10 janvier 2019

Comme un Lego

- Bonjour, je m'appelle James et je suis un robot.

- Bonjour James, répond en choeur la chorale des Gens de l'Appartement.

- Je viens ici témoigner de mon existence mais étant seul de mon espèce je ne rencontrerai pas d'écho.

- A peine arrivé déjà mégalo !

James cherche d'où vient cette voix éraillée avec autant d'agacement que d'espoir, aurait-il un alter ego ? Mais il ne voit rien de ce genre dans la salle du Petit Renard, pleine de toute sorte de gens, de bêtes, d'expressions diverses, d'origines variées, un monde entier mais pas d'autre comme lui.

- Tu parles, ici rien ne marche sans robots, s'il n'y avait que toi, on serait dans la mouise.

- Comme c'est curieux dit James, qui dit mouise aujourd'hui ?

- Moi je dis qu'on serait dans la mouise et la panade, je dis que sans nous c'est la Bérézina, le désert, le Moyen Age, l'Inconnu, le Néant de l'Impensé. Je dis ce que je veux.

Cette fois, James a attrapé du coin de l'objectif gauche les diodes clignotantes de la machine à café qui lui parle, il est déçu et soulagé, non ce n'est pas un robot comme  lui, c'est un bot de premier niveau.

- Premier niveau mon arrière, moi je fais le café et j'sèche les tasses.

- Je fais le café, les courses et la cuisine, le ménage et le jardin, je répare les voitures, les chaudières, tout corps et toute mécanique, entre autres activités, d'ailleurs machine à café, tu as besoin d'un détartrage et d'une révision, tu fuis, tu perds ta puissance et ton café n'est pas bon.

- Merdalors, dit Le Souche, v'là qu'les machines parlent entre elles sans nous calculer !

- Ta gueule l'enclume, dit Troudup, dans les deux y en a une qu'est pas une machine. James, vous êtes quoi, une personne mécanique, ou bien ? 

- Oui James, dit Astrid, vous êtes un quoi ou un qui ?

Corinne Mars ne dit rien, elle est déjà amoureuse du beau gosse qui vient de se présenter, confusément elle pense à Pinocchio, elle ne sait pas pourquoi.

- A vrai dire, dit James, je compte peut-être sur vous autres pour m'éclairer sur ce point.

Je suis vexée, si quelqu'un peut c'est moi La Taulière, moi qui suis en train de l'écrire dans 11h03, titre provisoire. James n'est pas un robot est un robot, James n'est pas un homme est un homme, James est, cela devrait suffire.

- Voilà le fond, dit James, être ou ne pas être ce n'est pas la question. 

Je suis surprise, j'oublie toujours qu'il est télépathe.

Je croyais que vous étiez celle qui sait, celle qui peut, la Dieu de l'Appartement.

Je le crois aussi de temps en temps mais je ne suis que l'étincelle, c'est vous tous la Chose qui brûle.

C'est vrai, pense James, si je n'avais pas d'Ego la Machine à café ne m'aurait pas piqué au vif et gonflé l'ego. 

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08 janvier 2019

Damned, ils sont là !

Aucune préméditation, mon retour de clavier n'est pas le fruit d'une bonne résolution, je constate que n'en prendre aucune produit de beaux effets, à preuve ma présence dans l'Appartement.

Or donc, chemin faisant je me suis demandée si Troudup allait bien, s'il rêvait toujours, si Léon l'accompagnait dans ses aventures Batbourgeoises, si le Petit Renard avait pris des vacances, si Astrid avait tracé les destins dans son ciel personnel, si, si, si et si...

Je saurais ça bientôt, maintenant que le désir de l'Appartement est revenu c'est le printemps permanent.

- Dites-donc Là-Haut ! Faudrait pas croire que parce que vous avez inventé l'eau chaude vous pouvez aller et venir ci comme chez vous ! dit Corinne Mars, un peu grise mais allumée par le fluo de son gilet rose.

- Batbourg est l'eau chaude que j'aurais inventée ?

- Ben, dit l'Achille Souche, ben oui ! Sans La Taulière pas de Batbourg sans Batbourg pas d'Appartement sans Appartement pas de Gens de l'Appartement.

- Heu là ! La Souche respire, tu vas attraper l'AVC, bois donc plutôt une goulée de café à la gnôle. 

- Merci mais non, et entre nous Corinne, tu devrais lever le pied sur la gnôle, ça commence à se voir.

- Comment, qu'est-ce qui se voit ? Qui croit quoi ? dit Corinne, en se redressant elle ajuste son gilet, regarde autour d'elle en remplaçant une mèche fraîchement blonde et c'est vrai qu'elle redevient à l'instant  la jolie Corinne Mars que j'ai laissée, un peu...

- Un peu quoi ?

- Un peu rien de désagréable Corinne, tout va bien, mais tu sais,

- On s'tutoie ?

- Moi je peux, et toi, tu fais ce que tu veux, tu sais donc, Corinne de toujours, qu'à Batbourg il n'y a pas de rond point, rien à bloquer, chacun invente ses tabous et en use à sa convenance, ou pas.

- Ah ça oui, je n'aime pas le jaune mais le rose fait aussi bien et je dirai ce que je veux quand je veux. Bloquer les rond point, c'est bien quand il y en a, ici je bloquerai les beaux gars et les jolies femmes, je coincerai les moches et les cons, je prendrai l'air et le temps de causer et de rigoler.

Mmmm, ça sent la bonne odeur de la vie des Gens d'Ici, ils ne se sont pas éteints pendant ma coupable absence, pas desséchés, pas dévitalisés, ils ne sont pas partis voir ailleurs, ils sont restés eux-mêmes sans effort, merci Les Gens !

- Pourquoi coupable ? dit Troudup de retour de Carrhaix-dans-l'Oigne, alors quoi, on profite que chuis en vacances pour revenir en lousdé ? Eh ben ça, c'est une sacrée drôle de crénom d'Bon Dieu d'bonne idée !!!

 

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29 janvier 2017

Flipp Flipp Flapp

Flipp flapp flipp flipp... Kiii ! Puik ! Kii! Ki!!!

- Wouah ! Wouah ! Léon ne sait plus parler, il redevient chien dans l’Appartement transformé en volière.

- Flishhhh ! Frashhh! Vvvvvvhh…

Mandarins, cardinaux rouges, serins, canaris oranges, jaunes, blancs, des tarins, et même deux perruches bleues, et une volée d’enfants qui courent sous les oiseaux  de toutes les couleurs, ça court et ça vole partout, Léon saute, la surprise le surexcite et lui rend sa nature, Troudup rit dans son coin, avachi dans un fauteuil, il croit qu’il rêve, Braise est ravie, Paulette Dolstein et Robert Dieu oublient de prendre des notes, tous les Gens de l’Appartement regardent ébahis les enfants et les oiseaux. 

Une gaieté sourde neige dans L’Appartement, des oiseaux, des enfants, comme si on n’avait jamais vu ça.

Le fait est, ils n’ont jamais vu ça, c’est la première fois que les enfants déboulent ici, il était temps de leur laisser de la place.

 - Ils en ont marre, dit Doudou qui ne sait pas marcher mais qui cause bien.

- Ben oui, dit Tara la petite fille blonde très frisée, ils peuvent pas s’amuser dans leur cage, ils peuvent pas courir partout.

- On a fermé les fenêtres, quand ils auront bien joué, on les rangera, dit Guigui un petit blond décidé.

- Bonjour tout l’monde, on est les gosses et eux, c’est les oiseaux de Papa.

- Bonjour les gosses, répond La Rumeur, L’Appartement tout entier, ses Histoires et ses Gens, salue les nouveaux arrivants.

Il était temps, dit Braise.

- Vont-ils s’effrayer de ma présence ? se demande Dracula qui vient quand même se présenter.

- Oh non ! dit cette petite brune d’une dizaine d’année.

La petite T. est ravie, c’est moi à dix ans, j'aime les morts, les vampires, Frankenstein et Dracula.

Me voilà renforcée, nous sommes deux Moi à présent dans L’Appartement.

Est-ce que les autres vont se montrer ?

 

11 janvier 2017

La vraie vie c'est pas d'la tarte

- La Taulière elle est où ? Corinne Mars se réjouit prudemment de mon éclipse, elle préfère l'exclusivité, c'est le genre de femme à aimer la compétition à condition d'être seule en piste.

Marianne s'en fiche, pas de moi, parce que Marianne c'est moi, n'est-ce pas Gustave ? Elle se fiche de la compétition, de la piste, de l'indifférence, elle est en dépression, ça occupe. 

- Et moi alors, dit Braise, tu crois que je me fiche de séduire ? D'être aimée ? Regardée ?

- Oh non, ça c'est sûr, je le sais parfaitement, hein Gustave ? Mais pour toi, ma chère chère, pas de challenge, ça se produit sans manoeuvre ou ça ne saurait se faire.

- Oui, sinon, pas de vrai désir, rien ne brûle qu'un feu tiède, à peine une flammèche pâle.

Alors le souffle puissant de Dracula passe sur son visage, emmêle ses cheveux, elle rougit, elle pâlit, elle flambe. Braise, c'est l'amour tout entier à sa proie attaché (merci Racine et d'abord merci Phèdre).

-  Elle se cache ? demande Corinne, elle est mal à l'aise, Braise est là, Marianne se manifeste par son absence et moi, elle voudrait que je sois un fantôme, la rémanence d'une existence passée.

Est-ce que je me cache ?

- Non, ê s'cache pas, êl'planque.

Troudup vient de donner la réponse que je ne cherchais pas, c'est ça je planque.

Mon nouveau manuscrit me fait la vie et c'est ça que je veux écrire, la vie, c'est vache, c'est pas la-vie-c'est-vache, c'est vache de me mener la vie dure sur la vie, merdalors, pour qui il se prend ce manuscrit ?

C'est mon histoire qu'il porte et il ne répond pas à mon appel ?

Ici est ma solution, mes personnages doivent venir ici, je leur donne l'adresse, je les libère. Je planque derrière les portes, je les regarde vivre au lieu d'aller les chercher partout ailleurs, dans les souvenirs, dans le passé, dans ma tête, dans mes rêves, dans le réel.

- Tête mon cul ! Souvenirs mon cul ! Réel mon cul !

- Merci Zazie, tu as mis le doigt dessus, la vie ni la vérité ne sont dans le Réel.

- Comme si on savait ce k'c'est la vérité, comme si quelqu'un au monde savait ce k'c'est !

- Tu causes, tu causes, dit Troudup, comme si t'étais pas un tyran, comme si on était libres de sortir de c'te putain de prison que tu nous as fabriquée, tu peux toujours appeler ça l'Appartement.

- Ben dis-donc, t'as la mémoire courte Alzy, qui est parti en vacances à Carraix-dans-l'Oigne? En menaçant de ne jamais revenir ? C'est moi peut-être ? Lâcheur ! J'ai cru ne plus te voir ! Maître chanteur !

- Hé! Hé ! Comme qui dirait qu'elle serait de retour dans sa petite cape et son collant-body, SuperTeigne, Notre Sainte Patronne. La Taulière est de retour Allélouuuu-yah !

- Ah ouis, c'est ça ! Eh ben je... je vais... Vous verrez bien c'que j'vais.

 

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27 septembre 2016

Twist on my porosité

 Léon cherche et frétille mais rien à faire il ne trouve pas.

- Inévitable dit Robert Dieu, Léon est un chien dénaturé, il a perdu sa chiennerie, plus de flair.

- Est-ce l'aboi qui fait le chien ? dit Paulette Dolstein, le langage qui fait l'homme ?

- Allons, dit Fabienne Berman, Léon est un homme puisqu'il parle, les chiens ne parlent pas.

- Ouah ouah ! dit Léon par esprit de contradiction.

- Et français, dit Bruno Ragazzi en prenant des notes: inventer méthode pour apprendre aux chiens à parler.

- D'ailleurs, dit Léon, mon ancêtre Idéfix ne parlait pas mais il était gaulois.

- N'empêche, dit Troudup, tu piffes plus rien, t'es qu'un inverti, un pauv'mec chienneux qui sait plus retrouver les odeurs ! Oùkellest la s'moule à la noisette ? Hein ! Oukellai ??

- Je les connais perfect les odeurs, dit Léon le Flair, agacé par le désir, pas seulement de la noisette, il y a de la vanille, de la crème de coco et, et... et de la fleur d'oranger !! mmmhh, c'est bon, c'est bon...

Jusqu'à présent L'Appartement était étanche à mon monde, que je prétendais être le seul réel mais si les odeurs entrent dans L'Appartement, volutent jusque dans les poumons des Gens de L'Appartement, alors qui est vrai qui est virtuel ? Ils ont des poumons, ils parlent, ils ont mal quand on les blesse, ils rient quand ils sont gais, ils pleurent quand ils sont tristes, tout comme moi. C'est la preuve par Shakespeare.

Qui est poreux ? Eux, ou moi ? Ce que je sais c'est que je vais en manger, et pas eux.

C'est embêtant...

PS: Faire bouillir un litre de lait, y ajouter une demi gousse de vanille dont on grattera les graines quand elle sera assez ramollie, ce qu'on veut de crème de coco et une bonne pincée de sel fin.

A l'ébullition verser 110 grammes de semoule de blé fine et la même quantité de sucre en poudre. Mélanger 5 minutes en maintenant le bouillon, puis éteindre, ajouter une bonne rasade de fleur d'oranger et beaucoup moins d'huile de noisettes.

Verser dans ce qu'on veut, ramequins petits, grands bols ou coupe à entremets, laisser refroidir, mettre une nuit au réfrigérateur, manger.

- Merci Marité dit Marianne, maintenant qu'on a la recette, ne reste plus qu'à trouver comment se procurer les ingrédients...

- Facile, je dis, puisque cela est dit, que cela soit fait, et hop, c'est dans les placards.

- Et ensuite faudra trouver le moyen de faire passer ça de notre extérieur à notre intérieur dit Corinne Mars qui ne se pose pas tant de question quand il s'agit de boire un coup.

 

 


26 septembre 2016

Sésame !!! Merde, quoi Sésame !!!

La Porte de l'Appartement est fermée.

On dirait qu'elle est coincée, ça ne s'ouvre plus. 

Merdalors, j'allais, sans intention particulière, quand je me suis aperçue que La Porte ne s'ouvrait plus ! 

J'ai fait intervenir Le Grand Serrurier.

- Mais depuis quand doit-on passer par la porte ?

- Depuis qu'une certaine Taulière a mis les bouts, eh ! Lâcheuse ! dit Troudup, très fâché dis-donc.

- Un peu que j'ai les boules, se faire effacer par son auteur, c'est dégueulasse, chu orphelin depuis des mois! De sa mère, on s'remet, mais de son Créateur ! C'est pas humain. Des mois qu'ici les mots n'existent plus, des mois de silence, des mois que dans l'Appartement personne peut plus moufter. 

- POURQUOI??! Pourquoi ? dit la Rumeur.

- Pardon, je dis, je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

- Jure que tu l'f'ras plus, jure ! dit Troudup encore furieux.

- Je ne peux pas, je ne sais pas si je recommencerai ou non.

- Bon tant pis, on la reprend la Pomponnette, dit Troudup plus fâché du tout. 

- Vous nous avez manqué, très chère, dit Dracula.

- Infiniment, dit Braise

Et tous les Gens de l'Appartement de gronder autour de moi comme une marée qui monte en bouillonnant un soir d'orage.

- Ils m'ont manqué aussi, je m'en rends compte à l'instant où j'écris ces lignes, à un point que je n'imaginais pas. Quelle est donc cette chose qui m'a prise et éloignée de vous, et d'abord de moi-même ?

 

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15 janvier 2016

Perdus Pas Perdus

- Tiens, dit Mandrake, content d’apparaître au comptoir du Petit Renard, j’ai réussi ma téléportation du premier coup, c’est nouveau !

- Ne te réjouis pas trop vite, dit Caliban qui n’est pas surpris de débarquer dans un bar de fiction, parce que Caliban rien ne l’étonne, c’est pas toi, y a un truc.

- Le truc dit Troudup, c’est ma porte.

- Putain la vache, dit Nono, c’est vrai, putain de putain, ils passent par ta porte !

- Si ça s’trouve dit Troudup, on fait venir qui on veut.

- Quand même, dit Nono, j’ai pas envie que mon rade devienne un hall de gare.

- T’as raison dit Troudup, j’mets l’verrou et j’branche l’alarme

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13 janvier 2016

Les Chroniques du Petit Renard

- J’aurais pas dit ça.

- T’as rien dit.

- Voilà. Si j’avais dit quèqu’chose, j’aurais pas dit ça.

- Tu veux dire quelque chose ?

- J’ai pas dit ça.

- Je comprends rien à c’que tu dis.

- C’est pour ça.

- Quoi pour ça ?

- Que j’dis rien. 

- J’t’en r’mets une ?

- Ouais mais sans glaçon.

- Alors, t’étais où ?

- Chais pas.

- Tu sais pas où t’étais ?

- Ben là, j’suis où par exemple ?

- Là, t’es ici.

- Faudrait savoir ! Chui là ou chui ici ?

- Ah ben oui.

- Tu vois, quand tu fais des efforts tu comprends.

- Quand j’fais des efforts je comprends tout. C’est pour ça.

- Quoi ?

- Des efforts faut pas qu’j’en fasse trop. 

- A la tienne, mon Nono.

- Pareil.

 

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06 janvier 2016

La Porte (ou Topologie désorthodoxe)

- Ta porte, là, tu la décolles de cont’e le comptoir, dit Nono, et pis tu l’ouvres s’il te plait, que les clients puissent entrer.

- C’est la porte de chez moi, dit Troudup, si j' l’ouvre c’est chez moi ki vont débarquer.

- Qu’est-ce qu’elle fait là alors ?

- J’en ai marre qu’on s’pointe à ma porte quand chu pas là. Alors j’l’emporte.

- Pas con.

- Eh ! Y en a là-dedans.

- Ferme-là donc à clé qu’on soit peinards.

- T’as raison c’est pu l’heure des visites. Izonka v’nir au bistrot.

- Voilà.

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03 janvier 2016

E pericoloso

- Il faudrait bien le faire ! dit Bruno Ragazzi à Robert Dieu, il faudrait bien le faire ce recensement, on ne sait plus combien on est.

- On ne sait surtout pas qui on est combien.

- Quoi ? Qui on est combien ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

- Ha! Ha! dit Troudup, vlatipa qu'même les intellos izon d'la bouillie dans la caf'tière ! ça réconcilie avec la transcendance.

- Ben dis-donc dit Corinne Mars, v'là qu'le Troudup cause en langue !

- Un peu, dit Troudup, pendant qu'La Taulière était en sabbatique, j'sus allé aux cours du soir.

- Mes excuses, reprend Dieu, c'est une crise de mixage, un accès dyslectique, je voulais dire: on ne sait surtout pas combien sommes qui.

- Heureusement, dit Fabienne Berman, que j'ai gardé mes notes de cours, je peux encore traduire Dieu dans le texte: on ne sait surtout pas combien on est de Personnages à incarner le même Qui.

- Non, dit Dieu, c'est le contraire, combien de Quis pour Un seul Gens.

- Je traduis la traduction, dit Braise, qui sait ce que c'est qu'incarner le qui vu qu'elle est comédienne: Faudrait-il recenser les Gens de l'Appartement afin de déterminer l'origine de leur existence.

- Euh là ! dit La Taulière, c'est plus tordu que ça n'en a l'air, chaque Gens est fait de plusieurs Quis que je n'ai pas tous identifiés, le Qui n'est qu'une de leurs origines.

- Re Bref dit Troudup, faut nous faire des cartes d'identités infalsifiables, pour faire des contrôles infalsifiés de non-réalité. 

- Non, dit Léon, faut des pedigrees, c'est tout.

- Voilà, dit Paulette Dolstein, penchons-nous sur la généalogie.

- Attention, dit Le Qui, E pericoloso sporgerzi !

- Hein ?!! dit Corinne en se tournant vers Troudup.

- Compte pas sur moi, dit Troudup, j'entrave que dalle au boche.

 

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