12 janvier 2015

Troupeau sans berger

- Un troupeau sans berger, c'est la première fois que je vois ça, dit Paulette Dosltein.

- Nous n'étions pas sans berger, dit Dracula, nous étions chacun le berger de nous-même.

C'est la raison pour laquelle un grand nombre des passagers de l'Appartement n'est pas encore rentré, Troudup, Le Souche, Corinne, les Rachel, les Albert, Alice, Braise, Fabienne, Le Lecteur, la Christine Angot des Voies Obscures, Louise Kowski dite Louka, les faux jumeaux, Jésus, Les Issus, le Boucher de Batbourg, Mandrake, Caliban, la Violette aux yeux morts, Marianne, forcément Marianne, Astrid, Robert Dieu (c'est agaçant de devoir à chaque fois écrire son prénom pour éviter la con/fusion), enfin presque tous Les Gens de l'Appartement, sauf moi, La Taulière, Paulette Dolstein, Dracula et Léon, sont encore éparpillés dans les rues de toutes les villes de France et parfois du monde, en train d'expérimenter la liberté d'expression d'un personnage de fiction.

- Fiction mon cul, dit Zazie, je suis donc je suis.

Elle a raison, je suis donc je suis, voilà le premier effet sur mes personnes de la manifestation d'hier...

J'espère quand même qu'ils vont avoir envie de rentrer à la maison.

 

Posté par Marite de Vos à 11:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


09 janvier 2015

Gods Unlimited

- Caisse ki disent ? demande Troudup 

- Je n'entends rien répond l'abbé Phouettard

- Tu t'entends même pas péter...

- Ah pardon, pardon, dit Phouettard, ça n'a rien à voir, là je devrais entendre !

- Et pourquoi t'entends pas ?

- Parce que c'est une réunion au sommet.

En effet, ça se passe au sommet, très haut dans le ciel de L'Appartement, qui est le même ciel que celui de toutes les histoires du monde, bref, au ciel de la littérature les Dieux sont réunis.

Il y a là Yahvé, Zeus, PDG de la Greek Gods Association, Bouddha, Sarasvati déléguée générale de Indian Gods Company, Christ lui-même, envoyé par son Dieu-le-père, Le Prophète, très affecté par les derniers débordements de ses prétendus adeptes, un Titan et sa mère Gé, un tout petit troll qui se représente lui-même, un gros lingot d'or, et d'autres que je ne reconnais pas, tous les dieux enfin que les hommes ont adoptés au cours de leur histoire sont réunis pour traiter La Question: Que faire des hommes ? 

- Putain, dit Troudup, j'espère qu'il n'y a pas de réponse.

- Pareil, je dis.

 

 

Posté par Marite de Vos à 11:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

08 janvier 2015

N'est Charlie que Charlie

Dans L'Appartement comme partout, on est atterré par la bêtise des petits bonshommes en noir. Quoi qu'ils aient cru faire, ça ne sert à rien. 

- Je ne suis pas Charlie, dit La Taulière, personne n'est Charlie que Charlie. 

- Le talent, dit  Braise, est intolérable à la médiocrité.

- Sont-ils médiocres ? pense Fabienne Berman, sont-ils médiocres ? Et d'ailleurs, sont-ils ? Sont-ils tout court, est-ce que ce geste stupide donne consistance à leur existence?

- Se produire dans un acte ne donne aucune consistance à l'être, ils sont devenus des hamsters tournant dans la roue de la bêtise incarnée dans leur acte, dit Troudup en plein contre emploi.

- Cause toujours, dit Le Lecteur Anonyme, Charlie Hebdo a déjà publié le dessin, ils désespèrent le prophète, c'est dur d'être aimé par des cons...

- Il n'y a pas d'amour chez les petits bonshommes en noir, dit Paulette Dolstein, ils sont impuissance, rancoeur et échec, et ce qu'ils sont ils l'étalent partout comme des enfants fous qui jouent avec leur merde.

Amour nulle part merde partout, y a plus qu'à trouver quelqu'un pour faire le dessin: 

- C'est pas gagné dit Fabienne, je ne suis pas Charlie...

- Personne n'est Charlie que Charlie, dit le Lecteur Anonyme. Moralité: abonnez-vous.

 

Posté par Marite de Vos à 10:48 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

07 janvier 2015

Charlie Hebdo vivra

Des terroristes sabotent le premier jour des soldes

Les Galeries Lafayette et Le Printemps en deuil

Les grands magasins condamnent

Posté par Marite de Vos à 14:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Les tilleuls mentent

- Merdalors, qu'il dit le Troudup, caisse ki m'arrive, comment j'vais faire ?

- Non, monsieur Troudy, re répète le docteur Tayeurt, non, non, non, il n'y a pas de médicament pour ça.

- C'est un monde ça quand même ! On peut empêcher un gus de boire mais on peut pas le r'mettre d'équerre ?! 

Hélas non, la science ne peut pas redonner à Troudup le goût de l'alcool, peut-être avec le Progrès ça viendra mais ça n'est pas sûr.

Depuis que Troudup a vu l'autre côté du bar, il ne boit plus que des limonades, ça le désoblige, même Léon ne sachant quoi dire aboie n'importe quoi, à moins que ce soit Troudup qui ne le comprenne plus.

- Eh ben ma vieille, dit Nono, qu'est-ce qui t'arrive, t'as l'air en vrac. Viens donc boire ma tisane, ça va te remettre perpendiculaire au sol.

Et oui, par la vertu du tilleul, Troudup retrouve le chemin de l'ivresse, il en reprend une tasse

- Quand même, ki dit, on m'aurait dit que je deviendrai accro à l'eau chaude, j'l'aurais pas cru. D'ailleurs en fait et by the way, y a quoi dans l'tilleul ?

- Comment ça y a quoi dans l'tilleul ? Du tilleul !

- Mais ça s'rait pas le tilleul du tilleul au Souche des fois ? Le tilleul ed' l'ancien cim'tière ? 

- J'en sais rien, c'est Denise de Lhéry qui me fournit !

- Oh putain, c'est l'tilleul à Denise, oh, c'est du bon, je l'connais çui là mais je l'fumais, je l'buvais pas, oh, j'comprends, c'est du copieux !

- T'abuses un chouïlle, dit Nono,  j'ai connu une polonaise qu'en buvait tous les matins.

- Faut être au moins polak pour encaisser la dose, allez mon gars, remézymoizen une, et hop, encore un qu'les martiens n'auront pas !

- Les prussiens, corrige Nono machinalement.

- Les prussiens ! Comme si t'en avais déjà vu des prussiens! 

- Toujours autant que d'martiens.

 

Posté par Marite de Vos à 11:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


06 janvier 2015

Magie des frites

- Argh... beurkh... bleah... Marianne apprend ce matin le sens de "avoir mal aux cheveux". Elle s'est demandé toute la soirée pourquoi des frites ? sans compter les verres, et voilà, ce matin, elle subit la chose qu'on attrape quand on boit trop.

- Pourquoi moi ?

C'est vrai ça, pourquoi elle ? Marianne, c'est la femme raisonnable, bien élevée, centrée sur sa maison, ses enfants, son mari, son jardin, Marianne ne boit jamais trop, ne parle jamais trop, ne dort jamais trop, Marianne ne fait jamais rien trop, alors ?

Et pourquoi est-elle la seule de tout l'Appartement à avoir la face de chêne ? (la gueule de bois n'est-ce pas, cette précision pour les nombreux lecteurs des USA dont je me demande qui ils sont ?!) 

- C'est la Magie des Frites, dit Frédéric,  Wouaahaaahahahhahahahhaah !

- C'est ça, dit Troudup, espère ! Qui c'est l'espécialiste ? Passke cette histoire de capitaine de soirée, moi j'dis c'est foireux, i vaut mieux en choisir un qui trinque, au lieu d'en choisir un qui trinque pas, ça laisse tous les autres aux affaires. 

- Mais non, c'est moi dit Léon. En tant que chien qui parle j'ai le pouvoir de concentrer sur un seul estomac tous les désagréments de la cuite. C'est grâce à moi que mon Troudup a supporté des années de Bukowskaïa sans finir à l'asile avec des éléphants roses, des serpents tremens et un foie en poudre. Le premier à quitter Le Petit Renard a emporté toutes les cuites, c'était elle.

Qu'à celà ne tienne crie Marianne en silence à son for intérieur enflammé, avec des ciseaux de cuisine elle soigne le symptôme : plus cheveux, plus mal aux cheveux.

- Quand même, dit-elle au miroir de la salle de bains, ça valait le coup. Son élagage sauvage l'a tellement changée qu'elle ne se reconnait pas, c'est ça qui valait le coup. En face d'elle, elle voit une femme inconnue, une femme dense, déterminée, à quoi, elle ne sait pas encore, mais pleine de force. Ben ça alors, elle se dit, ça alors, il suffisait de couper les cheveux, au contraire de Samson, pour retrouver l'énergie perdue !

- Wouahhhahhhaaaahahahahhaaah ! Magie des frites !!!

Moi (Ze Taulière) je me dis qu'il faut que j'opère quelques réglages pour Frédéric, il ne peut pas rire comme ça tout le temps, il faut lui redonner un peu de texture.

- T'occupes, Taulière, qu'il me répond, j'irai vaquer dans la Kouizine, tout s'enchantera de nouveau et je rigolera si je voudra... ahahhaaahhaaahhaahaha !

Quelqu'un, très loin, reçoit un éclat, un morceau de rire et en deux mots, en chantera...

- Ohhh ! comme c'est doux... dit Frida et se rendort, momentanément. 

Ben moi ça me va.

 

Posté par Marite de Vos à 11:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 janvier 2015

La Bonne Maison

- Des frites ? Des frites ? C'est avec ça qu't'inaugures ? demande Troudup le nouveau Nono du Petit Renard, à son associé, Frédéric dit Doudou la Tartine.

Depuis la cuisine il lui répond,

- C'est tout ce que je peux faire aujourd'hui, et les frites, les vraies frites maison, avec des vieilles patates épluchées à la main, coupées à cinq angles aigus, de l'huile fraîche à bonne température, deux bains de friture, servies chaudes saupoudrées de fleur de sel, tu connais mieux peut-être ?

- Nan, pas mieux.

Au dessus du passe-plat de la cuisine, après des heures de déménagement, réhabilitation de matériel et nettoyage intensif, Frédéric a badigeonné "A la bonne maison", car sa cuisine a un nom. 

Tant d'activité après tant d'inertie, enflammé encore par la crémation mais toujours plein de désirs,

- Eh ben ça fait du bien ! qu'il dit, coupant ma pseudomélo littératour, une cuisine à refaire, rien de tel pour réveiller les morts.

Après avoir avoir remis la cuisine à flot, il a découvert une cave pleine de grosses patates à dégermer d'urgence, alors frites à volonté.

- Ouh ! Ouh ! Ouh! les clients arrivent, dit Braise, dit Dracula, dit Astrid, dit Fabienne, dit Corinne, dit Marianne, dit le Souche, dit Léon, dit Robert Dieu, dit Laprune, dit Fabiola, dit Caliban, dit Mandrake, dit Alice, disent les Albert, les Rachel, Nono, Suzanne, Ti-Jean-Pierre, Ti-curé, Myrtille, Blanche-Neige et les Nains, Lapinochio, Ouh! Ouh! Ouh ! disent Les Gens de l'Appartement, et moi aussi, Marité de Vos K., dite La Patronne, dite La Taulière je dis Vive les frites de la Bonne Maison !

Frédéric envoie à tour de bras, chacun donne un coup de main, en cuisine, au bar, et ça dépote et ça rigole et ça s'extasie et ça ne réalise pas qu'aujourd'hui tous les lieux sont un seul lieu, plus d'origine plus de temps, plus d'espaces, un seul Lieu, L'Appartement. 

L'Appartement où tout se fabrique, la Vie, la Mort, tout ça.

- Ah ah ah ahahhaahahahhahhaahahha !!! 

Comment écrire le rire de Frédéric de retour aux fourneaux ? Rien à faire, ça ne s'écrit pas, ça s'écoute, écoutez-le tous, il est revenu: Bienvenue à la Fabrique !

Posté par Marite de Vos à 12:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

04 janvier 2015

Longtemps je me suis couché de bonne heure

Nono et Troudup sont cueillis à froid, un cuisinier ?

- Besoin d'un cuisinier ? répète Nono 

- Un cuisinier ? dit Troudup

Frédéric, indifférent à la stupeur qu'il vient de provoquer, s'occupe de l'ordre dans lequel il va boire ses commandes, il se décide pour le tilleul d'abord, en guise de purification, parce que là d'où il vient...

- Là d'où je viens se demande-t-il, là d'où je viens ? mais.. mais... d'où ? d'où... d'où... doudou... doudou ?

Fort opportunément, il oublie ses questions dès qu'il se les pose, oubli pur, oubli fécond, il ressent un grand calme, un apaisement profond, il l'attribue au tilleul, il avait oublié le goût du tilleul, cet effet bienheureux. Encore une gorgée, et une autre et il n'a plus été mort, il ne sait pas qu'il est dans une fiction que je suis en train d'écrire, il est là, debout, accoudé au comptoir, le regard tourné vers le fond du Petit Renard, là où il devine une cuisine vide. Vivant. Vivant.

Nono voit la transformation s'opérer en temps réel, il est stupéfait, il se fait machinalement un tilleul, il le boit et dit

- Ben ça alors, je me rends compte à l'instant que j'ai besoin d'un cuisinier, et le temps de finir l'élixir, il sait qu'il va accomplir son vieux rêve, ouvrir  La Grosse Lapine, un tripot officiellement clandestin. Troudup a soif, son verre est vide, il dit

- Eh Nono, la même chose, et Nono lui sert sa même chose, un tilleul que Troudup, la tête ailleurs, boit cul sec, mais il ne se brûle pas car j'y veille et sur lui aussi la transformation s'opère, il va reprendre le comptoir du Petit Renard, avec Léon et un cuisinier, ben tiens, y en a un juste là! Merveille !

Oh oui, 2015 est une année tranchante, une année ambitieuse et fertile, 2015 année du libre arbitre sans uniforme ni sifflet.

 

Posté par Marite de Vos à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 janvier 2015

Temps Mort

- Y a plus qu'à choisir, dit Troudup.

- Ben oui, dit Nono, moi je prends  l'heure de l'apéro: 12h et 18h35 

- Y a pas d'heure pour l'apéro, je vais me prendre un jour, la Saint Truc tiens j'vais prendre, le jour de l'open bar. T'as du Schoum en réserve ?

- Tu penses, j'ai forcé sur la commande, j'en ai pour deux ou trois vies.

- Alors c'est bon, c'est Saint Truc pour toujours.

- Des fois j'irai vers un 6h du mat' , dit Nono, quand ça me prendra d'avoir envie d'un p'tit croissant crème.

- Ah ben ouais, passk'on peut changer...

- Un peu qu'on peut, on peut même choisir d'être mardi matin ou samedi soir là tout de suite.

- Là tout de suite on n'est pas samedi soir ?

- Nan, on est samedi 12h55.

- Alors ça, j'm'en fous, moi l'heure qu'il est, j'ai jamais suivi.

Le petit Renard est désert, Nono et Troudup ont beau persister à causer dans le vide dans l'espoir que les autres vont arriver, rien, nib, queud'. La mort du temps a fait des dégâts dans les habitudes. Plus d'heure, plus de jour, plus de date, plus de règles, il faut être Troudup pour se foutre des horaires.

- J'm'en fous pas, j'les sais pas, c'est tout.

- Moi, dit Frédéric, ça m'arrange,

Il vient d'apparaître au comptoir, Nono sursaute un peu mais bon, un nouveau client c'est toujours une bonne surprise, Troudup en a vu d'autres, il vide son verre, Nono le remplit.

- plus d'hier, plus d'avant, plus d'après, dit Frédéric, je ne suis plus tellement mort. Hola tavernier, un pastis on the rocks s'il vous plait, avec un tilleul menthe, un café serré, un galopin et une suze cassis, j'ai du retard à rattraper qu'il dit, et d'ailleurs, vous cherchez pas un cuisinier ?

 

 

Posté par Marite de Vos à 12:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 janvier 2015

2000 truc?

Chez Transmen Genetiks, tout le monde est sur le pont, intrigué par ce que montre l'écran, gros plan sur Astrid Tayeurt, minuit moins une, le 31 décembre 2014, elle a tiré des tarots une carte nouvelle qui annonce:

2015, année de la remballe

Astrid scrute la lame inédite, elle ne comprend pas d'où elle vient, année de la remballe, année de la remballe, ni ce qu'elle peut bien signifier. Qu'est-ce que ça dit ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

- C'est exactement ça, dit Fabienne Berman, de la remballe, 2015 est déjà dépassée, c'est déjà vécu, ils ont juste remballé pour déplacer la date de péremption !

Dolstein sourit, Fabienne a raison, mais elle pense en même temps que toutes les années passées depuis, depuis disons, trente ans, quarante ans, depuis exactement entre soixante et soixante et onze ans environ, par là, à peu près et sans doute précisément, sont des années étripées, des corps vides, on tourne en rond depuis tout ce temps, aux bords d'un vortex camouflé.

- Je pense, je pense, je pense... Ragazzi a du mal à dire la suite, il pense quoi d'ailleurs, il ne sait plus si bien, sidéré par ce qu'il est en train de comprendre. 

Troudup les regarde à travers l'immense fenêtre en ogive de l'Usine, il est monté jusque-là sans aucune intention, tiré par Léon qui venait aux nouvelles.

- Caisse ki font ? Caisse ki disent ? Eh Nono, qu'il dit à Nono, j'y comprends rien, 2015 quoi ?

Nono est surpris, alors c'était ça cette impression de déjà vécu ? Il croyait qu'il était en train de tourner vieux con, qu'il allait se reprendre, mais qu'en vrai le temps était toujours tout neuf, qu'il y en avait encore plein et voilà que non ? C'est du vieux, de l'usagé ?

- Mais, mais, que je dis moi, Moi La Taulière, si c'est de la remballe c'est que ça a d'abord été frais, il y a du neuf quelque part, où est-il l'Inné ? Où a-t-elle été planquée l'année nouvelle ? Où sont les prémices, les en cours, les futurs ?

- T'inquiètes, mon Léon, j'ai compris, dit Troudup, on est coincés au portillon, on est encore en 2014, y a quelque chose qui bloque.

Alors je regarde mieux, je m'approche encore et oui, Troudup a raison, il y a une espèce de truc de machin bidule encastré en travers de 2015, comme une arête au fond d'une gorge.

- Oh putain, qu'il dit le Troudup, oh putain c'est ça, on est coincés dans la gorge d'un putain de géant.

- Urghhh ! Crrr! Krrrh ! Burgh ! crache le putain de géant en question, et je comprends à l'instant où je l'écris que nous sommes les arêtes, c'est nous que le géant nommé Temps veut cracher pour survivre, Le Temps, Le Temps pas moins est coincé à l'entrée de 2015 par nous, Les Gens de l'Appartement, on l'empêche de danser sa partition.

- Tu peux crever mon gars dit Troudup, et tous nous souhaitons au Temps de mourir sans douleur mais tout de suite, étouffé par nos existences minuscules. Et il le fait !

- Braououooooummmhmmmhmm...! fait le bruit du Temps qui tombe et s'effrite, devient poussière et s'envole aux milliards de souffles du vent des galaxies.

Nous voilà, Nous Gens de l'Appartement, dans le Lieu de l'Espace où le Temps est mort.  L'Appartement a fleuri en fusant dans un espace nouveau. 

Entre 2014 et 2015 nous avons trouvé le passage vers l'être ange. Je ne sais pas ce que ça va produire, mais je suis bien contente d'entrer dans l'autre paysage.

 

Posté par Marite de Vos à 15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :