuit, le jour, tu ondules entre les lignes.

- Façon de parler. Les vrais gens font ça, Louka,  ils enfilent les mots et en font des expressions sans odeur.

- Vrais gens mon cul

- Tiens, Troudup, dit Louka, ça faisait longtemps.

- Ouais ben, mon cul aussi pour longtemps. Elle a raison la Braise, on peut pas attendre que la Taulière nous rectifie les habitudes. Dans l'état qu'elle est, on risque le pire. Juste quand j'ai enfin réussi à me remettre à boire, c'est pas le moment qu'elle vienne secouer la ruche.

- Pourquoi, demande Alice, pourquoi pas faire appel aux médecins qu'elle a créés? Le docteur Dolstein, ou le docteur Chauze?

- Dolstein, oui, je vais aller la voir, répond Louka, mais pour Chauze, j'hésite, c'est  un légiste, je vais attendre que la Taulière soit morte pour la faire autopsier.

- Ehh! Ehh! Ah ouais, ehh y a aussi Tayeurt qu'est docteur, i r'çoit nuitéjour, on dort vachement bien sur sa table d'examen.

- Merci Troudup, mais je vais chercher des lumières, pas des mal comprenants.

- Hein ? Quoi ? Kess' kelle dit celle-ci?

- Elle dit, traduit Alice sur un ton très doux, qu'elle préfère s'adresser au Bon Dieu qu'à ses crétins.

Nous la Trinité, moi, je et mon soi, alias La Taulière Atteinte, je les comprends et finalement, j'attends d'eux qu'ils me sortent de là, il ne fait aucun doute qu'ils sont ma solution.

Pour l'heure, je vais entrer dans la peau de Celle-Qui-Crochète et croiser les fils en suivant les diagrammes au signe près, et puis profiter de ma traversée du  Grand Vague pour n'être que le Dieu des Issus. Ils rêvent en Moi leurs maisons, leur village et leur éternité.

En Vérité je vous le dis, ils auront ce qu'ils espèrent.

- Oh là là, disent les gens de l'Appartement, ça ne s'arrange pas, il ne faut pas tarder à s'en occuper.

 

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30 octobre 2010

Fool foule

Panique à l'Appartement, une foule de Michel s'y presse, entourant le clavier et l'écran, assis sous le bureau, jouant dans les étagères, y en a plein le couloir, plein la chambre, dans la cuisine, ils font la queue pour les toilettes.
Inflation de Michels, pléthore, surpopulation, superlatifs michéliques.
Bref, il est trop !

- Michel ! rentre à la maison, Michel ! Michel !

- Oh, Michou, t'es dans la lune ou quoi ?

- Eh la Miche, t'es où ?

- Michel ?! Michou ? Mimiche ? Michéri, La Miche, Mimonchou, Mimi ?!!

- Ouah ! Ouah ! glapissent les Léons, eux aussi en plusieurs modèles de tailles mais sur moins de temps. Disons qu'il a une petite dizaine d'années de Léon représentés par des Léons.

Pff, je ne comprends ni ce que je vois, ni ce que je pense.

- Oh, eh ! Monsieur Troudy, que se passe-t-il ?

Et comme bien sûr il est là lui aussi, parmi les autres, il est bien embêté:

- Je suis désolé, c'est à cause de Dosltein, alors...

- Alors quoi ?

- Alors je ne sais que faire. Elle m'a laissé en pleine panade, tout afflue, je ne sais pas comment j'ai fait, tous mes mois se télescopent, je ne sais pas lesquels je suis. Il y en a même que je ne reconnais pas, celui-ci, là, en pipe et moustache, il ne me rappelle rien du tout, pourtant, c'est un moi, c'est sûr. Le petit gars, là, le Michto, c'est moi, et lui, c'est moi, ils sont tous moi ! Je ne me savais pas si nombreux.

- Quel rapport avec Dolstein ?

- Elle est en vacances.

- C'est pas gentil ça.

- Non, hein, on pourrait compter que son analyste ne vous plante pas en pleine crise de soi.

- Il faut faire quelque chose, on ne peut pas laisser tout ce monde ici.

- Ah là là, je vous jure, c'était bien plus simple quand j'étais ch'val, la vie d'épave c'est pépère.

- Je compatis, mais là, vous allez faire quoi ?

- Je n'en ai aucune idée, c'est la fin du moi,

me répondit Troudup avec un sourire que je ne lui connais pas, charmant, charmeur, et je me suis contentée de cette réponse.


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