Où sont Léa, Braise, Rachel et Albert Zukolowsky, Hugo, Dorian, etc.
05 octobre 2010

Bang bang

- Allo! Allo!

- Allo? Où? Qui?
J'étais en pleine réussite (sur l'ordinateur, rien, d'exceptionnel, tant pis), en pleine réussite donc ?

- Allo! C'est Braise, bonjour Marité...

Braise, comment se fait-il que je n'ai pas reconnu sa voix pourtant si particulière, chaude et tendre, et pleine de mystère comme celle de Delphine Seyrig.

- C'est à cause du froid, les ondes frisent, répond Braise. J'entends autour d'elle un souffle de vent pailleté.

Et puis je réalise que je n'ai rien dit, j'ai pensé et Braise a entendu?

- Mais oui, j'entends, par les mêmes ondes.

Mais... mais... et puis je me souviens à l'instant qu'il n'est pas nécessaire de comprendre, nous sommes dans l'Appartement, où tout arrive.

- Tant qu'à faire, dis-je à Braise, envoyez votre vraie voix s'il vous plaît, sans déformation.

- Je ne maîtrise pas le vent, il se mélange à moi, dans les ondes floues, il me pénètre, elle rit doucement et même là je sens les paillettes du vent, glacées. Je crains de percevoir le souffle de la tombe, qu'est-ce que Dracula a pu faire à ma Braise?

- D'où vient cette sensation de glace, de nuit et de froid?

- C'est l'Islande! Dracula et moi, en lune de miel dans le pays de la nuit éternelle!

- Plus besoin d'endurer le soleil.

- Et plus besoin de vous...

Je me suis sentie niée, plus besoin de moi? Et quoi encore? J'ai tiré un peu sur sa corde pour la ramener à moi,

-Vous souvenez-vous, Braise, de votre souhait? Cette grande histoire, ce rôle qui vous emporte?

- Oui, justement...

- Et bien, vous l'avez, non?

Parce que je savais que je n'avais pas le droit de lui dire ça, de lui voler sa joie, je suis soulagée d'en être aussitôt punie.

Je suis envahie d'un sombre regard, les yeux de Braise dans mon ventre, envahie par l'angoisse battant par mes veines, le cœur de Braise palpitant dans ma tête, alors je pense très fort,

- Braise, j'ai voulu en être mais votre histoire n'est qu'à vous.

Quelques larmes chaudes, un grand soupir et un sourire de loup, Braise se reprend et je n'entends plus que le vent furieux.

- Ce n'est pas grave, je demanderai au Père Noël de vous en donner une à vous aussi.

- Une quoi?

- Une histoire qui vous flingue... Bang, bang...

J'ai repris ma réussite où je l'avais laissée, pas contente de moi.
Bang, bang...


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20 juillet 2010

Qu'Annah lise

Quand Albert Zukolowsky est apparu, à la suite de tous les autres, je me suis demandée ce qu'il allait bien pouvoir me demander.

Voyons, voyons, pensé-je, quel peut bien être le souhait qu'un psychanalyste voudrait emporter en vacances ?

J'ai cherché, je n'en avais aucune idée.

Il me regardait, la tête penchée, avec dans les yeux la lueur psy, cette attention de tout l'être qui vous dit, je suis là, vous pouvez parler, vous pouvez dire tout ce qui vient, ce temps est à vous.

- Certes, répondis-je à son silence, mais c'est vous qui venez me demander quelque chose, pas moi qui viens vous consulter.

Il m'a souri et vraiment, c'était surprenant, son sourire partait de la tête alors que le sourire standard, comme chacun le sait, vient de l'intérieur de la poitrine, passe derrière la trachée, remonte le long de la gorge et fuse par les coins de la bouche, mais pas de derrière le crâne pour traverser par l'intérieur de la tête, ça m'a presque donné la migraine.

- Enfin Albert, c'est à vous de me dire ce que vous souhaitez que je rectifie pour vous.

Il m'a semblé qu'il faisait non, non, de la tête alors qu'il n'avait pas bougé du tout. D'un seul coup, j'ai compris,

- Albert, ce n'est pas possible. Vous ne souhaitez pas que je commence une analyse avec vous.

Son sourire s'est élargi, rassemblant les éclats chaleureux du sourire de tout le monde, me confirmant ce que je ne voulais pas croire.

- Mais enfin Albert, on ne fait pas une analyse avec un personnage !

- Est-ce que nous ne sommes pas tous des personnages.

Albert Z., la cinquantaine, psychanalyste freudo-lacanien, fils de son père, frère de Rachel et de Braise avait parlé.

Et la question valait que je me demande si le personnage que je ne souhaitais pas être n'allait pas entamer une analyse avec le personnage qu'il était.

 

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11 juillet 2010

Zoophilie

- Vipères, crapauds, canard, dit Albert à Paulette, batraciens, reptiles, anatidé.

-  C'est cela, répond-elle, pas de mammifères.

-  Mais Peau d'Âne ? songe tout haut Albert, dubitatif, parce que l'Âne est sacrifié dès le début du conte.

Albert Zukolowsky est le frère de Braise et Rachel, il réside comme elles dans Les Voies Obscures, et comme Paulette Dolstein il est psychanalyste.

-  Qu'est-ce que c'est que cette histoire de mammifères? dit Braise passionnée par contes et mythes pour la bonne raison qu'elle est comédienne.

Je lui répondrais bien, moi, si je savais quoi, mais je n'ai jamais pensé à "cette histoire de mammifères".

- Chez les grecs, dit Dolstein, ils sont les supports essentiels aux péripéties d'Aphrodite, Zeus, etc. Io devient vache, le Minotaure dévore les vierges...

- Mais Léda, dit Albert

- Oui, sourit Dolstein, amusée car c'est une Lacanienne, c'est un cygne, et un anatidé, comme La Mère l'Oye.

- Mais qui fait des enfants, dit Braise. Et qu'est-ce que vous dites du monstre surgi de la mer pour dévorer Hippolyte sur l'ordre de Thésée ?

- Moi, dit Dracula depuis son recoin obscur car il fait grand jour, je dirais transition du reptilien au mammifère, le poisson sort de l'eau, les nageoires deviennent des pattes, le règne de l'homme commence.

Ils me fatiguent ces quatre-là, aujourd'hui, parce que moi aujourd'hui je voulais parler des vipères, des crapauds et du vilain petit canard, parce que j'espérais Cendrillon.

Je voudrais sa version, le discours de Javotte et Anastasie est sujet à soupçons, car n'est-ce pas, de leurs bouches, a dit la sorcière, ne sortiront que des crapauds et des vipères, alors que de celle de Cendrillon jailliront des perles et des diamants.

A moins que les contes ne se croisent dans l'Appartement, celui des pieds, celui des bouches?

Javotte et Anastasie sont des menteuses, Cendrillon n'est pas une cruche molle.

Albert et Braise Zukolowsky et Paulette Dolstein sont partis déjeuner en ville, et moi je reste avec Dracula endormi dans son placard et mes questions, dont une, qu'est-ce que c'est que cette histoire de mammifères ?

Oh Mamie, oh Mamie Mamie blue, oh Mamie blue, je ne reviendrai plus jamais, dans cette ville que j'aimais, plus jamais près de toi Mamie, oh Mammie

Est-ce qu'elle m'entend seulement, ma Vieille au Bois Dormant ?


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29 juin 2010

Trésor international

A peine ai-je franchi le seuil du bureau que Rachel m'interpelle.
Elle m'attendait depuis un moment,

- Non, non, pas spécialement vous, quelqu'un, c'est tout, juste quelqu'un pour partager ma découverte ! C'est un truc, mais un truc  inouï, je n'en reviens pas, quelle trouvaille, c'est la première fois, j'en rêvais bien sûr, tout le monde en rêve mais je l'ai trouvé, je l'ai, je l'ai !!!

- Quoi ? Tu as quoi ?

Elle s'agite, elle respire fort, elle sourit, elle arpente la pièce, passe par la cuisine et revient par l'autre porte du bureau, car l'Appartement est très circulatoire. Il a des couloirs, des portes, des accès surprenants, il faut que j'en dresse le plan, je suis sûre d'y trouver des signes que je ne vois pas, des passages ouvrant sur des lieux mystérieux.

Bref, Rachel arpente.

 - Voilà !

Elle brandit un livret mal agrafé, imprimé noir sur blanc, format  petit carnet ou bien mode d'emploi thaïlando-javanais.

- Et alors ? Un nouveau mode d'emploi à traduire, c'est la routine.

- Pas celui-là. Celui-là m'est parvenu par des Voies Obscures.

- Forcément, tu résides dans le manuscrit qui porte ce nom, Par des Voies Obscures, c'est chez toi.

- Oui mais non, c'est encore plus Obscur. Je me suis réveillée ce matin avec, dans la tête, une voix qui me disait, lève-toi, ouvre le livre  qui est en haut de l'armoire. J'ai trouvé la Merveille des merveilles !

- Mais enfin, qu'est-ce que c'est?

Elle me montre solennellement un petit livret imprimé de hiéroglyphes, de runes, de signes dont je ne parviens même pas à imaginer l'origine.

- Je n'y comprends rien.

 - C'est ça ! On n'y comprend rien ! C'est un talisman, Le Mode d'Emploi des Modes d'Emplois: Le MEME. Perfection de l'impénétrable.

Et je comprends enfin ce qui l'excite tant. Elle, dont la spécialité est de décoder tous les langages connus pour en faire des textes banalement pratiques, a enfin trouvé son maître, l'Intraduisible.

- L'Illisible, dit-elle, pas l'intraduisible. Dès que je serai parvenue à le lire, je le traduirai! C'est un Trésor... Mais un Trésor...  Sidéral. C'est ça, il vient peut-être des étoiles!

Je suis blette, blasée et désenchantée, je n'y crois pas une seconde.

Je pense, sans le lui dire, je ne veux pas doucher son enthousiasme, que de l'illisible il y en a des quantités en vente libre sur le Net.


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23 juin 2010

Fass foude

Marité

Hannah, Féla, Rachel Z., et Jeannette  sont dans la cuisine de l'Appartement.

- Qu'est-ce que c'eï lé fass foude? dit Hannah, ma grand-mère personnelle qui ne se souvient pas des Wimpy et autres Macdo qui ont poussé dans Paris quand elle vivait encore.

- Des Macdou, voilà ce que c'eï dit Jeannette en se moquant de l'accent de sa mère.

- Né té mok pas dé ta mèïre, gronde Féla.

- Woï, woï, woï, concluent-elles d'une seule voix, lé fass foude, c'est pas kasher.

- Il y en a de casher, dit Rachel, il y a des orthodoxes qui mangent des hamburgers, même à la maison leur femme en fait.

- A la maison ? Dans la kvisine ?!!

Elles sont outrées.

Oh bien sûr, le rabbin dit c'est kasher parce que la cacherout est respectée mais on ne peut pas nourrir sa famille comme ça !

- Mais où sont-elles leurs familles, se demande Rachel Zukolowsky, où est une famille qui ne se réchauffe plus au même feu, qui ne mange plus à la même table ?

Et si elles avaient raison les grands-mères? pense-t-elle, si c'était ça qui nous nouait ensemble, manger cette cuisine-là, du bouillon avec des kneidelers, ces gâteaux-là, ces plaisirs-là ?
Si ça n'était que ça la famille, des estomacs pleins de la même nourriture?


Rachel est seule devant le mode d'emploi en français de Chine d'une urne funéraire pour poisson rouge.
Elle se demande par où passe l'amour, où sont les morts qui n'ont pas d'urne.

Moi je crois qu'il aurait fallu les manger, au moins. Absorber leurs corps, les digérer avec nos corps, les prendre en nous pour les garder toujours.
Je suis une sauvage, ceux de ma tribu sont les miens et je suis à eux.

Mais aujourd'hui Rachel et moi, nous sommes orphelines jusqu'à nous mêmes.


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05 juin 2010

Deux trous rouges au côté droit

Braise sort du noir en fredonnant

- Comme un chagrin qui pleure mais c'est du sang qui coule, parce qu'il tombe des hallebardes...  

Et Dracula en écho avec la voix de Nick Cave,

I called her a wild rose but her name was Braise Braise Braise

Je m'inquiète bien sûr,

- Braise! Braise? Qu'est-ce qui se passe?

Elle avance vers moi et je crie

- Tu as deux trous rouges au côté droit!

- Oui, qu'est-ce que tu en penses?

- Je n'en sais rien.

- Regarde, dit-elle en faisant un geste à Dracula, qui reste dans l'ombre.

J'ai fermé les volets mais il fait grand soleil, un baiser de jour lui serait fatal. Il tend un écrin à Braise qui en sort deux boucles d'oreilles, une plus petite que l'autre, des Créoles en or piquetées d'améthystes et d'émeraudes.

- Quelle splendeur!

Dracula répond, très heureux et son bonheur fait peur car il dévoile largement ses canines,

- Mes aïeules les portaient, dont la grande duchesse des Carpates  qui fut une très belle femme. Braise lui ressemble en beaucoup  plus belle, plus vivante, et si chaude.

Je soupire, cette histoire d'amour me fait peur pour Braise, et pour lui aussi après tout.

- Marité, souffle Braise dans un sourire éclatant, nous sommes heureux.

- Pour nous, dit Dracula, la lune de miel c'est l'éternité,  le  jour seul est dangereux.

Et ils sont partis tous les deux, lui, l'aidant à enfiler la seconde créole, plus petite que la première, elle, lui enlaçant la taille de son bras si blanc.

Juste avant qu'ils ne se fondent dans les murs de l'Appartement, elle m'a lancé,

- Souviens-toi, Marité, tu m'as faite femme de nuit!

- C'est vrai. Braise c'est la nuit et elle vient des Voies Obscures.

Et puis, de toute façon, c'est leur vie, je n'y suis plus.


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05 mai 2010

Je me souviens aussi

Rachel Lehmann

Hélène disait, c'est à maman de le faire, maman l'a fait, il était temps.

Mais oui alors, j'étais fière, j'allais apprendre tout le reste, les gâteaux, les bouillons, les cornichons, la langue au salpêtre, j'allais tout savoir, j'allais tout savoir!

Je commençais tout juste à apprendre, je marchais à peine dans les pas de ma mère, j'ai été la reine des zibeless le temps d'un soir, à Pessah, en 1943.

La salade Turquie

Mélanger une boite de concentré de tomates,

Une boite de purée de poivrons piquants,

Cinq gousses d'ail écrasées,

Deux bottes de persil plat haché fin,

Mettre au frais au moins une journée.

Servir avec du pain grillé.

La salade Turquie se garde des mois au frais, faites-en en quantité.

Le foie haché

Deux gros oignons jaunes

Le même volume de foies de volaille, (ça fait environ 350 grammes)

Deux (ou trois) œufs durs

Une cuillère à soupe de graisse d'oie (ou de canard)

Chauffer la poêle avec la graisse, y faire fondre les oignons en lamelles fines, les saler au sel fin pour qu'ils rendent leur eau,

Quand les oignons commencent à dorer, poser les foies dessus.

Couvrir, laisser cuire doucement.

Quand les foies sont cuits, cœur rose et moelleux, les débarrasser sur une planche à découper,

Réserver le jus dans la poêle,

Avec une feuille de boucher, hacher assez finement mais pas trop le foie, les oignons, les œufs durs, saler s'il faut.

Pour finir, ajouter, si nécessaire, le jus réservé.

Mettre au frais.

C'est tout.

Quand j'avais vingt ans, toutes les Rachel savaient le faire, mais moi, je le faisais très bien.

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04 mai 2010

Mémoire

Hélène

Autrefois, je cuisinais tous les jours, ah! Comme j'aimais mes gourmands.

Aujourd'hui j'ai presque tout oublié mais les odeurs, les goûts, les appétits sont toujours là, ils me tiennent compagnie.

Je me souviens des carottes piquantes,  je ne me souviens plus du foie haché.

Quand la lumière du jour revient tôt le matin, quand je sens la chaleur du soleil sur mon visage tard dans l'après-midi, tout mon corps sent le printemps, alors je me souviens des oignons nouveaux, des radis et des asperges, je me souviens de la vie.

Les carottes piquantes

Les éplucher, les cuire entières  à l'eau bouillante salée.
Les sortir tendres de l'eau.
Les couper en
grosses rondelles  quand elles sont encore très chaudes.
Dans un plat un peu creux, les assaisonner de jus de citron, harissa, huile d'olive, cumin en poudre (pas trop fine) et d'une botte de persil plat haché.
Servir très frais à l'apéritif, ou bien avec le couscous.

Les oignons nouveaux au beurre et aux œufs durs

Hacher tout le blanc des oignons et un bon tiers des tiges vertes.
Mélanger avec du beurre fin assez mou pour être manié aisément, deux œufs durs, ou trois, écrasés à la fourchette.
Saler, mettre au frais.
Ne pas les préparer plus de trois heures avant le repas.

Pour le foie haché, demandez-donc à Rachel, ma sœur, c'est la reine des zibeless.

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21 avril 2010

Pour qui sont ces serpents?

Braise

Oh Marité, comme tu es rugueuse! Je ne serais que représentation? Je ne me satisferais que de la lumière, et de l'amour du public.

Comme tes mots sont pointus, comme tes regards sont aigus, comme tu as de grandes dents!

Je suis ta part qui brûle, tu ne peux pas me pardonner d'être encore là?

Et quand bien même très chère, tu ne saurais où est mon bonheur et partant ne pourrais me le donner avec certitude, quand bien même, chérie, il me faudrait le privé et le public, pourquoi ne pas m'offrir les deux?

N'oublies pas que tu peux tout.

Alors oui, je me demande pourquoi moi qui peux tout pour Braise, j'hésite à le lui offrir, puisqu'elle est capable de tout vivre, jusqu'à l'héroïque.

Qu'est ce que ça me coûte?


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20 avril 2010

Qu'ai-je fait? Que dois-je faire encore?

Marité

Braise ne peut pas venir souvent ici, elle prend trop de place, elle m'étoufferait ou bien c'est moi qui l'ait reléguée dans ce rôle de flamme lointaine?

Qu'est-ce que ce serait pour toi, Braise, un bonheur de papier?

Un beau rôle, un personnage qui  t'offrirait l'occasion de mettre au dehors ton humanité, ta subtilité, ton passé et ton présent réunis dans l'instant magique?

Une conjonction merveilleuse qui cristalliserait sur une scène un être humain exceptionnel, le regard du public ferait de ce moment une éternité?

Est-ce que si j'éclairais ta vie par l'intérieur, par le miracle d'un amour partagé, tu trouverais que je t'ai ouvert une porte vers le bonheur?

Est-ce que tu peux être heureuse en secret, Braise? Sans public?

Braise est une part de moi qui ne s'éteint pas.


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