- Je sais que je dors, dit Marianne, parce que je ne rêve pas.

C'est à Lucien Übernix qu'elle parle, qu'elle appelle  Über depuis qu'elle est petite qui est comme un oncle mais ses parents sont fils uniques.

- C'est le contraire que tu veux dire, non? Tu ne dors pas sinon tu pourrais rêver?

- Oui. Non. Si je rêvais en dormant, ce serait comme dans la vie, où on dort, on ne dort pas, on va ici , on va là, on fait ci ou ça. Alors que moi je suis là et je ne bouge pas. C'est que je dors, non ? J'espère que je dors.

- On dirait que c'est ce que tu souhaites plutôt que ce que tu vis ?

- Si je dors, je peux me réveiller. Mais si je ne dors pas alors c'est ma vie qui passe à Batbourg, et ça, c'est impossible.

-  Si tu es en train de dormir et que moi je suis en train de te parler ?

- Ah oui, tu es dans mon rêve

- Je suis dans ton rêve.

- C'est génial, dit Marianne, je dors, je rêve, je vais me réveiller.

- C'est toi qui décides.

- Je vais dormir encore un peu et puis... Et puis on verra.

 - C'est pas très marrant, dit Troudup tout chose, à Paulette Dolstein. 

Ce n'est pas  facile cet Appartement, comme une seule tête où tout circule. Troudup aurait préféré de pas entendre Marianne et Lucien Übernix pendant sa séance avec sa psy.

- Mais alors, réalise-t-il d'un coup, ça veut dire qu'eux aussi ils savent ?

- Ils savent quoi ? demande Paulette.

- Que j'existe.

- Vous existez, qu'ils le sachent ou non.

- Mais ils le savent comme je le sais ?

- Oui.

- C'est ce que je disais, c'est pas marrant.